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vendredi 5 janvier 2024

Loi immigration: le devoir moral de sensibiliser les migrants Africains sur l'inhospitalité de l'Europe, et singulièrement de la France

Il arrive un moment où le désir de vivre dignement chez soi doit pouvoir l'emporter sur toute volonté d'affronter des obstacles de plus en plus insurmontables dans la clandestinité en Europe, et singulièrement en France. Dans un tel contexte, notre devoir moral est aussi de sensibiliser sur ces difficultés inhérentes à des sociétés ouvertement xénophobes et racistes. Puis d'inciter les migrants africains à privilégier d'autres destinations, à défaut de rester ou retourner dans leurs pays d'origine respectifs. L'attraction croissante exercée par les pays étrangers sur la jeunesse française Dites-le à tous les réactionnaires nombrilistes initiateurs de la Loi Immigration la plus raciste et xénophobe jamais adoptée en France sous la cinquième république... Nombre de jeunes Français dits de souche préfèrent de plus en plus non seulement migrer à l'étranger pour étudier, mais également pour s'y établir définitivement. Et s'il venait donc à tous ces pays (notamment d'Amérique, d'Asie, d'Océanie, et même d'Afrique, etc...) la tentation de leur appliquer systématiquement la réciprocité en termes de restrictions des visas, de cautions universitaires, de privations des droits sociaux, et d'accès aux marchés du travail, etc...comme le fait progressivement la France??? Le drame de la France c'est précisément qu'elle est gouvernée par une classe dirigeante (politique et économique) complètement déconnectée de la réalité économique et sociale de la population, à force de se coopter et se reproduire entre-elle en différents cercles clientélistes très fermés. Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
http//www.nouspasbouger.org

samedi 23 septembre 2023

 


Assurer le respect des droits et devoirs des étrangers, c'est cela notre mission
 
Nous sommes ainsi les premiers à ne pas entretenir une vision paradisiaque de l'Europe auprès des Africains, en encourageant autant que nous pouvons leur émancipation économique et sociale dans leurs pays d'origine. 
 
Pour autant nous avons aussi l'obligation de veiller aux respects des droits et devoirs de étrangers en France, singulièrement ceux originaires d'Afrique, notamment lorsqu'ils contribuent à l'effort national.
 
L’indécrottable tropisme xénophobe et nombriliste d’une certaine classe politique française sur la migration internationale…
 
Non tous les femmes et les hommes qui migrent sur la planète n’ambitionnent pas de venir en France pour y vivre des minima sociaux.
 
Ils sont parfaitement renseignés et informés sur le rejet organisé des étrangers qui y prévaut, et l’extrême difficulté pour eux d’y vivre dignement du fruit de leur travail.
 
Il faut une fois pour toute arrêter d’entretenir ce mensonge officiel sur une supposée meilleure attractivité économique et sociale de la France auprès du reste du monde.
 
Ça suffit!!!
 
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER

 
 
 
 
CheckNews

Lampedusa : les contrevérités de Gérald Darmanin sur le profil des migrants et leur droit à l’asile

Migrants, réfugiés... face à l'exodedossier
Après avoir épuisé tous les recours sur leur non-prise en charge, une soixantaine de jeunes à la rue ont été accueillis par un prêtre jeudi soir. Dès aujourd’hui, jour de la venue de François dans la ville, ils sont logés un centre.

Le ministre de l’Intérieur persiste à dire, contre la réalité du droit et des chiffres, que la majorité des migrants arrivés en Italie la semaine dernière ne peuvent prétendre à l’asile.
par Emma Donada
publié le 22 septembre 2023, Libération

A en croire Gérald Darmanin, presque aucune des milliers de personnes débarquées sur les rives de l’île italienne de Lampedusa depuis plus d’une semaine ne mériterait d’être accueillie par la France. La raison ? D’un côté, affirme le ministre de l’Intérieur, il y aurait les «réfugiés» fuyant des persécutions politiques ou religieuses, et que la France se ferait un honneur d’accueillir. «Et puis, il y a les migrants», «des personnes irrégulières» qui devraient être renvoyées dans leur pays d’origine le plus rapidement possible, a-t-il distingué, jeudi 22 septembre sur BFMTV.

«S’il s’agit de prendre les migrants tels qu’ils sont : 60 % d’entre eux viennent de pays tels que la Côte d’Ivoire, comme la Guinée, comme la Gambie, il n’y a aucune raison [qu’ils viennent]», a-t-il en sus tonné sur CNews, lundi 18 septembre. Une affirmation serinée mardi sur TF1 dans des termes semblables : «60 % des personnes arrivées à Lampedusa sont francophones. Il y a des Ivoiriens et des Sénégalais, qui n’ont pas à demander l’asile en Europe.»

Contredit par les données statistiques italiennes

D’après le ministre – qui a expliqué par la suite tenir ses informations de son homologue italien – «l’essentiel» des migrants de Lampedusa sont originaires du Cameroun, du Sénégal, de Côte-d’Ivoire, de Gambie ou de Tunisie. Selon le ministre, leur nationalité les priverait du droit de demander l’asile. «Il n’y aura pas de répartition de manière générale puisque ce ne sont pas des réfugiés», a-t-il prétendu, en confondant par la même occasion les demandeurs d’asiles et les réfugiés, soit les personnes dont la demande d’asile a été acceptée.

Interrogé sur le profil des migrants arrivés à Lampedusa, le ministère de l’Intérieur italien renvoie aux statistiques de l’administration du pays. A rebours des propos définitifs de Gérald Darmanin sur la nationalité des personnes débarquées sur les rives italiennes depuis la semaine dernière, on constate, à l’appui de ces données, qu’une grande majorité des migrants n’a pas encore fait l’objet d’une procédure d’identification. Sur les 16 911 personnes arrivées entre le 11 et le 20 septembre, la nationalité n’est précisée que pour 30 % d’entre elles.

En tout, 12 223 personnes, soit 72 % des personnes arrivées à Lampedusa, apparaissent dans la catégorie «autres» nationalités, qui mélange des ressortissants de pays peu représentés et des migrants dont l’identification est en cours. A titre de comparaison, au 11 septembre, seulement 30 % des personnes étaient classées dans cette catégorie. Même si la part exacte de migrants non identifiés n’est pas précisée, cette catégorie apparaît être un bon indicateur de l’avancée du travail des autorités italiennes.

Parmi les nationalités relevées entre le 11 et 20 septembre, le ministère de l’Intérieur italien compte effectivement une grande partie de personnes qui pourraient être francophones : 1 600 Tunisiens, 858 Guinéens, 618 Ivoiriens, 372 Burkinabés, presque autant de Maliens, 253 Camerounais, mais aussi des ressortissants moins susceptibles de connaître la langue (222 Syriens, environ 200 Egyptiens, 128 Bangladais et 74 Pakistanais).

A noter que selon ces statistiques italiennes partielles, il n’est pas fait état de ressortissants sénégalais et gambiens évoqués par Gérald Darmanin. Les données ne disent rien, par ailleurs, du genre ou de l’âge de ces arrivants. «La plupart sont des hommes mais aussi on a aussi vu arriver des familles, des mères seules ou des pères seuls avec des enfants et beaucoup de mineurs non accompagnés, des adolescents de 16 ou 17 ans», décrivait à CheckNews la responsable des migrations de la Croix-Rouge italienne, Francesca Basile, la semaine dernière.

Légalement, toutes les personnes arrivées à Lampedusa peuvent déposer une demande d’asile, s’ils courent un danger dans leur pays d’origine. «Il ne s’agit pas seulement d’un principe théorique. En vertu du droit communautaire et international, toute personne – quelle que soit sa nationalité – peut demander une protection internationale, et les États membres de l’UE ont l’obligation de procéder à une évaluation individuelle de chaque demande», a ainsi rappelé à CheckNews l’agence de l’union européenne pour l’asile. L’affirmation de Gérald Darmanin selon laquelle des migrants ne seraient pas éligibles à l’asile en raison de leur nationalité est donc fausse.

Par ailleurs, selon le règlement de Dublin III, la demande d’asile doit être instruite dans le premier pays où la personne est arrivée au sein de l’Union européenne (à l’exception du Danemark), de la Suisse, de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein. Ce sont donc aux autorités italiennes d’enregistrer et de traiter les demandes des personnes arrivées à Lampedusa. Dans certains cas, des transferts peuvent être opérés vers un pays signataires de l’accord de Dublin III, ainsi du rapprochement familial. Si les demandes d’asile vont être instruites en Italie, les chiffes de l’asile en France montrent tout de même que des ressortissants des pays cités par Gérald Darmanin obtiennent chaque année une protection dans l’Hexagone.

Pour rappel, il existe deux formes de protections : le statut de réfugié et la protection subsidiaire. Cette dernière peut être accordée à un demandeur qui, aux yeux de l’administration, ne remplit pas les conditions pour être considéré comme un réfugié, mais qui s’expose à des risques grave dans son pays, tels que la torture, des traitements inhumains ou dégradants, ainsi que des «menaces grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence qui peut s’étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle et résultant d’une situation de conflit armé interne ou international», liste sur son site internet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), qui statue en appel sur les demandes de protection.

Contredit aussi par la réalité des chiffres en France

Gérald Darmanin cite à plusieurs reprises le cas des migrants originaires de Côte-d’Ivoire comme exemple de personnes n’ayant selon lui «rien à faire» en France. La jurisprudence de la CNDA montre pourtant des ressortissants ivoiriens dont la demande de protection a été acceptée. En 2021, la Cour a ainsi accordé une protection subsidiaire à une femme qui fuyait un mariage forcé décidé par son oncle, qui l’exploitait depuis des années. La Cour avait estimé que les autorités ivoiriennes étaient défaillantes en ce qui concerne la protection des victimes de mariages forcés, malgré de récentes évolutions législatives plus répressives.

D’après l’Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofrpa), qui rend des décisions en première instance, les demandes d’asile de ressortissants ivoiriens (environ 6 000 en 2022) s’appuient très souvent sur des «problématiques d’ordre sociétal […], en particulier les craintes liées à un risque de mariage forcé ou encore l’exposition des jeunes filles à des mutilations sexuelles». En 2022, le taux de demandes d’Ivoiriens acceptées par l’Ofrpa (avant recours éventuel devant la CNCDA) était de 27,3 % sur 6 727 décisions contre un taux moyen d’admission de 26,4 % pour le continent africain et de 29,2 % tous pays confondus. Les femmes représentaient la majorité des protections accordées aux ressortissants de Côte-d’Ivoire.

Pour les personnes originaires de Guinée, citées plusieurs fois par Gérald Darmanin, les demandes sont variées. Certaines sont déposées par des militants politiques. «Les demandeurs se réfèrent à leur parcours personnel et à leur participation à des manifestations contre le pouvoir, qu’il s’agisse du gouvernement d’Alpha Condé ou de la junte militaire», décrit l’Ofpra. D’autre part des femmes qui fuient l’excision et le mariage forcé. En 2022, le taux d’admission par l’Ofpra était de 33,4 % pour 5 554 décisions.

Jurisprudence abondante

S’il est vrai que ces nationalités (Guinée et Côte-d’Ivoire) ne figurent pas parmi les taux de protections les plus élevées, elles figurent «parmi les principales nationalités des bénéficiaires de la protection internationale» en 2022, aux côtés des personnes venues d’Afghanistan ou de Syrie, selon l’Ofpra. Les ressortissants tunisiens, qui déposent peu de demandes (439 en 2022), présentent un taux d’admission de seulement 10 %.

La jurisprudence abondante produite par la CNDA montre que, dans certains cas, le demandeur peut obtenir une protection sur la base de son origine géographique, jugée dangereuse pour sa sécurité voire sa vie. C’est le cas notamment du Mali. En février 2023, la Cour avait ainsi accordé la protection subsidiaire à un Malien originaire de Gao, dans le nord du pays. La Cour avait estimé qu’il s’exposait, «en cas de retour dans sa région d’origine du seul fait de sa présence en tant que civil, [à] un risque réel de subir une menace grave contre sa vie ou sa personne sans être en mesure d’obtenir la protection effective des autorités de son pays».

«Cette menace est la conséquence d’une situation de violence, résultant d’un conflit armé interne, susceptible de s’étendre indistinctement aux civils», avait-elle expliqué dans un communiqué. Au mois de juin, à la suite des déclarations d’un demandeur possédant la double nationalité malienne et nigérienne, la Cour avait jugé que les régions de Ménaka au Mali et de Tillaberi au Niger étaient en situation de violence aveugle et d’intensité exceptionnelle, «justifiant l’octroi de la protection subsidiaire prévue par le droit européen».

D’après le rapport 2023 de l’agence de l’Union européenne pour l’asile, le taux de reconnaissance en première instance pour les demandeurs guinéens avoisinait les 30 %, et un peu plus de 20 % pour ressortissants ivoiriens à l’échelle de l’UE, avec un octroi en majorité, pour les personnes protégées, du statut de réfugié. Concernant le Mali, le taux de reconnaissance dépassait les 60 %, principalement pour de la protection subsidiaire. Ces données européennes qui confirment qu’il est infondé d’affirmer, comme le suggère le ministre de l’Intérieur, que les nationalités qu’il cite ne sont pas éligibles à l’asile.

En revanche, dans le cadre du mécanisme «de solidarité», qui prévoit que les pays européens prennent en charge une partie des demandeurs, les Etats «restent souverains dans le choix du nombre et de la nationalité des demandeurs accueillis». «Comme il s’agit d’un mécanisme volontaire, le choix des personnes à transférer est laissé à l’entière discrétion de l’État membre qui effectue le transfert», explique l’agence de l’union européenne pour l’asile, qui précise que les Etats «tendent souvent à donner la priorité aux nationalités qui ont le plus de chances de bénéficier d’un statut de protection», sans plus de précisions sur l’avancée des négociations en cours.

mardi 28 février 2023

France: traitements discriminatoires et racistes des réfugiés africains en provenance d'Ukraine, dont les étudiants...

 


Au terme de longs mois d'incertitude puis de la précarité des statuts accordés aux réfugiés africains en provenance d'Ukraine (récépissés successifs d'une durée mensuelle suivis d'OQTF), nous avons dû rediriger vers l'Allemagne ceux d'entre eux qui sont détenteurs de cartes de résident ou de la nationalité ukrainienne.
 
Il nous est simplement inconcevable de laisser ces personnes déjà éprouvées par le départ sous les bombes en l'Ukraine, d'être à la merci des discriminations de nature xénophobe et raciste pratiquées ouvertement dans les préfectures et sous-préfectures françaises, tout à l'opposé du traitement privilégié accordé par celles-ci aux réfugiés blancs Ukrainiens.
 
En Allemagne ce phénomène est atténué et presqu'inexistant, les ressortissants africains remplissant les critères énoncés plus haut (résidents ou nationalité Ukrainienne) se sont immédiatement vus accorder un statut de réfugié (délivrance de cartes de séjour pluriannuels) similaire à leur homologues blancs Ukrainiens, en conformité avec les principes adoptés au début de la guerre en Ukraine par les pays membres de l'union européenne (UE).
 
Au fond toute la différence réside dans la manière dont chaque pays européen s'attaque réellement au racisme, et particulièrement à la négrophobie sur son sol, indépendamment de la guerre en Ukraine. En la matière force est de reconnaître que la France s'en accommode officiellement, notamment dans l'escalade réactionnaire que se livre la majorité macroniste au pouvoir avec son opposition d'extrême droite du Rassemblement national (RN).
 
Malheureusement...
 
 
Association NOUS PAS BOUGER
 


Pour l’accueil des Ukrainiens, l’Etat français a dépensé 634 millions d’euros en 2022

Un rapport de la Cour des comptes souligne une réactivité forte des pouvoirs publics et des coûts élevés.

Par , Le Monde

Environ 634 millions d’euros. C’est la somme qu’aurait dépensée l’Etat en 2022 pour organiser l’accueil de quelque 100 000 Ukrainiens en France, d’après la Cour des comptes, qui a rendu public un audit sur le sujet, mardi 28 février. Sur cette somme, plus de 253 millions d’euros auraient été consacrés à l’hébergement et plus de 218 millions d’euros au versement d’une allocation de subsistance.

En dépit de ces coûts, la Cour des comptes livre un rapport en forme de satisfecit vis-à-vis des pouvoirs publics qui ont su, notamment, privilégier une gestion souple et déconcentrée des conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, en s’appuyant sur la création dès le 9 mars 2022 d’une cellule interministérielle de crise Ukraine (CIC Ukraine) ou encore le recours aux préfets de département pour gérer les flux d’arrivées des déplacés d’Ukraine et l’animation des acteurs locaux de référence.

La cour relève en particulier l’effort déployé afin de mettre en place des lieux d’accueil : « Plus de 80 sites ont été ainsi ouverts entre mars et août 2022 », qui ont concentré tout à la fois « le diagnostic social et de santé, l’émission de titres de séjour, les formalités pour l’obtention des droits, le premier hébergement et les premières aides, ainsi que l’orientation vers des hébergements ou logements de moyen terme ».

A l’intérieur de ces « hubs », la protection temporaire a ainsi été délivrée aux réfugiés ukrainiens, de sorte qu’ils ont aussitôt bénéficié d’un ensemble de droits (autorisation provisoire de séjour, accès aux droits sociaux et aux soins, scolarisation des enfants mineurs, autorisation d’exercer une activité professionnelle, accompagnement social…) et notamment le versement d’une allocation de demandeur d’asile « dans des conditions exceptionnellement favorables », souligne la Cour. Cette allocation, qui représente 6,80 euros par jour pour une personne, a été automatiquement majorée de 7,40 euros pour les Ukrainiens (jusqu’en octobre 2022) alors que ce cas de figure n’est en théorie prévu que pour les demandeurs d’asile n’étant pas hébergés gratuitement par l’Etat.

Hébergés immédiatement

En l’espèce, les Ukrainiens ont pu être hébergés immédiatement. D’après la Cour des comptes, « plus de 87 000 places [ont été créées], dont près de 60 000 demeuraient actives à la fin de l’année 2022 ». Parmi elles, l’hébergement collectif financé directement par l’Etat a représenté un tiers des réponses « pour un coût unitaire représentant presque le double de celui des dispositifs offerts aux demandeurs d’asile classiques, du fait de l’urgence des mises à l’abri et de l’incertitude pesant sur la durée du conflit ».

Ainsi, « le coût par place et par jour s’est élevé à 38 euros en moyenne nationale, là où la mise à l’abri de droit commun en nuitée hôtelière est en moyenne inférieure à 20 euros et à 18 euros dans le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile », mettent en avant les auteurs du rapport.

A côté de ça, l’hébergement citoyen a représenté près de la moitié des solutions de prise en charge des déplacés d’Ukraine. Mais le nombre de personnes ainsi logées est passé de plus de 23 000 fin septembre à moins de 13 000 à la mi-octobre 2022, soulignant les limites du dispositif, avec des ruptures d’hébergement avant l’été ou à l’approche de l’hiver, dans un contexte notamment « d’alourdissement des coûts de l’énergie ».

« Résultats modestes » de l’insertion professionnelle

Par ailleurs, l’objectif d’orientation vers des logements pérennes, dans le parc social comme privé, s’est heurté à la fragilité économique des ménages ukrainiens et à l’incertitude liée à la guerre et à un éventuel retour au pays. De sorte qu’à la fin de l’année 2022, seuls « 8 500 logements étaient occupés par plus de 27 000 personnes ». Désormais, insiste la cour, l’Etat fait face à l’enjeu d’« adapter des dispositifs conçus comme temporaires à une inscription dans un temps plus long, alors même que leur public ne manifeste pas nécessairement davantage de projets d’installation pérenne ».

Le dispositif d’insertion professionnelle connaît à ce titre « des résultats modestes », constate la cour, qui évoque moins de 13 000 personnes ayant travaillé sur un total de 85 000 adultes.

Parmi les pistes de travail évoquées par les auteurs, figure la possibilité de mettre à contribution financière les Ukrainiens hébergés gratuitement, dès lors qu’ils ont des ressources notamment liées à un emploi ; ou encore celle d’orienter plus fortement des Ukrainiens vers les zones où l’offre de logement est plus large dans une logique de « responsabilisation des bénéficiaires de droits », préconise la cour.

Dans ce contexte, et tandis que 2 000 à 4 000 réfugiés continuent d’arriver en France tous les mois, la cour s’étonne que la loi de finances pour 2023 ne prévoit « aucun crédit pour financer les actions en faveur des publics ukrainiens accueillis ». Elle évoque à ce titre un défaut de sincérité et un manque de visibilité.


 

samedi 21 mars 2020

APPEL À LA SOLIDARITÉ DE LA CONVERGENCE AFRICA TÉLÉMA POUR LES MIGRANTS AFRICAINS


La Convergence Africa Téléma des associations panafricaines lance un appel aux personnes physiques et morales détentrices ou propriétaires des locaux, dépôts, entrepôts non ou sous utilisés dans la région parisienne, de les mettre à la disposition de notre collectif. 



Afin que nous puissions notamment y accueillir, nourrir, et abriter en urgence les migrants africains, particulièrement les jeunes isolés, pendant cette pandémie de Coronavirus.



LES ORGANISATIONS DE LA CONVERGENCE AFRICA TÉLÉMA 

Les AMAZONES D’AFRIQUE

KANE AFRIQUE

NOUS PAS BOUGER

Contacts téléphoniques:  06 59 5540 89 / 06 41 33 91 61 / 06 41 40 06 23 / 07 53 46 03 07 



TOUS LES DONS POUR LA SOLIDARITÉ AUX MIGRANTS DOIVENT ÊTRE FAITS À LA CONVERGENCE À TRAVERS LES ASSOCIATION KANE AFRIQUE, LES AMAZONES D’AFRIQUE, ou NOUS PAS BOUGER

KANE AFRIQUE


Adresse postale: 33 Avenue Philippe Auguste, 75011 Paris

LES AMAZONES D’AFRIQUE


Coordonnées  bancaires : IBAN  : FR12 2004 1000 0140 4734 0N02 027
BIC : PSSTFRPPPAR


ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER

Adresse postale: Maison des Associations du Onzième Boîte #143
8 rue du Général Renault
75011 Paris
Coordonnées  bancaires
ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER
COMPTE-CHÈQUE N° 602 689 24 302
IBAN : FR 76 1820 6001 5060 2689 2430 276

BIC : AGRIFRPP882
CAISSE RÉGIONALE DE CRÉDIT AGRICOLE MUTUEL DE PARIS ET D’ÎLE DE FRANCE
AGENCE PARIS TEMPLE
135 AVENUE PARMENTIER
75011 PARIS
TEL : 01 48 06 52 52





mercredi 4 septembre 2019

Les fréquentes poussées de xénophobie particulièrement meurtrières en Afrique du Sud...



C'est Nelson Mandela qui doit chaque fois se retourner dans sa tombe, en voyant notamment les mauvais traitement infligés aux enfants et petits-enfants des Africains sub-sahariens, qui ont aidé l'ANC par un soutien multiforme et sans faille à triompher du régime de l'apartheid. 

Pourtant ils sont ainsi fréquemment lynchés et tués par des hordes de Sud-africains noirs (comme eux), qui les considèrent comme des "profiteurs étrangers", dans une certaine indifférence de la classe dirigeante actuelle.

C'est vrai que la corruption des élites a le don de les rendre également amnésique, au mépris ici de la lutte pour l'émancipation politique et économique menée avec l'aide des Africains, et qui permet aux leaders de l'ANC de s'enrichir ostensiblement au détriment de l'écrasante majorité de leurs concitoyens.

Une "malédiction" liée à une forme de mal gouvernance très africaine.

Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER




Afrique du Sud : meurtrière xénophobie

Si le président Ramaphosa juge « inacceptables » les attaques contre les étrangers, institutions, gouvernements et société civile africaine s'élèvent contre les manquements du gouvernement.


le | Le Point.fr
Parmi les cibles des Sud-Africains attaquant les etrangers, souvent africains, les commerces de ceux-ci qui sont pilles.
Parmi les cibles des Sud-Africains attaquant les étrangers, souvent africains, les commerces de ceux-ci qui sont pillés.
© GUILLEM SARTORIO / AFP
Les images tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Whatsapp en sont envahis. Toujours les mêmes scènes montrant des personnes ou des étrangers, comme on les appelle en Afrique du Sud, poursuivies par leurs bourreaux, attaquées par les flammes, brûlées et laissées pour morts. Quand la victime espère s'en sortir, les blessures infligées sont si profondes que les cicatrices deviennent des marques indélébiles. Tout a commencé dimanche 1er septembre. Les chauffeurs routiers qui dénoncent la forte présence de travailleurs étrangers venus du Mozambique, de la Zambie et du Zimbabwe dans leur branche professionnelle ont commencé à débrayer en bloquant les routes dans plusieurs régions, comme le KwaZulu-Natal, la province du Cap ou encore le centre de Johannesburg. Puis tout a dégénéré. Des centaines de personnes armées de gourdins et de pierres auraient incendié et pillé de nombreux magasins, souvent tenus par des commerçants étrangers, notamment des Nigérians.

Lire aussi Afrique du Sud : vous avez dit xénophobie ?




« Ils ont tout brûlé »

« Afrophobie ? » « Xénophobie ? » « Racisme entre Noirs ? » Un « Noir » déjà bien « noir » qui massacre un « étranger » sous prétexte qu'il aurait la peau trop sombre : la haine de soi par excellence ? Mais bien sûr, c'est tout cela en même temps ! » s'exclame l'historien et enseignant à l'université du Witwatersrand à Johannesburg Achille Mbembe, dans un long texte repris par Courrier international. Ce dernier décrit une situation devenue explosive alors qu'en 2015 et 2017 déjà ces mêmes violences avaient défrayé les chroniques. Interrogeant un chauffeur de taxi sur la manière dont les agresseurs s'y prennent, Achille Mbembe nous apprend que le feu utilisé est un héritage de l'apartheid. « Parce que du temps de l'apartheid, le feu, c'était la seule arme que nous avions, nous, les Noirs. Nous n'avions pas de munitions, d'armes et tout ça. Avec le feu, on pouvait fabriquer des cocktails Molotov et les jeter sur l'ennemi à bonne distance », explique le chauffeur.

Un gouvernement débordé

Cent quatre-vingt-neuf personnes ont été arrêtées, a annoncé mardi la police. « On a enregistré cinq meurtres » dans la région de Johannesburg, la principale ville du pays, selon un communiqué de la police qui a indiqué qu'elle avait déployé des renforts dans les « points chauds ». « Le plus grand nombre » de victimes sont des Sud-Africains, a précisé le ministre sud-africain de la Police, Bheki Cele.



« Je condamne dans les termes les plus forts les violences qui s'étendent dans quatre provinces » du pays, dont les capitales économique, Johannesburg, et politique, Pretoria, a déclaré le chef de l'État Cyril Ramaphosa dans une vidéo postée sur son compte Twitter.


« Les attaques visant des commerçants étrangers sont totalement inacceptables, quelque chose qu'on ne peut pas autoriser en Afrique du Sud », a-t-il ajouté. « Je veux que cela cesse immédiatement », a-t-il lancé. « Les gens de notre pays veulent vivre en harmonie, quelles que soient les inquiétudes et les doléances que nous puissions avoir, nous devons les gérer de façon démocratique, en discutant. » « Il ne peut y avoir aucune justification pour qu'un Sud-Africain s'en prenne à des gens d'autres pays », a insisté le président. « Nous sommes un pays qui est complètement engagé contre la xénophobie. Nous n'autorisons pas et nous ne pouvons pas tolérer des attaques contre des gens d'autres pays », a-t-il encore dit, annonçant une réunion ministérielle d'urgence.



L'Afrique réagit

Trop tard pour le journal Le Pays, basé au Burkina Faso, « l'icône du pays et fierté de l'Afrique a dû se retourner plus d'une fois dans sa tombe », peut-on lire dans l'éditorial du jour. « Le combat pour le respect de tout homme, qui ne peut se faire sans le respect de son droit à la vie, que Nelson Mandela a mené toute sa vie, est mis à rude épreuve une fois encore, par de sinistres individus. On peut comprendre l'amertume de la jeunesse sud-africaine en proie au chômage et à la cherté du coût de la vie. Et c'est dire si les élites politiques ont échoué à améliorer substantiellement leurs conditions de vie. Mais ce qui n'est ni compréhensible ni admissible, c'est le fait de rendre les étrangers responsables de tous les malheurs du pays. »

Moussa Faki Mahamat, le président de l'Union africaine, a appelé à ce que des « mesures préventives soient prises pour protéger la vie des personnes et leurs biens, veiller à ce que les auteurs de ces actes soient traduits en justice et que des réparations soient accordées aux victimes ». Lundi, le ministre des Affaires étrangères du Nigéria, Geoffrey Onyeama, a écrit sur Twitter qu'il avait reçu « la nouvelle nauséabonde des incendies et des pillages de magasins nigérians. Trop, c'est trop ! » s'est emporté le ministre. Ces violences ont lieu alors que le président nigérian Muhammadu Buhari doit bientôt se rendre en Afrique du Sud, où il doit rencontrer le président Cyril Ramaphosa pour discuter de la montée des tensions, notamment des violences contre les étrangers. De nombreuses personnalités nigérianes ont appelé au « boycott total » des entreprises sud-africaines, telles que le fournisseur de programmes télévisés DSTV ou le géant des télécoms MTN.

Toutes les communautés d'immigrés concernées

Il y a moins de quatre millions de migrants en Afrique du Sud pour une population totale de 50 millions d'habitants. Toutefois, les attaques contre des magasins appartenant à des étrangers sont devenues des phénomènes récurrents que beaucoup attribuent à la frustration suscitée par le taux de chômage élevé du pays, qui se situe à environ 28 %.



Debout devant des gravats calcinés, une femme sud-africaine, Lerato Peete, a déclaré au Times, un journal local, qu'elle était en colère contre ses concitoyens pour avoir attaqué leurs « frères et sœurs » africains. « J'ai tellement honte d'être sud-africaine », a-t-elle déclaré. « Comment est-il possible qu'une personne noire puisse être un étranger en Afrique ? Ma mère était une militante, mon père était une militante. Je suis né en Afrique du Sud parce que nous n'avions pas d'endroit chez nous. »

Les violences des derniers jours ont causé une vive inquiétude dans les autres communautés immigrées de Johannesburg. « Ils ont tout brûlé », a témoigné mardi à l'AFP un commerçant originaire du Bangladesh, Kamrul Hasan, devant son commerce incendié du township d'Alexandra. « Tous les six mois, c'est la même chose. Alors, pourquoi rester ici ? J'ai tout perdu. Si le gouvernement [sud-africain] paie mon billet d'avion, je rentrerai au Bangladesh », a-t-il assuré.

Lire aussi Violences - Immigration : les Sud-Africains sont-ils xénophobes ?

Des lois anti-immigrées ?

Au-delà de l'indignation générale, beaucoup pointent du doigt le gouvernement sud-africain. En effet, ce dernier a depuis peu durci le ton au sujet de l'immigration. De nouvelles mesures draconiennes ont été votées. Les permis de travail ne sont plus systématiquement renouvelés, les familles se voient refuser des visas, les enfants sont condamnés à un no man's land scolaire. Et Achille Mbembe d'ajouter : « Une situation kafkaïenne qui touche aussi les étudiants entrés légalement dans le pays, dont les visas ont été régulièrement renouvelés, mais qui se trouvent maintenant pris au piège du flou juridique, dans l'impossibilité de s'inscrire et de toucher l'argent auquel ils ont droit, qui leur a été alloué par les institutions. Avec ses nouvelles mesures anti-immigration, le gouvernement est en train de transformer les immigrés jusque-là légaux en clandestins. »

Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce et d'industrie d'Afrique du Sud (SACCI). Le directeur général de l'institution, Alan Mukoki, a déclaré qu'il était regrettable que l'incapacité du gouvernement à enregistrer les mouvements aux frontières du pays soit à l'origine de la violence entre les Sud-Africains appauvris et les ressortissants étrangers.

Sipho Zungu, président de l'Association des chauffeurs de camion, regrette que le gouvernement permette aux entreprises d'employer des étrangers sans papiers afin d'éviter de se conformer aux lois du travail sud-africaines, créant ainsi un avantage injuste pour ces immigrés. Plusieurs reportages ont montré des salles d'audience pleines à craquer en raison de centaines d'immigrés arrêtés sans aucun document. Ils ont immédiatement été envoyés au centre de rapatriement de Lindela, d'où ils seront renvoyés dans leur pays d'origine.

mercredi 12 juin 2019

Migrations : les Africains optent de plus en plus pour d’autres destinations que la France

Selon la dernière note de l’OCDE consacrée aux migrations africaines vers les pays développés entre 2001 et 2016, l’attractivité de l’Hexagone décroît sensiblement. 

Par , Le Monde
Un groupe de migrants dans le nord du Niger, en route pour la Libye, en janvier 2019.
Un groupe de migrants dans le nord du Niger, en route pour la Libye, en janvier 2019. SOULEMAINE AG ANARA / AFP
Les tenants de la théorie du grand remplacement ou les agitateurs du spectre de la ruée africaine – vers l’Europe en général et la France en particulier – n’apprécieront sans doute pas la lecture de la dernière note de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) consacrée aux évolutions des migrations africaines vers les pays développés entre 2001 et 2016.

On y lit en effet que « représentant un immigré sur dix, la migration africaine vers les pays de l’OCDE a vu son poids légèrement augmenter au cours des dernières années ; elle demeure toutefois faible par rapport à la part de l’Afrique dans la population mondiale […]. La France est toujours la principale destination, mais sa part se réduit. »

Ces conclusions découlent de la dernière actualisation de la base de données développée depuis plusieurs années par l’OCDE, en coopération avec l’Agence française de développement (AFD), sur les immigrés dans les pays développés. Celle-ci compile des statistiques, par pays de naissance, des migrants internationaux, « définis comme les personnes [âgées de plus de 15 ans] résidant dans un pays autre que celui de leur naissance » sans tenir compte de leur « statut légal ou de la catégorie de migration. »

« Pas de raz-de-marée annoncé »

Ces données couvrent non seulement les effectifs d’immigrés par âge, sexe et niveau d’éducation, mais également des variables clés de l’analyse des migrations internationales et de l’intégration comme la nationalité, la durée de séjour, le statut dans l’emploi et la profession.

Passées ces quelques précisions d’ordre méthodologique, il ressort de cette étude que « la part de la population originaire d’Afrique vivant dans un pays de l’OCDE a augmenté au cours des quinze dernières années, mais reste très modeste ». Le nombre de migrants africains y est en effet passé de 7,2 millions en 2000 à 12,5 millions en 2016. Mais ils ne représentent encore que 10,4 % des 121 millions de migrants répertoriés dans les pays développés, contre 9,2 % en 2000. A titre de comparaison, le nombre total de migrants venus du Mexique – pays classé en tête de liste des pays d’origine devant l’Inde et la Chine – s’établissait à 11,7 millions en 2016.
Infographie Le Monde
L’OCDE remarque ainsi que « la croissance démographique africaine est encore loin de se traduire en un accroissement équivalent de la migration vers les pays de l’OCDE. » En marge de la polémique née de la publication en 2018 du livre de Stephen Smith – La Ruée vers l’Europe (éd. Grasset) –, le démographe François Héran remarquait également que « les projections démographiques de l’ONU actualisées tous les deux ans ont beau annoncer un peu plus qu’un doublement de la population subsaharienne d’ici à 2050 (elle passerait de 900 millions à 2,2 milliards dans le scénario médian), cela ne suffira pas à déclencher le raz-de-marée annoncé ». « Il n’existe pas de lien mécanique entre la croissance démographique et celle du taux de migration », ajoute Jean-Christophe Dumont, chef du département des migrations internationales à l’OCDE.

Féminisation et hausse du niveau d’éducation

Et si la France demeure le principal pays de destination, « sa part s’est considérablement réduite, passant de 38 % des migrants africains installés dans les pays de l’OCDE en 2001 à 30 % en 2016 ». La part des immigrés dans la population totale (14 %), toutes origines confondues, a légèrement augmenté sur cette même période (environ 2 %), est supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (12 %), mais demeure très inférieure à celle de pays comme la Suède, l’Irlande ou l’Autriche (20 %).

La « préférence » française s’explique en partie par l’origine géographique des migrants africains. En effet, 54 % d’entre eux provenaient d’un pays francophone, notent les auteurs, or « les liens historiques et linguistiques restent des déterminants clés des migrations africaines ». Dans cet espace continental, les pays d’Afrique du Nord demeurent, de loin, les premiers pays d’origine (46 % de l’ensemble des migrants africains en 2016 contre 54 % en 2000). Le Maroc devançant tous les autres, étant « le pays de naissance de près d’un migrant africain sur quatre, devant l’Algérie (1 sur 8) ». Si la part de la France demeure prééminente, la surprise vient des Etats-Unis, dont la part est « en forte augmentation » avec l’accueil de 16 % des migrants africains en 2016 – notamment éthiopiens et nigérians – contre 12 % seize ans plus tôt. Les Etats-unis sont ainsi la deuxième destination devant le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, le Canada et l’Allemagne.
Infographie Le Monde
Si la jeunesse des migrants africains par rapport aux autres continents d’origine demeure une constante, les évolutions de deux autres données sont plus notables : la féminisation et le niveau d’éducation. Concernant ce dernier point, plus de 60 % des migrants ont au moins un niveau de 2e cycle du secondaire (lycée), dont la moitié (30 %) sont diplômés de l’enseignement supérieur (contre 24 % en 2000). « Cette évolution s’explique en partie par la conjugaison de deux facteurs, note Jean-Christophe Dumont. D’une part, la compétition entre pays de l’OCDE pour attirer les talents. D’autre part, la baisse des besoins de main-d’œuvre non qualifiée dans les économies des pays développées ».

La part des femmes augmente également sensiblement. Alors que celles-ci représentaient 46,7 % des migrants africains en 2000, elles étaient 48,2 % en 2016. « Dans des pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Irlande, le Portugal, Israël, le Luxembourg ou encore l’Australie, les femmes sont même devenues majoritaires dans les diasporas africaines », note l’OCDE.

Enfin, si la recherche d’un emploi et d’une vie meilleure figure parmi les motivations des candidats à l’émigration, cette quête s’avère difficile. « Sur le marché de l’emploi des pays de l’OCDE, les migrants africains sont fortement touchés par le chômage (13 %) et l’inactivité (28 %). » Surtout, une grande part de ceux qui trouvent un emploi doivent accepter une forme de relégation par rapport à leur niveau d’études. Le taux de déclassement professionnel était ainsi de 35 % en 2016. Concernant les raisons, l’OCDE se montre prudente : « Cette situation peut être due à une discrimination sur le marché du travail, mais aussi à des questions de qualité et de reconnaissance des diplômes. »

L’obsession démographique, une histoire française

Les dynamiques démographiques ont souvent modifié l’histoire et les rapports de forces politiques. Pourquoi la France craint-elle l’influence politique d’une Afrique plus peuplée ?

Tribune. Il y a quelques semaines, l’écrivain français Renaud Camus, théoricien du «grand remplacement», s’est fendu d’un tweet qui a provoqué la colère de nombreux Africains, l’extase de nombre de ses partisans, et la condamnation d’associations antiracistes françaises : «Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés en moins en Méditerranée, 100 000 euros d’économie pour la CAF, deux cellules de prisons libérées et trois centimètres de banquise préservée.»

Le racisme de ce tweet le rend dérisoire. Pour autant, l’obsession de la démographie africaine qu’il incarne est partagée par les élites françaises, dont Emmanuel Macron, qui s’est exprimé à plusieurs reprises sur le sujet. Que cache-t-elle ?

En réalité, comme d’autres grandes puissances européennes, les élites françaises ont toujours considéré la démographie comme un instrument politique, un vecteur de puissance. Jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, avec ses 25 millions d’habitants, la France était la principale puissance de l’Europe. Par la suite le pays connaîtra une période de glaciation démographique qui ouvrira - et précipitera - une phase de déclin relatif sur la scène internationale, au profit d’abord de l’Angleterre, puis de l’Allemagne.

Dans son livre, The Human Tide[«la vague humaine», Public Affairs, 2019, ndlr], le chercheur britannique du Birkbeck College de l’Université de Londres, Paul Morland, fait remonter ce qu’il appelle la «paranoïa» française sur la question démographique à la fameuse défaite française face à la Prusse de Bismarck en 1870, qui conduira à l’unification de l’Allemagne. Quoi qu’il en soit, cette obsession démographique, qui a donc accompagné un sentiment de déclassement géopolitique, a imprégné la politique française tout au long du XXe siècle. Ainsi, au plus fort de la guerre d’Algérie, le général de Gaulle exprimait à haute voix, devant l’écrivain et homme politique Alain Peyrefitte, ses doutes quant à la pertinence de l’idée d’une Algérie française, dès lors que «les Arabes se multiplieront par cinq, puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire…». Mais les élites françaises n’ont pas tort : la démographie détermine fondamentalement l’histoire. Ainsi que le rappelle Paul Morland, à la naissance de Nelson Mandela, plus d’un Sud-Africain sur cinq était blanc ; au moment de sa mort, il n’en restait plus qu’un sur dix. Compte tenu de la démographie des Sud-Africains noirs, l’apartheid était donc voué à l’échec. Les colons européens avaient donc peu de chance de reproduire en Afrique du Sud «le génocide par substitution», dont ironiquement Renaud Camus accuse aujourd’hui l’immigration arabo-africaine en France, qu’ils avaient déjà brillamment appliquée en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Canada où la fameuse fécondité des Franco-Canadiens était interprétée comme une «revanche du berceau» sur une Angleterre qui avait défait la France au Canada. Les dynamiques démographiques de l’époque ont influencé l’issue et même, d’un certain point de vue, les causes de la Première Guerre mondiale. Tout comme l’influence de la démographie sur «les printemps arabes» fait aujourd’hui consensus.

Selon Stephen Smith, «si les Africains suivent l’exemple d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle». La crainte de la mouvance française des «remplacistes» est que «l’identité française» se dissolve, et, plus tard, disparaisse, sous le poids des flux migratoires en provenance d’Afrique. Mais il y a autre chose : une France démographiquement dépendante de l’Afrique présenterait de fait un visage différent au plan politique. Il est difficile d’imaginer que l’autisme dont fait preuve la France officielle sur des sujets comme le franc CFA ou la reconnaissance des crimes commis par l’Empire colonial en Afrique persiste, ou dans le contexte d’un électorat majoritairement constitué d’Afro-Français. Cela est d’autant plus vrai que dans l’ensemble l’image de la France est plutôt dégradée au sein d’une jeunesse africaine qui considère que l’ex-colonisateur continue d’exercer une influence néfaste sur ses ex-colonies.

Fondamentalement, au-delà des préoccupations migratoires, l’obsession démographique des élites politiques et intellectuelles française cache la crainte de l’influence politique que l’Afrique pourrait jouer en France (et au-delà en Europe) dans les prochaines décennies. De ce point de vue, le pire pour ces élites serait que les pays africains sortent de leur interminable nuit, mettent de l’ordre dans leurs affaires et se mettent, eux aussi, à rêver de puissance. Autant de «bonnes» raisons de faire de l’utérus des femmes africaines un des enjeux de notre époque. C’est donc logique qu’en pleine campagne pour les européennes, le candidat Nicolas Dupont-Aignan ait préconisé un «contrôle des naissances en Afrique comme l’a fait en son temps la Chine» pour faire face au «défi géopolitique» posé à l’Europe. Les Africains sont prévenus : la bataille pour le contrôle de l’utérus des femmes du continent n’est pas près de s’arrêter.

Yann Gwet est l'auteur de : Vous avez dit retour ?
Editions Présence africaine, 2019.

Yann Gwet journaliste, écrivain , auteur de: «Vous avez dit “retour”?» éditions Présence africaine, 2019

 

lundi 17 septembre 2018

samedi 18 novembre 2017

"AIDEZ-NOUS À SORTIR FELIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"


"AIDEZ-NOUS À SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"


 PS. Félix, petit-frère d'un ami proche, est le1er à gauche.

Campagne de Mobilisation Menée par l'Association "NOUS PAS BOUGER" avec JMTVPLUS. Appels à la mobilisation des autorités par la campagne "Aidons Félix et les Autres à sortir de l'esclavage en Libye", menée par Jmtvplus et l'association Nous Pas Bouger



 ESCLAVAGE en LIBYE: TÉMOIGNAGE D'UN JEUNE SÉNÉGALAIS,VICTIME (JMTV+)

Contact: Joel Didier Engo, Président de l'Association "Nous Pas Bouger"

Jacky Moiffo,  JMTV MEDIA

Tel: 0641001431 /   06 99 59 77 64


 
Madame, Monsieur,

Merci de rejoindre notre mobilisation contre l’esclavage des migrants africains en Libye avec pour objectif sortir Félix et ses compagnons d’infortune des camps libyens.

Votre participation prendra la forme que vous souhaitez donner. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Elle pourrait notamment prendre la forme d’un message de soutien filmé reprenant le slogan de campagne "AIDEZ-NOUS À SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE", réalisé par le journaliste et fondateur de JMTVPLUS, Jacky MOIFFO

Elle pourrait aussi être un don d’un montant de votre choix dans le cadre de la campagne «SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE» adressé à l’association NOUS PAS BOUGER en sa qualité de personne morale coordonnatrice de la campagne et dont les coordonnées bancaires sont les suivantes: 

ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER
MAISON DES ASSOCIATIONS DU ONZIÈME
8 RUE DU GÉNÉRAL RENAULT
75011 PARIS
COMPTE BANCAIRE Numéro 60268924302 
CRÉDIT AGRICOLE  (CA)
PARIS TEMPLE
135 Avenue PARMENTIER
75011 PARIS
TEL. 01 48 06 52 52   



CODE BANQUE 18206
CODE GUICHET 00150
NUMÉRO DE COMPTE 60268924302
CLÉ RIB 76
DOMICILIATION: CRÉDIT AGRICOLE (CA) PARIS TEMPLE
135 Avenue PARMENTIER75011 PARIS
TEL. 01 48 06 52 52

Premier Rassemblement Dimanche 10 décembre Place de la République à Paris dès 14h00 avec Prises de Parole, Sensibilisation du Public, Distribution de tracts, Identification des Migrants retenus dans les camps d'esclavage en Libye.

Soyez Toutes et Tous les Bienvenus!


MEDIA D'AFRIQUE - L'ESCLAVAGE DES NOIRS EN LIBYE - VOX AFRICA

 

  "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

 
RASSEMBLEMENT DIMANCHE 10 DÉCEMBRE À PARIS, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE CONTRE L.ESCLAVAGE EN LIBYE A PARTIR DE 14H.

CAMPAGNE DE MOBILISATION "AIDEZ NOUS A SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L.ESCLAVAGE EN LIBYE"

MOBILISEZ VOUS!





"Le rapatriement de Libye des migrants s’annonce comme un vrai casse-tête"
 
Le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat estime le nombre de migrants « entre 400 000 et 700 000 »

Source: Le Monde.fr avec AFP Le 01.12.2017


AMBIANCE, C'EST CHAUD dimanche 19 novembre 2017
1 000 personnes (5 000 selon les organisateurs) majoritairement issues de la diaspora afro-descendante, ont manifesté à Paris, samedi 18 novembre, pour dénoncer les pratiques esclavagistes en Libye. En cause selon elles : la responsabilité des dirigeants occidentaux dans la situation libyenne notamment celle de la France.
 

“Je n’imaginais pas qu’il y aurait eu autant de monde”. Claudy Siar se dit ravi et fier. Lui qui, deux jours auparavant, criait sa colère sur une vidéo Facebook vue des milliers de fois et partagée tout autant. “Moi descendant d’esclaves, j’ai la haine“, protestait-il. L’animateur radio de 48 ans, producteur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, est à l’initiative de cette mobilisation ce samedi 18 novembre à 16h contre les pratiques esclavagistes en Libye. Il s’enthousiasme du “rassemblement spontané” rendu possible grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux. L’élément déclencheur : un reportage de la chaîne américaine, CNN, montrant des Africains vendus comme des esclaves ou enchainés dans des cages en Libye. Plusieurs personnalités avaient également relayé l’appel à manifester, comme Omar Sy, Mokobe de 113, Didier Drogba ou l’ancienne Miss France Sonia Rolland.

Un collectif a d’ailleurs été créé à l’occasion : Collectif contre l’esclavage et les camps de concentration en Libye (CECCL). La mobilisation qui, au départ, devait être un simple rassemblement devant l’ambassade de Libye dans le 15ème arrondissement de Paris, s’est transformée en manifestation spontanée. Au cri de “Libérez nos frères” ou de “Libérez nos soeurs“, la foule est venue crier sa colère : 1 000 participants selon la préfecture de police de Paris, entre 5 000 et 6 000 selon Claudy Siar et d’autres à l’initiative. Majoritairement, les manifestants étaient issus de la diaspora afro-descendante. Les pancartes cartonnées arboraient plusieurs messages comme “L’esclavage, crime contre l’humanité” ou “Nous sommes tous des humains“. Autant d’inscriptions pour témoigner d’une situation universelle qui nous concerne tous, y compris les beaux quartiers parisiens.


“Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains“

“Voir nos enfants enchaînés dans une cage, c’est inadmissible, c’est révoltant“, s’insurge Julie Mabea, musicienne de 43 ans. “Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains“, juge, pour sa part, Raphaël Agbemadon, équipier de vente de 37 ans. Les images ont servi d’électrochoc pour certains qui tenaient à battre le pavé parisien à tout prix. “J’avais prévu des choses ce samedi mais j’ai tout annulé à la dernière minute. Je ne pouvais pas rester chez moi”, explique Sisko Mbuma, militant associatif de 37 ans.

Pourtant, la question de l’esclavage en Libye, et dans d’autres pays comme la Mauritanie, n’est pas nouvelle. Qu’est-ce qui a incité les gens à sortir dans la rue ? “Je pense qu’avant, les informations étaient restreintes. Maintenant, elles sont diffusées rapidement et partout grâce aux réseaux sociaux”, analyse Mireille Owona, gestionnaire de patrimoine de 33 ans. “Personnellement, avant ce reportage de CNN, je ne connaissais pas cette réalité” avoue Julie Mabea. Pour Raphaël Agbemadon “la jeunesse africaine est en train de prendre conscience. Il serait temps que les jeunes africains aient un sursaut d’orgueil pour que le cliché sur la misère en Afrique cesse”.

“Sarkozy criminel, Sarkozy assassin”

Pour une grande majorité des manifestants interrogés, les pays occidentaux, la France en particulier, portent une grande part de responsabilité sur cette tragédie. “On ne peut pas reproduire ce qui s’est passé il y a 400 ans tout en connaissant les séquelles et les dégâts que cela occasionne“, analyse Sonia Lebrache, artisane de 33 ans. Sur la période récente, c’est l’interventionnisme occidental en 2011 en Libye qui est pointé du doigt à la quasi unanimité. Du coup, les slogans “Sarkozy criminel“, “Sarkozy assassin” ont jailli durant la manifestation.


Les manifestants avaient décidé de rejoindre le consulat de Libye, rue Kepler, dans le 16ème arrondissement, en passant par le 7ème arrondissement via l’avenue Rapp et le pont de l’Alma. Jusqu’au pont, la manifestation avançait tranquillement avec une foule grossissant au fur et à mesure. Mais en raison de son caractère “spontané” qui n’avait pas fait l’objet d’une déclaration à la préfecture de police, la manifestation a été jugée comme illégale par les autorités. Par conséquent, des dizaines de CRS ont été mobilisés pour barrer la route des manifestants sur leur parcours. C’est sur l’avenue Marceau, à l’angle de l’avenue Pierre 1er de Serbie et au niveau de l’église Saint-Pierre de Chaillot que le cortège a été la cible de gaz lacrymogènes. “On est venu manifester pacifiquement. Des mamans, des enfants. J’ai même vu des nourrissons. Et tout d’un coup, on voit des CRS qui viennent, qui nous chargent” s’insurge Sisko Mbuma.

Aucune dégradation commise mais des investigations demandées pour identifier les organisateurs d'”un rassemblement organisé au mépris de la loi”

La tête du cortège a pu passer à temps pour continuer sur l’avenue Marceau et arriver au niveau du consulat de Libye. Les autres groupes ont dû rebrousser chemin et se regrouper sur les Champs-Élysées, en remontant vers l’Arc de Triomphe. Mais les CRS attendaient justement ces manifestants pour les regrouper dans une nasse, sous les yeux de touristes surpris d’assister à une telle scène, avant que les CRS ne resserrent la nasse pour ne pas gêner la circulation automobile.

Une fois sortis de la nasse, plusieurs manifestants se sont dispersés pour “faire du bruit” et alerter les riverains sur fond d’appels à regroupements cacophoniques. Par exemple, sur la place d’Iéna, un groupe d’une cinquantaine de manifestants a reçu des messages indiquant de se rendre vers le pont de l’Alma pour rejoindre d’autres groupes. Cinq minutes plus tard, il était question de se diriger vers la place du Trocadéro où d’autres manifestants les attendraient. Mais finalement, un rassemblement d’une centaine de manifestants a eu lieu sur l’avenue Kléber en fin de journée, autour de Claudy Siar, saluant ceux qui ont manifesté et les appelant à rentrer calmement chez eux et à ne pas provoquer les CRS. “Aucune dégradation n’a été commise“, précise le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui indique que “le Préfet a demandé que les investigations permettent d’identifier les organisateurs de ce rassemblement organisé au mépris de la loi afin que les procédures soient engagées aux fins de poursuites adaptées”.

Claudy Siar l’assure : cette manifestation en appellera d’autres, mais aussi un travail auprès de l’ONU et de l’Union européenne sur la situation en Libye, afin d’obtenir des excuses “de façon officielle”. “Ce n’est que le début du commencement“. Un autre rassemblement est d’ores et déjà prévu vendredi 24 novembre à 16h, toujours devant l’ambassade de Libye à Paris, à l’appel de plusieurs associations comme la Coordination Sans Papiers 75.

Jonathan BAUDOIN

ESCLAVAGE DES MIGRANTS AFRICAINS EN LIBYE: L'ARTISTE CAMEROUNAIS LONGUÉ LONGUÉ INTERPELLE LES PREMIERS RESPONSABLES À LA TÊTE DE SON PAYS



BRAVO M.LONGUÉ LONGUÉ, VOUS AVEZ TOUT NOTRE SOUTIEN CETTE FOIS-CI!

Esclavage en Libye: "tout le monde savait" dénoncent des ONG 

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 24/11/2017

La communauté internationale se dit horrifiée d'apprendre que des migrants sont vendus comme esclaves. Des ONG tirent pourtant la sonnette d'alarme depuis des mois.

Le 14 novembre, Nima Elbagir révélait sur la chaîne américaine CNN les images d'une vente aux enchères nocturne de migrants, destinés à l'esclavage, en Libye. Dans cette enquête, la journaliste révélait que deux hommes pouvaient être vendus 700 euros. Des informations qui font l'effet d'une bombe dans la communauté internationale.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit "horrifié", le président de l'Union africaine Alpha Condé "indigné", l'Union européenne "révoltée", Emmanuel Macron qualifie les faits de "crime contre l'humanité" et la France a réclamé une réunion "expresse" du conseil de sécurité de l'ONU.
Aujourd'hui vivement dénoncés par les dirigeants politiques occidentaux et africains, les viols, les tortures et l'esclavage de milliers de migrants africains étaient pourtant connus depuis longtemps par les ONG et analystes.

"Hypocrisie" des gouvernants

Les organisations humanitaires tiraient la sonnette d'alarme depuis des mois face au silence de ces mêmes responsables politiques. Aujourd'hui, elles dénoncent une "hypocrisie". "À part le citoyen lambda, tout le monde savait, les gouvernants, les organisations internationales, les leaders politiques", assène le Sénégalais Hamidou Anne, analyste du think tank "L'Afrique des idées".
"Les prises d'otages, les violences, la torture, les viols, sont monnaie courante en Libye, et l'esclavage, on en parle depuis longtemps", renchérit Alioune Tine, directeur Afrique de l'ouest et du centre d'Amnesty international basé à Dakar.
Les organisations d'aide aux migrants n'ont cessé d'alerter sur la dégradation de la situation. Dès le mois d'avril, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapportait l'existence de "marchés aux esclaves" en Libye. "Ils y deviennent des marchandises à acheter, vendre et jeter lorsqu'elles ne valent plus rien", avait souligné Leonard Doyle, porte-parole de l'OIM à Genève.
EN IMAGES >> Esclaves, torture... L'horreur des migrants interceptés en Libye
La présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu, avait à son tour dénoncé en septembre, dans une lettre ouverte aux gouvernements européens, "une entreprise prospère d'enlèvement, de torture et d'extorsion" en Libye. "Dans leurs efforts pour endiguer le flux [migratoire], les gouvernements européens seront-ils prêts à assumer le prix du viol, de la torture, et de l'esclavage ?", avait-elle interpellé. Avant de conclure: "Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas".

L'UE "a une responsabilité fondamentale"

En plein chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est la plaque tournante du transit des migrants d'Afrique subsaharienne cherchant à gagner l'Europe. Soucieuse de contrôler ce flux migratoire, l'UE peine à trouver des solutions pour ces candidats à l'exil, à la merci des passeurs et trafiquants, un calvaire dont beaucoup ont témoigné dans les médias et qui avait déjà fait l'objet d'enquêtes journalistiques. "En Libye, les noirs n'ont aucun droit", avait confié en septembre Karamo Keita, un jeune Gambien de 27 ans, rapatrié dans son pays. "Nous avons été emmenés dans plusieurs fermes où notre geôlier libyen nous vendait comme esclaves".

La semaine dernière, le haut-commissaire de l'ONU aux droits humains, Zeid Ra'ad Al Hussein, a jugé "inhumaine" la politique de l'UE "consistant à aider les gardes-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants". Une accusation rejetée par Bruxelles, qui souligne ses efforts pour "sauver des vies" en mer et "faciliter l'accès de l'OIM et du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) aux centres de détention en Libye pour qu'ils puissent augmenter le niveau d'assistance et organiser des retours volontaires".

En se posant en "forteresse qui veut coûte que coûte arrêter" les migrants, l'Europe "a une responsabilité fondamentale" dans le désastre actuel, mais elle n'est pas la seule, estime quant à lui Alioune Tine."Ça ne peut plus durer. Devant un crime contre l'humanité, on ne s'indigne pas, on réagit", juge Hamidou Anne, pour qui "il faut aller chercher ces jeunes qui sont dans des camps d'internement ou vendus comme esclaves", alors que le Rwanda a proposé jeudi d'accueillir 30 000 de ces migrants.

Alioune Tine réclame l'inscription de la question de l'éradication de l'esclavage au menu du sommet UE/UA des 29 et 30 novembre à Abidjan, comme l'a suggéré le président nigérien Mahamadou Issoufou."Il faut une commission d'enquête impartiale pour voir comment s'organisent ces trafics, qui en sont les responsables. Et que tout le monde prenne ses responsabilités."