Affichage des articles dont le libellé est classe politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est classe politique. Afficher tous les articles

dimanche 7 novembre 2021

La France et la Zemmourisation rampante de sa classe politique

 

 

Des femmes et des hommes qui bossent dur, assurant les métiers souvent les plus pénibles et ingrats du marché du travail, devront bientôt littéralement suppléer des maîtres politiques sur l'usage qu'ils devraient faire de leurs maigres salaires...
 
Parce qu'ils vont se voir interdire d'en transférer une partie pour venir à en aide à leurs proches dans leurs pays d'origine, où pourtant des prédateurs néo-coloniaux et racistes font fortune (avec la complicité des dictateurs Françafricains) en rapatriant systématiquement tous leurs profits en France métropolitaine....
 
De la prévalence de ce système économique et monétaire d'essence coloniale nommé Franc CFA, qui pousse notamment des milliers d'Africains vers l'exil, Messieurs Montebourg et autre Zemmour n'en disent mot. Cela ne leur pose aucun problème de conscience...
 
Non, il faut absolument qu'ils abrutissent les Français en désignant les migrants, les immigrés et autres étrangers comme la source de tous les problèmes de la France, au moment où ils se révèlent les représentants symptomatiques d'une des classes politiques les plus rétrogrades du monde occidental, incapable d'ancrer puis d'adapter la France aux défis de son temps.
 
En effet depuis plus de (04) quatre décennies une surenchère xénophobe et raciste structure ainsi les différentes campagnes électorales, sans qu'on entrevoit une issue raisonnable à ce délire identitaire et réactionnaire qui a gangrené au point de toucher aujourd'hui tout l'éventail politique.
 
Pauvre France!!!
 
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
 

 

vendredi 5 juin 2020

France, Racisme: Un tabou bien républicain...Pas uniquement dans la police!!!



Le racisme est peut-être plus brut et visible dans la police, quand partout ailleurs jusque dans la grande "famille" dite de la gauche française il est subtil, enrobé dans une compassion misérabiliste voulue amicale, fraternelle, voire charnelle...Donc extrêmement difficile à décrypter et du coup à combattre, pourtant tout aussi prégnant et répandu. 

Alors méfiance. 


Croyez d'abord en vous et déterminez-vous en accord avec vos valeurs, sans être l'otage d'une quelconque idéologie!



En France règne en effet une loi du silence voulue républicaine consacrant un véritable tabou officiel sur le racisme, auquel il ne faut surtout jamais faire la moindre allusion. Au risque de représailles...C'est pourquoi, malgré la multiplication des crimes racistes aux États-unis d'Amérique, j'ai davantage confiance en la capacité collective de remise en question et d'évolution lente de la société américaine, qu'à l'emprise du tropisme esclavagiste et colonial dans nombre d'institutions de notre douce France (pas si douce lorsqu'on la connaît bien de l'intérieur).



Le racisme est un fléau hélas très répandu dans les différents corps de l'État, et dont celui-ci ne veut absolument pas s'attaquer de front, au risque de saborder tout un vieil édifice bâti sur des discriminations raciales enracinées, un système d'exploitation des anciennes colonies, et la prégnance d'un sentiment de supériorité civilisationnelle. On peut ainsi comprendre aisément pourquoi un débat comme celui qui a cours aux États-Unis d'Amérique à la suite du meurtre de George Floyd est torpillé et étouffé en France (sur Adama notamment) au nom d'un semblant de Justice et d'égalité républicaines ...Les médias de grande écoute dits libres préférant toujours regarder ailleurs (le racisme n'existe bien évidemment uniquement chez les autres, les américains).



Voilà comment se transmet génération après génération une culture raciste et xénophobe du déni permanent.





Technique habituelle de déni du racisme aussi vieille que l'histoire de l'esclavage, de la colonisation puis des ségrégations raciales: l'instrumentalisation politique de la "bonne négresse" ou du "bon nègre" de service...

Désolé, certains trouveront peut-être ces termes excessifs, mais ils traduisent de manière directe et franche la triste réalité d'une grande démocratie qui refuse délibérément de s'attaquer frontalement à la négrophobie (appelons en effet ce racisme caractérisé par son nom), en instrumentalisant comme tous les pouvoirs négrophobes des femmes ou des hommes de couleur en posture d'exemplarité pour taire toute forme de débat, et empêcher ici la moindre contestation légitime ou manifestation publique sur un sujet sensible - violences racistes de la police - sur lequel la France se révèle particulièrement mal à l'aise (en raison de son histoire coloniale et de l'impunité générale assurée aux auteurs).

Saura-t-elle encore taire des millions d'afro-descendants français qui, fort de la mondialisation et de leur insertion inévitable dans le tissus social, économique ou politique, refuseront sous la contrainte de dire la vérité?

J'en doute fortement.

Il s'agit d'une véritable bombe à retardement que nous gagnerions collectivement à désamorcer dans le cadre de la république, avant qu'elle ne nous échappe complètement.



Être noir se révèle encore trop souvent une tare raciale et sociale au sein des sociétés dites civilisées en occident 

Certains diront que ce n'est pas mieux dans certaines contrées africaines, où les anciens maîtres colons ont su se faire remplacer ou sont représentés par des roitelets nègres bien plus intolérants et cruels à l'égard de la diversité et des minorités, que ne peuvent précisément l’être les pires racistes aux USA, en France ou en Grande Bretagne...pays où les lois protègent contre et surtout punissent sévèrement les crimes racistes. 

Peut-on en dire autant des crimes ethno-fascistes et tribalistes perpétrés par des dignitaires, partisans et lieutenants de certains pouvoirs en place en Afrique, notamment au Cameroun? Malheureusement Non et j'en apporte la preuve tous les jours.

Je ressens parfois comme une sorte de tragédie nègre qui vous suit ou vous rattrape quelque soit l'endroit, sous une forme ou une autre. 

C'est elle que nous dénonçons et combattons. Parce que nous aspirons simplement à mener des vies "normales".



Mais est-ce qu'un raciste notoire peut être rationnel sur un crime raciste??? Franchement NON...

Honte aux télévisions et autres médias français qui continuent d'inviter comme si de rien n'était ce triste personnage condamné pour provocation à la haine raciale et désormais multirécidiviste.

Toute la différence avec les États-unis tient aussi en cette forme de promotion officielle évidemment non assumée du racisme en France, à travers des médias de grande écoute, au nom de la liberté d'expression.

Ce sont en plus les mêmes milieux politiques et médiatiques qui reprochent aux personnes indignées d'en faire trop ou de verser dans la victimisation au motif qu'il reviendrait - comme l'a soutenu Mme Hidalgo - uniquement à la justice et au droit de combattre le racisme.

J'emmerde Zemmour et tous ceux qui pensent comme lui que nous en faisons collectivement trop et serions uniquement dans "l'émotion" en nous insurgeant contre le meurtre d'un homme noir par un policier blanc en raison de sa couleur de peau et rien d"autre.

Ce visage raciste des médias français fait littéralement gerber!!!

Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER


«Bougnoules», «nègres», «fils de pute de juifs»: quand des policiers racistes se lâchent



Médiapart 4 juin 2020 Par Camille Polloni

En décembre dernier, un policier dénonçait ses collègues après avoir découvert qu’ils échangeaient des messages racistes, antisémites, sexistes et homophobes dans un groupe WhatsApp privé. Cinq mois plus tard, ils sont toujours en poste, en attendant leur passage en conseil de discipline.

«Le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine », affirmait Christophe Castaner le 27 avril, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle des policiers traitaient un interpellé de « bicot », à l’Île-Saint-Denis. La condamnation morale du ministre, ferme, a été suivie d’effets : deux agents ont été suspendus à titre conservatoire, sitôt l’enquête ouverte. Mais une autre affaire démontre que la police a encore du ménage à faire dans ses rangs.

Mediapart et ARTE Radio ont eu accès à des dizaines de messages vocaux échangés par des policiers, fin 2019, sur un groupe privé WhatsApp qui comptait onze membres. Parmi ces agents, en poste ou anciennement en poste à Rouen, six passaient des heures à s’envoyer des audios qui relèvent du suprémacisme blanc. 

Persuadés de l’imminence d’une « guerre raciale », pour laquelle ils affirmaient stocker des armes, ces policiers (titulaires et « adjoints de sécurité », les emplois-jeunes de la police) accablaient d’injures tous les « ennemis de la race blanche » : les femmes (des « putes », même les policières), les Noirs (des « nègres »), les Arabes ( des « bougnoules »), les gens du voyage (des « putain de manouches »), les Juifs (des « fils de pute » qui « dirigent le pays » en compagnie des « gauchistes »), les homosexuels (des « pédés »). « Pour vivre heureux, vivons casher », plaisantaient entre eux ces policiers, soucieux de rester discrets sur leurs échanges. « On est fichés F, F comme fachosphère. »
Comme le révélaient le quotidien Paris-Normandie et le site 76actu dès le mois de janvier, ces faits ont été découverts et dénoncés, en décembre 2019, par un policier noir de 43 ans. En poste à l’Unité d’assistance administrative et judiciaire (UAAJ) de Rouen – un service qui sécurise la préfecture et le tribunal, veille au bon déroulement des audiences et escorte les justiciables –, ce sous-brigadier prénommé Alex se trouvait dans une guérite en compagnie d’un adjoint de sécurité quand il a vu s’afficher des messages mentionnant son prénom sur le grand écran de son collègue. Celui-ci a accepté de lui montrer les échanges, puis d’en consigner une partie : 180 pages pour la seule période du 4 novembre au 26 décembre 2019.

Assisté de l’avocate Yaël Godefroy, Alex a adressé un rapport à sa hiérarchie le 23 décembre et déposé plainte contre six de ses collègues dans la foulée, pour « provocation non publique à la discrimination », « diffamation non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nationalité, la race ou la religion » et « injures non publiques en raison de l’origine, l’ethnie, la nationalité, la race ou la religion ». Le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Éric Maudier, a également signalé ces faits à la justice.

Mi-janvier, le procureur de Rouen, Pascal Prache, a ouvert une enquête confiée à l’IGPN. Sur le plan pénal, ces conversations à caractère privé ne sont passibles que d’une contravention, pouvant aller jusqu’à 1 500 euros.
En parallèle, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) a mené une enquête administrative, confiée à son service interne de déontologie. Aujourd’hui « bouclée », selon une source policière, cette procédure « va se traduire par un renvoi des fonctionnaires concernés devant le conseil de discipline ». La date de l’audience n’est pas encore connue. Dans la police, les conseils de discipline débouchent sur des propositions de sanction – pouvant aller jusqu’à la révocation –, entérinées ensuite par l’échelon central du ministère de l’intérieur.

À ce stade, les policiers mis en cause exercent toujours leur métier au contact du public. Ils n’ont pas fait l’objet de suspension mais « ont été affectés à de nouvelles fonctions au sein de leur service », précise cette source policière. Leurs téléphones n’ont pas été saisis et ils se sont vantés, avant leur convocation, d’avoir déjà effacé une grande partie des messages.

Inquiète de ne pas voir avancer l’enquête, l’avocate d’Alex a écrit au procureur de la République le 2 juin. Dans ce courrier, Yaël Godefroy s’étonne que son client n’ait « pas été interrogé depuis son dépôt de plainte » tandis que son collègue, celui qui lui a montré les messages dans la guérite, n’a « toujours pas été entendu ». « Mon client craint la perte ou l’altération des éléments de preuve », écrit Yaël Godefroy, pour qui « il est impératif de faire constater et retranscrire ces messages en intégralité » avant que « le contenu des échanges » n’ait disparu pour toujours. Contacté par Mediapart, le procureur de Rouen indique que « l’enquête confiée à l’IGPN est toujours en cours » et précise qu’« une audition a d’ailleurs eu lieu » mercredi.

Cinq mois après sa plainte, Alex a accepté de sortir du silence. Sans vouloir « décrire la police comme un milieu malsain », il estime que le racisme « existe vraiment » au sein de l’institution et reste « tabou ». Son témoignage, recueilli par Ilham Maad pour ARTE Radio, est à écouter ci-dessous, entrecoupé de messages audio échangés par ses collègues Gilles, Camille, Julien, Thibaut, Xavier et Guewen. Une logorrhée sur l’inégalité des races, dénonçant une « invasion » de l’Europe, mâtinée de paganisme et de survivalisme, qui se complaît dans la répétition d’injures racistes et d’allusions sexuelles. 

« Plus de Noirs, plus d’Arabes et moins de gonzesses »

Certains des propos tenus visent directement Alex. Un adjoint de sécurité de 19 ans critique ainsi son « travail de nègre », ouvrant la voie à un déferlement de haine partagée contre les Noirs et les femmes. Alex « doit charmer à mort de la pute à nègres blanche », disent ces policiers, alors que « n’importe quelle gonzesse qui a un minimum de jugeote sait qu’elle a affaire au nègre typiquement séducteur qui la fera cocue à tous les niveaux ».

Une de leurs collègues, qu’ils soupçonnent de fréquenter Alex, est traitée de « pute à nègre », laissant entrevoir une forme de jalousie perverse : « De toute façon, les gonzesses ne veulent pas de mec bien, elles prennent le nègre qui les saute et puis qui les lâche après. » L’un des policiers explique aux autres que s’il était responsable de la formation de la police nationale, il n’y aurait « plus de Noirs, plus d’Arabes et moins de gonzesses ». 

Avec une certaine constance, ces policiers s’en prennent aux « filles qui aiment bien les bâtards » plutôt que « les mâles blancs », avec une explication toute trouvée. « Vu que c’est les Juifs et les gauchistes qui dirigent ce pays, on fait en sorte que la fille aille vers le bougnoule ou le nègre. En Angleterre ou en Allemagne, c’est pas comme ça, t’éduques ta fille pour qu’elle continue dans la race aryenne. »

Ce vocabulaire issu du répertoire nazi s’accompagne de spéculations sur l’avenir. « Ce que ces putes n’ont pas compris, c’est que ça a beau être des racailles, des cassos, des putains de bougnoules de merde, tôt ou tard elles vont finir par le payer. Par exemple, quand il y aura l’effondrement économique, ils sauront pas les protéger. […] Moi j’ai les armes par contre, donc avec les armes je serai capable de pouvoir défendre mieux qu’un gros bâtard qu’elle a choisi, mieux que son singe. » Un autre regrette que dans sa section, les femmes soient « trop colorées ». « Y a que ça dans ma section, y a que de la colorée. Y a deux blanches sur dix. […] Si je leur dis que je suis fasciste, y en a plus aucune qui voudra me parler. »

S’ils s’autoqualifient parfois de « fascistes » ou de « gros fachos », les agents ont bien conscience que leurs échanges ne doivent pas être rendus publics. L’un des messages rappelle que leur groupe privé n’est ouvert « qu’aux hommes, et tous les hommes de l’unité n’y ont pas forcément accès ». Ils sont visiblement à l’aise entre eux, laissant échapper à l’occasion un rot ou un pet sonore, entre deux saillies sur « la race blanche », « les chambres à air » (pour désigner les chambres à gaz) ou la nécessité de « purger » la France.

Ils se lancent par moments dans des diatribes sur les « chanteurs juifs », citant Daniel Balavoine et Jean-Jacques Goldman, déclarés coupables de « propagande pro-nègre et bougnoules ». Se demandent si le journaliste Jean-Michel Aphatie, « un gros fils de pute qu’il va falloir abattre », est juif ou non, et en concluent qu’il « a un phénotype assez suspect ». Quant aux « fils de pute de la gauche », ils ne méritent rien d’autre qu’une « balle dans la tête ». « T’es une merde de gauche, tu mérites de mourir. Poutine il s’occuperait de ta gueule vite fait bien fait. Vivement la guerre civile, vivement l’effondrement, y a pas que la diversité qui va prendre cher, la gauche aussi, il va vraiment falloir éliminer ces fils de pute. Un jour ou l’autre, il va vraiment falloir que ces enculés paient. »

Dans l’attente de la « guerre civile raciale » dont ils rêvent, les membres de ce groupe évoquent à plusieurs reprises leur désir de s’armer ou les armes dont ils disposent déjà. L’un dit à ses amis qu’il vient d’acheter un « fusil d’assaut ». Un autre affirme avoir « dix armes à la maison ». Deux semblent en affaire pour des « grenades flashbang » : « Moi je t’en prends quatre, comme ça j’en mets deux dans mon sac et j’en ai deux chez moi. » Tandis qu’un des adjoints de sécurité, regrettant de ne pas pouvoir être « calibré hors service » (porter une arme), dit s’être acheté « deux-trois petites conneries pour compenser » : « Une mini-lacrymo, ma télésco, mon choqueur de contact, mon poing américain. »

Galvanisés, les amis inventent des slogans – comme « Make Normandie viking again » – et des théories, façon alt-right américaine : « Là où nous, les nationalistes racialistes, on doit être assez malins, c’est laisser le combat intersectionnel les obliger à s’exterminer entre eux. Ils vont déjà se séparer entre pro-arabes et pro-juifs, se bouffer la gueule, par exemple Mélenchon est très pro-arabe. Y a les féministes, tu sais pas sur quelle fesse elles dansent, ces grosses putes. Les pédés LGBT tout ça, machin-bidule, c’est pareil, les musulmans vont s’en charger. Quand les féministes, les LGBT, les juifs, les bougnoules, les nègres qui sont pas musulmans vont commencer à se bouffer la gueule entre eux, tu manges ton popcorn, tu regardes la télé, tu aiguises tes armes et quand ils se sont bien affaiblis tu achèves les bêtes. »

Parmi ces six policiers, l’un se montre particulièrement actif : Gilles C., 46 ans, passé par la Seine-Saint-Denis avant la Normandie. Alex le considère comme « le gourou du groupe ». Sur WhatsApp, celui-ci partage des dizaines de liens vers Démocratie participative, le site raciste et antisémite attribué à Boris Le Lay, un néonazi français en fuite au Japon après plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale. Un site dont il est souvent question dans leurs échanges : « Moi quand j’écoute Démocratie participative au palais, je mets mes écouteurs. J’ai le droit d’écouter ce que je veux avec mes écouteurs. »

Caché derrière un pseudonyme à consonance nordique, ce fonctionnaire « fan d’histoire », de heavy metal et de fantasy poste aussi de nombreux commentaires sur Internet. Au sujet du film Jojo Rabbit, une comédie satirique sur Hitler, il écrit par exemple, en septembre 2019 : « Encore un film de propagande juif. » Bien qu’il ait récemment supprimé sa page Facebook, il continue à poster sous le même pseudonyme, notamment sur le réseau social russe VKontakt (VK), très prisé de l’extrême droite. Le 27 mars dernier, alors que l’enquête de l’IGPN est en cours, il félicite ainsi Boris Le Lay sur son profil VK : « Super vidéo. Longue vie et prospérité de Normandie. » Contacté par Mediapart, Gilles C. n’a pas donné suite. 

« Je suis obligé de rester un minimum correct, parce que je suis flic »
Un autre membre du groupe, Thibault D., évoque quant à lui une chaîne YouTube où il aurait posté des vidéos sur les armes et le survivalisme, s’étonnant qu’elles aient été supprimées par la plateforme pour « incitation à la violence ». Ses collègues lui conseillent alors de passer par d’autres fournisseurs, mais Thibault D. estime que « la monétisation » n’y est pas aussi intéressante que sur YouTube. Et tranche la question : « De toute façon, je peux pas dire ce que je veux, je suis obligé de rester un minimum correct, tout simplement parce que je suis flic. Et que le jour où la hiérarchie tombe là-dessus, si elle est pas déjà tombée là-dessus, je veux qu’on puisse rien me reprocher d’illégal ou d’amoral, qu’on puisse pas me sanctionner. »

Parmi les dizaines de messages écoutés, certains portent sur les personnes dont les fonctionnaires ont la charge, au sein du Palais de justice. Les protagonistes d’un procès d’assises sont traités de « gros nègre de merde » et de « gros bougnoule », les interpellés dans les geôles de « putains de manouches, gitans et autres finis à la pisse nés dans une caravane ». Mais régulièrement, ces policiers se plaignent que leurs opinions soient considérées comme racistes.

Fin décembre, certains membres du groupe reçoivent une convocation, des mains de leur commissaire. S’ils soupçonnent que leurs propos sur WhatsApp en sont la cause, ils continuent tout de même à en discuter. « Les patrons ils cassent vraiment les couilles, toujours à chercher la petite bête pour te niquer la gueule », analyse l’un d’entre eux. Tout en insistant sur le fait que « c’est privé », ils disent avoir commencé à supprimer leurs échanges. Dans le volet disciplinaire de l’enquête, ils ont été auditionnés le 6 janvier pour « manquements à la déontologie ». 

Alex, le policier qui a porté plainte, se souvient d’avoir été « choqué » par le contenu des messages. « Ça pousse à la folie, je n’en dormais pas. Je vis tout seul. J’en ai parlé à mon frère, à des amis, mais c’était dur. J’ai dû prendre sur moi et décider d’avancer. » « Ces propos sont au-delà du supportable », complète son avocate Yaël Godefroy, « ébahie par la violence » des termes employés. « Mon client n’a même pas pu les lire en totalité. Il m’a demandé d’en prendre connaissance. »

« Pendant une semaine, j’étais dans les mêmes locaux que les personnes que j’avais dénoncées mais elles ne le savaient pas », rappelle Alex. « Les fêtes de Noël, c’était une horreur. » Au retour des vacances, Alex apprend qu’il change de service, pour rejoindre une patrouille anti-délinquance. « Cette affectation m’a été imposée, mais je ne vais pas me plaindre. C’est un domaine qui me plaît. Ma hiérarchie est attentive et proche de ses hommes. Personne ne me parle de cette affaire, et j’évite aussi d’en parler, mais j’ai reçu des marques de soutien. »

Tout au long de sa carrière, débutée en 1999, Alex dit avoir été dérangé par certains propos. S’il a connu « des années magnifiques » en banlieue parisienne, jusqu’en 2008, Alex se souvient aussi des « blagues racistes », « petites réflexions » et raccourcis connotés de quelques collègues. « En patrouille par exemple, s’ils voyaient une voiture occupée par des gens de couleur, ils disaient : “Ça, c’est une voiture de bâtards. Mais toi t’es pas comme eux. T’as choisi d’être comme nous.” »

Le policier a constaté un changement en arrivant à Rouen. « Il y a moins de collègues antillais et maghrébins, moins de fonctionnaires noirs. On est jugés tout de suite sur notre apparence. Entourés de Blancs, ils ont moins de mal à se lâcher. » Par des collègues, Alex a appris que certains le surnommaient « le Noir » ou « le négro » dans son dos. Tout comme un huissier du tribunal, ancien fonctionnaire de police. « Je ne veux pas me faire passer pour une victime, dire que je n’ai rien à me reprocher ou que je suis le meilleur fonctionnaire du monde », poursuit Alex. « J’ai sans doute réagi en étant trop agressif, je ne montrais pas l’exemple dans la manière de me défendre. Mais j’ai fait remonter l’info, et il ne s’est rien passé du tout. »

Il estime avoir choisi, cette fois-ci, une voie plus adaptée : un rapport complet à sa hiérarchie et un dépôt de plainte. Et espère, en conséquence, que ses démarches ne resteront pas sans suite. « Mon client a été courageux, son collègue qui lui a prêté son téléphone aussi », résume Yaël Godefroy. « Il souhaite que cela dépasse son cas personnel, qu’il y ait un débat sur le racisme dans les institutions. En évitant deux écueils : la stigmatisation de la police d’un côté, le discours sur les “brebis galeuses” de l’autre. »

Au Sénat, ce mercredi, le ministre de l’intérieur a promis que « chaque faute, chaque excès, chaque mot, y compris des expressions racistes », fera l’objet « d’une enquête, d’une décision, d’une sanction ».

mardi 1 décembre 2015

Un dîner en ville avec OBAMA, cela ne se refuse évidemment pas.


 diner-obama-hollande-large570


Un dîner en ville avec OBAMA qui en dit long sur l'ambivalence assumée de la classe politique française à l'égard des minorités visibles dans leur pays. OBAMA devrait y réfléchir...

Purement anecdotique peut-être, mais aussi symptomatique du double visage ou double langage d'une certaine classe politique française devant la diversité française.

C'est vrai personne ne résiste au magnétisme du premier président noir américain, même 07 années après son arrivée à la Maison blanche. Cela fait encore "In" de s'afficher dans un dîner avec Barack OBAMA, qu'avec Vladimir Poutine ou Xi Jinping... même quand ces derniers séjournent aussi au même moment à Paris et tant d'autres encore de leurs homologues étrangers....

Un dîner ou une photo avec OBAMA, ça ne se refuse pas...bien-sûr.

Mais au-delà du symbole et des apparences, creusons un peu...et interrogeons-nous sans instruire quelque procès que ce soit, sur cette curieuse classe politique française si prompte à saluer l'émergence politique d'un homme de couleur aux États-Unis d'Amérique, quand elle fait tout, je dis bien tout - en dépit des beaux discours - pour empêcher et freiner la promotion des hommes de couleur aux plus hautes responsabilités exécutives et politiques en France. Pourtant cela serait un horizon pour tant de jeunes des quartiers difficiles...

Les concernés auront vite fait de me répliquer: "la France n'est pas l'Amérique", et les femmes issues de la diversité y semblent davantage tolérées dans notre arène politique que leurs semblables masculins. Pourquoi?

"Vous savez ....les femmes, elles ne feraient de "mal à personne", alors que les hommes (noirs, arabes, asiatiques...) qui sait???...Ils représentent encore dans un certain inconscient politique une espèce ô combien dangereuse, qu'il faudrait d'abord dompter - voire domestiquer - en s'y tenant de préférence à distance, à très bonne distance."

Précisément parce qu'on ne sait jamais...L'infiltration de la classe politique française par DAECH pourrait aisément passer par eux...Comme ces réfugiés et migrants syriens parmi lesquels se seraient infiltrés des terroristes.

Ah ces cliches et préjugés réducteurs, il n'y a pas pire poison pour la démocratie et la cohésion nationale.

Joël Didier Engo

mercredi 23 octobre 2013

Réforme du droit du Sol ou Symptôme persistant d'une classe politique déboussolée?


La réalité du droit à la nationalité en France, Source





"Le droit du sol, une tradition régulièrement remise en cause..."* Tellement remise en cause que ce droit est en réalité depuis quelques décennies, réduit à sa portion congrue.

Puisque la naissance sur le territoire français n'ouvre plus automatiquement les portes de la nationalité française aux enfants de parents étrangers (notamment quand ces derniers sont en situation irrégulière), comme cela peut se faire aux États-Unis d'Amérique et dans tant d'autres vieilles et non moins respectables démocraties que la France.

Mais il faut en permanence et en filigrane agiter la peur d'une supposée perte d'une «pureté raciale» ou d'une «identité française» du fait de l'immigration; faire des étrangers et/ou de leurs descendants les boucs émissaires d'une certaine classe politique déboussolée devant le stupéfiant mélange des cultures et l'inévitable mobilité internationale.

C'est à croire que le racisme et la xénophobie, surtout quand ils ne sont pas assumés et se nichent dans des postures réformistes, s'avèrent véritablement insolubles dans la science - celle qui nous apprend précisément que la notion de race est une vaste fumisterie. Une fumisterie hélas de plus en plus très politicienne!

À n'en pas douter, l'instrumentalisation du droit des étrangers et des questions migratoires à de basses fins de politique intérieure est vraisemblablement ce qui restera à cette classe politique, lorsqu'elle aura fait tout l’étalage de ses échecs en matière économique et sociale. Il suffit pour cela de parcourir les archives politiques de ce pays depuis les années 70, pour se rendre compte de manière stupéfiante combien ces thèmes constituaient déjà le menu des mêmes hommes politiques, puis de celles et ceux qui se réclament de leur héritage sécuritaire et/ou identitaire aujourd'hui.

Une bien triste extrême droitisation d'honorables républicains pour une grande démocratie.

Joël Didier Engo

* "Le droit du sol, une tradition régulièrement remise en cause...", Le Figaro.fr


Droit du sol : ce que dit la loi

Achille Mbembe :"(...)Les derniers arrivés se montrent les plus pervers dans la dissémination de l’idéologie de l’autochtonie, comme s’ils voulaient fermer la porte à ceux qui viennent derrière eux. Voyez Sarkozy et Valls en France… C’est la même affaire ! Il faut les entendre, comme s’ils avaient été là depuis le paléolithique…"
Rue 89, 27 octobre 2013


mardi 24 septembre 2013

Les Roms, les nouveaux parias d'une certaine classe politique française?






Des propos "réalistes" sur les Roms...a-t-on coutume de nous présenter, y compris lorsque certains fleurtent dangereusement avec la stigmatisation ethnique!

À ce rythme, Mme Le Pen peut dormir tranquille. Elle n'aura bientôt plus besoin de s'exprimer ou de faire campagne. D'autres, issus de toutes les familles politiques, s'en chargent tellement bien pour elle.

Les Roms qui vivent en France, ont autant vocation à s'intégrer à la république, et à ses valeurs, que les immigrés espagnols, d'Afrique du nord ou noire, ceux  venus d'Asie et d’Amérique latine... avant eux.

Ces derniers avaient eux-aussi, en leur temps, «des modes de vie extrêmement différents des nôtres», comme le déclare le ministre de l'intérieur; et pouvaient parfois comme le soutient monsieur  Valls,  «être en confrontation avec les populations locales...»

Pourtant certains de leurs descendants incarnent aujourd'hui la France au plus haut niveau.

Alors pourquoi pas les Roms???

Manuel Valls: «Je n’ai rien à corriger, mes propos ne choquent que ceux qui ne connaissent pas le dossier»…

Argument imparable, généralement avancé par les détenteurs d'un pouvoir voulu incontestable, et qui estiment que de leur autorité absolue (voire de leur autoritarisme) découle la parfaite maîtrise et connaissance de TOUT sur TOUT; y compris des questions aussi sensibles, subtiles, et complexes que les articulations entre les origines ethniques ou socioculturelles d'une population, avec son intégration dans un nouvel espace territorial aussi divers et évolutif que l’Europe ou la France.

Peut-être bientôt, n’aura-t-on plus le droit "d’être choqué" comme associatifs par les propos stigmatisants sur les Roms, lorsqu’ils sont tenus par monsieur Valls; puisque par définition un Ministre de l'intérieur en France sait Tout sur certaines minorités ethniques et leur "incapacité" supposée de s'intégrer à la République.

Quelle régression!

Et ce n'est pas parce qu'une large, voire écrasante majorité des français approuve des propos stigmatisants et réactionnaires sur une population déterminée (en l'occurrence les ROMS), que celles et ceux qui (en France, dans le reste du monde et singulièrement en Europe) les désapprouvent...devront se taire, et considérer qu'une certaine forme officielle de racisme et de xénophobie doit devenir la norme des relations humaines, bilatérales, ou multilatérales.


Plutôt navrant et préoccupant de constater que la France, du moins son opinion publique, pourtant grande donneuse de leçon devant l'Éternel sur les droits de l'Homme, semble s’accommoder avec de tels propos, qui violent allègrement ce qui reste du "pacte républicain".

Joël Didier Engo


 Sur le même sujet:  "Roms: la haine déferle et Valls souffle sur les braises", par Carine Fouteau, Médiapart