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samedi 21 mars 2020

APPEL À LA SOLIDARITÉ DE LA CONVERGENCE AFRICA TÉLÉMA POUR LES MIGRANTS AFRICAINS


La Convergence Africa Téléma des associations panafricaines lance un appel aux personnes physiques et morales détentrices ou propriétaires des locaux, dépôts, entrepôts non ou sous utilisés dans la région parisienne, de les mettre à la disposition de notre collectif. 



Afin que nous puissions notamment y accueillir, nourrir, et abriter en urgence les migrants africains, particulièrement les jeunes isolés, pendant cette pandémie de Coronavirus.



LES ORGANISATIONS DE LA CONVERGENCE AFRICA TÉLÉMA 

Les AMAZONES D’AFRIQUE

KANE AFRIQUE

NOUS PAS BOUGER

Contacts téléphoniques 06 59 5540 89 / 06 41 33 91 61 / 06 41 40 06 23 / 07 53 46 03 07 



TOUS LES DONS POUR LA SOLIDARITÉ AUX MIGRANTS DOIVENT ÊTRE FAITS À LA CONVERGENCE À TRAVERS LES ASSOCIATION KANE AFRIQUE, LES AMAZONES D’AFRIQUE, ou NOUS PAS BOUGER

KANE AFRIQUE


Adresse postale: 33 Avenue Philippe Auguste, 75011 Paris

LES AMAZONES D’AFRIQUE


Coordonnées  bancaires : IBAN  : FR12 2004 1000 0140 4734 0N02 027
BIC : PSSTFRPPPAR


ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER

Adresse postale: Maison des Associations du Onzième Boîte #143
8 rue du Général Renault
75011 Paris
Coordonnées  bancaires
ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER
COMPTE-CHÈQUE N° 602 689 24 302
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AGENCE PARIS TEMPLE
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TEL : 01 48 06 52 52





mardi 17 janvier 2017

France, traitement des demandes de cartes de séjour, d'indéniables progrès accomplis par les préfectures et sous-préfectures



Des progrès indéniables ont été accomplis en matière d'accueil des demandeurs de carte de séjour et de traitement de leurs dossiers dans la plupart des préfectures françaises, particulièrement à Paris et autour.

Mais il demeure de véritables "pôles réactionnaires" comme à Versailles ou L’Haÿ-les-Roses..., où malgré la modernisation des services des étrangers, reste cette impression que les responsables prennent un malin plaisir à infliger des attentes interminables aux étrangers, des remarques vexantes... Quand ils ne les mettent pas face à des agents inexpérimentés, peu connaisseurs des textes régissant le droit des étrangers, donc plus enclins à refuser ou rejeter une demande sur des motifs aussi surréalistes qu'un divorce non demandé par une femme victime de violence conjugale mais pourtant dépendante du statut vie privée-vie familiale de son époux violent pour garder ou renouveler son titre de séjour.

Il faudrait définitivement prendre conscience qu'au-delà du temps perdu (généralement une journée entière) pour un dépôt de carte de séjour devant ces préfectures délibérément "atypiques", c'est la stabilité professionnelle des demandeurs qui en sort fragilisée, car incapables d'aspirer à des statuts plus stables alors qu'ils doivent s'absenter parfois une à deux fois juste pour se faire délivrer un récépissé avant l'obtention définitive d'une carte séjour annuel déjà largement entamé.

Voilà la réalité du terrain et elle n'a rien à voir avec la vision d'une France envahie par des hordes d'illégaux et de profiteurs des minimas sociaux, parce que nombre de ceux-là n'osent pas se présenter devant les préfectures et sous-préfectures pour accomplir des formalités de régularisation administrative. Ils ne sont simplement pas "régularisables".

Et tant mieux! Parce que cela évite dorénavant les amalgames et la prolifération des procès à caractère xénophobe que l'on voit encore hélas se répandre à des fins politiciennes dans les médias et les réseaux sociaux.

Joël Didier Engo, Président de l'Association Nous Pas Bouger


Dans la file de la préfecture

«Le plus dur, c’est de supporter qu’on nous parle comme de la merde»

Par Dounia Hadni


«Le plus dur, c’est de supporter qu’on nous parle comme de la merde» Illustration par Emilie Coquard

«Libération» suit au long cours les parcours d’étrangers croisés dans les longues files d’attente devant les préfectures, au fil de leurs démarches.

Pour ce deuxième épisode, rencontre avec des jeunes qui, tout au long de leurs différentes démarches, se heurtent souvent à une caricature de la bureaucratie, en guise de tout premier contact avec la France. Tous ont requis l’anonymat : les prénoms ont été changés.

Dans le froid glacial d’une matinée de janvier, Salma et son mari ressortent soulagés – et néanmoins en colère – de leur rendez-vous à la préfecture, le titre de séjour «vie privée et familiale» en main. Salma a tenté différentes approches pour pouvoir travailler, de sa demande de statut de «salarié» à celle-ci.


La jeune femme d’origine marocaine raconte les obstacles auxquels elle a dû faire face. Son mari, pressé, doit retourner travailler car ce passage express à la préfecture n’était pas au programme, comme l’explique Salma, qui tire sur sa cigarette nerveusement tout en récapitulant le processus administratif par lequel elle est passée depuis son arrivée en France, en 2007.

«Je suis arrivée du Maroc après l’obtention de mon bac français. Ça fait neuf ans que je viens au moins une fois par an à la préfecture et le plus dur c’est de supporter qu’on nous parle comme de la merde. Mais cette année a été la plus "hardcore". En septembre, j’ai fait une demande de rendez-vous pour passer du statut d’étudiant à celui de salarié. Un rendez-vous que je n’ai réussi à obtenir qu’en janvier. Or, j’étais censée commencer mon travail en décembre et mes employeurs, qui avaient décidé de me recruter à la suite de mon alternance au sein de leur entreprise dès le mois d’octobre, attendent que ma situation soit régularisée depuis. Sauf que la préfecture a exigé que je demande, avant d’entamer ce processus, une autorisation provisoire de séjour (APS).»

L’APS est censée marquer une transition (de six mois à un an en fonction des nationalités) pour donner le temps aux étudiants détenteurs d’un master de trouver du travail. Dans le cas de Salma, non seulement ça n’a aucun sens, mais c’est un réel frein puisqu’elle avait déjà décroché un CDD et que ce statut-là ne lui permettrait pas de travailler à plein-temps.

«J’ai gueulé, ça a marché»

Par peur de ne pas être opérationnelle rapidement compte tenu des délais très longs de cette procédure puis de celle du changement de statut (qui peut prendre jusqu’à un à deux mois pour le récépissé, trois à cinq mois pour l’obtention effective du statut), et de l’impatience de ses employeurs, Salma a eu la chance de pouvoir changer de fusil d’épaule : «Comme mon mari et mon fils (qui a quelques mois) sont français, j’ai voulu tenter la "vie privée et familiale". Mon rendez-vous était donc fixé au 5 janvier sauf que la préfecture, en raison d’un sous-effectif et/ou d’une panne, l’a reporté au 13 février. Or d’ici là, c’est sûr, j’aurais perdu mon boulot… Là, je suis en situation irrégulière depuis le 7 décembre et comme je ne voyais pas le bout du tunnel, j’ai gueulé pour avancer mon rendez-vous. Ça a marché : on m’a dit de revenir aujourd’hui au lieu du 13 février. Comme quoi, les procédures ne sont pas aussi rigides que ce qu’on voudrait bien nous faire croire.»

Alors qu’elle reprenait confiance, Salma a été choquée par l’attitude d’un agent qui s’occupait de son cas. Ce dernier lui aurait dit d’emblée : «J’ai donné un délai à trois personnes qui devaient venir aujourd’hui et qui ne sont pas venues. Vous allez trinquer pour les autres.» Avant de continuer : «A cause de vous, je vais en prendre plein la gueule.»

«Je suis en colère : j’ai un bébé, on a un loyer de 1 800 euros à payer, une assistante maternelle qui nous coûte 1 000 euros, on ne touche pas la CAF, mon accouchement à la clinique nous a coûté 6 000 euros. On nous demande de justifier pendant des années de nos ressources, de nos diplômes, etc. J’ai eu un double master IAE/ESC Montpellier, mon alternance m’a coûté 15 000 euros. Une fortune dépensée en France. Tout ça pour être bloqué une fois qu’on réussit et entendre qu’on "profite du système français". Il ne faut pas s’étonner de voir que les étrangers ne travaillent pas quand, nous, parfaitement intégrés et aptes (encore faut-il que l’administration nous le permette) à subvenir à nos besoins, sommes traités de la sorte», assène-t-elle.

Pas le droit d’exercer le métier de son choix

D’autres vont jusqu’à opter pour un emploi en dessous de leurs qualifications professionnelles, leur métier étant «opposable» en France, c’est-à-dire «en tension», trop demandé. En effet, l’administration peut refuser d’accorder à un étranger non ressortissant de l’UE l’autorisation d’exercer un emploi pour lequel il a été recruté au préalable, si elle estime que le niveau de chômage lié à sa profession est trop important.

C’est le cas de Nassira, tunisienne, diplômée en architecture, qui a dû «accepter un travail de dessinatrice» non pas parce qu’elle ne trouvait pas d’emploi en tant qu’architecte mais parce que ce métier ne fait pas partie de la liste des métiers dits non opposables (voir à la fin de l’article).

«Après avoir entendu plein de cas d’architectes étrangers qui n’ont pas pu avoir leur changement de statut (1), j’ai finalement opté pour le métier de dessinatrice puisqu’il ne fait pas partie de la liste en souffrance.» Or même ce recours a failli échouer, son «niveau d’études et d’expérience étant très élevé par rapport à son emploi de dessinatrice», selon la Direction du travail (la Direccte), où elle s’est rendue voyant que la réponse tardait à venir. «Avec toute l’humiliation que cela implique, je les ai suppliés en leur disant qu’ils ne me laissaient pas le choix.»

Son dossier finalement accepté, Nassira est obligée de rester dessinatrice alors que ça ne correspond ni à ses qualifications ni à ses désirs, surtout que le statut de salarié exige de rester dans l’entreprise pendant un an. Nassira sera obligée de rester à son poste pendant au moins deux ans, le temps que la demande de naturalisation qu’elle a lancée après coup aboutisse.

Jalil, lui, d’origine marocaine, a échappé à tout cela : il travaille pour un grand cabinet de conseil qui s’est occupé de ces démarches pour lui. Ce qui ne l’empêche pas de devoir poser des RTT dès qu’il a rendez-vous à la préfecture, à cause des files d’attente à rallonge. Ce jour-là, il y sera resté de 10 heures à 17 heures. En revanche, il dit avoir été témoin de plusieurs injustices : «Des copains d’école qui ont eu le malheur d’être recrutés "trop vite" aux yeux de la préfecture à l’issue de leurs études.» «Trop vite», car la préfecture exige comme condition sine qua non de fournir un diplôme dûment délivré ; or les écoles mettent parfois des mois à les envoyer aux étudiants, qui se retrouvent alors bloqués par ce bout de papier qui arrive trop tard.

Pas le droit de redoubler

Amir sort de la préfecture, un peu déboussolé. Nous sommes début janvier, son titre de séjour étudiant a expiré le 28 novembre. Depuis, il est en situation irrégulière. Ce Mauritanien est en France depuis quatre ans pour poursuivre ses études en santé publique. Mais cette année, il n’obtient pas son master 1. La préfecture décide en conséquence de ne pas renouveler son titre de séjour étudiant. Le motif ? «Stagnation». Ce jour-là, il est revenu tenter sa chance dans cette autre préfecture, muni d’une attestation d’assiduité signée de son responsable de formation et d’un certificat médical expliquant qu’Amir a eu des problèmes de santé qui l’ont très probablement handicapé tout au long de son année universitaire. Sa demande est en cours d’examen au service contentieux.

Quant à son projet d’avenir, Amir est ferme : retourner en Mauritanie. «Toute cette histoire m’angoisse profondément, ça ne me donne pas envie de rester. Ces dernières années c’est le repli de soi qui l’emporte en France. Je suis de plus en plus déçu et dégoûté par le traitement inhumain que nous réserve l’administration française, d’autant plus qu’elle constitue symboliquement le premier contact des étrangers avec la France. Je ne suis pas juriste mais j’ai quand même la nette impression qu’ils outrepassent les lois qu’ils ont eux-mêmes mises en place.»

Des nouvelles de Mehdi

Dans notre premier épisode, on avait évoqué le cas de Mehdi, Tunisien, qui s’était retrouvé en situation irrégulière, avant de démarrer son CDI. Trois semaines plus tard, nous l’avons recontacté. «J’ai fini par avoir un récépissé après avoir eu un soutien d’une personne bien placée au sein de la préfecture», nous dit-il. Mehdi va donc pouvoir travailler en attendant la décision finale de la Direccte qui devrait se prononcer d’ici trois mois et de savoir, si oui ou non, il aura droit au statut de salarié.

(1) Une fois l’APS obtenue, c’est à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) de décider si oui ou non cette personne peut travailler, en fonction de plusieurs critères : parmi eux, il faut que l’emploi soit en relation avec sa formation et assorti d’une rémunération supérieure à 1,5 fois le montant du Smic, que l’offre d’emploi corresponde exactement au profil de l’étudiant, que l’entreprise justifie par une lettre de motivation pourquoi elle choisit de recruter ce candidat plutôt qu’un Français et prouve l’étendue de ses compétences. Enfin, c’est à la préfecture que revient la décision finale.

Dounia Hadni @douniahadni

mardi 15 octobre 2013

Investitures politiques et Syndrome SOUMARÉ

 
Cher Ali Soumaré

Quand comprendras-tu qu'il existe, y compris au sein du Parti Socialiste français (malgré les apparences et les discours convenus), des mandats politiques que certain(e)s "camarades" estiment devoir leur revenir d'office au motif qu'elles ou ils seraient "les plus représentatifs", car "français dits de souche", ou issus de groupe d'influence à forte connotation communautaire, auquel nombre d'entre-nous (hommes, noirs, hétérosexuels, et militants parfois de longue date du PS) ont souvent le tort, et l'unique tort, de ne pas appartenir.

Quand bien même nos Histoires et trajectoires respectives, en matière de discriminations notamment, auraient naturellement dû empêcher qu'un tel ostracisme politique nous soit systématiquement appliqué.

Mais bon, d'autres combats ô combien valorisants, épanouissants, et déterminants pour l'émancipation sociale, politique, et économique de millions d'humains... méritent et peuvent encore être menés; en dehors de ces cercles clientélistes, où l'on ne voit pas plus loin que le bout d'un siège d'élu local, régional, voire national (du moins des honneurs, des titres, ou des petits privilèges qui vont avec). 

Au risque de voir "la posture de la victime" finir par rejaillir et nuire gravement sur toutes ces causes nobles.

Cordialement

"Bégaiement", Par François SERGENT

 

EN IMAGES. Il y a 30 ans, la Marche des Beurs


Voici ce que j'écrivais déjà sur le "Syndrome Soumaré" dans une tribune dans le Monde.fr du 24 février 2010. J'aurais dû étendre mon analyse à ma propre famille politique...Le Parti Socialiste français.


Mais de quoi ont-ils peur? Plus exactement de qui ont-ils peur? Ces notables UMP qui rivalisent dans le délit de faciès à l'encontre d'un candidat français et socialiste, devenu malgré lui l'homme à abattre dans le Val Oise...

Une certaine presse hexagonale a beau jeu de circonscrire, donc de réduire les accusations graves de «délinquant chevronné multirécidiviste» portées contre Ali SOUMARÉ... à la «méchanceté» propre à une classe politique en campagne électorale. Il n'en demeure pas moins que ces attaques personnelles se concentrent curieusement sur un même candidat socialiste aux régionales, qui a visiblement le principal tort pour ses détracteurs réactionnaires, d'être l'incarnation vivante de la double peine sociale en France : jeune homme noir issu de l'immigration africaine, vivant depuis l'âge de 8 ans à Villiers-le-Bel.

Qu'il serait plus simple de banaliser cet énième dérapage raciste dans les rangs de la droite française, en y voyant simplement la seconde nature d'une classe politique habituée à reléguer la diversité au rang «d'anomalie statistique». Pourtant fondamentalement, l'affaire SOUMARÉ exprime d'abord la terreur qu'exerce sur une certaine aristocratie politique l'ouverture à la diversité sociologique.

En effet nombre de notables politiques français tolèrent visiblement la diversité tant qu'elle s'arrête aux frontières de la politique et des présidences des grands groupes industriels ou financiers. Il peut même arriver, à l'instar de l'honorable Axel Poniatowski, qu'ils la plébiscitent aux États-Unis d'Amérique et continuent néanmoins de la pourfendre en France. Au point où une même personnalité politique peut avoir soutenu la candidature et l'investiture à la maison blanche de Barack OBAMA; puis voir automatiquement «Noir» en France, dès qu'un nommé Ali SOUMARÉ de Villiers-Lebel est investi tête de liste socialiste aux élections régionales dans le Val-d'Oise. Les vieux démons remontent alors naturellement à la surface: «SOUMARÉ joueur de réserve du PSG, SOUMARÉ délinquant chevronné multirécidiviste...».

Car pour Poniatowski, Delattre et les autres... leur adversaire socialiste Ali SOUMARÉ, du fait même de ses origines raciale et territoriale (issu de l'immigration africaine, vivant à Villiers-le-Bel) ne peut être, au mieux qu'un joueur professionnel de réserve de football, au pire qu'un délinquant de banlieue multirécidiviste... donc inapte à vie pour faire de la politique en France. Ce français socialiste ne saura donc jamais et d'aucune manière, se revendiquer une quelconque légitimité politique, puisqu'il n'est qu'un jeune (noir) délinquant de banlieue. Son casier judiciaire lui collera à la peau à vie.

A bien y penser, cette caricature du jeune (noir) de banlieue rassure une certaine classe politique.

Les clichés et préjugés racistes préexistent ainsi dans la droite française, et la frontière entre la terreur qu'elle voue à certains territoires de la République (les banlieues notamment) et l'horreur qu'elle applique à l'homme noir est souvent allégrement franchie. A croire que pour certains élus et hommes politiques de l'UMP, l'homme de couleur ne peut être qu'une caricature de l'homme politique en république, qu'un pur produit des réseaux mafieux et des tripatouillages électoraux dignes de la Françafrique. Le logiciel politique de la droite française semble s'être arrêtée à Ali Ben BONGO ; et Ali SOUMARÉ sera toujours une énigme pour Poniatowski, Delattre et les autres...

Plus gravement pour la noble démocratie française, il s'agit d'une politique de la peur appliquée systématiquement à l'homme noir en Afrique comme à Villers-Le-Bel. Il faut en effet envoyer un message subliminal à tous les autres jeunes de banlieue, issus de la diversité comme Ali SOUMARÉ : voilà ce qui vous arrivera aussi, si vous vous aventurez dans l'arène politique. Votre casier judiciaire sera déterré, votre vie deviendra un enfer... comme celle des opposants aux roitelets imposés par la même France politique en Afrique francophone. Alors restez-là où nous aimons bien vous voir, cantonnez-vous à dealer aux pieds des immeubles de vos ghettos... Car là est votre place, celle qu'une certaine classe politique (forcément compassionnelle) veut bien vous concéder.

A bien y réfléchir, Poniatowski, Delattre et les autres... ont un profond mépris à l'égard du modèle fraternel, laïque et égalitaire de la République française. Ils ne croient pas à l'ascenseur social et ont une profonde méfiance à l'égard de tous ces français issus de l'immigration africaine, parfaitement épanouis dans leur citoyenneté française. Ils devront pourtant s'y habituer.

Car la France réelle est une France métissée et plurielle, où nombre de français ne s'interrogent plus sur l'identité française de leurs voisins (noirs, arabes, catholiques, juifs ou musulmans)... Où les derniers n'éprouvent aucune gêne existentielle à revendiquer et à assumer leur culture française, en sont même fiers parfois, peuvent autant que Poniatowski, Delattre et les autres...être ou devenir les dignes représentants de la France.

La France présente en cela des similitudes frappantes avec les Etats-Unis d'Amérique, où une certaine classe politique (souvent conservatrice) s'est longtemps réfugiée sur l'abstention et le facteur racial aux élections, pour nier l'intégration des minorités (noires, latines, indiennes...) au modèle américain. Dans la patrie des droits de l'homme, Poniatowski, Delattre et les autres ne croient pas à la force d'immersion du modèle républicain chez les français issus de l'immigration africaine. Ils devront pourtant s'y résoudre, et le plus tôt sera le mieux.

Je vous remercie

Joël Didier Engo