jeudi 23 janvier 2014

Attractivité internationale versus Culte identitaire effréné à l'inhospitalité?















«J'ai besoin de visa pour entrer dans presque 38 pays du continent, ce qui signifie qu'un Américain a plus de facilités à circuler sur mon continent que moi-même» Dixit Aliko Dangote (sur la photo), milliardaire Nigérian.

Espérons enfin que la mobilité continentale et internationale deviendra la préoccupation majeure des leaders politiques africains.

On ne peut en effet aspirer à l'émergence, si les opérateurs économiques doivent faire face à tant de barrières et frontières sur le continent, et au-delà...C'est devenu aujourd'hui l'une des injustices les plus criantes à l'échelle mondiale, y compris vis-à-vis des ressortissants occidentaux, qui peuvent parfois eux circuler sans réelles difficultés en Afrique. La réciprocité dans la mobilité internationale doit devenir la revendication majeure de l'Union Africaine.

Cette idée est renforcée par la polémique politicienne sur les chiffres des expulsions des étrangers. Elle me donne cette impression d'une incapacité presque pathologique d'une certaine classe politique française à comprendre qu'une partie non négligeable de l'attractivité culturelle et économique de la France de demain (puissance moyenne), pourrait aussi se jouer dans l'hospitalité ou l'inhospitalité que ce pays aura su réserver aux migrants d'aujourd'hui. Dans notre monde intégré, si les Hommes ne bénéficient effectivement pas encore du même droit à la mobilité internationale, les images et les informations circulent elles rapidement et quasi instantanément.

Ainsi vue de France, force est de constater que le combat en faveur d'une plus grande mobilité internationale est désespérément devenue une cause perdue, en raison principalement de la prévalence d'un tropisme colonial vis-à-vis de l'Afrique et des Africains.

À ces derniers d'apprendre aussi à penser et à agir sans la France, surtout sans sa classe politique décidément anachronique. Il y va de l'émergence de Afrique noire francophone pendant ce siècle qui pourrait être - comme l'annoncent les observateurs- celui de l'émergence de l'Afrique; malgré les images misérabilistes renvoyées par les crises au Mali, en Centrafrique, ou au Sud Soudan.

Soyez optimistes!

Certains expulsés de France d'aujourd'hui seront les Aliko Dangote de demain, et transiteront par Paris en partance pour Davos, Kuala Lumpur, ou Mexico... d'abord parce qu'ils l'auront voulu, peut-être aussi afin d'effectuer quelques menu dépenses chez des grands couturiers avenue Montaigne (quand ceux-ci n'auront pas eux-aussi déménagés ou délocalisés leurs temples du luxe à Shenzhen ou à Addis Abeba). Tout cela parce que la France aura désespérément perdu la bataille de l'attractivité culturelle et économique, dans un culte identitaire effréné à l'inhospitalité.

Attractivité internationale ou Culte identitaire effréné à l'inhospitalité, il faudra aussi choisir!


Joël Didier Engo

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