vendredi 2 novembre 2018

PRÉSENTATION DÉDICACE SUR L'ESCLAVAGE DES MIGRANTS DU LIVRE "ILS ONT VENDU MON FRÈRE" PAR L'AUTEUR JACKY MOIFFO, JOURNALISTE ET PROMOTEUR DE Jmtv Plus


Samedi 10 novembre l'association NOUS PAS BOUGER organise avec EELV Paris à partir de 14h00 au numéro 20 de la rue Robert Houdin dans le 11éme arrondissement, une présentation dédicace du livre du journaliste Jacky Moiffo «Ils ont vendu mon frère». Félix, le frère de Jacky Moiffo est en effet l’un des «esclaves» retenus dans un des camps en Libye, qui ont notamment fait l'objet il y a un an d'un documentaire très médiatisé de la chaîne de télévision américaine CNN.

"Si des êtres humains vendus comme esclaves ne choquent personne, alors nous ne sommes plus humains"
 

«Aucune femme, aucun homme ne quitte son pays au péril de sa vie en espérant que 50% de chance de mourir se transformeront en 50% de chance de survivre. Quel pari.»
Max Mathiasin, député de la Guadeloupe


SOYEZ TOUTES et TOUS LES BIENVENUS!
SAMEDI 10 NOVEMBRE À PARTIR DE 14H
20 RUE ROBERT HOUDIN
PARIS 11éme

jeudi 1 novembre 2018

At least 58,600 migrants have died since 2014, AP investigation finds

As people worldwide flee war, hunger and a lack of jobs, global migration has soared to record highs.
Image: Mortuary workers bury the coffin of an unidentified male in a "pauper grave" at a Olifantsvlei cemetery
Mortuary workers bury the coffin of an unidentified male at the Olifantsvlei cemetery outside Johannesburg, South Africa.Bram Janssen / AP file
 
By Associated Press
 
JOHANNESBURG — One by one, five to a grave, the coffins are buried in the red earth of this corner of a South African cemetery. The scrawl on the cheap wood attests to their anonymity: "Unknown B/Male."

These men were migrants from elsewhere in Africa with next to nothing who sought a living in the thriving underground economy of Gauteng province, a name that roughly translates to "land of gold." Instead of fortune, many found death, their bodies unnamed and unclaimed — more than 4,300 in Gauteng between 2014 and 2017 alone.
Some of those lives ended here at the Olifantsvlei cemetery, in silence, among tufts of grass growing over tiny placards that read: Pauper Block. There are coffins so tiny that they could only belong to children.

As people worldwide flee war, hunger and a lack of jobs, global migration has soared to record highs, with more than 258 million international migrants in 2017. That is an increase of 49 percent from the turn of the century, according to the United Nations.

Far less visible, however, has been the toll of this mass migration: The tens of thousands of people who die or simply disappear during their journeys, never to be seen again. A growing number of migrants have drowned, died in deserts or fallen prey to traffickers, leaving their families to wonder what on earth happened to them. At the same time, anonymous bodies are filling cemeteries around the world, like the one in Gauteng.

He risked his life playing 'The Game': A migrant's harrowing journey to the West

July 18, 201808:21

An Associated Press tally has documented at least 56,800 migrants dead or missing worldwide since 2014 — almost double the number found in the world's only official attempt to try to count them, by the U.N.'s International Organization for Migration. The IOM toll as of Oct. 1 was more than 28,500. The AP came up with almost 28,300 additional dead or missing migrants by compiling information from other international groups, requesting forensic records, missing persons reports and death records, and sifting through data from thousands of interviews with migrants.

The AP's tally is still low. Bodies of migrants lie undiscovered in desert sands or at the bottom of the sea. And families don't always report loved ones as missing because they are illegal, or because they left home without saying exactly where they were headed.
Image: A Turkish police officer stands next to the body of Aylan Kurdi in 2015
A police officer stands next to the body of Aylan Kurdi, a Syrian toddler who drowned and washed ashore in Turkey in 2015.Nilufer Demir / AFP - Getty Images file
The official U.N. toll focuses mostly on Europe, but even there cases fall through the cracks. The political tide is turning against migrants in Europe just as in the United States, where the government is cracking down heavily on caravans of Central Americans trying to get in. One result is that money is drying up for projects to track migration and its costs.

Beyond Europe, information is even more scarce. Little is known about the toll in South America, where the Venezuelan migration is among the world's biggest today, and in Asia, the top region for numbers of migrants.

The result is that governments vastly underestimate the toll of migration, a major political and social issue in most of the world today.

"No matter where you stand on the whole migration management debate....these are still human beings on the move," said Bram Frouws, the head of the Mixed Migration Centre, based in Geneva, which has done surveys of more than 20,000 migrants in its 4Mi project since 2014. "Whether it's refugees or people moving for jobs, they are human beings."

 nbcnews.com

mercredi 12 septembre 2018

Non, l’Afrique subsaharienne ne va pas « envahir » l’Europe

Une étude publiée par l’INED invalide la thèse d’une « ruée vers l’Europe » de la population d’Afrique subsaharienne en 2050.

« Des centaines de millions de Noirs vont envahir l’Europe » (Résistance républicaine), «Invasion migratoire africaine, Macron accélère la fin de la France » (Riposte laïque), De nombreux médias d’extrême droite et identitaires répètent la thèse du « grand remplacement » de la civilisation européenne par les immigrés, développée par Renaud Camus. Ils se sont appuyés dernièrement sur un livre publié en février 2017 par le journaliste Stephen Smith, intitulé La Ruée vers l’Europe.

Pourquoi c’est exagéré

Une étude publiée mercredi 12 septembre dans Population et sociétés, la revue de l’Institut national d’études démographiques (INED) bat en brèche ces thèses alarmistes prédisant que l’Europe serait constituée de 25 % d’immigrés subsahariens en 2050.

Dans cette publication, François Héran, professeur au Collège de France, explique que la population d’Afrique subsaharienne va exploser, passant de 970 millions d’habitants en 2015 à plus de 2,2 milliards en 2050 mais elle ne va pas pour autant « envahir » l’Europe et la France. Le démographe bat en brèche plusieurs idées reçues :
  • ce n’est pas parce qu’ils sont pauvres que les Africains viennent en Europe. Au contraire, selon la matrice bilatérale des migrations bâtie par la Banque mondiale, l’OCDE et le FMI, plus un pays est pauvre, moins ses habitants ont de ressources pour partir dans des pays lointains ;
  • l’essentiel des migrations africaines ne se produit pas vers l’Europe, mais vers les pays voisins de la région subsaharienne : 70 % des émigrés subsahariens restent dans leur région, un taux qui atteint 81 % en Afrique centrale. Sur les 30 millions d’émigrés subsahariens, seuls 15 % viennent sur le Vieux Continent

70 % des migrants subsahariens restent dans leur région, contre seulement 1 % des Nord-Africains

Proportion d'émigrés restant dans leur région d'origine en 2015, selon la base de la Banque mondiale.
0 %10 %20 %30 %40 %50 %60 %70 %70 %55 %52 %48 %46 %36 %36 %26 %6 %1 %Part des émigrés restant dans la régionAfrique subsaharienne OcéanieEurope occidentaleEurope de l'EstAsie centrale et occidentaleAmérique du SudAsie du Sud et de l'EstÉtats-Unis et CanadaAmérique centraleAfrique du Nord
Afrique subsaharienne
Part des émigrés restant dans la région: 70 %
Source : Ined, "Populations et société n°558
  • les populations ne se « déversent » pas mécaniquement des pays à forte fécondité vers les pays à faible fécondité. « Ceux qui comptent au moins 4 enfants par femme ont envoyé 5 % seulement de leurs migrants vers les pays ayant moins de 1,7 enfant. Les pays les plus mobiles sont les plus engagés dans la transition démographique, que ce soit au Sud ou au Nord », note François Héran.
  • les migrations subsahariennes vont forcément augmenter « mais dans des proportions qui n’ont rien de bouleversant », selon des projections de l’ONU. Ainsi, en France, les migrants subsahariens qui constituent 1,5 % de la population en 2015 pourraient passer à 2,9 %, voire 4 %, ce qui est « très en deçà des prophéties alarmistes », conclut l’étude de l’INED.

L'immigration subsaharienne devrait doubler, passant de 1,5 à 2,9 % de la population française en 2050

Pourcentage de population immigrée en France par région d'origine en 2015 et projection en 2050 selon les données de l'ONU
0 %1 %2 %3 %4 %5 %6 %5.3 %2.1 %2.9 %1.2 %0.7 %0.7 %En 2015Projection pour 2050Afrique duNordEurope du SudAfriquesubsaharienneEurope del’OuestProche etMoyen OrientAsie de l’Est
Asie de l’Est
En 2015: 0,7 %
Projection pour 2050: 0,7 %
Source: Ined Population et Sociétés 558

dimanche 2 septembre 2018

APPEL AUX DONS POUR LES ENFANTS EN DÉTRESSE AU CAMEROUN



L' association des petits Enfants de Marie lance un appel à toutes les âmes de bonne volonté de l'aider à avoir un cadre au Cameroun, où elle pourra poursuivre ses activités et accueillir les enfants en détresse. Elle est pour le moment sans un abri permanent.

Merci pour votre générosité de cœur.

 Destinataires: ASSOCIATION POUR LE BIEN-ÊTRE ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES ENFANTS ET DES JEUNES EN DÉTRESSE EN ZONE RURALE ET URBAINE AU CAMEROUN «Les Petits Enfants de Marie»
 
Enregistrement Numéro 00000708/RDA/J06/SAAJP/BAPP du 27 août 2018

Tél. 237 662 449 221
E-MAIL: petitsenfantsdemarie.2018@gmail.com


Nous relayons cet appel aux dons parce que nous avons acquis la conviction que c'est dès l'enfance que l'on pare à la tentation d'une immigration clandestine et dangereuse, en soutenant localement la scolarisation des enfants, en promouvant l'apprentissage des métiers, puis en accompagnant la création d'activités.

Pour plus d'information, contacter en France: Association NOUS PAS BOUGER

Maison des Associations du onzième

8 rue du Général Renault

Boite n°143

75011 Paris
E-mail: associationouspasbouger@gmail.com
Tél: 06 41 00 14 31

mercredi 25 juillet 2018

L'Afrique fait bien partie de l’histoire du football… français


 
Le footballeur Larbi Ben Barek, surnommé "la perle noire" ((DR))

A l'occasion des polémiques sur la composition de l'équipe championne du monde, l'historien Alain Ruscio revient sur les liens historiques entre le football français et les anciennes colonies de l'Empire.

Par Alain Ruscio

A l'occasion des polémiques sur la composition de l'équipe de France championne du monde (23 joueurs d'origine africaine sur 34), l'historien spécialiste de la période coloniale, Alain Ruscio, revient sur les liens historiques entre le football français et les anciennes colonies de l'Empire. Alain Ruscio,  71 ans, est notamment l'auteur de "Nostalgérie. L'interminable histoire de l'OAS" (La Découverte, 2015)

Le football est, c'est une chose connue, le sport des pauvres par excellence. Point besoin de grandes infrastructures pour taper dans tout ce qui peut faire office de ballon, dans une rue peu passagère ou sur un terrain vague. Aussi, comme dans d'autres pays pauvres (on pense au Brésil), ce sport a-t-il été très vite populaire dans l'Empire français. Lequel lui a donné certains de ses plus beaux champions, à commencer par celui qui faisait l'admiration de Pelé, le Marocain – décrété français – Larbi ben Barek.

Une pratique ancienne et de masse 

Dès l'après-Première Guerre mondiale, le football algérien (au sens de : européen d'Algérie) se fait remarquer en métropole. Une équipe d'Afrique du Nord franchit la Méditerranée et, par deux fois, en 1924 et en 1925, bat l'équipe tricolore. L'hebdomadaire "le Ballon rond" entame alors une campagne pour l'intégration de ces Algériens dans l'équipe nationale : "Pour la deuxième fois cette année, l'Afrique du Nord a battu celle de la métropole. On reconnaît que dans ses lignes il y a des hommes qui pourraient nous être utiles. Mais on s'égare en discussions pour savoir si leur football pourra s'amalgamer avec le nôtre ! Quelle fichaise ! Ils n'ont qu'à faire l'expérience. Car nos coloniaux possèdent ces qualités principales qui nous manquent : l'amour du sport et le désir de vaincre."
 


Il est entendu. En 1925, Charles Bardot, du RC Philippeville puis, en 1926, Georges Bonnello et Henri Salvano, du FC Blidéen, sont sélectionnés pour porter les couleurs de la France : "Nous nous réjouissons de ce choix, qui doit donner un bon résultat, car les Africains ne seront pas surpris par le jeu latin, qu'ils pratiquent naturellement. Cela ouvre la porte à une plus grande sélection et évitera d'aller chercher ailleurs ce que nous avons chez nous." ("le Ballon rond", 14 mars 1925).

Les Européens du Maghreb vont progressivement être recrutés dans des équipes-phares du championnat de métropole : Marcel Haddidji, Émile Zermani, Emmanuel Aznar, Mario Zatelli (qui devint plus tard un entraineur emblématique de l'OM)…

L'intégration des musulmans attendra encore quelques années, mais s'accélérera ensuite. Il y a, dans les équipes professionnelles évoluant en métropole, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, de l'ordre d'une quarantaine d'indigènes maghrébins : Abdelkader Ben Bouali, Riahi Rabih (Olympique de Marseille), Gnaoui Souilem, Abdelkader Chibani (Red Star), Maâmar Belhadj (Stade de Reims), Aoued Meftah (Fives-Lille, puis Stade de Rennes), Saïd Benarab (Bordeaux)…

Durant l'entre-deux-guerres, il devient habituel de trouver, dans les équipes professionnelles de métropole, des recrues originaires d'Afrique du Nord (musulmans et européens) :

"Dans les exportations [1] du football français, cette saison, on remarque surtout le pillage de l'Afrique du Nord. 'Qui n'a pas ses Nord-Africains ?', c'est le cri qu'on peut lancer ! Marseille, champion de France, arrive à en avoir jusqu'à six."
(Jean Eskenazi, "Paris Soir", 15 août 1938 [2]).

Le premier footballeur algérien sélectionné en équipe de France fut Ali Benouna. Remarqué dans une des équipes phares de l'époque, le FC Sète, avec lequel il remporta la Coupe de France en 1934, il fut sélectionné en octobre 1936 (défaite face à la Tchécoslovaquie, 0-3 [3]). Il n'eut que deux sélections, mais fut suivi immédiatement par son compatriote Abdelkader Ben Bouali, en 1937 [4].

Ben Barek, la "perle noire"

Mais c'est surtout la carrière du Marocain Larbi ben Barek qui va marquer l'histoire du football français. Par sa qualité de joueur d'abord. Les spécialistes le remarquèrent particulièrement lors d'un match amical Maroc-France, à Casablanca, le 11 avril 1937, où son équipe se permit de mettre 4 buts au mythique gardien Da Rui. Il fut alors recruté par Marseille, puis fit une carrière au Stade français et à l'Atletico de Madrid.

La presse ne tarissait pas d'éloges, tout en cédant aux images exotiques un peu faciles : "Bien modeste, d'autant plus sympathique, est le nouvel inter de l'équipe nationale, la vedette du jour, l'étoile nord-africaine qui est apparue dans le ciel de nos champs de jeu comme la Croix du Sud " (Mario Brun, "le Petit Parisien", 19 novembre 1938).

Larbi ben Barek

Et l'équipe de France ? Par définition, un Marocain était sujet français, non citoyen et donc non sélectionnable. Qu'à cela ne tienne. Henri Delaunay, président de la Fédération française de Football-Association, avait pris les devants dès 1934 :

"Les indigènes autochtones d'origine tunisienne ou marocaine seront considérés comme français pour tout ce qui concerne la délivrance des licences et des règles de qualification." [5].
En conséquence, le 14 novembre 1938, le Bureau de la Fédération confirma "la qualification au titre de joueur français (de Ben Barek) et son droit à la sélection nationale " (Lucien Gamblin, "l'Auto", 15 novembre). Le 4 décembre suivant, Il portait pour la première fois, face à l'Italie, le maillot de l'équipe de France. Il eut 16 autres sélections. Un chiffre relativement modeste. Mais il faut tenir compte d'un certain événement qui ouvrit une longue parenthèse : la Guerre mondiale. Par contre, la carrière internationale de Ben Barek battit un record absolu : sa dernière sélection date du 16 octobre 1954 — il a alors 40 ans — : 15 ans et 10 mois.

Le footballeur était tellement populaire que le plus grand quotidien sportif, "l'Auto", organisa auprès de ses lecteurs un véritable référendum pour lui donner un surnom (lancement le 24 janvier 1939, résultat le 8 février) : bien avant le roi Pelé — qui connaissait et portait aux nues la carrière du Marocain —, Ben Barek devint pour chacun "la Perle noire " [6].

Malgré sa valeur, les clichés paternalistes ne l'épargnèrent pas non plus : " Ben Barek, un brillant footballeur, un grand enfant " ("l'Auto", 15 novembre 1948). Ou même les surnoms racistes. Dans le concours déjà cité de "l'Auto", il se trouva des plaisantins pour proposer Blanche-Neige, Baba, Doudou [7]

Il termina sa carrière à Sidi-Bel-Abbès comme entraineur-joueur dans le modeste club de l'Union Sportive musulmane de la ville (saison 1955-56) [8], puis rentra prendre une retraite méritée, en 1957, dans son pays, devenu indépendant. Y a-t-il une malédiction attachée aux grands sportifs issus du monde colonial ? Toujours est-il que Ben Barek, au Maroc, eut des jours de plus en plus difficiles. Oublié de tous, il meurt misérablement, le 16 septembre 1992. Son corps ne fut découvert qu'une semaine après…

Les footballeurs d'Afrique subsaharienne

Les originaires d'Afrique subsaharienne furent plus rares, dans l'exacte mesure où ceux-ci étaient bien moins intégrés dans des équipes locales. Le premier africain subsaharien qui se fit remarquer, au point d'intégrer l'équipe de France, fut Raoul Diagne. Mais ses liens avec l'Afrique étaient ténus : fils du député du Sénégal (et un temps ministre) Blaise Diagne, il était né en Guyane et était arrivé en France à l'âge de 18 mois.

Sélectionné pour la première fois le 25 janvier 1931 contre l'Italie (défaite, 0-3). Il fit une très longue carrière, ponctuée par 18 sélections nationales, avant de quitter le terrain en 1946, à 36 ans, puis de devenir entraîneur. D'une lecture de la presse sportive de l'époque ressort le portrait d'un homme affable, sérieux, respecté.

Seuls, de ci, de là, quelques surnoms douteux — "Joséphine " (Baker, évidemment), "Mon z'ami ", "Le Négus" — rappelant le racisme ambiant [9]. L'ironie est que, devenu coach de l'équipe nationale du Sénégal indépendant, il obtint plus tard une victoire contre l'équipe de France (aux Jeux de l'Amitié, en 1963, 2 buts à 0) [10].

Après la Seconde Guerre mondiale, les footballeurs venus de l'Empire sont nombreux. Le Camerounais Eugène N'Jo Léa est comparé aux plus grands footballeurs brésiliens. Recruté par Saint-Étienne, il formera avec Rachid Mekloufi un duo d'attaque d'exception qui mènera son club au titre en 1957.
Rachid Mekhloufi

La grande aventure de l'équipe du FLN

En avril 1958, un fait spectaculaire ébranle le monde du football français : une dizaine de joueurs algériens opérant en métropole, disparaissent pour rejoindre le FLN.

Les fuyards réapparaissent à Tunis. La nouvelle fait grand-bruit, en cette veille de Coupe du Monde. Que des professionnels renoncent aux honneurs et à la fortune pour rejoindre les rebelles en dit long sur la profondeur du sentiment national.

L'équipe du FLN

La liste des footballeurs professionnels qui font ce choix est impressionnante : les internationaux Mustapha Zitouni (AS Monaco), "meilleur arrière central de la planète " [11], alors en contact avec le Real Madrid, et Rachid Mekloufi (AS Saint-Étienne), des joueurs en vue de grands clubs de Première division, Ben Tifour, Boubekeur, Bekloufi (AS Monaco), Brahimi, Bouchouk (FC Toulouse), Kermali (Olympique lyonnais), Arribi (Avignon). Deux autres sont interceptés aux frontières allemande, Mohamed Maouche (Stade de Reims), et italienne, Hocène Chabri (AS Monaco).

La presse des Français d'Algérie présente la nouvelle avec dépit : "Cédant aux pressions du FLN ou obéissant à des opinions politiques personnelles, dix footballeurs africains, parmi lesquels de nombreux internationaux, quittent clandestinement la métropole " ("l'Écho d'Alger, 15 avril 1958). Le ton de la presse de métropole est le même : ces hommes sont soit des traitres, soit des otages du terrorisme : " Les footballeurs algériens désertent nos équipes pour Tunis. Menacés par le FLN " (L'Aurore, 14 avril 1958). Paris Match envoie un de ses reporters à Tunis. Une photo double page montre cinq des joueurs, dans les ruelles de la médina de Tunis : "Vedettes du foot français, les voilà fellagha " (Daniel Camus, Paris Match, 26 avril 1958). On sait que ce mot n'est pas précisément chargé de positivité dans la presse française pro-guerre d'alors… 

L'article ironise : habitués à la belle vie, les voici au "pays des femmes voilées et de l'eau" et pourtant " ils n'étaient pas si malheureux en France". Même Le Monde, dont pourtant certains reportages, à la même époque, insistaient sur le malaise algérien, douta de la sincérité des sportifs et titra en première page : "La fuite concertées de neuf footballeurs musulmans a été préparée par le FLN ". Puis commenta : "Tout indique que ces départs ont été concertés. Il paraît hors de doute, pour ceux qui les connaissent, notamment Mustapha Zettouni, qui devait jouer demain contre la Suisse, n'ont pas désiré quitter la métropole, mais ont dû obéir à un plan préparé par le FLN […]. Il est évidemment hors de doute que les joueurs ont obéi aux injonctions du FLN soucieux de frapper, par ce geste, l'opinion populaire française. Ont-ils sans réticences quitté la métropole ? " ("le Monde", 16 avril 1958).
La presse communiste, par contre, commenta favorablement l'épisode et reproduisit en Une le communiqué du FLN : "Les footballeurs algériens ont répondu à l'appel de leur patrie". Commentaire le même jour de l'éditorialiste : "Quelle leçon en tirer ? Celle-ci : que la lutte du peuple algérien n'est pas, comme certains le prétendent, le fait d'une minorité, mais la lutte d'un peuple entier. On aura peine à faire croire que ce sont des “menaces du FLN“ qui ont pu conduire les onze champions, d'un commun accord, à renoncer à la situation qui était la leur pour prendre leur place dans un dur combat " (André Stil, "l'Humanité", 16 avril 1958).

Une tournée mondiale

L'aventure de cette équipe dite du FLN est passionnante. Les joueurs font désormais ce qu'ils savent faire, du football, pour le compte de leur équipe nationale. Mais ils font bien plus. Ils sillonnent le monde et leur passage est, à chaque fois, une manifestation qui dépasse l'enjeu sportif. De mai 1958 à l'indépendance, elle dispute, malgré les foudres de la FIFA et de la Fédération française, 91 matches de par le monde, de la Tunisie au Maroc, en passant par l'URSS, la Hongrie, la Yougoslavie, la Chine, le Nord Viêt Nam… Ces footballeurs sont considérés (et se considèrent), à juste titre, comme de véritables ambassadeurs de leur pays en marche vers l'indépendance. À Pékin, ils sont reçus par Zhou Enlai, à Hanoi par Ho Chi Minh et le général Giap… [12] "Avec le recul du temps, je peux dire qu'aucun d'entre nous ne regrette… Nous étions militants, nous étions révolutionnaires. J'ai lutté pour l'indépendance… C'était nos plus belles années " (Mohamed Maouche) [13].
Le cas le plus étonnant de cette équipe est sans doute celui de sa vedette, Rachid Mekloufi, international français, joueur de grande classe évoluant à Saint-Étienne, quittant gloire, honneurs et salaire confortable pour jouer avec le FLN… puis, l'indépendance acquise, revenant terminer sa carrière, toujours aussi brillante, en France, où il rejoua avec les Verts et redevint champion de France (1963, 1967 et 1968).
Plus tard, d'autres évasions, moins spectaculaires, moins massives, eurent lieu : Ahmed Oudjani (RC Lens), Dajman Defnoun et Ali Ben Fadah (SCO Angers) (août 1960), Hocine Bouchache (Le Havre), Oualiken et Bourricha (Nîmes) (octobre 1960).
Alain Ruscio
[1] La logique de la phrase incite plutôt à lire : les importations.
[2] "À huit jours de la reprise en football", cité par Stanislas Frenkiel, Larbi Ben Barek, Marcel Cerdan, Ali Mimoun et Alfred Nakache aux frontières de l'assimilation, Mémoire de Master 2, Centre de Recherche en Science du Sport, Université Paris-Sud XI, Année universitaire 2004-2005.
[3] Marcel Rossini, "Médiocre match de l'équipe de France", Match, 11 février.
[4] Présenté à tort comme le premier Maghrébin par Ahmed Boubeker et Piero D. Galloro, "Des Italiens aux Maghrébins, d'une génération de football à l'autre", in Claude Boli, Yvan Gastaut & Fabrice Grognet (dir.), Allez la France ! Football et immigration, Paris, Gallimard / CNHI, Musée national du sport, 2010.
[5] Cité par Stanislas Frenkiel, op. cit.
[6] Claude Boli, "Larbi Ben Barek, la première vedette maghrébine du football français", Revue Migrance, n°29, n° spécial, "Les footballeurs maghrébins au XXè siècle", 1er trimestre 2008.
[7] Id.
[8] Redouane Ained Tabet & Tayeb Nehari, Histoire d'Algérie. Sidi-bel-Abbès, de la colonisation à la guerre de Libération en Zone 5 – Willaya V (1830-1962), Alger, ENAG Diffusion, 1999.
[9] Mario Brun, "Raoul Diagne", Match, 19 novembre 1935.
[10] Morad Aïd-Habbouche & Pascal Blanchard, "Des Noirs en couleur. Les joueurs afro-antillais en équipe de France", Africultures, 3 juin 2008.
[11] Dominique Le Guilledoux, "En 1958, les sportifs avaient du courage. Des footballeurs entre Paris et Alger", "le Monde diplomatique", août 2008.
[12] Paul Dietschy, "Le football africain, entre domination coloniale et émancipation", in Pierre Singaravélou & Julien Sorez (dir.), "L'Empire des sports. Une histoire de la mondialisation culturelle", Paris, Belin, 2010.
[13] Cité par Françoise Escarpit, "1958. Les ambassadeurs de la révolution algérienne", "l'Humanité", 6 octobre 2001.

Interview, Quotidien Libération

Lilian Thuram : «Pour ne pas gâcher le jeu, on donne l’impression que tout va bien»

Par Noémie Rousseau
Lilian Thuram boulevard Saint-Germain, à Paris, le 20 juillet. Photo Roberto Frankenberg

Pour le champion du monde 1998, le racisme sur les terrains, reflet de l’inconscient profond du pays, est minimisé par les instances dirigeantes majoritairement blanches. Il dénonce les préjugés tenaces contre les Noirs, renvoyés à leur physique et traités de paranoïaques lorsqu’ils dénoncent les agressions dont ils font l’objet.

Lilian Thuram a grandi en Guadeloupe jusqu’en 1981, année de son arrivée en région parisienne, où il est élevé par sa mère femme de ménage. Là, il fait l’expérience du racisme, elle fondera ses engagements futurs. Le baccalauréat en poche, il débute sa carrière de footballeur professionnel avec l’AS Monaco, passera ensuite l’essentiel de sa carrière à la Juventus de Turin. Le défenseur tricolore, champion du monde en 1998 et d’Europe en 2000, raccrochera les crampons en 2008. Un temps membre du conseil fédéral de la Fédération française de football (FFF) et du Haut Conseil à l’intégration, il crée sa fondation, Lilian Thuram-Education contre le racisme.
Les Bleus sont la cible à l’étranger de commentaires sur leurs origines…
C’est surtout une hypocrisie totale de dire qu’il ne faut pas parler des origines des joueurs. Parce qu’avec ceux qui ne jouent pas en équipe de France, on se l’autorise. Ceux-là sont sans cesse désignés comme des jeunes issus de la deuxième ou troisième génération, sans cesse renvoyés à leurs origines. Cette victoire est un cadeau extraordinaire fait à tous ces enfants qui ont du mal à se considérer comme français. Avec elle, ils pourraient franchir le pas. Mais on ne devrait pas attendre une Coupe du monde pour leur donner le sentiment d’être légitimes, ce devrait être un discours porté par nos politiques et notre société. En fait, parler des origines de quelqu’un n’est pas un problème, tant qu’on ne l’enferme pas dedans. Jusqu’à preuve du contraire, chacun de nous en a, alors pourquoi ne pas aborder le sujet ? Parce que ce sont toujours les mêmes qu’on renvoie à leurs origines. Parce qu’on ne parle pas de celles de Lloris, Griezmann, Hernandez, Pavard. Parce qu’en fait, c’est de couleur de peau dont il s’agit. Ce n’est pas anodin que certains pays désignent les joueurs d’origine africaine. Le message est simple : on ne peut pas être noir et européen, puisque les Noirs sont africains. Et il y aurait trop de Noirs dans l’équipe de France. A ce discours-là, la FFF oppose que tous les joueurs sont français. Bien sûr, évidemment, sinon ils ne pourraient pas jouer en équipe de France ! Ne faudrait-il pas dire, assumer, que la force de notre pays, de notre football, tient à ce que nous avons tous des origines, des couleurs, des religions différentes… Dire que là est notre fierté, que nous sommes fiers de cela. Et voilà pourquoi nous sommes champions du monde.
Comment expliquer que les joueurs noirs du club amateur de l’AS Benfeld, qui ont essuyé des coups et des injures racistes, ont le sentiment de n’avoir pas été entendus par les instances du football ?
On sait bien que les Noirs racontent des bêtises… Le racisme est présent dès la lecture d’une situation. La parole d’un Noir ou de trois Noirs ne vaut pas la parole d’un Blanc. La victime n’est pas en mesure de dénoncer quoi que ce soit puisqu’on ne va pas la croire. La parole est d’emblée illégitime, c’est caractéristique du traitement du racisme. Ce qu’on ne veut pas voir dans le racisme, c’est que cela existe vraiment. On croit toujours que les personnes exagèrent, que ceux-là voient du racisme partout. On leur fait comprendre qu’ils sont paranoïaques. Car prendre en considération les paroles des victimes de racisme, c’est prendre acte du fait qu’il y a du racisme, donc aller à l’encontre du système, affirmer qu’il faut le changer au lieu de laisser faire. Je prends toujours l’exemple du bus de Rosa Parks : il ne faut jamais oublier que dans le racisme, il y a des gens qui sont avantagés.
L’engouement populaire pour les Bleus victorieux signifie-t-il que le football français s’est défait de tout racisme ?
Après cette victoire, il n’y aura peut-être plus de questionnements sur la légitimité d’être noir et français. A condition de rappeler les débats qui ont agité la FFF. Il faut dire aux gens : vous qui êtes heureux de la victoire de l’équipe de France, souvenez-vous qu’en 2011, des personnes ont voulu mettre en place des quotas pour les binationaux. Avec ces quotas, nous n’aurions pas cette équipe-là. Ce projet a été empêché grâce au courage d’un lanceur d’alerte, Mohamed Belkacemi.
Dans le cas du match Benfeld-Mackenheim, le District d’Alsace de football a condamné à égalité tous les protagonistes, dix matchs de suspension pour tous.
C’est une décision extrêmement lâche, cela revient à ne pas sanctionner. Il n’y a ni victime ni bourreau. En ne prenant pas la mesure de la gravité de la situation, ils permettent au racisme de perdurer. Ils participent au mauvais traitement des Noirs par la société, ils l’autorisent à les violenter, les sous-estimer, les mépriser. Si les agresseurs et les victimes avaient la même couleur de peau, ils n’auraient pas tous eu la même peine. On ne condamne pas de manière identique victimes et agresseurs. Mais dans ce cas-là, on les met sur le même plan, au même niveau, pour ne pas traiter de la question raciste. L’essentiel, c’est de ne pas faire de vague, pour ne pas être taxé de district raciste. Je doute que ces dirigeants aient pensé au ressenti de ces footballeurs noirs, à la manière dont ils vivraient cette affaire et leur sanction.
Autrement dit, la couleur de peau conditionnerait la lecture de la situation ?
C’est la réalité. Si au District d’Alsace de football la majorité des personnes étaient noires, est-ce qu’il y aurait eu cette sanction ? Les décisions prises dans les affaires de racisme émanent souvent d’une classe dirigeante majoritairement blanche qui ne subit pas le racisme, qui est éduquée à ne pas le voir ou à refuser de le voir. Si le racisme existe encore dans nos sociétés, c’est qu’il y a encore beaucoup de personnes qui trouvent ce comportement tout à fait normal, se retrouvent dans cette façon de penser. Demandez aux joueurs, aux supporteurs, aux gens du District, s’ils aimeraient être traités de la même façon que la société traite les personnes de couleur noire. A chaque fois que je pose la question dans les écoles, les enfants répondent non. Eux-mêmes savent. Ils savent qu’on ne se comporte pas pareil avec les Noirs.

Quand on décortique la réflexion autour du racisme, on en arrive à une remarque dangereuse : les gens ne se perçoivent pas blancs. Dans l’absolu, c’est une bonne chose. Mais comme ils n’ont pas conscience d’être blancs, ne se nomment pas blancs, ils ne se rendent pas compte combien leur couleur de peau influence leur perception des personnes noires, leurs actes envers elles. Moi, je sais que je suis noir parce qu’on me l’a tellement répété. Je suis devenu noir à 9 ans, en arrivant en région parisienne. Les autres enfants, qui me disaient noir, ne se disaient pas blancs. Les gens blancs sont capables de parler d’un physique noir, d’une pensée noire, mais ils ne parlent jamais d’eux. Sauf qu’ils se pensent tout le contraire. Si les Noirs courent vite, sont forts, cela sous-entend que les Blancs sont plus intelligents, intellectuels. Dans les années à venir, il faudra questionner cette structure de pensée : pourquoi les Blancs font cela ? Aujourd’hui, c’est compliqué de rappeler aux Blancs qu’ils sont blancs, cela entraîne souvent des blocages, c’est vécu comme une agression.
Quel discours éducatif contre le racisme portez-vous ?
J’essaie d’être le plus simple possible. De démontrer que le racisme n’est pas quelque chose de naturel, mais résulte d’une éducation. Je dis aux enfants que selon leur couleur de peau, leur sexe, leur orientation sexuelle, ils ne vivent pas la société de la même façon. Je leur dis de faire attention, qu’ils sont éduqués de manière inconsciente à se penser mieux que les autres, plus légitimes ou au contraire moins bien. Il s’agit de leur faire prendre conscience des stéréotypes que la société ancre en eux, pour déjouer les mécanismes de domination. Et pour l’heure, le racisme, quand il ne fait pas l’objet d’un déni, est traité de manière superficielle… Dans l’affaire Weinstein, on aurait pu s’en tenir à l’acte d’un gros dégueulasse, s’arrêter là. Mais ce cas a permis de mettre au jour le système qui le sous-tend, qui a permis à Weinstein de perpétrer ses violences avec un sentiment d’impunité : la domination des hommes sur les femmes. Or, quand il s’agit d’un acte de racisme, on ne se pose jamais la question. Si dans un stade, des supporteurs font le bruit du singe parce que je touche un ballon, parce que je suis noir, on se contente de dire qu’il s’agit de gens stupides. Mais cela raconte autre chose, cela dit quelque chose de la relation à l’autre selon la couleur de peau, d’une idée de supériorité. En chaque personne blanche, il peut y avoir des séquelles de cette façon de penser. Cela ne veut pas dire qu’il y en a forcément, mais on doit au moins se poser la question. Le documentaire de Raoul Peck sur James Baldwin, I Am Not Your Negro, l’explique très bien : il faut que les personnes blanches se demandent pourquoi ils ont besoin des Noirs. Parce que le racisme, ce n’est pas le problème des Noirs. Comme le sexisme n’est pas le problème des femmes, ou l’homophobie le problème des homosexuels. Ce n’est pas eux qui peuvent résoudre le problème. Et très souvent, c’est aux victimes qu’on demande de le résoudre.
Pourquoi n’y a-t-il pas plus de voix qui s’élèvent contre le racisme dans le football ?
Quand j’étais joueur de foot, c’était déjà difficile de dénoncer les actes de racisme, même quand cela me touchait en plein cœur. Il ne fallait pas parler de ce qui est scandaleux. Parce qu’il ne faut pas gâcher le jeu, mais donner une bonne image, l’impression que tout va bien… Dans le foot professionnel, aucun arbitre n’a jamais arrêté un match à la suite d’actes de racisme. Même à ce niveau-là, les joueurs qui se plaignent de racisme sur le terrain finissent parfois avec un carton. Alors même que la visibilité est forte, rien n’est fait. Autant dire que dans le foot amateur, et encore plus en zone rurale, c’est pire. Voilà pourquoi il faut parler, et ce d’autant plus lorsque vous êtes un joueur médiatisé, car cette position est plus facile, et que vous êtes plus audible. Dans le foot amateur, dénoncer du racisme, cela peut même se retourner contre vous. Les clubs, en général, demandent aux joueurs de laisser tomber, de ne rien dire. Les personnes qui ont une visibilité ont aussi une responsabilité : s’opposer aux injustices, pour en finir avec cette hypocrisie qui consiste à fermer les yeux. Il faut une libération de la parole, faire comprendre aux gens que par leur inaction et leur silence, ils entretiennent le racisme.

Noémie Rousseau