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mardi 20 avril 2021
En trois ans, plus de 18 000 mineurs étrangers ont disparu en Europe
Depuis 2018, les autorités d’une trentaine de pays ont perdu la trace de milliers d’enfants et d’adolescents migrants non accompagnés. Un chiffre effarant mais encore approximatif en l’absence de données précises dans certains Etats, dont la France.
Par Jean-Pierre Stroobants(Bruxelles, bureau européen)
Le Monde.fr
Entre 2018 et 2020, quelque 18 000 enfants et adolescents étrangers non accompagnés ont disparu en Europe. Ce nombre, accablant, est aussi approximatif : des Etats – dont la France – ne collectent pas de données précises sur ces disparitions de jeunes migrants et d’autres n’ont fourni que des estimations partielles pour 2020.
L’organisation Lost in Europe, un projet de journalisme d’investigation international regroupant des professionnels de sept pays, a collecté des informations auprès d’une trentaine d’Etats, membres et non membres de l’Union européenne (UE). Elle les a ensuite soumises, en mars, à des experts qui sont arrivés à la conclusion qu’en l’espace de trois ans les autorités avaient perdu la trace d’au moins 18 292 mineurs étrangers non accompagnés (MENA).
D’abord abrités dans des centres d’accueil, certains ont probablement rejoint un membre de leur famille. D’autres ont trouvé un travail au noir ou ont été contraints au travail forcé pour rembourser leur dette à l’égard de leurs passeurs. D’autres encore ont été victimes de groupes criminels, dont des réseaux de traite des êtres humains : des filières de prostitution de jeunes Nigérianes ont notamment été mises au jour dans plusieurs pays.
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C’est en Italie (5 775 disparitions recensées), en Belgique (2 642), en Grèce (2 118, nombre arrêté à la mi-2020) et en Espagne (1 889) que les disparitions sont les plus nombreuses. Faute de statistiques, on ne sait rien de ce qui se déroule en France, en Grande-Bretagne ou en Roumanie. Lost in Europe relève cependant la fragilité de ces données. Parce que, dans certains pays de première arrivée, des enfants sont enregistrés en tant qu’adultes ou que d’autres transitent par des pays qui ne les enregistrent pas. En revanche, un mineur quittant, par exemple, un centre en Espagne pour gagner les Pays-Bas sera compté deux fois. En fait, les échanges de données entre les pays de l’UE concernant ces jeunes sont presque inexistants. Comme, apparemment, la prise en compte de leur situation.
Complexité des institutions
« L’Europe est capable de régler la question des compensations si votre avion est en retard, mais un enfant exploité devra, lui, se battre tout seul », déplore Kevin Hyland, membre du groupe d’expert du Conseil de l’Europe, interrogé par un journaliste de Lost in Europe. Deux jeunes Vietnamiens qui figuraient parmi les 37 personnes retrouvées mortes dans un camion frigorifique en Grande-Bretagne, en octobre 2019, avaient tenté, en vain apparemment, d’alerter les autorités néerlandaises sur le rôle de trafiquants avant d’être contraints d’embarquer. Ils n’auraient pas été écoutés.
Lire la tribune de Delphine Rouilleault : « Ouvrons le débat public sur les vrais enjeux de l’accueil et de l’accompagnement des mineurs isolés étrangers »
C’est en 2016, au lendemain de la grande vague migratoire, que Brian Donald, responsable des enquêtes sur les agressions sexuelles à Europol, avait, le premier, attiré l’attention sur ces disparitions en évoquant le cas de 1 000 mineurs ayant demandé l’asile avant d’échapper à toute surveillance.
Depuis, la situation a peu évolué, malgré la constitution d’un groupe de travail au sein du Conseil de l’Europe ou l’expression régulière d’Ylva Johansson, la commissaire européenne à la migration, de sa « profonde préoccupation ». Elle l’a répétée récemment lors du 13e Forum européen des droits de l’enfant, qui ambitionne notamment de favoriser une coopération et une coordination plus efficaces au sein des systèmes de protection de l’enfance.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’Etat et les départements se renvoient la balle sur la prise en charge des mineurs isolés
La Commission vient aussi de présenter des « stratégies » sur la traite des êtres humains et les droits de l’enfant. Les institutions européennes ne peuvent, toutefois, jouer qu’un rôle mineur en ce domaine, les Etats étant seuls responsables du sort des mineurs présents sur leur territoire. Europol, l’office de coordination policière, n’intervient, lui, que de manière marginale dans ce type de dossiers, lorsque l’une de ses enquêtes concerne un groupe criminel impliqué dans la traite d’êtres humains. Et si la Commission formule des recommandations, elle ne peut qu’espérer qu’elles seront suivies d’effet.
Au sein des pays eux-mêmes, c’est la complexité des institutions qui empêche une bonne gestion du problème des MENA. La Belgique fournit, à cet égard, un exemple caricatural. L’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile et l’ONG Child Focus recensent séparément les disparitions. Comme le service de tutelle du ministère de la justice, qui récolte les informations des parquets, de la police, des centres d’accueil et d’autres services. Pour remédier à cet éparpillement, le nouveau secrétaire d’Etat à la migration, Sammy Mahdi, a créé un groupe de travail, avec l’espoir d’agir plus rapidement. En 2020, le royaume a recensé 638 disparitions, dont 93 jugées « inquiétantes ».
Jean-Pierre Stroobants(Bruxelles, bureau européen)
samedi 6 juillet 2019
Les mineurs étrangers, premières victimes de la loi asile et immigration
Tribune
Les mineurs étrangers, premières victimes de la loi asile et immigration
La politique du gouvernement est de plus en plus répressive à l'égard des enfants étrangers, au mépris du droit international.
- Les mineurs étrangers, premières victimes de la loi asile et immigration
Tribune. Depuis l’adoption de la loi
asile et immigration du 10 septembre 2018, les mesures de répression se
sont renforcées pour tenter d’éloigner toujours plus les personnes
étrangères de notre pays. Parmi les dispositions les plus choquantes :
le doublement de la durée maximale de rétention, passant de 45 à 90
jours. Aucun gouvernement français n’avait jusque-là proposé une telle
durée de privation de liberté pour décourager les demandeurs d’asiles.
Plus grave encore, cette politique répressive continue de s’appliquer aux mineurs. En 2018, 208 enfants étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention administrative en France métropolitaine. En zone d’attente en 2018, uniquement pour l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 513 mineurs ont été enfermés, dont 134 mineurs isolés.
La situation est si alarmante, que le 25 avril dernier, l’Unicef et 17 organisations lançaient un appel pour dénoncer les conséquences dramatiques de l’enfermement sur les mineurs. En effet, dans les centres de rétention et dans les zones d’attente, ces enfants par essence vulnérables sont délibérément privés de leurs droits et exposés à des formes de violence qui les marquent durablement. Enfermer ces enfants, même sur une courte durée, c’est les exposer à de graves traumatismes physiques et psychologiques.
Dans cette folie sécuritaire, le gouvernement a oublié un principe fondamental : avant d’être des étrangers, ce sont des enfants que notre pays se doit de protéger. Au-delà de l’humanisme le plus évident, dont la France entend être le phare mondial, il en va également du respect du droit international.
La France, signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, s’est engagée à faire primer l’intérêt supérieur de l’enfant sur toute autre considération. La République se rend ici coupable d’une violation caractérisée des droits de l’enfant comme en attestent les six condamnations, prononcées par la Cour européenne des droits de l’homme depuis 2012 à l’endroit de la France pour des mesures d’enfermement de mineurs.
Pourtant, nous pourrions faire le choix d’un accueil digne, en apportant à ces enfants un accès rapide et effectif à leurs droits, en faisant de la protection de l’enfance une priorité et en aidant les départements à renforcer les moyens dédiés à l’aide sociale à l’enfance actuellement à bout de souffle.
Mais il n’en est rien… La seule réponse apportée aujourd’hui par l’Etat est une fermeté aveugle destinée à durcir de manière abusive la procédure d’évaluation des personnes se déclarant mineures et privées de la protection de leur famille. Des procédures à plusieurs reprises invalidées par les tribunaux mettant en évidence le caractère douteux des méthodes utilisées comme les tests osseux.
Le quotidien des mineurs étrangers – toujours suspectés plutôt que d’être protégés – dans notre pays est révoltant. La violence institutionnelle subie pour obtenir la reconnaissance de leur minorité combinée aux difficultés d’accès à leurs droits (hébergement, formation, conditions d’accueil dignes…) ne font que nourrir un sentiment d’injustice et d’abandon.
Les auteurs de cette tribune demandent au gouvernement de se conformer sans délai aux engagements de la Convention internationale des droits de l’enfant, en interdisant l’enfermement des mineurs et en garantissant un accès effectif à leurs droits.
Un collectif de personnalités politiques
,
le Syndicat des avocats de France (SAF)
Plus grave encore, cette politique répressive continue de s’appliquer aux mineurs. En 2018, 208 enfants étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention administrative en France métropolitaine. En zone d’attente en 2018, uniquement pour l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 513 mineurs ont été enfermés, dont 134 mineurs isolés.
La situation est si alarmante, que le 25 avril dernier, l’Unicef et 17 organisations lançaient un appel pour dénoncer les conséquences dramatiques de l’enfermement sur les mineurs. En effet, dans les centres de rétention et dans les zones d’attente, ces enfants par essence vulnérables sont délibérément privés de leurs droits et exposés à des formes de violence qui les marquent durablement. Enfermer ces enfants, même sur une courte durée, c’est les exposer à de graves traumatismes physiques et psychologiques.
Dans cette folie sécuritaire, le gouvernement a oublié un principe fondamental : avant d’être des étrangers, ce sont des enfants que notre pays se doit de protéger. Au-delà de l’humanisme le plus évident, dont la France entend être le phare mondial, il en va également du respect du droit international.
La France, signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, s’est engagée à faire primer l’intérêt supérieur de l’enfant sur toute autre considération. La République se rend ici coupable d’une violation caractérisée des droits de l’enfant comme en attestent les six condamnations, prononcées par la Cour européenne des droits de l’homme depuis 2012 à l’endroit de la France pour des mesures d’enfermement de mineurs.
Pourtant, nous pourrions faire le choix d’un accueil digne, en apportant à ces enfants un accès rapide et effectif à leurs droits, en faisant de la protection de l’enfance une priorité et en aidant les départements à renforcer les moyens dédiés à l’aide sociale à l’enfance actuellement à bout de souffle.
Mais il n’en est rien… La seule réponse apportée aujourd’hui par l’Etat est une fermeté aveugle destinée à durcir de manière abusive la procédure d’évaluation des personnes se déclarant mineures et privées de la protection de leur famille. Des procédures à plusieurs reprises invalidées par les tribunaux mettant en évidence le caractère douteux des méthodes utilisées comme les tests osseux.
Le quotidien des mineurs étrangers – toujours suspectés plutôt que d’être protégés – dans notre pays est révoltant. La violence institutionnelle subie pour obtenir la reconnaissance de leur minorité combinée aux difficultés d’accès à leurs droits (hébergement, formation, conditions d’accueil dignes…) ne font que nourrir un sentiment d’injustice et d’abandon.
Les auteurs de cette tribune demandent au gouvernement de se conformer sans délai aux engagements de la Convention internationale des droits de l’enfant, en interdisant l’enfermement des mineurs et en garantissant un accès effectif à leurs droits.
Les signataires : Guillaume GONTARD,
sénateur de l’Isère divers gauche écologiste, rattaché au groupe
communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), Myriam
LAIDOUNI-DENIS, conseillère régionale EE-LV Auvergne Rhône-Alpes, groupe
Rassemblement citoyens, écologistes et solidaires (RCES), Raphaël
PITTI, médecin humanitaire, conseiller municipal de Metz, Damien CAREME,
député européen EE-LV, Esther BENBASSA, sénatrice EE-LV de Paris,
Eliane ASSASSI, sénatrice de la Seine-Saint-Denis, présidente du groupe
CRCE, Eric PIOLLE, maire de Grenoble EE-LV, Patrick KANNER, sénateur du
Nord, président du groupe socialiste et républicain, Pierre LAURENT,
sénateur de Paris, groupe CRCE, Gérard FROMM, maire de Briançon, Michèle
RIVASI, députée européenne EE-LV, Sophie TAILLE-POLIAN, sénatrice
Génération·s du Val-de-Marne, Marie-Noëlle LIENEMANN, sénatrice Gauche
républicaine et socialiste, Rachid TEMAL, sénateur PS du Val d’Oise,
Association nationale des villes et territoires accueillants, ANVITA,
Mireille ALPHONSE, maire-adjointe de Montreuil, Pierre BARUZZI,
conseiller municipal de Le Cheylas, Génération.s, membre du comité
sénatorial, Catherine BASSANI, conseillère municipale de Nantes, EE-LV,
Frédéric BASTIAN, maire-adjoint de Cherbourg-en-Cotentin, conseiller
départemental de la Manche, Guy BATIOT, conseiller municipal et
agglomération La Roche-sur-Yon, EE-LV, Jacqueline BELHOMME, maire de
Malakoff, PCF, Erwann BINET, co-président du groupe socialiste au
Département de l’Isère, Sophie BÖRNER, conseillère municipale
d’opposition de Ouistreham, EE-LV, Philippe BOUYSSOU, maire
d’Ivry-sur-Seine, PCF, Paul BRON, conseiller municipal de Grenoble,
conseiller métropolitain Génération·s et Go Citoyenneté, Céline BRULIN,
sénatrice de Seine-Maritime, groupe CRCE, Sylvie CASSOU SCHOTTE,
adjointe au maire de Mérignac, conseillère métropolitaine
Bordeaux-Métropole, Florence CERBAI, conseillère régionale EE-LV
Auvergne Rhône-Alpes, Jean-Pierre CERVANTES, conseiller municipal et
communautaire d’Avignon, Johann CESA, conseiller régional PS Auvergne
Rhône-Alpes, François CHEMIN, maire de Fourneaux, conseiller régional PS
Auvergne Rhône-Alpes, Laurence COHEN, sénatrice du Val-de-Marne, groupe
CRCE, Monique COSSON, conseillère régionale EE-LV Auvergne Rhône-Alpes,
Francine DAERDEN, maire-adjointe EE-LV Briançon, Ronan DANTEC, sénateur
écologiste de Loire-Atlantique, Annie DAVID, sénatrice honoraire,
groupe CRC, Danielle DAMBACH, maire de Schiltigheim, Gwendoline
DELBOS-CORFIELD, députée européenne EE-LV, Gilbert-Luc DEVINAZ, sénateur
du Nouveau Rhône et de la métropole de Lyon, conseiller métropolitain
et municipal de Villeurbanne, Marie-Dominique DREYSSE, maire-adjointe de
Strasbourg, EE-LV Vincent EBLE, sénateur de la Seine-et-Marne, PS Lucie
ETONNO, conseillère régionale Pays de la Loire, groupe Ecologiste et
citoyen Sylvie FARE, conseillère départementale EE-LV du
Vaucluse Jean-Luc FICHET, sénateur du Finistère, PS Christophe FERRARI,
président de Grenoble Alpes Métropole, Jean-Luc FICHET, sénateur du
Finistère, PS, Virginie FILLION-DELETE, conseillère municipale
Hellemmes, Jean FRACKOWIAK, conseiller municipal EE-LV Echirolles,
Fabien GAY, sénateur de la Seine-Saint-Denis, groupe CRCE, Amandine
GERMAIN, co-présidente du groupe socialiste au Département de l’Isère,
Olivier GROS, conseiller municipal EE-LV Avignon, Brigitte HERIDEL,
conseillère municipale EE-LV de Vertou, Gisèle JOURDA, sénatrice de
l’Aude, PS, Joël LABBE, sénateur écologiste du Morbihan, Corinne LEHL,
conseillère à la Métropole de Lyon, groupe de réflexion et d’actions
métropolitaines, Florence LE MONNYER, maire-adjointe de Cherbourg,
EE-LV, Bernard MACRET, adjoint au maire de Grenoble, ensemble
agglomération, Christian METAIRIE, maire d’Arcueil EE-LV, vice-président
du Conseil départemental du Val-de-Marne, Emilie MARCHE, conseillère
régionale LFI Auvergne Rhône-Alpes, groupe RCES, Halima MENHOUDJ,
adjointe au maire de Montreuil, EE-LV-Union des Démocrates et des
Écologistes, Michelle MEUNIER, sénatrice de la Loire-Atlantique, PS,
Yann MONGABURU, vice-président de la Métropole de Grenoble,
Génération.s, Marie-Pierre MONIER, sénatrice de la Drôme, PS, Corinne
MOREL DARLEUX, conseillère régionale Auvergne Rhône-Alpes, groupe RCES,
Jacques OLIVIER, maire honoraire EE-LV du Thor, Pierre OUZOULIAS,
sénateur CRCE des Hauts-de-Seine, Jaklin PAVILLA, 1ère adjointe au maire de la Ville de Saint-Denis, Nathalie PERRIN-GILBERT, maire du 1er
arrondissement de la Ville de Lyon, Christine PRUNAUD, sénatrice CRCE
des Côtes d’Armor, Denise REVERDITO, adjointe au maire de La
Seyne-sur-Mer, conseillère métropolitaine Toulon Provence Méditerranée,
EE-LV, Sylvie ROBERT, sénatrice d’Ile-et-Vilaine, PS, Sylvette ROCHAS,
conseillère départementale de l’Isère, présidente du groupe Communistes,
gauche unie et solidaire, Michèle RUBIROLA, conseillère départementale
EE-LV des Bouches-du-Rhône, Pascal SAVOLDELLI, sénateur du Val-de-Marne,
groupe CRCE, Marine TONDELIER, conseillère municipale d’opposition
EE-LV à Hénin-Beaumont, Simone TORRES, adjointe au maire de Le
Pont-de-Claix PCF, membre du comité sénatorial, Véronique VERMOREL,
conseillère départementale de l’Isère, présidente du groupe RCSE, Bozena
WOJCIECHOWSKI, adjointe au maire d’Ivry-sur-Seine, PCF.
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mercredi 26 décembre 2012
Mineurs étrangers: les inquiétudes légitimes du défenseur des Droits, Dominique BAUDIS
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- d'héberger les demandeurs d'asile le temps de l'étude de leur dossier.
- de faire bénéficier à tout enfant demandeur d'asile, accompagné ou non, de l'assistance et de la protection de l’État où il se trouve (article 22 de la Convention internationale des Droits de l'enfant).
La situation décrite par monsieur Baudis
dans
les recommandations transmises mercredi 26 décembre à la garde des
Sceaux Christiane
Taubira est impensable en France, mais surtout invraisemblable
sous un gouvernement socialiste. Elle est pourtant réelle!...Notre
association l'a particulièrement expérimentée lorsque nous
accompagnions les jeunes migrants tunisiens entre juin et octobre 2011.
Et
il ne s'agit pas ici de verser dans un quelconque angélisme, ni
d'encourager on ne sait quel "appel d'air"
s'agissant des enfants. Mais d' appeler simplement les autorités
françaises en charge de ces questions au respect minimum des
conventions internationales relatives à la protection de l'enfance,
notamment l'obligation faîte à tout pays:
- d'héberger les demandeurs d'asile le temps de l'étude de leur dossier.
- de faire bénéficier à tout enfant demandeur d'asile, accompagné ou non, de l'assistance et de la protection de l’État où il se trouve (article 22 de la Convention internationale des Droits de l'enfant).
En
effet tout ce qui faisait jusqu'ici la différence entre le
traitement d'un enfant de rue dans un pays du tiers monde en crise
persistante, et celui réservé à un jeune en errance à Paris, Lyon, ou
Marseille, s'en trouve subitement effacé.
Le
"modèle" de référence en matière d'aide aux mineurs
étrangers deviendrait presque celui des pays en crise.
Il
y a donc de quoi s'en inquiéter sérieusement: pas seulement pour
les mineurs étrangers, mais aussi pour les jeunes français, qui
pourraient vivre des situations similaires à celles décrites par
monsieur Baudis, à la suite à des fugues et des crises d'adolescence par exemple.
Joël
Didier Engo
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