vendredi 23 octobre 2020

France : partis pour une surenchère islamophobe et arabophobe jusqu’à la nausée

 Nous aurons ainsi droit à une surenchère islamophobe et arabophone jusqu’à n’en plus finir....

 




Car certains acteurs politiques ont décidé d'exploiter jusqu'à la nausée raciste et xénophobe, le tragique assassinat d'un enseignant qui voulait pourtant transmettre l'esprit de tolérance via des caricatures à des élèves de différentes origines.

La surenchère islamophobe et arabophobe ne retient rien de tout cela, et surfe sur les peurs légitimes suscitées par la radicalisation islamiste, pour imposer définitivement la prédominance de son idéologie identitaire et suprématiste sur tout le champ politique en France.

Avec en prime, l’escalade populiste des solutions proposées...

La tentation réactionnaire et populiste s’avère en effet intenable pour les dirigeants français successifs, littéralement désemparés devant la radicalisation d'une frange ultra minoritaire de la population d'origine étrangère.…

Hollande avait proposé la déchéance de la nationalité, Macron embraye avec les expulsions massives des étrangers...La liste sera forcément sans fin.

C'est dire l'impasse intellectuelle et politique dans laquelle est plongé un modèle républicain qui s'est insuffisamment renouvelé au point petit à petit de se faire littéralement engloutir par l'extrême droite et sa fachosphère élargie jusque dans les rangs de la gauche caviar, en défendant une laïcité uniquement d'exclusion ...qui cible indistinctement les français d'origine étrangère, prioritairement d'origine arabe et de confession musulmane.

 

Certains agissent depuis le dernier macabre attentat comme s’ils tiennent enfin l’occasion tant rêvée avec la mort effroyable d’un Homme (qui n’a jamais demandé à mourir de la sorte), d’installer enfin leur avatar de l’étranger arabo-musulman forcément islamo-terroriste (prétendument soutenu par les "islamo-gauchistes" en France) dans l’inconscient général des Français.
 
Des "propos évidemment inacceptables" du président turc...sur Emmanuel Macron
 
Ils traduisent néanmoins l'exaspération grandissante d'une partie du "monde musulman" sur ce qu'il considère (à tort ou à raison) comme un acharnement islamophobe en France, répandu subtilement au nom de la liberté d'expression et du droit au blasphème...
 
Est-il encore possible dans ce pays de saisir ou rétablir la nuance entre la liberté de la presse et un acharnement caricatural sur une religion particulière (avec des caricatures prises et reprises par défiance voulue républicaine)??? J'en doute fortement dans cette chasse lancée aux "islamo-gauchistes".
 
Pourtant, vu de l'étranger (et pas seulement des pays à majorité musulmane) l'ambiance nauséeuse qui règne en France actuellement avec une propagande anti-musulmane décomplexée, délibérément haineuse et politiquement opportune n'échappe pas à l'observation...
 
En effet caricaturer oui, y compris tous les prophètes religieux, mais veiller à ne pas entretenir une forme singulière de croisade haineuse aux accents xénophobes et racistes enrobée dans la belle laïcité agitée curieusement contre une religion déterminée.
 
Je ne pense pas que les victimes des jeunes radicalisés, tant de Charlie Hebdo que des derniers horribles assassinats de Paris, auraient emprunté cette voie intolérante, ni apprécié cette exploitation macabre et extrémiste de leur mémoire.
Cette récupération malsaine de ces drames à répétition n'est pas à la hauteur de la grandeur de la république et de ses valeurs universellement partagées.


Joël Didier ENGO



vendredi 2 octobre 2020

France: nous serions potentiellement tous des "séparatistes" désormais...

 


 
Après avoir été longuement tancé d'être des "communautaristes" en puissance, les français d'origine étrangère et les étrangers seraient donc devenus des "séparatistes" potentiels, notamment quand ils sont de confession musulmane et résident dans les quartiers polaires dits difficiles.
 
J'ai toujours été interpellé par cette tentation récurrente des décideurs politiques français (tous partis confondus), notamment quand ils sont au pouvoir et plongés dans une impasse politique, à remuer l'instinct complotiste du danger dit "séparatiste" qui viendrait nécessairement de l'éternel étranger de l'intérieur: de celle ou de celui qui ne leur ressemble pas et s’adonnerait en plus à des rites forcément venus d'ailleurs...
 
Franchement, est-ce vraiment le "séparatisme islamiste" qui menacerait le plus aujourd'hui cette France à l'aune d'une deuxième vague de confinement? Personne d'objectif ne saurait le croire.
 
Mais il faut, même en pleine pandémie de Covid-19, ne surtout jamais oublier de flatter les plus bas instincts xénophobes en vue du duel présidentiel avec Marine Le Pen que l'actuel locataire de l'Élysée voudrait absolument installer dans l'esprit des Français.
 
Que grand bien lui fasse! 
 
Nous, habitants de la France, nous avons d'abord tous un ennemi commun nommé Covid-19, qui n'a que faire du communautarisme devenu ou maquillé en séparatisme.
 
Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER

Emmanuel Macron présente son plan contre « le séparatisme islamiste »

Le chef de l’Etat a prononcé un discours offensif aux Mureaux (Yvelines), pour déclencher un « réveil républicain ».

Par et  

Emmanuel Macron aux Mureaux (Yvelines), le 2 octobre.

« Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. » Emmanuel Macron a tenté de mettre fin, vendredi 2 octobre, à l’occasion d’un discours prononcé depuis l’hôtel de ville des Mureaux (Yvelines), à des mois de tergiversations, de débats sémantiques et de querelles internes à l’exécutif. Le chef de l’Etat, accusé d’avoir « du mal à prononcer le mot islamisme », selon le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a tenu à poser clairement sa doctrine. Il entend donc lutter contre « l’islamisme radical », cette « idéologie » qui « affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République », et tente parfois « de verser le sang, comme vendredi [25 septembre], à proximité des [anciens] locaux de Charlie Hebdo ».

Un « projet conscient, théorisé », selon le chef de l’Etat, « qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, se traduit souvent par la constitution d’une contre-société et donc la déscolarisation des enfants, le développement de pratiques sportives, culturelles communautarisées, l’endoctrinement ». Autant de problèmes auxquels l’exécutif prétend répondre à travers un projet de loi, qui sera présenté en conseil des ministres le 9 décembre et devrait être baptisé « laïcité et libertés ». « L’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui partout dans le monde », a assuré M. Macron.

Combattre les « ingérences étrangères »

Avec ce texte, le locataire de l’Elysée veut déclencher un « réveil républicain ». Dans le domaine éducatif, d’abord. Pour éviter le phénomène « des écoles illégales, souvent administrées par des extrémistes religieux », il a annoncé que, « dès la rentrée 2021 », l’instruction au sein d’une école sera rendue obligatoire pour tous dès 3 ans. L’enseignement à domicile, qui concerne près de 50 000 enfants, devra dorénavant être limité aux impératifs de santé. « Une décision forte, a-t-il vanté. Sans doute l’une des plus radicales depuis les lois Ferry de 1882 et celle assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969. » Le chef de l’Etat entend aussi renforcer l’encadrement des écoles hors contrat, « parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République non celles d’une religion, former des citoyens, non des fidèles ».

M. Macron a par ailleurs confirmé sa volonté de combattre les « ingérences étrangères » en mettant fin au dispositif d’enseignement de langue et de culture d’origine (ELCO), ces cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par des gouvernements d’autres pays. Une décision déjà prise en 2016 par Najat Vallaud-Belkacem, et mise en œuvre partiellement en 2017.

Autres mesures confirmées : la fin, « sous quatre ans », du système des imams étrangers détachés, ou encore le contrôle plus strict du financement des mosquées, qui seront incitées à sortir de la forme associative pour basculer vers le régime de la loi de 1905. L’instauration d’un dispositif « antiputsch », pour empêcher des « extrémistes » de prendre le contrôle de certains lieux de culte musulmans, est également prévue. Le chef de l’Etat a par ailleurs assuré avoir écarté l’idée, un temps envisagée, de retenir une « approche concordataire » pour parvenir à « construire un “islam des Lumières” dans notre pays, en paix avec la République ».

Le projet de loi risque de susciter l’ire de certains élus locaux. Choqué que des communes « envisagent d’imposer des menus confessionnels » dans les cantines ou d’exclure « les hommes et les femmes de certains créneaux d’accès aux piscines », Emmanuel Macron veut que les préfets puissent suspendre d’autorité les pratiques contraires aux principes de laïcité et d’égalité imposées par certains maires. Si la décision du représentant de l’Etat n’est pas appliquée, ce dernier pourra alors se substituer à l’autorité locale, avec l’accord du juge.

« Regarder le problème de manière froide »

Cette offensive sur le sujet vise par ailleurs à vanter le bilan des chantiers entrepris depuis trois ans, alors que la droite et l’extrême droite accusent l’exécutif de « faiblesse » contre l’islam politique. « Dès fin 2017, des plans de lutte contre la radicalisation impliquant l’ensemble des services de l’Etat ont été déployés à bas bruit dans quinze quartiers », a expliqué M. Macron, avant d’égrener une série de données : « 212 débits de boisson, quinze lieux de culte, quatre écoles et treize établissements associatifs et culturels » ont été fermés.

D’après le chef de l’Etat, la mise en place de cellules de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire dans chaque département aurait porté ses fruits, en permettant, par exemple, de « fermer une école clandestine où des jeunes filles de 7 ans portaient le voile intégral ». « On n’a pas attendu pour répondre à ces menaces, insiste son entourage. Le président veut regarder le problème de manière froide et n’a qu’un objectif : obtenir des résultats. » M. Macron a confirmé la mise en place d’un « contrat de respect des valeurs de la République » pour les associations. En cas de non-respect, ces structures devront rembourser les subventions perçues. L’exécutif envisage également d’intégrer au projet de loi l’interdiction des certificats de virginité, une mesure chère à la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa.

Une première version du projet de loi doit être présentée aux représentants des cultes, à la mi-octobre, avant que le texte définitif atterrisse sur la table du conseil des ministres le 9 décembre. Il sera ensuite transmis à l’Assemblée nationale en janvier 2021. Pour l’heure, sa rédaction n’est pas encore totalement bouclée car les dispositions qui y figurent requièrent un haut niveau d’« expertise juridique », estime l’Elysée, afin de ne pas risquer une censure du Conseil constitutionnel.

Lors de son discours aux Mureaux, Emmanuel Macron a tenté de tenir une ligne de crête : ni stigmatisation des musulmans, ni victimisation. « La laïcité, c’est le ciment de la France unie », a-t-il déclaré, tout en appelant à ne pas se laisser « entraîner dans le piège de l’amalgame tendu par les polémistes et par les extrêmes, qui consisterait à stigmatiser tous les musulmans ». « Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme, celui de nos quartiers », a jugé le président de la République, dénonçant une « ghettoïsation » et « une concentration de la misère et des difficultés ».

Une action en faveur de l’« égalité des chances »

Si le projet de loi à venir sera centré sur la lutte contre l’islamisme, le chef de l’Etat entend « marcher sur ses deux jambes », rappelle son entourage, en menant en parallèle une action en faveur de l’« égalité des chances ». « Il faut lutter contre les séparatismes, en étant intraitable avec les ennemis de la République, mais aussi être au rendez-vous de la promesse républicaine, en faisant plus en matière d’égalité des chances, car c’est ce qui fait le nid des séparatismes », souligne Nadia Hai, ministre déléguée à la ville.

Jeudi, cette dernière a annoncé le financement de 40 nouvelles « cités éducatives » pour aider à l’insertion des jeunes. M. Macron a promis d’annoncer « au cours de l’automne » de nouvelles mesures pour lutter contre les discriminations. « Il y a une volonté très forte du président qu’on avance sur les deux tableaux, dans la droite ligne de ce qu’il porte depuis 2017, développe le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Ce n’est pas la synthèse centriste de deux visions différentes mais l’idée de pousser les feux très forts sur ces deux volets : fermeté sur le séparatisme et, en même temps, égalité des chances et émancipation. » Mais c’est bien sur le premier aspect que l’Elysée entend insister, à un an et demi de l’élection présidentielle de 2022.

L’entourage d’Emmanuel Macron a fait le constat suivant : après avoir émergé aux yeux de l’opinion sur l’économie à partir de 2014, puis être apparu à l’avant-garde sur les questions internationales depuis son élection, en 2017, l’ancien ministre de François Hollande manque toujours de « marqueurs » sur le régalien. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir cherché à imposer l’immigration et la sécurité dans le débat depuis un peu plus d’un an. Cette nouvelle séquence consacrée à l’islamisme doit permettre en théorie au chef de l’Etat de consolider ses positions auprès de l’électorat de droite. « Quand tu es président de la République, tu prends en compte la totalité des Français. Il y a un sujet d’angoisse général », justifie un macroniste, pourtant guère emballé par cette thématique très clivante. Certains, au sein de la majorité, s’interrogent sur l’urgence qu’il y a à traiter un sujet pareil à l’heure où les angoisses se traduisent aussi à travers la crise sanitaire et économique.

Séparatisme : oppositions et associations pas convaincues par Emmanuel Macron

L’offensive contre le « séparatisme islamiste » d’Emmanuel Macron n’a pas convaincu à droite comme à gauche, où on juge le discours du chef de l’Etat hors sujet, quand la majorité salue au contraire « une expression forte loin des caricatures ». Une avalanche de réactions indignées a également émaillé le monde associatif, qui dénonce une « stigmatisation » des musulmans.

« Hypocrite et malfaisant »

Sans surprise, le Rassemblement national et une partie de la droite tirent à boulets rouges sur les propositions du chef de l’Etat. Gilbert Collard, député européen, salue « un bon programme » mais « détruit de l’intérieur » par le rôle confié au Conseil français du culte musulman qu’il estime « noyauté » par les Frères musulmans. « Pas un mot sur l’immigration massive qui est le terreau du communautarisme », ajoute le parti. « Ce texte sera un coup pour rien », pronostique le député Les Républicains Eric Ciotti à propos du futur projet de loi.

A gauche, les réactions sont plus nuancées, mais on estime que les solutions avancées par le président ne s’attaquent pas aux vraies causes. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, admet que ses propos « évitent le piège de la stigmatisation de toute une religion », mais regrette l’absence d’une inflexion de sa politique économique et sociale. Chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a fustigé pour sa part le « caractère hypocrite et malfaisant » du discours.

« Le président de la République n’élude, ni ne caricature, ni ne minimise la menace. Il propose des solutions concrètes et quotidiennes », estime quant à lui le MoDem.

#Levraiséparatisme

« Un certain nombre de problèmes comme la radicalisation se posent dans certains quartiers ghettoïsés, mais c’est avant tout parce que la République les a abandonnés », a affirmé à l’AFP le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, en déplorant une « obsession politique » autour de l’islam en France.

Pour le président de la Ligue des droits de l’homme, Malik Salemkour, ce discours est une « inflexion profondément inquiétante ». « Alors qu’Emmanuel Macron avait jusque-là évité de diviser, il reprend cette fois les discours de l’extrême droite et nomme le coupable, les “musulmans intégristes” ».

Le collectif Banlieues Respect, créé en 2005 lors des émeutes urbaines et regroupant plusieurs associations issues de quartiers populaires, dénonce, lui, « une opération de marketing politique à l’approche des élections » qui va « stigmatiser encore plus la communauté musulmane ».

Plusieurs collectifs de lutte contre le racisme et l’islamophobie ont, par ailleurs, lancé une campagne sur Twitter intitulée #Levraiséparatisme, où ils dénoncent des politiques répressives contre-productives. Dans une vidéo, Assa Traoré, figure de proue du comité La Vérité pour Adama fondé après la mort de son frère en 2016, déclare ainsi :

« Pour moi, le vrai séparatisme, ce sont ces policiers qui tiennent des propos racistes et des injures. »

Le porte-parole de l’ONG Attac Raphaël Pradeau accuse, lui, Emmanuel Macron « de faire diversion » en « stigmatisant les immigrés et les personnes de confession musulmane » en pleine crise sociale et sanitaire. « Le séparatisme aujourd’hui se trouve du côté des très fortunés », affirme-t-il, en citant notamment « l’évasion fiscale ».



  • lundi 14 septembre 2020

    Migrants : qu'est-ce que le camp de Lesbos qualifié de «tragédie immense» par l'ONU ?

     

    FOCUS - Ravagé par un énorme incendie, ce camp qui abrite plus de 12.000 migrants sur l'île grecque de Lesbos, est surnommé «la jungle».

    Le Figaro

    La France s'est engagée à accueillir une centaine de migrants du camp de Moria sur l'île de Lesbos qui a été ravagé par deux incendies. D'après le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, «une tragédie immense» se joue sur cette île grecque. De quoi s'agit-il, comment est-ce arrivé ? Retour sur la situation de ce camp surnommé «la jungle» et qualifié de «honte pour l'Europe entière» par des ONG.

     
    • Un camp situé très près des côtes turques

    Le camp de Moria est situé sur l'île grecque de Lesbos, en mer Égée. Cette grande île (85.000 habitants) est séparée des côtes turques, visibles à l'œil nu, par 4 kilomètres de mer. Cette proximité avec la Turquie en a fait l'une des principales portes d'entrées des migrants en Europe.

    • Un centre d'enregistrement administratif vite débordé

    Le camp de Moria est l'un des cinq centres établis dans les îles grecques de la mer Égée. Ouvert en 2013 sur un site militaire désaffecté, il a été construit pour accueillir environ 2200 personnes. À l’époque, il sert de centre d'enregistrement administratif («hotspots») pour quelques centaines de migrants. Les demandeurs d'asile ne faisaient que passer, le temps de s'enregistrer, faisant de Moria qu'une halte sur leur route vers l'Europe du Nord. Deux ans plus tard, en 2015, dans le sillage de la guerre en Syrie, Lesbos voit affluer plus de 450.000 demandeurs d'asile en un an. Pour freiner les arrivées en mer Égée, un accord est signé entre Ankara et l'UE en mars 2016. L'île grecque devient alors peu à peu un goulet d'étranglement pour les exilés qui continuent d'arriver. En ce début du mois de septembre 2020, au moment où des incendies ont ravagé le camp, quelque 12.700 demandeurs d'asile, dont 4000 enfants, occupaient Moria. C'est quatre fois sa capacité d'accueil.

    • Des dizaines de nationalités dont une majorité d'Afghans

    Ce sont les Afghans (à 75%) qui composent la majorité de ce camp. Après viennent des Syriens, des Congolais et des Iraniens. Ces demandeurs d'asile attendent des mois, certains des années, le verdict des services d'immigration pour savoir s'ils sont autorisés à gagner le continent et poursuivre leur procédure en vue d'une éventuelle relocalisation dans un pays membre, ou s'ils sont renvoyés en Turquie.

    • Insalubrité, détresse et violences

    Dans ce camp surpeuplé, les conditions de vie décrites sont insalubres et très rudimentaires. Fin février, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) parlait d'une toilette pour plus de 100 personnes, de sacs d'ordures jonchant les allées du centre, des coupures d'électricité fréquentes. Selon une autre ONG, «on ne trouve qu'un seul point d'eau pour 1500 personnes». Avant les incendies, la plupart des nouveaux arrivants vivaient dans des abris de fortune établis dans une oliveraie proche. Aux conditions d'hygiène déplorables, s'ajoute la violence. Prostitution, agressions sexuelles, disparitions de mineurs, trafics de drogue et bagarres se produisent quasi quotidiennement dans ce camp où des dizaines d'individus ont été poignardées, se sont suicidés, ou sont morts brûlés dans leurs tentes. De janvier à fin août 2020, cinq personnes ont été poignardées dans plus de 15 attaques.

    • Un confinement sans fin

    Depuis mi-mars, le gouvernement grec a imposé de strictes mesures de confinement aux camps des cinq îles de la mer Egée, dont celui de Moria. Mais les précautions élémentaires face à la pandémie, comme la distanciation sociale, sont impossibles à appliquer en raison de la surpopulation. Le gouvernement grec a prolongé au moins cinq fois le confinement dans les camps de migrants. Début septembre, la Grèce a annoncé un premier cas de Covid-19 à Moria, décrétant une nouvelle «mise en quarantaine» du camp jusqu'au 15 septembre. Le gouvernement grec a laissé entendre que les feux - cinq incendies successifs mardi 8 et mercredi 9 septembre - qui ont ravagé le camp, auraient été déclenchés volontairement par des demandeurs d'asile souhaitant quitter l'île. Une enquête est d'ailleurs en cours pour déterminer la cause des incendies.

    • A la rue en attendant un nouveau camp en construction

    Depuis ces incendies, les demandeurs d'asile du camp sont sans abri. Leurs conditions de vie, déjà déplorables, se sont encore dégradées. «Des milliers de gens dorment à la dure sur les collines autour de Moria et dans les rues, et la tension entre les habitants de l'île, les demandeurs d'asile et la police augmente», a selon l'ONG Human Rights Watch. Les autorités locales tentent de mettre en place des solutions d'urgence. Depuis samedi, 300 personnes ont été installées dans un nouveau camp mis en place dans un ancien champ de tir appartenant à l'État, à trois kilomètres du port de Mytilène, chef-lieu de l'île.

    Un camp temporaire a été mis en place dans un ancien champ de tr appartenant à l'État grec.
    Un camp temporaire a été mis en place dans un ancien champ de tr appartenant à l'État grec. LOUISA GOULIAMAKI / AFP

    Signe que la tension est toujours très forte : des heurts ont éclaté samedi avec la police lors d'une manifestation de migrants qui veulent quitter cette île. Un nouveau camp devrait être prêt «dans cinq jours», promettent les autorités grecques. De son côté, l'Union européenne a pris en charge le transfert de 400 mineurs non accompagnés vers le continent. La France - entre autre pays - devrait en accueillir une centaine d'ici à la fin du mois de septembre.

    vendredi 11 septembre 2020

    Le lapsus raciste de Nicolas Sarkozy dans une association éculée "des singes, des nègres, des noirs"

    Voilà où en est encore une certaine classe politique française

     


    Cette pitrerie en forme de sous-entendu raciste est néanmoins assez révélatrice de ce que cette classe dirigeante française pense fondamentalement des noirs, et la représentation qu'elle a encore de nous....en 2020, tous partis confondus.

    Nous ne préviendrons jamais assez les jeunes générations sur la persistance et la profondeur de ce racisme subtil dans la société française...

    Ce dérapage de l'ancien président français témoigne de toute la difficulté que nous rencontrons pour combattre efficacement ce phénomène, alors même que l'inconscient général est ainsi en permanence sollicité en France - notamment dans les médias de grande écoute - par des représentations dégradantes et déshumanisantes des noirs. 

     Joël Didier ENGO, Président de l'Association NOUS PAS BOUGER


     

    http://www.nouspasbouger.org

    lundi 31 août 2020

    Investigation: African migrants 'left to die' in Saudi Arabia’s hellish Covid detention centres

    😭😭😭 Les #noirs: ces êtres humains en butte à toutes les #horreurs terrestres...Où qu'ils aillent ou soient.


     


    C'est quand même terrible comme existence.
     

    'The guards just throw the bodies out back as if it was trash,' said one

    “Plenty of inmates are suicidal or suffering from mental illnesses as a result of living this for five months,” said one prisoner 
    “Plenty of inmates are suicidal or suffering from mental illnesses as a result of living this for five months,” said one prisoner  Credit: Telegraph exclusive

    Saudi Arabia, one of the wealthiest countries on earth, is keeping hundreds if not thousands of African migrants locked in heinous conditions reminiscent of Libya’s slave camps as part of a drive to stop the spread of Covid-19, an investigation by The Sunday Telegraph has found. 

    Graphic mobile phone images sent to the newspaper by migrants held inside the detention centres show dozens of emaciated men crippled by the Arabian heat lying shirtless in tightly packed rows in small rooms with barred windows. 

    One photo shows what appears to be a corpse swathed in a purple and white blanket in their midst. They say it is the body of a migrant who had died of heatstroke and that others are barely getting enough food and water to survive.
     
    Another image, too graphic to publish, shows a young African man hanged from a window grate in an internal tiled wall. The adolescent killed himself after losing hope, say his friends, many of whom have been held in detention since April.  

    The migrants, several displaying scars on their backs, claim they are beaten by guards who hurl racial abuse at them. “It’s hell in here. We are treated like animals and beaten every day,” said Abebe, an Ethiopian who has been held at one of the centres for more than four months.  

    Migrants are scarred following beatings by the guards
    Migrants are scarred following beatings by the guards Credit: Telegraph exclusive

    “If I see that there is no escape, I will take my own life. Others have already,” he added via an intermediary who was able to communicate on a smuggled phone.  

    “My only crime is leaving my country in search of a better life. But they beat us with whips and electric cords as if we were murderers.”

    The images and testimony have sparked outrage among human rights activists, and have particular resonance in light of the global Black Lives Matter protests. 

    "Photos emerging from detention centres in southern Saudi Arabia show that authorities there are subjecting Horn of Africa migrants to squalid, crowded, and dehumanising conditions with no regard for their safety or dignity,” said Adam Coogle, deputy director of Human Rights Watch in the Middle East, after being shown the images by The Sunday Telegraph.  

    “The squalid detention centres in southern Saudi Arabia fall well short of international standards. For a wealthy country like Saudi Arabia, there’s no excuse for holding migrants in such deplorable conditions," Mr Coogle added.  

    Oil-rich Saudi Arabia has long exploited migrant labour from Africa and Asia. In June 2019, an estimated 6.6m foreign workers made up about 20 per cent of the Gulf nation’s population, most occupying low paid and often physically arduous jobs.

    The migrants work mainly in construction and manual domestic roles that Saudi nationals prefer not to do themselves. Many are from South Asia, but a large contingent come from the Horn of Africa, which lies across the Red Sea. 

    The detention centres identified by The Sunday Telegraph house mainly Ethiopian men and there are said to be others packed with women.

    Over the last decade, tens of thousands of young Ethiopians have made their way to the Gulf state, often aided by Saudi recruitment agents and people traffickers, in a bid to escape poverty back home. 

    They have been trapped partly as a result of the pandemic but also by the ‘Saudization’ of the kingdom’s workforce, a policy introduced by Muhamad Bin Salman, the Crown Prince who took power three years ago.

    Dozens of emaciated men crippled by the Arabian heat inside one of Saudi Arabia's detention centres
    Dozens of emaciated men crippled by the Arabian heat inside one of Saudi Arabia's detention centres Credit: Telegraph exclusive

    The testimonies gathered by The Sunday Telegraph directly from migrants on encrypted channels about the conditions they now find themselves in are harrowing. 

    “Plenty of inmates are suicidal or suffering from mental illnesses as a result of living this for five months,” said one. “The guards mock us, they say ‘your government doesn’t care, what are we supposed to do with you?” 

    “A young boy, about sixteen, managed to hang himself last month. The guards just throw the bodies out back as if it was trash,” said another. 

    When the pandemic struck in March, the Saudi government in the capital Riyadh feared the migrants, who are often housed in overcrowded conditions, would act as vectors for the virus. 

    Almost 3,000 Ethiopians were deported by the Saudi security services back to Ethiopia in the first ten days of April and a leaked UN memo said a further 200,000 were to follow.  A moratorium was then placed on the deportations after international pressure was brought to bear on Riyadh.

    The Sunday Telegraph has found many of the migrants who were slated for deportation five months ago have been left to rot in disease-ridden detention centres.  “We have been left to die here,” said one, who said he has been locked in a room the size of a school classroom and not been outside since March. 

    “Covid19? Who knows?, he added, “There are a lot of diseases here. Everyone is sick here; everyone has something.” 

    The images smuggled out show many of those held are plagued by disfiguring skin infections. They claim they have received no medical treatment. 

    “We eat a tiny piece of bread in the day and rice in the evening. There’s almost no water, and the toilets are overflowing. It spills over to where we eat. The smell, we grow accustomed to. But there’s over a hundred of us in a room, and the heat is killing us,” said another young Ethiopian man. 

    A short video clip smuggled out shows several rooms covered with filth from an overflowing squat toilet. One Ethiopian man can be heard shouting out: “The toilets are clogged. We tried unblocking them, but we’re unable to. So we live in this filth, we sleep in it too.”

    “To [the Saudis] or even to Abiy, it’s like we’re ants. When we die, it’s as if an ant died, no one cares or pays attention,” the man added, referring to Ethiopia’s Nobel Peace Prize-winning Prime Minister Abiy Ahmed.  

    Saudi Arabia is deeply stratified by race and cast. African migrants enjoy few legal rights and many complain of exploitation, sexual and racial abuse from employers. 

    New laws further limiting the rights and employment prospects of foreign labourers were introduced in 2013 and crackdowns have continued under the rule of the young Crown Prince Muhamad Bin Salman, who took power in 2017.

    The Sunday Telegraph was able to geolocate two of the centres. One is in Al Shumaisi, near the holy city of Mecca and one is in Jazan, a port town near Yemen. There are believed to be others housing thousands of Ethiopians.

    Migrants in each of the centres said there were hundreds of them in each room. Satellite imagery shows there are several buildings at both centres, meaning there may be far more migrants in each centre who are uncontactable. 

    Several of the migrants said they had been rounded up from their homes in various Saudi Arabian cities before being placed in the camps. Others are African refugees from war-torn Yemen.  

    Earlier this month, Human Rights Watch reported that Houthi forces used Covid-19 as a pretext to expel thousands of Ethiopian migrants into neighbouring Saudi Arabia.

    Testimonies gathered by the NGO say that the Houthis killed dozens of Ethiopians and forced others at gunpoint over the Saudi border. Saudi border guards then fired on the fleeing migrants, killing dozens more. 

    “Saudi Arabia, a wealthy country, has long held undocumented migrants including many from the Horn of Africa in conditions that are so crowded, unsanitary, and appalling that migrants often emerge traumatised or sick,” said Mr Coogle.  

    “It’s fair to question whether Saudi authorities are purposefully allowing these detention conditions to exist in order to punish migrants,” he added.

    The Sunday Telegraph approached the Saudi Arabian embassy in London for comment but had not received any at the time of going to press.  

    A representative of the Ethiopian government in the Middle East was also unsuccessfully approached for comment.   

    *Migrants' names have been changed to protect their identity 

    Protect yourself and your family by learning more about Global Health Security

    samedi 29 août 2020

    Migrants: sur la Méditerranée, une situation «intenable» et «mortelle»

     

    Des migrants de Tunisie et de Libye arrivent à bord d'un bateau des garde-côtes sur l'île italienne de Lampedusa, le 1er août 2020.
    Des migrants de Tunisie et de Libye arrivent à bord d'un bateau des garde-côtes sur l'île italienne de Lampedusa, le 1er août 2020. Alberto PIZZOLI / AFP
    Texte par : Romain Philip
     
     Sur fond d’inquiétudes et de lutte contre le Covid-19, les pays du pourtour méditerranéen se désengagent de plus en plus de la Méditerranée et de la gestion des traversées clandestines, voire même durcissent leur politique migratoire.
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    Arrivé au large de la Libye le 22 juillet, le SeaWatch 4, un navire d’une soixantaine de mètres battant pavillon allemand n’a pas eu à ratisser les flots pour commencer ses opérations en mer. Mercredi 26 juillet, après 3 sauvetages en 3 jours, plus de 200 personnes – dont des dizaines de mineurs - sont à bord du navire affrété par l’ONG homonyme et Médecins sans frontières (MSF).

    Une situation qui rappelle « à quel point la route est dangereuse, mortelle et à quel point les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile continuent d’arriver en Europe en traversant la Méditerranée », estime Hassiba Hadj Sahraoui, chargée des questions humanitaires chez MSF. Depuis le début de l’année, « plus de 17 000 personnes sont arrivées en Italie et à Malte » en provenance des côtes libyennes et tunisiennes, soit trois fois plus qu’en 2019, selon le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR).

    Mais ces chiffres rappellent surtout le danger mortel que représente cette traversée. Au moins 303 migrants ont péri sur la route migratoire de la Méditerranée centrale, estime l’agence onusienne. Le 19 août dernier, 45 personnes, dont 5 enfants, ont perdu la vie dans le naufrage le plus meurtrier de 2020. Entassées avec 37 autres migrants – ceux qui ont pu être secourus – sur un bateau pneumatique précaire, elles sont décédées après l’explosion du moteur de l’embarcation au large de Zwara, en Libye.

    Entrave au travail des ONG

    « Le nombre estimé actuel de décès est probablement beaucoup plus élevé », alerte le HCR et l’IOM (Organisation internationale pour les migrations) qui appellent à « une action urgente » des États méditerranéens. Sauf que depuis fin juin, avant l’arrivée du Sea Watch 4 dans la zone il y a quelques jours, plus aucun bateau de secours n’était présent pour les opérations de sauvetage. Tous étaient en détention administrative dans des ports italiens. Par exemple, l’Ocean Viking, navire de l’ONG SOS Méditerranée est bloqué en Sicile depuis plus d’un mois, tout comme trois autres navires.

    « Un certain nombre d’États européens restent très frileux sur la possibilité de laisser les ONG opérer un service de sauvetage en mer qu’ils n’assurent eux-mêmes plus en Méditerranée centrale », explique à RFI Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée. Laissant ainsi le sauvetage aux gardes-côtes libyens, qui débarquent les réfugiés dans ce pays où ils risquent d’être enfermés, livrés à des trafiquants ou même tués. De ce fait, « deux migrants d’origine soudanaise ont été tués et trois autres blessés dans une fusillade au point de débarquement de Khums en Libye » en tentant de s’échapper après avoir été ramenés en Libye par les gardes-côtes, fin juillet, rapporte l’IOM qui, comme la totalité des ONG, tient à rappeler que la Libye n’est pas un pays sûr.

    La situation pour les ONG est devenue « intenable », estime la responsable de MSF. Les inquiétudes d’une résurgence de l’épidémie de Covid-19 ont mis en branle l’accord de Malte, le mécanisme de répartition des migrants adopté entre la France, l’Allemagne, l’Italie, la Finlance et Malte. En effet, les fermetures de frontières et craintes d’apport du Covid-19 à travers les flux migratoires ont poussé les pays à réduire l'accueil des migrants. « Les États européens, pas que l’Italie et Malte, essayent de se désengager complétement de la Méditerranée. Et l’obligation de porter secours aux personnes en détresse en mer est de plus en plus érodée par les États », regrette la représentante de MSF.

    « La situation pandémique a exacerbé ces tensions »

    « Ce qu'il n’était pas possible de faire avec des motifs de lutte contre les migrations illégales devient maintenant possible au motif de la lutte contre la pandémie », regrette Hassiba Hadj Sahraoui. Phénomène constaté depuis quelques semaines maintenant, l’augmentation des cas de coronavirus au sein des groupes de migrants arrivant sur les côtes européennes a d’autant plus accentué le durcissement de la politique migratoire des pays d’accueil, poussé par les inquiétudes de la population locale.

    En Sicile par exemple, le président de la région a indiqué dimanche 23 août vouloir fermer tous les centres d’accueil pour migrants, accusés de favoriser la propagation du virus. Un défi directement lancé au gouvernement italien qui a balayé la décision d'un revers de main, arguant qu'il s'agissait d'une compétence de l'État, et non de la région.

    De telles tensions sont palpables en Grèce. « Il y avait déjà des tensions très fortes entre la population locale et le gouvernement à cause des camps surpeuplés et la situation pandémique a exacerbé ces tensions », explique à RFI Philippe Leclerc, représentant du HCR e

    Une entrave au travail des ONG qui a aussi pour conséquence de rendre difficiles les actions de sauvetage réalisées par les bateaux commerciaux qui arpentent la Méditerranée. De peur d'être mis en quarantaine ou de ne pas pouvoir débarquer les migrants secourus, les bateaux commerciaux ne s’arrêtent plus apporter leur aide aux embarcations. Certains offrent tout de même eau et nourriture aux personnes qui tentent la traversée mais sans les faire monter à bord, selon de nombreux témoignages.

    Le Covid-19 est également responsable du départ non-prévu de centaines de personnes sur les routes migratoires. Pour le seul cas de la Tunisie, la hausse est de 462% par rapport à l’année dernière, selon le HCR. Poussé par les difficultés économiques engendrées par la crise sanitaire, ils sont nombreux à quitter l’Afrique du Nord pour tenter leur chance en Europe.

    « Beaucoup n’avaient pas du tout l’intention de (traverser la mer) précédemment », mais avec la crise, les réfugiés des pays comme la Tunisie, durement touchée économiquement, « ont perdu leur travail dans leur pays de premier asile et se sont retrouvés sans emploi et sans logement », justifie Vincent Cochetel.

    Même si la pandémie a fait bondir le nombre de personnes sur les routes migratoires de la Méditerranée centrale, la situation est loin des chiffres des années les plus fortes de la crise migratoire qui a débutée en 2015. « Les situations sont gérables », assure l’envoyé spécial du HCR. À condition qu’au niveau européen, et ce malgré la pandémie, il y ait une plus forte solidarité « dans la répartition des réfugiés » et ne plus laisser seul l'Italie et Malte face à l'afflux de demandeurs d'asile. « Il ne faut plus des négociations à l’arrivée de chaque bateau .». Mais pour cela, faut-il déjà qu’ils naviguent.

    Cet esclave si tenace dans la représentation que certains racistes français ont de l’Homme noir…

     


    Voici une illustration de ce « racisme systémique » si souvent nié par les officiels français, pourtant profondément ancré jusque dans la représentation que des médias ont encore de certains élus de la république quand ils sont noirs de peau.


    Cette représentation stigmatisante et souvent dégradante n’est malheureusement pas le propre d’une famille politique en France. Toutes sont traversées par ce racisme qui obéit simplement à des « codes » différents.


    Il est évidemment plus pénible et lassant de s’en plaindre indéfiniment sans obtenir des résultats probants, contrairement à ces autres grandes démocraties occidentales qui ont décidé de s’y attaquer de front, même si les scènes fréquentes de violences policières peuvent laisser croire que rien n’est fait, notamment aux États unis d’Amérique.

    https://blogs.mediapart.fr/karfa-sira-diallo/blog/280820/martin-luther-king-lettre-au-president-macron-sur-le-racisme-en-france


    En France rester silencieux voire s’y résigner serait précisément conforter la bêtise crasse de tous ces bien-pensants, républicains auto-proclamés qui carburent littéralement dans un conformisme de supériorité dite raciale aux ressorts civilisationnels et identitaires, nourri au quotidien par une laïcité d’exclusion et un privilège blanc.

    La caricature raciste de trop…d’une élue de la république

    En effet cette caricature raciste de trop d’une députée de la république française génère un sentiment d’épuisement général, avec une soudaine prise de conscience sur l’ampleur réelle d’un phénomène que certains d’entre-nous ont toujours eu la naïveté de croire qu’une vieille république comme celle-ci pouvait endiguer, sans nécessairement l’éradiquer, mais au moins l’endiguer.

    À l’évidence le chemin est encore désespérément très long…parce que les représentations sont encore extrêmement primaires.

    Leur poids semble aussitôt si prégnant dans un certain inconscient général, qu’il faudrait au fond s’efforcer de vivre avec ou sans, en espérant définitivement s’en extraire un jour ou l’autre.

    C’est très brutal et violent.

     Négrophobie et révisionnisme sur l'esclavage, en finir avec une hypocrisie officielle

    En réalité et disons-le franchement, le soutien dit unanime de la classe politique française à la députée Danièle OBONO et l'indignation populaire ne suffiront plus...

    L'État Français doit enfin se montrer implacable contre la négrophobie, puis le révisionnisme si répandu sur l'esclavage et le colonialisme, considéré jusqu'ici comme une opinion comme une autre librement exprimée par des bien-pensants dans les cercles de pouvoirs et les médias de grande écoute, dont la télévision Cnews où opère en toute impunité l'idéologue raciste Eric Zemmour (comme par hasard reconnu "l'homme de l'année" récemment par Valeurs actuelles).

    C'est aussi sinon d'abord cette hypocrisie officielle qui conforte les racistes!!!


    Joël Didier Engo



    http://www.nouspasbouger.org

     

     

     

     

    MERCI Léonora Miano
     

     

    C'est un peu long, mais prenez le temps. Il y aurait bien plus à dire:

    Quand vos adversaires vous assènent des coups bas, quand ils ne peuvent donner que ces coups-là, réjouissez-vous. C’est qu’ils reconnaissent leur faiblesse et leur défaite. Elle n’apparaît peut-être pas encore assez clairement à tous, mais c’est une évidence. Comme il faut craindre l’avenir, comme il faut se sentir dévalué, pour éprouver un tel besoin de dégrader les autres. « Si vous ne pouvez être grand que parce qu’un autre est à genoux, vous avez un sérieux problème », déclarait Toni Morrison dans un entretien avec Charlie Rose. C’est encore pire quand vous avez perdu votre puissance et ne savez plus quoi faire pour vous donner encore un peu d’allure.

    En utilisant le visage de Mme la députée Danièle Obono pour illustrer un prétendu roman de l’été consacré à la participation des Subsahariens à la Déportation transatlantique (on ne peut les accuser de rien en ce qui concerne l’esclavage colonial), Valeurs Actuelles, magazine d’extrême-droite, révèle le désarroi d’une certaine France, son incapacité à endosser les ombres de son histoire sans tenter d’en transférer sur d’autres la responsabilité. Ecrasés par un sentiment de culpabilité éminemment narcissique car tourné exclusivement vers soi et n’ayant rien à voir avec la compassion, l’esprit de responsabilité et la nécessité de réparer pour permettre à tous d’habiter plus sereinement le monde, ceux qui ont piloté cette opération ajoutent au drame de la nation qu’ils prétendent défendre. Ce n’est pas ainsi que la France retrouvera sa grandeur perdue. Et faut-il souhaiter qu’elle la retrouve, si celle-ci n’est arrimée qu’à l’impérialisme et au besoin de lui trouver partout des justifications ?

    Que des Africains aient pris part aux déportations transocéaniques est un fait. Le sujet ne nous dérange aucunement, ne suscite de notre part aucun embarras. Nous avons la faiblesse de croire le continent africain depuis toujours habité par des êtres humains, et l’humanité engendre partout des criminels. Il est, cependant, un peu commode d’employer toujours ce terme générique « les Africains », sans jamais nommer ceux que l’on vise, et qui ne se désignaient pas eux-mêmes de la sorte. « Les Africains », comme « les Noirs », sont d’abord une production de l’imaginaire des Européens de l’ouest qui les racialisèrent pour mieux les torturer – bafouant au passage tous les préceptes de leur religion –, précisément lorsque commencèrent les déportations transocéaniques, à la fin du 15ème siècle.

    D’ailleurs, à cette époque-là, on ne parlait guère d’une collaboration des notables subsahariens : c’était le rapt pur et simple, parfois en pleine nuit, alors que les gens dormaient et qu’il était aisé de s’en emparer. Les captifs que l’on fit en ce temps-là, furent conduits en Europe. L’Amérique ne serait abordée qu’une cinquantaine d’années plus tard. Ces arrachements des débuts ne s’effectuèrent pas pour mettre en valeur les territoires dérobés aux autochtones du continent américain, mais pour satisfaire les caprices de l’élite européenne.

    Mais revenons aux Africains, collectivement visés à travers Mme la députée Danièle Obono. Dans leur écrasante majorité, ils étaient des gens ordinaires, n’ayant pas voix au chapitre. Dans leur écrasante majorité, ils furent victimes du trafic humain transocéanique, soit parce qu’ils avaient été déportés, soit parce que des êtres chers leur avaient été ravis, ou encore, parce que, fuyant les trafiquants d’êtres humains, ils durent quitter leur pays natal pour s’abriter en un lieu plus sûr. Combien de familles déchirées, de couples séparés, de villages abandonnés… Combien de vies détruites pour que l’on se permette des caricatures comme celle offerte par Valeurs Actuelles ?

    On dit peu combien les peuples de notre continent résistèrent à cette violence, se retournant parfois contre des notables corrompus, attaquant forts négriers et colonnes de captifs pour reprendre les leurs. On dit peu que, contrairement à la France où toutes les couches sociales consommèrent des denrées issues de l’esclavage colonial (sucre, café, tabac, coton, etc.), ils ne tirèrent aucun profit de ce crime contre l’humanité. On dit peu la noblesse de ceux qui perdirent la bataille, puisque ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire.

    On voudrait faire peser, sur l’Afrique entière, le crime de quelques-uns, assez puissants pour sévir ou aidés en cela par les esclavagistes européens. La France, qui s’y connaît en collaboration, est mal placée pour donner des leçons : en Afrique subsaharienne, les résistances ne furent pas une fiction. Elles ne s’organisèrent pas de l’extérieur, l’intérieur s’étant trop compromis. Les Français savent combien il importe, face à une défaite de l’humanité telle que celles des déportations transatlantiques, de se remémorer la résistance des siens. Ce n’est pas sans raison qu’ils dénient cela aux Subsahariens.

    Ce n’est pas non plus par hasard que Valeurs Actuelles s’appesantit sur le 18ème siècle, quand l’horreur avait débuté trois cents ans auparavant. L’Afrique subsaharienne du 18ème siècle est un territoire amplement reconfiguré par l’appétit vorace des esclavagistes européens, leur compétence pour ourdir des complots de toutes sortes, faire destituer les monarques récalcitrants et les remplacer par des fantoches, créer ou accentuer les inimitiés entre peuples locaux. Le 18ème siècle prépare la colonisation du continent africain, laquelle interviendra dans le prolongement direct des abolitions françaises.

    On affranchit les esclaves des vieilles colonies pour s’en trouver d’autres, chez eux cette fois, puisque l’on avait rendu la chose possible. On voudrait partager les responsabilités – la culpabilité donc – de manière égale. Même en procédant avec la mauvaise foi la plus achevée, la chose est impossible. Pour plusieurs raisons :

    1- Ce furent les Européens et eux seuls qui décidèrent qu’il serait dorénavant très chrétien de fabriquer des navires, de braver les mers, dans le seul but d’aller déposséder les uns de leur terre, les autres de leur liberté, de leur identité.
    2- Ce n’est pas l’esclavage interne au continent africain, aussi terrible fut-il, qui façonna le monde moderne, disséminant des Subsahariens à travers tout l’espace américain. C’est là un des grands accomplissements de l’esclavagisme européen, celui des êtres supérieurs, dont on ne comprend pas qu’ils se comparent aux sauvages qu’il leur tarderait d’aller civiliser.
    3- Quand on parle de complicité, d’égalité dans le crime, nous avons le droit de nous esclaffer, ne nous en privons pas : où a-t-on vu des gens se permettre de coloniser leurs partenaires, leurs égaux ? C’est une vaste blague, on pourrait même s’arrêter là.

    L’Afrique fut colonisée par les puissances européennes esclavagistes. Ces dernières n’y avaient donc pas d’amis. Ceux des notables subsahariens qui prirent part à la macabre entreprise des déportations transocéaniques furent les dindons d’une farce encore à l’œuvre. Le continent eut ses criminels, à ses peuples de prendre en charge le sujet. Quant à la France, qu’elle rende justice à ses Afrodescendants, au lieu de chercher sans arrêt à faire diversion.

    Que l’on veuille ou non l’entendre du côté de Valeurs Actuelles, la société française entière est post-esclavagiste. Ceux qui n’eurent pas d’esclaves incorporèrent, en consommant les denrées produites par une main-d’œuvre servile, la sueur, le sang, toute la souffrance de celle-ci. L’image du sang humain ingéré n’est ni fantaisiste, ni exagérée. De trop nombreux esclavagisés eurent les membres supérieurs arrachés par les moulins servant à broyer la canne. Le jus mêlé de sang fut tout de même exploité, conditionné, commercialisé. Il finirait dans le café, dans ces merveilleuses pâtisseries qui font la renommée de la France. Des citoyens français sont directement issus de cette violence. Ils demandent réparation, et c’est sur ce terrain-là que les journalistes du pays, ses intellectuels, ses citoyens sont attendus.

    L’Afrique, elle, ne demande rien. Et même, elle vous emmerde. Oui, oui, elle peut. Parce que, sur la cinquantaine de ressources minières nécessaires au bien-être des pays du Nord, plus de la moitié se trouvent dans son sous-sol, et de façon exclusive. C’est pourquoi il faut la traumatiser en assassinant ses leaders (1), l’accabler, tenter de miner sa confiance en elle, faire en sorte qu’il soit éternellement possible de la piller. C’est parce qu’il n’y a pas de monde sans l’Afrique, pas de vie sans elle, qu’il faut maintenir un genou sur son cou, l’empêcher de respirer, de se retrouver. Mais elle ouvre les yeux, voit de plus en plus clair. Son heure arrive.

    Force à Mme la députée Danièle Obono. J’espère qu’elle portera plainte et sera massivement soutenue.

    Léonora Miano

    (1) Je vous invite à faire le décompte. Vous verrez que nulle part ailleurs sur cette planète, on n’assassina autant de leaders acquis à la cause des leurs. L'impact de ces meurtres sur les peuples du continent est indéniable.