vendredi 5 janvier 2024
Loi immigration: le devoir moral de sensibiliser les migrants Africains sur l'inhospitalité de l'Europe, et singulièrement de la France
samedi 23 septembre 2023
Lampedusa : les contrevérités de Gérald Darmanin sur le profil des migrants et leur droit à l’asile
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A en croire Gérald Darmanin, presque aucune des milliers de personnes débarquées sur les rives de l’île italienne de Lampedusa depuis plus d’une semaine ne mériterait d’être accueillie par la France. La raison ? D’un côté, affirme le ministre de l’Intérieur, il y aurait les «réfugiés» fuyant des persécutions politiques ou religieuses, et que la France se ferait un honneur d’accueillir. «Et puis, il y a les migrants», «des personnes irrégulières» qui devraient être renvoyées dans leur pays d’origine le plus rapidement possible, a-t-il distingué, jeudi 22 septembre sur BFMTV.
«S’il s’agit de prendre les migrants tels qu’ils sont : 60 % d’entre eux viennent de pays tels que la Côte d’Ivoire, comme la Guinée, comme la Gambie, il n’y a aucune raison [qu’ils viennent]», a-t-il en sus tonné sur CNews, lundi 18 septembre. Une affirmation serinée mardi sur TF1 dans des termes semblables : «60 % des personnes arrivées à Lampedusa sont francophones. Il y a des Ivoiriens et des Sénégalais, qui n’ont pas à demander l’asile en Europe.»
Contredit par les données statistiques italiennes
D’après le ministre – qui a expliqué par la suite tenir ses informations de son homologue italien – «l’essentiel» des migrants de Lampedusa sont originaires du Cameroun, du Sénégal, de Côte-d’Ivoire, de Gambie ou de Tunisie. Selon le ministre, leur nationalité les priverait du droit de demander l’asile. «Il n’y aura pas de répartition de manière générale puisque ce ne sont pas des réfugiés», a-t-il prétendu, en confondant par la même occasion les demandeurs d’asiles et les réfugiés, soit les personnes dont la demande d’asile a été acceptée.
Migrants à Lampedusa: "Il n'y aura pas de répartition de manière générale puisque ce ne sont pas des réfugiés", indique Gérald Darmanin (@GDarmanin) pic.twitter.com/ds0azhUEL8
— BFMTV (@BFMTV) September 21, 2023
Interrogé sur le profil des migrants arrivés à Lampedusa, le ministère de l’Intérieur italien renvoie aux statistiques de l’administration du pays. A rebours des propos définitifs de Gérald Darmanin sur la nationalité des personnes débarquées sur les rives italiennes depuis la semaine dernière, on constate, à l’appui de ces données, qu’une grande majorité des migrants n’a pas encore fait l’objet d’une procédure d’identification. Sur les 16 911 personnes arrivées entre le 11 et le 20 septembre, la nationalité n’est précisée que pour 30 % d’entre elles.
En tout, 12 223 personnes, soit 72 % des personnes arrivées à Lampedusa, apparaissent dans la catégorie «autres» nationalités, qui mélange des ressortissants de pays peu représentés et des migrants dont l’identification est en cours. A titre de comparaison, au 11 septembre, seulement 30 % des personnes étaient classées dans cette catégorie. Même si la part exacte de migrants non identifiés n’est pas précisée, cette catégorie apparaît être un bon indicateur de l’avancée du travail des autorités italiennes.
Parmi les nationalités relevées entre le 11 et 20 septembre, le ministère de l’Intérieur italien compte effectivement une grande partie de personnes qui pourraient être francophones : 1 600 Tunisiens, 858 Guinéens, 618 Ivoiriens, 372 Burkinabés, presque autant de Maliens, 253 Camerounais, mais aussi des ressortissants moins susceptibles de connaître la langue (222 Syriens, environ 200 Egyptiens, 128 Bangladais et 74 Pakistanais).
A noter que selon ces statistiques italiennes partielles, il n’est pas fait état de ressortissants sénégalais et gambiens évoqués par Gérald Darmanin. Les données ne disent rien, par ailleurs, du genre ou de l’âge de ces arrivants. «La plupart sont des hommes mais aussi on a aussi vu arriver des familles, des mères seules ou des pères seuls avec des enfants et beaucoup de mineurs non accompagnés, des adolescents de 16 ou 17 ans», décrivait à CheckNews la responsable des migrations de la Croix-Rouge italienne, Francesca Basile, la semaine dernière.
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(Alice Clair/Emma Donada)
Légalement, toutes les personnes arrivées à Lampedusa peuvent déposer une demande d’asile, s’ils courent un danger dans leur pays d’origine. «Il ne s’agit pas seulement d’un principe théorique. En vertu du droit communautaire et international, toute personne – quelle que soit sa nationalité – peut demander une protection internationale, et les États membres de l’UE ont l’obligation de procéder à une évaluation individuelle de chaque demande», a ainsi rappelé à CheckNews l’agence de l’union européenne pour l’asile. L’affirmation de Gérald Darmanin selon laquelle des migrants ne seraient pas éligibles à l’asile en raison de leur nationalité est donc fausse.
Par ailleurs, selon le règlement de Dublin III, la demande d’asile doit être instruite dans le premier pays où la personne est arrivée au sein de l’Union européenne (à l’exception du Danemark), de la Suisse, de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein. Ce sont donc aux autorités italiennes d’enregistrer et de traiter les demandes des personnes arrivées à Lampedusa. Dans certains cas, des transferts peuvent être opérés vers un pays signataires de l’accord de Dublin III, ainsi du rapprochement familial. Si les demandes d’asile vont être instruites en Italie, les chiffes de l’asile en France montrent tout de même que des ressortissants des pays cités par Gérald Darmanin obtiennent chaque année une protection dans l’Hexagone.
Pour rappel, il existe deux formes de protections : le statut de réfugié et la protection subsidiaire. Cette dernière peut être accordée à un demandeur qui, aux yeux de l’administration, ne remplit pas les conditions pour être considéré comme un réfugié, mais qui s’expose à des risques grave dans son pays, tels que la torture, des traitements inhumains ou dégradants, ainsi que des «menaces grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence qui peut s’étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle et résultant d’une situation de conflit armé interne ou international», liste sur son site internet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), qui statue en appel sur les demandes de protection.
Contredit aussi par la réalité des chiffres en France
Gérald Darmanin cite à plusieurs reprises le cas des migrants originaires de Côte-d’Ivoire comme exemple de personnes n’ayant selon lui «rien à faire» en France. La jurisprudence de la CNDA montre pourtant des ressortissants ivoiriens dont la demande de protection a été acceptée. En 2021, la Cour a ainsi accordé une protection subsidiaire à une femme qui fuyait un mariage forcé décidé par son oncle, qui l’exploitait depuis des années. La Cour avait estimé que les autorités ivoiriennes étaient défaillantes en ce qui concerne la protection des victimes de mariages forcés, malgré de récentes évolutions législatives plus répressives.
D’après l’Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofrpa), qui rend des décisions en première instance, les demandes d’asile de ressortissants ivoiriens (environ 6 000 en 2022) s’appuient très souvent sur des «problématiques d’ordre sociétal […], en particulier les craintes liées à un risque de mariage forcé ou encore l’exposition des jeunes filles à des mutilations sexuelles». En 2022, le taux de demandes d’Ivoiriens acceptées par l’Ofrpa (avant recours éventuel devant la CNCDA) était de 27,3 % sur 6 727 décisions contre un taux moyen d’admission de 26,4 % pour le continent africain et de 29,2 % tous pays confondus. Les femmes représentaient la majorité des protections accordées aux ressortissants de Côte-d’Ivoire.
Pour les personnes originaires de Guinée, citées plusieurs fois par Gérald Darmanin, les demandes sont variées. Certaines sont déposées par des militants politiques. «Les demandeurs se réfèrent à leur parcours personnel et à leur participation à des manifestations contre le pouvoir, qu’il s’agisse du gouvernement d’Alpha Condé ou de la junte militaire», décrit l’Ofpra. D’autre part des femmes qui fuient l’excision et le mariage forcé. En 2022, le taux d’admission par l’Ofpra était de 33,4 % pour 5 554 décisions.
Jurisprudence abondante
S’il est vrai que ces nationalités (Guinée et Côte-d’Ivoire) ne figurent pas parmi les taux de protections les plus élevées, elles figurent «parmi les principales nationalités des bénéficiaires de la protection internationale» en 2022, aux côtés des personnes venues d’Afghanistan ou de Syrie, selon l’Ofpra. Les ressortissants tunisiens, qui déposent peu de demandes (439 en 2022), présentent un taux d’admission de seulement 10 %.
La jurisprudence abondante produite par la CNDA montre que, dans certains cas, le demandeur peut obtenir une protection sur la base de son origine géographique, jugée dangereuse pour sa sécurité voire sa vie. C’est le cas notamment du Mali. En février 2023, la Cour avait ainsi accordé la protection subsidiaire à un Malien originaire de Gao, dans le nord du pays. La Cour avait estimé qu’il s’exposait, «en cas de retour dans sa région d’origine du seul fait de sa présence en tant que civil, [à] un risque réel de subir une menace grave contre sa vie ou sa personne sans être en mesure d’obtenir la protection effective des autorités de son pays».
«Cette menace est la conséquence d’une situation de violence, résultant d’un conflit armé interne, susceptible de s’étendre indistinctement aux civils», avait-elle expliqué dans un communiqué. Au mois de juin, à la suite des déclarations d’un demandeur possédant la double nationalité malienne et nigérienne, la Cour avait jugé que les régions de Ménaka au Mali et de Tillaberi au Niger étaient en situation de violence aveugle et d’intensité exceptionnelle, «justifiant l’octroi de la protection subsidiaire prévue par le droit européen».
D’après le rapport 2023 de l’agence de l’Union européenne pour l’asile, le taux de reconnaissance en première instance pour les demandeurs guinéens avoisinait les 30 %, et un peu plus de 20 % pour ressortissants ivoiriens à l’échelle de l’UE, avec un octroi en majorité, pour les personnes protégées, du statut de réfugié. Concernant le Mali, le taux de reconnaissance dépassait les 60 %, principalement pour de la protection subsidiaire. Ces données européennes qui confirment qu’il est infondé d’affirmer, comme le suggère le ministre de l’Intérieur, que les nationalités qu’il cite ne sont pas éligibles à l’asile.
En revanche, dans le cadre du mécanisme «de solidarité», qui prévoit que les pays européens prennent en charge une partie des demandeurs, les Etats «restent souverains dans le choix du nombre et de la nationalité des demandeurs accueillis». «Comme il s’agit d’un mécanisme volontaire, le choix des personnes à transférer est laissé à l’entière discrétion de l’État membre qui effectue le transfert», explique l’agence de l’union européenne pour l’asile, qui précise que les Etats «tendent souvent à donner la priorité aux nationalités qui ont le plus de chances de bénéficier d’un statut de protection», sans plus de précisions sur l’avancée des négociations en cours.
mardi 28 février 2023
France: traitements discriminatoires et racistes des réfugiés africains en provenance d'Ukraine, dont les étudiants...
Pour l’accueil des Ukrainiens, l’Etat français a dépensé 634 millions d’euros en 2022
Un rapport de la Cour des comptes souligne une réactivité forte des pouvoirs publics et des coûts élevés.
Par Julia Pascual, Le Monde
Environ 634 millions d’euros. C’est la somme qu’aurait dépensée l’Etat en 2022 pour organiser l’accueil de quelque 100 000 Ukrainiens en France, d’après la Cour des comptes, qui a rendu public un audit sur le sujet, mardi 28 février. Sur cette somme, plus de 253 millions d’euros auraient été consacrés à l’hébergement et plus de 218 millions d’euros au versement d’une allocation de subsistance.
En dépit de ces coûts, la Cour des comptes livre un rapport en forme de satisfecit vis-à-vis des pouvoirs publics qui ont su, notamment, privilégier une gestion souple et déconcentrée des conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, en s’appuyant sur la création dès le 9 mars 2022 d’une cellule interministérielle de crise Ukraine (CIC Ukraine) ou encore le recours aux préfets de département pour gérer les flux d’arrivées des déplacés d’Ukraine et l’animation des acteurs locaux de référence.
La cour relève en particulier l’effort déployé afin de mettre en place des lieux d’accueil : « Plus de 80 sites ont été ainsi ouverts entre mars et août 2022 », qui ont concentré tout à la fois « le diagnostic social et de santé, l’émission de titres de séjour, les formalités pour l’obtention des droits, le premier hébergement et les premières aides, ainsi que l’orientation vers des hébergements ou logements de moyen terme ».
A l’intérieur de ces « hubs », la protection temporaire a ainsi été délivrée aux réfugiés ukrainiens, de sorte qu’ils ont aussitôt bénéficié d’un ensemble de droits (autorisation provisoire de séjour, accès aux droits sociaux et aux soins, scolarisation des enfants mineurs, autorisation d’exercer une activité professionnelle, accompagnement social…) et notamment le versement d’une allocation de demandeur d’asile « dans des conditions exceptionnellement favorables », souligne la Cour. Cette allocation, qui représente 6,80 euros par jour pour une personne, a été automatiquement majorée de 7,40 euros pour les Ukrainiens (jusqu’en octobre 2022) alors que ce cas de figure n’est en théorie prévu que pour les demandeurs d’asile n’étant pas hébergés gratuitement par l’Etat.
Hébergés immédiatement
En l’espèce, les Ukrainiens ont pu être hébergés immédiatement. D’après la Cour des comptes, « plus de 87 000 places [ont été créées], dont près de 60 000 demeuraient actives à la fin de l’année 2022 ». Parmi elles, l’hébergement collectif financé directement par l’Etat a représenté un tiers des réponses « pour un coût unitaire représentant presque le double de celui des dispositifs offerts aux demandeurs d’asile classiques, du fait de l’urgence des mises à l’abri et de l’incertitude pesant sur la durée du conflit ».
Ainsi, « le coût par place et par jour s’est élevé à 38 euros en moyenne nationale, là où la mise à l’abri de droit commun en nuitée hôtelière est en moyenne inférieure à 20 euros et à 18 euros dans le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile », mettent en avant les auteurs du rapport.
A côté de ça, l’hébergement citoyen a représenté près de la moitié des solutions de prise en charge des déplacés d’Ukraine. Mais le nombre de personnes ainsi logées est passé de plus de 23 000 fin septembre à moins de 13 000 à la mi-octobre 2022, soulignant les limites du dispositif, avec des ruptures d’hébergement avant l’été ou à l’approche de l’hiver, dans un contexte notamment « d’alourdissement des coûts de l’énergie ».
« Résultats modestes » de l’insertion professionnelle
Par ailleurs, l’objectif d’orientation vers des logements pérennes, dans le parc social comme privé, s’est heurté à la fragilité économique des ménages ukrainiens et à l’incertitude liée à la guerre et à un éventuel retour au pays. De sorte qu’à la fin de l’année 2022, seuls « 8 500 logements étaient occupés par plus de 27 000 personnes ». Désormais, insiste la cour, l’Etat fait face à l’enjeu d’« adapter des dispositifs conçus comme temporaires à une inscription dans un temps plus long, alors même que leur public ne manifeste pas nécessairement davantage de projets d’installation pérenne ».
Le dispositif d’insertion professionnelle connaît à ce titre « des résultats modestes », constate la cour, qui évoque moins de 13 000 personnes ayant travaillé sur un total de 85 000 adultes.
Parmi les pistes de travail évoquées par les auteurs, figure la possibilité de mettre à contribution financière les Ukrainiens hébergés gratuitement, dès lors qu’ils ont des ressources notamment liées à un emploi ; ou encore celle d’orienter plus fortement des Ukrainiens vers les zones où l’offre de logement est plus large dans une logique de « responsabilisation des bénéficiaires de droits », préconise la cour.
Dans ce contexte, et tandis que 2 000 à 4 000 réfugiés continuent d’arriver en France tous les mois, la cour s’étonne que la loi de finances pour 2023 ne prévoit « aucun crédit pour financer les actions en faveur des publics ukrainiens accueillis ». Elle évoque à ce titre un défaut de sincérité et un manque de visibilité.
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Julia Pascual, Le Monde
samedi 21 mars 2020
APPEL À LA SOLIDARITÉ DE LA CONVERGENCE AFRICA TÉLÉMA POUR LES MIGRANTS AFRICAINS
LES AMAZONES D’AFRIQUE
ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER
mercredi 4 septembre 2019
Les fréquentes poussées de xénophobie particulièrement meurtrières en Afrique du Sud...
Une "malédiction" liée à une forme de mal gouvernance très africaine.
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
Afrique du Sud : meurtrière xénophobie
Si le président Ramaphosa juge « inacceptables » les attaques contre les étrangers, institutions, gouvernements et société civile africaine s'élèvent contre les manquements du gouvernement.
Par Le Point Afrique
© GUILLEM SARTORIO / AFP
Lire aussi Afrique du Sud : vous avez dit xénophobie ?
« Ils ont tout brûlé »
« Afrophobie ? » « Xénophobie ? » « Racisme entre Noirs ? » Un « Noir » déjà bien « noir » qui massacre un « étranger » sous prétexte qu'il aurait la peau trop sombre : la haine de soi par excellence ? Mais bien sûr, c'est tout cela en même temps ! » s'exclame l'historien et enseignant à l'université du Witwatersrand à Johannesburg Achille Mbembe, dans un long texte repris par Courrier international. Ce dernier décrit une situation devenue explosive alors qu'en 2015 et 2017 déjà ces mêmes violences avaient défrayé les chroniques. Interrogeant un chauffeur de taxi sur la manière dont les agresseurs s'y prennent, Achille Mbembe nous apprend que le feu utilisé est un héritage de l'apartheid. « Parce que du temps de l'apartheid, le feu, c'était la seule arme que nous avions, nous, les Noirs. Nous n'avions pas de munitions, d'armes et tout ça. Avec le feu, on pouvait fabriquer des cocktails Molotov et les jeter sur l'ennemi à bonne distance », explique le chauffeur.Un gouvernement débordé
Cent quatre-vingt-neuf personnes ont été arrêtées, a annoncé mardi la police. « On a enregistré cinq meurtres » dans la région de Johannesburg, la principale ville du pays, selon un communiqué de la police qui a indiqué qu'elle avait déployé des renforts dans les « points chauds ». « Le plus grand nombre » de victimes sont des Sud-Africains, a précisé le ministre sud-africain de la Police, Bheki Cele.« Je condamne dans les termes les plus forts les violences qui s'étendent dans quatre provinces » du pays, dont les capitales économique, Johannesburg, et politique, Pretoria, a déclaré le chef de l'État Cyril Ramaphosa dans une vidéo postée sur son compte Twitter.
« Les attaques visant des commerçants étrangers sont totalement inacceptables, quelque chose qu'on ne peut pas autoriser en Afrique du Sud », a-t-il ajouté. « Je veux que cela cesse immédiatement », a-t-il lancé. « Les gens de notre pays veulent vivre en harmonie, quelles que soient les inquiétudes et les doléances que nous puissions avoir, nous devons les gérer de façon démocratique, en discutant. » « Il ne peut y avoir aucune justification pour qu'un Sud-Africain s'en prenne à des gens d'autres pays », a insisté le président. « Nous sommes un pays qui est complètement engagé contre la xénophobie. Nous n'autorisons pas et nous ne pouvons pas tolérer des attaques contre des gens d'autres pays », a-t-il encore dit, annonçant une réunion ministérielle d'urgence.
L'Afrique réagit
Trop tard pour le journal Le Pays, basé au Burkina Faso, « l'icône du pays et fierté de l'Afrique a dû se retourner plus d'une fois dans sa tombe », peut-on lire dans l'éditorial du jour. « Le combat pour le respect de tout homme, qui ne peut se faire sans le respect de son droit à la vie, que Nelson Mandela a mené toute sa vie, est mis à rude épreuve une fois encore, par de sinistres individus. On peut comprendre l'amertume de la jeunesse sud-africaine en proie au chômage et à la cherté du coût de la vie. Et c'est dire si les élites politiques ont échoué à améliorer substantiellement leurs conditions de vie. Mais ce qui n'est ni compréhensible ni admissible, c'est le fait de rendre les étrangers responsables de tous les malheurs du pays. »Toutes les communautés d'immigrés concernées
Il y a moins de quatre millions de migrants en Afrique du Sud pour une population totale de 50 millions d'habitants. Toutefois, les attaques contre des magasins appartenant à des étrangers sont devenues des phénomènes récurrents que beaucoup attribuent à la frustration suscitée par le taux de chômage élevé du pays, qui se situe à environ 28 %.Les violences des derniers jours ont causé une vive inquiétude dans les autres communautés immigrées de Johannesburg. « Ils ont tout brûlé », a témoigné mardi à l'AFP un commerçant originaire du Bangladesh, Kamrul Hasan, devant son commerce incendié du township d'Alexandra. « Tous les six mois, c'est la même chose. Alors, pourquoi rester ici ? J'ai tout perdu. Si le gouvernement [sud-africain] paie mon billet d'avion, je rentrerai au Bangladesh », a-t-il assuré.
Lire aussi Violences - Immigration : les Sud-Africains sont-ils xénophobes ?
Des lois anti-immigrées ?
Au-delà de l'indignation générale, beaucoup pointent du doigt le gouvernement sud-africain. En effet, ce dernier a depuis peu durci le ton au sujet de l'immigration. De nouvelles mesures draconiennes ont été votées. Les permis de travail ne sont plus systématiquement renouvelés, les familles se voient refuser des visas, les enfants sont condamnés à un no man's land scolaire. Et Achille Mbembe d'ajouter : « Une situation kafkaïenne qui touche aussi les étudiants entrés légalement dans le pays, dont les visas ont été régulièrement renouvelés, mais qui se trouvent maintenant pris au piège du flou juridique, dans l'impossibilité de s'inscrire et de toucher l'argent auquel ils ont droit, qui leur a été alloué par les institutions. Avec ses nouvelles mesures anti-immigration, le gouvernement est en train de transformer les immigrés jusque-là légaux en clandestins. »Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce et d'industrie d'Afrique du Sud (SACCI). Le directeur général de l'institution, Alan Mukoki, a déclaré qu'il était regrettable que l'incapacité du gouvernement à enregistrer les mouvements aux frontières du pays soit à l'origine de la violence entre les Sud-Africains appauvris et les ressortissants étrangers.
Sipho Zungu, président de l'Association des chauffeurs de camion, regrette que le gouvernement permette aux entreprises d'employer des étrangers sans papiers afin d'éviter de se conformer aux lois du travail sud-africaines, créant ainsi un avantage injuste pour ces immigrés. Plusieurs reportages ont montré des salles d'audience pleines à craquer en raison de centaines d'immigrés arrêtés sans aucun document. Ils ont immédiatement été envoyés au centre de rapatriement de Lindela, d'où ils seront renvoyés dans leur pays d'origine.
mercredi 12 juin 2019
Migrations : les Africains optent de plus en plus pour d’autres destinations que la France
« Pas de raz-de-marée annoncé »
Féminisation et hausse du niveau d’éducation
L’obsession démographique, une histoire française
Les dynamiques démographiques ont souvent modifié l’histoire et les rapports de forces politiques. Pourquoi la France craint-elle l’influence politique d’une Afrique plus peuplée ?
Le racisme de ce tweet le rend dérisoire. Pour autant, l’obsession de la démographie africaine qu’il incarne est partagée par les élites françaises, dont Emmanuel Macron, qui s’est exprimé à plusieurs reprises sur le sujet. Que cache-t-elle ?
En réalité, comme d’autres grandes puissances européennes, les élites françaises ont toujours considéré la démographie comme un instrument politique, un vecteur de puissance. Jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, avec ses 25 millions d’habitants, la France était la principale puissance de l’Europe. Par la suite le pays connaîtra une période de glaciation démographique qui ouvrira - et précipitera - une phase de déclin relatif sur la scène internationale, au profit d’abord de l’Angleterre, puis de l’Allemagne.
Dans son livre, The Human Tide[«la vague humaine», Public Affairs, 2019, ndlr], le chercheur britannique du Birkbeck College de l’Université de Londres, Paul Morland, fait remonter ce qu’il appelle la «paranoïa» française sur la question démographique à la fameuse défaite française face à la Prusse de Bismarck en 1870, qui conduira à l’unification de l’Allemagne. Quoi qu’il en soit, cette obsession démographique, qui a donc accompagné un sentiment de déclassement géopolitique, a imprégné la politique française tout au long du XXe siècle. Ainsi, au plus fort de la guerre d’Algérie, le général de Gaulle exprimait à haute voix, devant l’écrivain et homme politique Alain Peyrefitte, ses doutes quant à la pertinence de l’idée d’une Algérie française, dès lors que «les Arabes se multiplieront par cinq, puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire…». Mais les élites françaises n’ont pas tort : la démographie détermine fondamentalement l’histoire. Ainsi que le rappelle Paul Morland, à la naissance de Nelson Mandela, plus d’un Sud-Africain sur cinq était blanc ; au moment de sa mort, il n’en restait plus qu’un sur dix. Compte tenu de la démographie des Sud-Africains noirs, l’apartheid était donc voué à l’échec. Les colons européens avaient donc peu de chance de reproduire en Afrique du Sud «le génocide par substitution», dont ironiquement Renaud Camus accuse aujourd’hui l’immigration arabo-africaine en France, qu’ils avaient déjà brillamment appliquée en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Canada où la fameuse fécondité des Franco-Canadiens était interprétée comme une «revanche du berceau» sur une Angleterre qui avait défait la France au Canada. Les dynamiques démographiques de l’époque ont influencé l’issue et même, d’un certain point de vue, les causes de la Première Guerre mondiale. Tout comme l’influence de la démographie sur «les printemps arabes» fait aujourd’hui consensus.
Selon Stephen Smith, «si les Africains suivent l’exemple d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle». La crainte de la mouvance française des «remplacistes» est que «l’identité française» se dissolve, et, plus tard, disparaisse, sous le poids des flux migratoires en provenance d’Afrique. Mais il y a autre chose : une France démographiquement dépendante de l’Afrique présenterait de fait un visage différent au plan politique. Il est difficile d’imaginer que l’autisme dont fait preuve la France officielle sur des sujets comme le franc CFA ou la reconnaissance des crimes commis par l’Empire colonial en Afrique persiste, ou dans le contexte d’un électorat majoritairement constitué d’Afro-Français. Cela est d’autant plus vrai que dans l’ensemble l’image de la France est plutôt dégradée au sein d’une jeunesse africaine qui considère que l’ex-colonisateur continue d’exercer une influence néfaste sur ses ex-colonies.
Fondamentalement, au-delà des préoccupations migratoires, l’obsession démographique des élites politiques et intellectuelles française cache la crainte de l’influence politique que l’Afrique pourrait jouer en France (et au-delà en Europe) dans les prochaines décennies. De ce point de vue, le pire pour ces élites serait que les pays africains sortent de leur interminable nuit, mettent de l’ordre dans leurs affaires et se mettent, eux aussi, à rêver de puissance. Autant de «bonnes» raisons de faire de l’utérus des femmes africaines un des enjeux de notre époque. C’est donc logique qu’en pleine campagne pour les européennes, le candidat Nicolas Dupont-Aignan ait préconisé un «contrôle des naissances en Afrique comme l’a fait en son temps la Chine» pour faire face au «défi géopolitique» posé à l’Europe. Les Africains sont prévenus : la bataille pour le contrôle de l’utérus des femmes du continent n’est pas près de s’arrêter.
Yann Gwet est l'auteur de : Vous avez dit retour ?
Editions Présence africaine, 2019.
Yann Gwet journaliste, écrivain , auteur de: «Vous avez dit “retour”?» éditions Présence africaine, 2019
lundi 17 septembre 2018
INITiATION AU NUMÉRIQQUE
MIGRANTS AFRICAINS: L’INCLUSION NUMÉRIQUE PRIORITÉ de l’ASSOCIATION KEUR KAMER (JMTV+)
lundi 30 avril 2018
samedi 18 novembre 2017
"AIDEZ-NOUS À SORTIR FELIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"
ESCLAVAGE en LIBYE: TÉMOIGNAGE D'UN JEUNE SÉNÉGALAIS,VICTIME (JMTV+)
Contact: Joel Didier Engo, Président de l'Association "Nous Pas Bouger"
Premier Rassemblement Dimanche 10 décembre Place de la République à Paris dès 14h00 avec Prises de Parole, Sensibilisation du Public, Distribution de tracts, Identification des Migrants retenus dans les camps d'esclavage en Libye.
Soyez Toutes et Tous les Bienvenus!
"Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"
RASSEMBLEMENT DIMANCHE 10 DÉCEMBRE À PARIS, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE CONTRE L.ESCLAVAGE EN LIBYE A PARTIR DE 14H.
CAMPAGNE DE MOBILISATION "AIDEZ NOUS A SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L.ESCLAVAGE EN LIBYE"
MOBILISEZ VOUS!
"Le rapatriement de Libye des migrants s’annonce comme un vrai casse-tête"
Le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat estime le nombre de migrants « entre 400 000 et 700 000 »
Source: Le Monde.fr avec AFP Le 01.12.2017
AMBIANCE, C'EST CHAUD dimanche 19 novembre 2017



Esclavage en Libye: "tout le monde savait" dénoncent des ONG
Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 24/11/2017
La communauté internationale se dit horrifiée d'apprendre que des migrants sont vendus comme esclaves. Des ONG tirent pourtant la sonnette d'alarme depuis des mois.
Le 14 novembre, Nima Elbagir révélait sur la chaîne américaine CNN les images d'une vente aux enchères nocturne de migrants, destinés à l'esclavage, en Libye. Dans cette enquête, la journaliste révélait que deux hommes pouvaient être vendus 700 euros. Des informations qui font l'effet d'une bombe dans la communauté internationale.Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit "horrifié", le président de l'Union africaine Alpha Condé "indigné", l'Union européenne "révoltée", Emmanuel Macron qualifie les faits de "crime contre l'humanité" et la France a réclamé une réunion "expresse" du conseil de sécurité de l'ONU.
Aujourd'hui vivement dénoncés par les dirigeants politiques occidentaux et africains, les viols, les tortures et l'esclavage de milliers de migrants africains étaient pourtant connus depuis longtemps par les ONG et analystes.
"Hypocrisie" des gouvernants
Les organisations humanitaires tiraient la sonnette d'alarme depuis des mois face au silence de ces mêmes responsables politiques. Aujourd'hui, elles dénoncent une "hypocrisie". "À part le citoyen lambda, tout le monde savait, les gouvernants, les organisations internationales, les leaders politiques", assène le Sénégalais Hamidou Anne, analyste du think tank "L'Afrique des idées"."Les prises d'otages, les violences, la torture, les viols, sont monnaie courante en Libye, et l'esclavage, on en parle depuis longtemps", renchérit Alioune Tine, directeur Afrique de l'ouest et du centre d'Amnesty international basé à Dakar.
Les organisations d'aide aux migrants n'ont cessé d'alerter sur la dégradation de la situation. Dès le mois d'avril, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapportait l'existence de "marchés aux esclaves" en Libye. "Ils y deviennent des marchandises à acheter, vendre et jeter lorsqu'elles ne valent plus rien", avait souligné Leonard Doyle, porte-parole de l'OIM à Genève.
EN IMAGES >> Esclaves, torture... L'horreur des migrants interceptés en Libye
La présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu, avait à son tour dénoncé en septembre, dans une lettre ouverte aux gouvernements européens, "une entreprise prospère d'enlèvement, de torture et d'extorsion" en Libye. "Dans leurs efforts pour endiguer le flux [migratoire], les gouvernements européens seront-ils prêts à assumer le prix du viol, de la torture, et de l'esclavage ?", avait-elle interpellé. Avant de conclure: "Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas".
L'UE "a une responsabilité fondamentale"
En plein chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est la plaque tournante du transit des migrants d'Afrique subsaharienne cherchant à gagner l'Europe. Soucieuse de contrôler ce flux migratoire, l'UE peine à trouver des solutions pour ces candidats à l'exil, à la merci des passeurs et trafiquants, un calvaire dont beaucoup ont témoigné dans les médias et qui avait déjà fait l'objet d'enquêtes journalistiques. "En Libye, les noirs n'ont aucun droit", avait confié en septembre Karamo Keita, un jeune Gambien de 27 ans, rapatrié dans son pays. "Nous avons été emmenés dans plusieurs fermes où notre geôlier libyen nous vendait comme esclaves".La semaine dernière, le haut-commissaire de l'ONU aux droits humains, Zeid Ra'ad Al Hussein, a jugé "inhumaine" la politique de l'UE "consistant à aider les gardes-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants". Une accusation rejetée par Bruxelles, qui souligne ses efforts pour "sauver des vies" en mer et "faciliter l'accès de l'OIM et du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) aux centres de détention en Libye pour qu'ils puissent augmenter le niveau d'assistance et organiser des retours volontaires".
En se posant en "forteresse qui veut coûte que coûte arrêter" les migrants, l'Europe "a une responsabilité fondamentale" dans le désastre actuel, mais elle n'est pas la seule, estime quant à lui Alioune Tine."Ça ne peut plus durer. Devant un crime contre l'humanité, on ne s'indigne pas, on réagit", juge Hamidou Anne, pour qui "il faut aller chercher ces jeunes qui sont dans des camps d'internement ou vendus comme esclaves", alors que le Rwanda a proposé jeudi d'accueillir 30 000 de ces migrants.
Alioune Tine réclame l'inscription de la question de l'éradication de l'esclavage au menu du sommet UE/UA des 29 et 30 novembre à Abidjan, comme l'a suggéré le président nigérien Mahamadou Issoufou."Il faut une commission d'enquête impartiale pour voir comment s'organisent ces trafics, qui en sont les responsables. Et que tout le monde prenne ses responsabilités."














