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mercredi 10 janvier 2018

Comprendre la hausse des demandes d’asile en quatre graphiques




Le chiffre symbolique des 100 000 demandes d’asile a été franchi en 2017, selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.
 
LES DÉCODEURS, LE MONDE |

Les migrants menacés dans leur pays d’origine sont de plus en plus nombreux à rechercher la protection de la France. Le chiffre symbolique de 100 000 demandes d’asile a été franchi en 2017, selon des données publiées lundi 8 janvier par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

Très précisément, 73 689 personnes ont effectué une première demande d’asile, auxquelles s’ajoutent 19 141 mineurs accompagnants, 7 442 dossiers réexaminés et 140 rouverts, soit exactement 100 412 demandes.

17 % de hausse des demandes
 
La hausse du nombre de demandes d’asile atteint 17 % par rapport à 2016 et s’inscrit dans un contexte d’accroissement continu, déjà observé en 2015 et en 2016. Les « pics » de demande observés en 1989 et en 2004 sont largement dépassés. Le taux d’acceptation des dossiers a aussi augmenté de 17 % sur la même période.

Forte hausse des demandes et admissions à l'asile en France

Total des premières demandes d'asile et réexamens (hors mineurs) enregistrées chaque année par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ainsi que des décisions positives de l'Ofpra et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Les chiffres pour 2017 sont provisoires.
0 20000 40000 60000 80000 100000 120000 DemandesAdmissions19731975197719791981198319851987198919911993199519971999200120032005200720092011201320152017
Source : OFPRA
Amélioration des délais de traitement des dossiers
Chaque cas individuel est examiné pour accorder un statut de réfugié aux migrants persécutés dans leur pays en raison de leur race, religion, nationalité, groupe social ou opinion politique, ou octroyer un statut de « protection subsidiaire » aux personnes menacées de torture, peine de mort ou en danger lié à un conflit armé.
Le délai de traitement des dossiers par l’Ofpra, qui avait augmenté en raison de l’afflux des demandes, a été nettement réduit en 2016 et 2017, atteignant désormais 114 jours (moins de quatre mois), et l’office compte « atteindre en 2018 l’objectif des deux mois ».

Le délai moyen de traitement des dossiers d'asile s'est nettement réduit

0 50 100 150 200 250 Délai moyen de traitement des dossiers200920102011201220132014201520162017
2017
● Délai moyen de traitement des dossiers: 114 jours
 
 
Les Albanais, premiers demandeurs
 
Malgré la forte médiatisation du sort des migrants syriens, ce n’est pas cette nationalité qui est la plus représentée chez les demandeurs d’asile. La Syrie n’arrive qu’à la sixième place, loin derrière l’Albanie, l’Afghanistan et Haïti, trois pays dont les dossiers sont en forte hausse depuis deux ans. Le continent africain (Soudan, Guinée, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo) est très représenté parmi les dix premières nationalités en 2017, mais les pays d’origine des demandeurs d’asile varient fortement au fil des années, comme le montre le graphique ci-dessous.

Forte hausse de demandeurs d’asile albanais en 2017

Les principales nationalités des premières demandes de protection internationale, hors mineurs accompagnants (chiffres provisoires), et leur évolution depuis 2014 (données au survol).
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000 …7630 5987 4934 4486 3780 3249 3243 2941 2456 2410 2014201520162017AlbanieAfghanistanHaïtiSoudanGuinéeSyrieCôte d’IvoireRép. dém. CongoAlgérieBangladesh
Source : OFPRA
 
Afghans et Syriens sont le plus souvent protégés
 
En 2017, 27 % des demandeurs ont été placées sous protection de l’Ofpra, un taux qui atteint 36 % en incluant les décisions de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Mais cette moyenne occulte de très fortes disparités en fonction des pays d’origine.

 
Si les Albanais ont été les plus nombreux à déposer des dossiers en 2017, seuls 6,5 % ont effectivement obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire. A contrario, les Syriens ont vu 95 % de leurs demandes acceptées.

L’asile est très largement accordé aux Syriens et Afghans, mais presque jamais aux Haïtiens, Algériens ou Albanais

Premières demandes de protection internationale, hors mineurs accompagnants en 2017 (chiffres provisoires), et nombre de dossiers acceptés par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
0 10000 2500 5000 7500 DemandesAcceptationsAlbanieAfghanistanHaïtiSoudanGuinéeSyrieCôte d’IvoireRép. dém. CongoAlgérieBangladesh
Bangladesh
● Demandes: 2 410
● Acceptations: 161
soit un taux de protection de 6,7 %
Source : OFPRA

jeudi 10 avril 2014

Régularisations: ne boudons pas notre plaisir, Merci Manuel Valls!


 
Nous avions jusqu'ici tellement reproché au nouveau Premier-Ministre sa réserve, pour ne pas dire son peu d'empressement à mener les réformes sociétales promises par l'actuel locataire de l'Élysée pendant la campagne présidentielle de 2012, qu'une information comme celle-ci - régularisations en hausse de 50% en 2013 - nous redonne des raisons objectives d'espérer parvenir au cours de ce quinquennat (ou du suivant) à un réel apaisement des esprits sur ces questions jusqu'ici politiquement sensibles: la régularisation administrative des étrangers établis parfois depuis de longues années en France, l'accès à la nationalité Française, puis la refonte  du droit d'asile.

Alors pour une fois, Merci Manuel Valls!

Joël Didier Engo


Les régularisations en hausse de 50% en 2013



Selon des statistiques officielles, près de 12.000 sans-papiers ont obtenu un titre de séjour en 2013 en vertu des nouvelles règles de régularisation fixées par Manuel Valls lorsqu'il était à l'Intérieur.

Selon les chiffres consolidés, on est ainsi passé précisément de 23 294 étrangers régularisés au titre de ce qui s'appelait, en 2012, « l'admission exceptionnelle au séjour », à quelque 35 204 régularisations en 2013, au titre de la circulaire de M. Valls. Soit 11 910 régularisations de plus.

Si l'on ajoute les étrangers régularisés pour « maladie » — soit 6 000 personnes — et ceux régularisés en tant que « parents d'un enfant français » — soit environ 3 000 personnes —, plus quelques autres, ce sont environ 45 000 personnes qui ont été régularisées en 2013.




Nombres de titres de séjour délivrés en 2012.

De nouveaux critères en 2012

La hausse en 2013 est la conséquence d'une circulaire publiée par Manuel Valls le 28 novembre 2012, peu après l'arrivée au pouvoir de la gauche, pour "clarifier" les critères de régularisation et harmoniser le traitement des dossiers sur le territoire.
Le texte assouplit les conditions de régularisation pour les parents d'enfants scolarisés (en exigeant cinq ans de présence en France et trois ans de scolarisation) et les salariés. Mais la nécessité de fournir des fiches de paie a compliqué la constitution de dossiers pour les travailleurs au noir.

Lors de sa publication, le ministre avait assuré que la circulaire n'avait "pas vocation à augmenter le nombre des régularisations". Un an plus tard, il avait toutefois annoncé une "hausse conjoncturelle" de l'ordre de 10.000 régularisations.

Entre 300.000 et 400.000 sans-papiers 

Pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait exclu toute "régularisation de masse", telles que la gauche avait pu en mener en 1981 (131.000 étrangers régularisés) ou 1997 (80.000).

Il y a entre 300.000 et 400.000 étrangers en situation irrégulière en France, selon des estimations.
La hausse de ces régularisations ne doit toutefois pas faire oublier le niveau très important du nombre d'expulsions, restées, elles, du même ordre que sous Nicolas Sarkozy. Même avec 200 000 entrées par an, la France reste par ailleurs l'un des pays de l'OCDE accueillant le moins d'immigration par rapport à sa population.

Flux migratoires en 2011.

Immigration familiale 

Plus globalement, 206.330 premiers titres de séjour (nouveaux arrivants et régularisations) ont été délivrés en 2013, contre environ 193.000 en 2011 et 2012.

La France se distingue toujours des autres pays occidentaux par une grande majorité de migrations répondant à des motifs familiaux (mariage, enfants, regroupement familial) avec 94.457 titres délivrés à ce titre l'an dernier (+8,4% par rapport à 2012).

Viennent ensuite les étudiants (62.984 titres, +7%), les étrangers faisant valoir des motifs humanitaires - réfugiés et étrangers malades - (17.754, -3%) et, en dernier, ceux invoquant des motifs économiques (17.813 titres, +11%).


Asile et immigration: les orientations de la réforme Cazeneuve, Par Carine Fouteau, Médiapart

 

Immigration : la carte de résident ne veut pas disparaître, par Marie PIQUEMAL, Libération

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/24/la-carte-de-resident-ne-veut-pas-disparaitre_1048011