
Agé de seulement 14 ans,
Christian Etiti est en première année de
faculté de médecine à Paris. Né à Douala au Cameroun, arrivé en France à
l'âge de 5 ans, il a obtenu son baccalauréat scientifique en juin
dernier. Véritable surdoué, il est menacé d'expulsion à cause de la
situation de ses parents. En novembre 2011, son père, électricien,
reçoit une «obligation de quitter le territoire français» (OQTF) après
le non-renouvellement de sa carte de séjour qu'il détenait depuis dix
ans. Or, c'est ce dernier qui assume la charge de l'adolescent qui se
retrouve automatiquement menacé. Sa mère, en situation régulière, pacsée
au père, a fait une demande de titre de séjour de vie privée et
familiale «liée à la situation du père», procédure qui permettrait à sa
famille de vivre légalement une année de plus en France.
Le
Réseau Éducation sans frontières (RESF) s'est ému de cette situation et
s'est emparé du dossier de cette famille, engageant un recours devant le
tribunal administratif de Versailles, juridiction chargée de l'affaire,
le père habitant à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. Selon
Denis Carnet, membre de RESF, Christian peut être expulsé «d'un jour à
l'autre» puisque le recours devant le tribunal ne suspend pas
l'expulsion. Mais le père de l'adolescent «remplit tous les critères»
pour sa régularisation, selon le militant. «C'est le simple bon sens qui
devrait aboutir à sa régularisation. Cela fait partie des dossiers
surréalistes que nous avons à gérer», ajoute-t-il.
Manuel Valls sollicité
La préfecture des
Yvelines
rappelle que l'adolescent est un «mineur vivant avec sa mère, elle-même
en situation régulière» et réfute les menaces d'expulsion. Elle ajoute
s'être assurée «dès que la situation particulière de Christian lui avait
été signalée (…) au mois d'août, qu'il disposait bien des pièces
nécessaires pour sa bonne inscription à l'université». «Quant à ses
parents, compte tenu des éléments nouveaux intervenus dans leur dossier,
notamment concernant leur vie familiale, ils seront prochainement
convoqués à la préfecture en vue de consolider les conditions juridiques
de leur présence en France», ajoute l'administration.
La demande
de la mère de se voir remettre une carte de séjour temporaire mention
«vie privée et familiale» pourrait être acceptée si elle entre dans la
case des «motifs exceptionnels», définis par l'administration française.
Si cette demande est refusée, c'est le ministre de l'Intérieur qui peut
«saisir la commission nationale de l'admission exceptionnelle au
séjour». C'est à ce titre que le sénateur maire PS de
Conflans-Sainte-Honorine, Philippe Esnol, a envoyé un courrier à
Manuel Valls à propos du cas de l'adolescent qui a reçu son diplôme de bachelier jeudi dernier,
rapporte Le Parisien .