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jeudi 21 décembre 2023

L'imaginaire appel d'air: cette usine à fantasmes nombrilistes à l'origine de la conversion du macronisme au lepenisme

À force d'agiter toutes les menaces d'inspiration xénophobe et raciste contre les immigrés depuis des décennies, espérons que la classe politique qui les a mises en exécution avec la préférence nationale aura le courage d'en faire un bilan objectif dans quelques années, sans s'abriter derrière d'autres motifs fallacieux et populistes. https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/01/11/immigration-le-mythe-de-l-appel-d-air_6157358_3232.html Parce qu'elle devra rivaliser d'ingéniosité pour vendre l'attractivité de la France à des migrants qu'elle prive aujourd'hui de regroupement familial, de soins sanitaires, de toute forme d'épanouissement social et professionnel, de droit du sol, etc... dans un monde intégré et multipolaire où d'autres destinations plus compétitives tendent littéralement les bras aux plus talentueux d'entre-eux. Les Français voulus de souche devront quant à eux réapprendre à balayer leurs rues, à s'occuper de leurs vieillards et malades, à œuvrer dans le bâtiment, ou à cuisiner dans les restaurants, etc... avec des salaires modiques et des couvertures sociales dérisoires. https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/12/19/l-economie-va-avoir-massivement-besoin-de-travailleurs-etrangers-alerte-le-patronat_6206706_823448.html Au moins en aurons-nous peut-être terminé avec ce chantage permanent à un supposé "appel d'air" qui a alimenté bien des énormités réactionnaires sur la migration internationale depuis une quarantaine d'années dans ce pays.
Un décrochage généralisé quasiment programmé En effet lorsque la xénophobie et le racisme deviennent le seul vrai fond de commerce d'une certaine classe politique et surtout dirigeante, cela témoigne de son extrême médiocrité et ne mérite pas qu'on lui accorde une trop grande importance en pleine mondialisation. https://www.nouspasbouger.org/entretien-avec-voa-sur-la-suspension-des-visas/ Il faut davantage la plaindre en évitant soigneusement d’être pollué au quotidien par ses nuisances suprémacistes agitant la peur du "grand remplacement", notamment à travers toutes ces chaînes de télévision en continu à la solde de milliardaires réactionnaires ayant parfois paradoxalement fait fortune à l’étranger, notamment en Afrique, et qui lui servent de caisse de résonance. Parce qu'un pays développé qui refoule les étudiants étrangers au nom de la préférence identitaire nationale n'a plus sa place, du moins ne l'aura plus, dans le peloton des nations compétitives et innovantes de la planète. Son décrochage généralisé est quasiment programmé. Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
http//www.nouspasbouger.org

jeudi 25 avril 2019

Étudiants étrangers en France: la hausse des droits d'inscription, une discrimination d'État

Scandaleuse cette discrimination contre les étudiants étrangers désormais inscrite dans le Journal officiel en France ...Les plus ciblés, sans le dire explicitement, sont bien évidemment les ressortissants d'Afrique.



Pourquoi?

Je confirme qu'aux États-unis, au Canada, en Australie et j'imagine sous d'autres latitudes les étudiants de nationalité étrangère payent parfois deux fois plus que les nationaux, mais pour une qualité d'enseignement et des infrastructures universitaires franchement pas comparables à ceux que la France met à la disposition des futurs étudiants étrangers, même sur des campus aussi réputés et prestigieux que Dauphine qui ne sont pas comparables y compris aux campus de seconde zone dans ces pays. 

C'est un peu curieux d'acter l'autonomie des universités puis d'imposer par la loi de manière unilatérale une politique tarifaire. C'est cela la discrimination, parce que dans une même ville comme San Francisco que je connais UC Berkeley, Stanford ou même University of San Francisco n'appliquent pas les mêmes tarifs unilatéraux (arrêtés par les autorités californiennes et mêmes fédérales à Washington) aux étudiants étrangers.

C'est en cela que la cible est bien connue ici, et ne nous cachons pas derrière les belles formules, ce sont les étudiants africains qui sont visés et ils iront ailleurs. Parce que même en matière académique la concurrence est rude pour attirer les meilleurs, et la valeur ajoutée des universités françaises était précisément sur ces frais de scolarité insignifiants par rapport à ce qui est déboursé dans les pays anglo-saxons notamment. 

Pour ceux qui ne le savent pas: 

Il faut préciser ce qu’est un étudiant “extra communautaire”. Aux USA c’est défini par le statut d’immigration. Seuls ceux qui rentrent avec un visa F1 sont soumis au tarif “external” qui dépend du type d’universités ( sans subventions ou avec subventions). 

Si vous êtes résidents (green card ou refugees) alors aucune discrimination avec les américains car vous êtes soumis au instate ou out-of-state. In-state s’applique à tous ceux qui payent les impôts dans l’État de résidence de l’université. Out of state pour tous les autres.

C' est un vaste sujet. Pour faire court, il y a des cas particuliers. Par exemple de nombreuses bourses sont disponibles et ouvertes à tous et permettent de réduire les frais. Les universités subventionnées par l’État féderal ont les tarifs les plus bas en géneral. Et il y a les community colleges où l’inscription dans certains États correspond à rien du tout.

Puis-je faire 4 ans undergraduate dans une université (y compris prestigieuse) americaine et quasiment rien payé? Answer is YES.

Nous parlons bien évidemment des universités et non des grandes écoles:

Et dans les systèmes anglosaxons que la France veut suivre, les frais de scolarité sont payés dans un cadre 'universitaire. Quand un étudiant s'inscrit à la business school, à la law school ou à la school of economics d'une université que je connais bien comme celle du Queensland en Australie, ce n'est pas à ces départements qu'il paye sa tuition mais au groupe universitaire dans son ensemble. 

Toute la différence avec le système des grandes écoles en France qui ne sont pas intégrés aux universités. Chacune de ces dernières a ainsi sa politique tarifaire indépendante du système universitaire et dès lors que que l’État a acté l'autonomie des universités en France, il ne peut pas de manière unilatérale leur imposer des tarifs pour les étuduants étrangers et les nationaux. Ça doit être à la discrétion de chacune d'entre-elles. 

C'est précisément là où intervient une discrimination d'État assumée ici (je  veux bien le croire) mais contre laquelle un certain nombre de recteurs et d'organisations étudiantes s'insurgent en ce moment avec raison, notamment dans certaines universités de la périphérie de Paris, comme en Seine Saint Dénis où un pourcentage élevé de leurs étudiants sont étrangers et ne pourront pas à l'évidence faire face à cette augmentation des frais universitaires, bien que la loi soit non rétroactive pour les actuels étudiants (et s'appliquera donc à tous les nouveaux).

Voilà le fond du débat, que devront faire ces universités? Fermer les portes à parfois une moitié de leur effectif d'étudiants parce qu'ils sont étrangers et ne peuvent s'acquitter des nouveaux frais de scolarité?

Joël Didier Engo

mardi 20 décembre 2011

Solidarité avec les diplômés étrangers désormais ménacés d'expulsion de France

Le ministre de l'intérieur Claude Guéant semble tellement obsédé par le spectre de "l'envahisseur étranger potentiellement délinquant", qu'il a fini par fabriquer des centaines d'illégaux, y compris dans des secteurs stratégiques pour la compétitivité économique de la France.

Mais à force de dégainer la circulaire populiste et électoraliste à tout va, la cible n'est plus uniquement le clandestin étranger, mais Tout étranger: même lorsqu'il est parfaitement légal en France, ou n'est plus étranger qu'en apparence.

C'est cela la politique de la peur!

Joël Didier Engo

Diplômés étrangers : que dit la nouvelle circulaire ?, Par LIBÉRATION.FR

Pour le retrait de la Circulaire du 31 mai












Il faut sauver les diplômés étrangers !

Si rien n’est fait, bientôt, les étrangers diplômés et embauchés en France auront l’obligation de quitter le territoire, manu militari. Au détriment de leurs perspectives personnelles, des entreprises qui avaient besoin d’eux, de l’enseignement français qui souhaite s’ouvrir à l’international… et de l’image de la France qui en sortira bien abîmée.

Pour quelle raison ? Un climat général, et une circulaire particulière : la circulaire du 31 mai.

Cette circulaire, co-signée par les ministères de l’Intérieur et du Travail exige des préfets une "rigueur accrue" dans le traitement des dossiers.


Ses conséquences sont simples : les étudiants étrangers hautement qualifiés formés sur les bancs des établissements Français les plus prestigieux, recrutés par d'importantes entreprises françaises et internationales se voient aujourd'hui interdits de travailler au poste pourtant décroché.

Ce refus ne vient jamais seul puisqu'il s'accompagne d'une invitation à quitter le territoire français sous 30 jours à compter de la date de refus : le diplômé étranger devient expulsable sans aucune forme de procès, peu importe sa formation ou ses compétences, il est devenu du jour au lendemain un "indésirable".

Nous ne demandons pas de privilèges et nous ne prêchons pas dans le désert.

Nos soutiens se font connaître de jour en jour : Conférence des grandes écoles (CGE), des Universités (CPU), syndicats étudiants, à l’UMP, au PS, au Modem ou chez les Verts, députés et sénateurs, patrons d’entreprise… Leur diversité nous rappelle que cette circulaire ne concerne pas uniquement les diplômés étrangers dont les projets de carrière doivent être avortés du jour au lendemain, mais elle touche l'ensemble des acteurs politiques et économiques françaisqui voient dans cette circulaire une mesure de fermeture de la France qui risque de voir son image écornée.

Les conséquences de cette circulaire seront lourdes tant pour le rayonnement culturel de la France que pour la compétitivité internationale de ses entreprises

À court terme, on chasse les premières générations de diplômés étrangers après avoir été invités par la France à y étudier ! Aujourd’hui, ces jeunes talents courtisés par les entreprises du monde entier sont partagés entre incompréhension et désarroi tant cette politique leur semble injuste. "Les diplômés étrangers ont pour vocation à rentrer dans leur pays d'origine", a répondu le porte parole du Ministère de l'Intérieur. Cela a-t-il du sens pour les étudiants américains, canadiens, chinois ou japonais concernés par cette circulaire? Et pour les autres ? Sans l’expérience professionnelle de quelques années qu’ils demandent, ils ne seront pas d’une très grande aide pour leur pays…

Le monde universitaire voulait s’ouvrir à l’international, pour se mettre au niveau des universités mondiales : cette politique est mise à mal par le gouvernement. Les objectifs d’accueillir de plus en plus d’étudiants étrangers, de nouer des partenariats avec des écoles et universités étrangères, et de pérenniser les relations avec les entreprises internationales doivent aujourd’hui être reconsidérés. Que diront-elles à leurs partenaires, quand leurs étudiants se verront chassés de France ?

Quant aux entreprises françaises, elles doivent renoncer à un véritable facteur de compétitivité : le recrutement sur le marché international, pour former ceux qui auraient pu être, demain, les meilleurs ambassadeurs de la France dans leur pays. Parier sur la fermeture vis-à-vis de tous les talents, c’est condamner la France à perdre rapidement la place qui est la sienne dans le concert des nations.

Le retrait de cette circulaire est nécessaire

La régularisation au cas par cas n’est pas une solution satisfaisante. Seul le retrait pur et simple de ce texte permettra de restaurer la confiance des employeurs désireux de s’attacher les services de ces talents venus de l’étranger ainsi que celle des étudiants qui envisagent aujourd'hui de venir étudier en France.

Votre signature apportera un appui effectif à notre cause. Nous voulons préserver l’ouverture et le rayonnement de la France dans le monde. C’est parce que nous partageons cette « certaine idée de la France » que nous avons choisi d’y poursuivre nos études.

le Collectif du 31 mai

www.collectifdu31mai.com


Lire également: "Étudiants étrangers: la mobilisation ne faiblit pas", par Nathalie Brafman et Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde.fr

Étudiants étrangers : le troisième coup de massue de Guéant, par Blandine Grosjean Rue 89

Et ailleurs, comment sont accueillis les étudiants étrangers ?, Liberation.fr

Etudiants étrangers : nouveaux ennemis de l’intérieur?, Par Michel Destot Député et maire (PS) de Grenoble et le Pôle enseignement supérieur et recherches de Terra Nova

Etrangers et délinquance : fausses évidences statistiques, vraies manipulations politiques, Blog "vous avez dit sécurité?" de Laurent Mucchielli, Sociologue

Unef: «La plupart des étudiants que l'on aide n'ont pas de papiers», Libération.fr

Etudiants étrangers : des parrains contre une administration "kafkaïenne", par Delphine Roucaute, Le Monde.fr