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mardi 29 août 2017

Crise migratoire: Niger et Tchad Hotspots pour demandeurs d'asile ou Quand le filet totalitaire se referme sur ses victimes avec l'aide de l'OFPRA

« Examiner » les demandes d’asile des migrants dès le Tchad et le Niger...C'est en effet comme offrir ou retourner avec l'aide de l'OFPRA les opposants et victimes des dictateurs à leurs principaux bourreaux. 

Car la solidarité entre despotes africains, notamment francophones, transformera naturellement le Tchad puis Niger en parfait filet pour appréhender les victimes des persécutions des différentes tyrannies de la sous région.

Et peut-être même ne franchiront-elles pas les portes des "hotspots", puisque les bidasses de Déby et Issouffou auront avant faciliter la tâche à l'OFPRA. 

Triste triomphe du cynisme politique sur les conventions internationales relatives à la protections des réfugiés! 

J'aimerais évidemment me tromper.

Joel Didier Engo

Crise migratoire : les "hotspots" en quatre réponses

 

En réunissant à Paris dirigeants européens et africains, Emmanuel Macron persiste dans sa volonté de créer des centres de transit en Afrique. Le point en quatre questions.

Par (avec AFP)

Publié le | Le Point Afrique



Le mini-sommet de chefs d'État et de gouvernement africains et européens tenu ce lundi à l'Élysée devrait déboucher sur une nouvelle feuille de route sur la question des migrations, sujet jugé prioritaire en cette rentrée par Paris, Madrid, Berlin et Rome. Mais comment dissuader les migrants de tenter la mortelle traversée de la Méditerranée ? L'une des solutions qui dominent les discussions figure les centres de transit et de la sécurisation des frontières. Voici pourquoi en quatre réponses.

Qu'est-ce qu'un « hotspot » ?
 
Fin juillet, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'ouvrir des hotspots en Libye, une idée qui a fait bondir les ONG, rapidement écartée par l'Élysée. Les hotspots, stricto sensu, désignent les centres d'enregistrement et d'identification des migrants en Grèce (5 sur les îles, hébergeant entre 8 000 et 10 000 personnes) et en Italie (4 centres).

C'est un dispositif européen inventé en 2015 avec la crise migratoire, pour prendre les empreintes des arrivants, repérer ceux qui ont droit à l'asile (en les distinguant des migrants économiques) et les répartir en Europe dans le cadre de la « relocalisation ». Mais depuis l'accord UE-Turquie sur le renvoi des réfugiés de 2016, aucun migrant n'a quitté les hotspots des îles grecques.

Peut-on transposer ces centres en Libye?
 
La situation sécuritaire du pays, livré au chaos, rend l'idée difficile. « Pas possible aujourd'hui », reconnaît-on à l'Élysée. « Ce pays n'a aucune culture de l'asile », insiste Jean-Guy Vataux, chef de mission en Libye pour MSF.

En Libye, entre 7 000 et 8 000 migrants sont détenus dans une vingtaine de centres « officiels », mais les conditions de vie y sont, selon les ONG, déplorables. De plus, un nombre indéterminé de centres officieux (hangars, maisons...) sont exploités par des milices et nul ne sait ce qui s'y passe. Paris veut donc « traiter le problème en amont », c'est-à-dire au Niger et au Tchad, avant la Libye et la périlleuse traversée de la Méditerranée.

On parle côté français de « centres d'orientation », « pas de hotspots » dans ces deux pays, où une mission française a été envoyée début août. Le Tchad compte 400 000 réfugiés et 100 000 personnes déplacées, le Niger compte deux types de camps : ceux gérés par le HCR pour les Nigériens principalement, et ceux de l'OIM pour les migrants gagnant la Libye.

Quelle forme pour ces centres de transit ?
 
Un mécanisme rodé pourrait servir de canevas : celui de la « réinstallation » mis en place depuis 2015 au Liban (où un million de Syriens sont enregistrés), mais aussi en Turquie et en Jordanie (où deux camps accueillent 45 000 et 85 000 personnes).

Dans ces camps du HCR ou de l'OIM, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides entend des migrants sélectionnés avant de les transférer en France où l'asile leur est accordé rapidement. Quelque 5 500 personnes ont bénéficié de ce mécanisme au Liban, en Turquie et en Jordanie au cours des deux dernières années. « Il s'agit de délocaliser l'instruction des dossiers », assure-t-on à la présidence française, en promettant que « ça va se mettre en place très vite ». En 2016, un total de 85 000 demandes ont été enregistrées en France et quelque 36 000 personnes ont obtenu l'asile, selon les chiffres officiels.

De source nigérienne, on assure que « ce n'est pas nouveau ». « Ces centres de transit existent déjà et nous travaillons avec le Haut-Commissariat aux réfugiés et l'Organisation internationale des migrations. » L'UE a versé en juillet une aide de 10 millions d'euros au Niger pour lutter contre l'immigration clandestine, premier décaissement d'un programme décidé en 2016.

Peut-on bloquer la frontière sud de la Libye?
 
Cela nécessiterait des investissements colossaux, chiffrés par Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, à 20 milliards de dollars sur 20 à 25 ans. À titre de comparaison, l'UE avait mis 1,8 milliard d'euros sur la table pour le développement de l'Afrique lors de son sommet sur les migrations de 2015 à La Valette (Malte).

Mais l'Europe est bien consciente du rôle stratégique de la Libye, devenue la principale voie de migration en Méditerranée depuis que la route passant par la Grèce et la Turquie s'est tarie : près de 100 000 personnes sont arrivées en Italie depuis le début de l'année (2 400 auraient péri) et côté français on surveille de près la hausse des francophones (Ivoiriens, Guinéens...) parmi ces migrants.

Pour fermer cette route, l'UE a formé une centaine de garde-côtes libyens cet hiver, l'Italie leur a fourni des vedettes pour patrouiller dans l'idée de renvoyer les migrants en Libye, où se pose alors la délicate question des droits de l'homme.

D'autant que Tripoli pose ses conditions, en réclamant, pour équiper ses garde-côtes et gardes-frontière, un soutien européen à la levée de l'embargo sur les armes imposé en 2011 par l'ONU.

vendredi 13 novembre 2015

Conclusions du sommet de Malte des dirigeants européens et africains sur les questions migratoires

 Macky SALL, Président du Sénégal (Sommet UE-Afrique, Malte, novembre 2015): «On ne peut pas insister à réadmettre les Africains chez eux pendant qu'on parle d'accueillir les Syriens et d'autres. C'est un traitement différencié que nous condamnons, parce que c'est discriminatoire».

 media

Par

Les dirigeants européens et africains réunis jeudi à Malte lors d'un sommet sur les questions migratoires ont adopté un plan d'action prévoyant un fonds d’1,8 milliard d'euros pour financer des projets de développement et une meilleure gestion des réfugiés. Des conclusions loin d'être spectaculaires et qui laissent plusieurs questions sans réponse.

L'accord final n'est qu'un cadre politique, soulignent les diplomates. A l'évidence, Européens et Africains devront continuer à discuter. Notamment de la réadmission dans leur pays d'origine des déboutés du droit d'asile en Europe.
D'accord sur le principe, les Africains demandent encore des précisions sur les modalités concrètes de cette demande européenne. Le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Cédéao, a clairement fait savoir que l'Afrique de l'Ouest refuserait toute mesure qui la contraindrait à violer ses propres règles.

Si l'ouverture de centres de rétention en Afrique a été catégoriquement rejetée, une plus grande coopération pour lutter contre les trafics a été décidée avec enthousiasme. C'est le Niger notamment qui va ouvrir la voie, avec la création d'une force d'investigation conjointe pour ce pays carrefour.

Qui accueillir?

Mais la question de la mobilité légale des Africains vers l'Europe reste dans le vague. Le doublement des visas pour les étudiants et les chercheurs ne règle pas la question de la difficulté et des vexations pour obtenir un sésame vers le Nord.

Et pour ce qui est du renvoi dans leur pays d'origine des sans-papiers en Europe, peu d'avancées. Dix pays volontaires vont participer à une expérience visant à mieux déterminer la nationalité des migrants qui pourraient être renvoyés, sur la base du volontariat, mais rien de plus.

L'Erythrée étant le premier pourvoyeur de passagers des bateaux de fortune qui s'élancent de la Libye, aucune annonce n'a été faite sur le sujet. Aucun projet n'a été lancé au Soudan ou en Libye, pays que traverse la route qu'ils empruntent. Un soutien financier à l'Ethiopie voisine a simplement été convenu pour qu'elle puisse faire face à l'afflux mensuel de milliers de fugitifs.

■ La démonstration d’unité de l’Afrique

Pendant ces 24 heures, ce qui a été marquant, c’est l'unité africaine face aux demandes européennes.

On a ainsi pu voir le président ivoirien Alassane Ouattara reprendre mot pour mot le discours de la présidente de la Commission africaine. Les présidents nigérien et sénégalais ont répété de concert que les 1,8 milliard d'euros promis par l'Europe étaient bienvenus, mais insuffisants si l'on souhaite prendre la question du développement de l'Afrique au sérieux. Tous deux ont également dit que la gouvernance du commerce mondial était injuste et contribuait à vider l'Afrique de sa jeunesse.

Il semble donc que le bloc africain, sûr du bien-fondé de son analyse, a pris l'Europe au mot, quitte à bousculer ses partenaires du Nord. De l'aveu des négociateurs, de nombreuses réunions restreintes ont été nécessaires au cours du sommet pour parvenir à des annonces. Et les discussions ont parfois été difficiles, comme en a convenu le Premier ministre maltais Joseph Muscat.

Finalement, l'Afrique a répondu clairement aux questions qui lui ont été posées par l'Europe : pour que les Africains restent chez eux, il va falloir moins de crispations et plus d'intelligence.