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lundi 28 mai 2018

France: Le sursaut d'humanité d'un Président souvent impassible devant la détresse humaine



Quelque soit l'opportunisme voire le cynisme politique que revêt cette démarche d'un président Macron qui se montre si souvent impassible devant l'extrême détresse des migrants notamment à Paris, il faut néanmoins saluer son sursaut d'humanité à l'égard d'un héros anonyme qui, malgré sa situation irrégulière, a sauvé un enfant d'une mort programmée.

Ce geste vient rappeler que, quand bien même la France ne pourrait pas tous les accueillir, les migrants dits économiques sont d'abord des êtres "normaux et ordinaires" en quête comme nombre d'entre-nous d'un bien être social auquel ils ne peuvent souvent pas aspirer ou espérer dans leurs pays d'origine.

Joël Didier Engo, Président de NOUS PAS BOUS






Du Mali au palais de l'Elysée, le parcours inspirant de Mamoudou Gassama

Le jeune Malien est arrivé en France en septembre dernier, après avoir vécu une traversée en mer "très difficile".

Par L'Obs

Inconnu il y a encore quelques jours, Mamoudou Gassama est désormais présenté par de nombreux médias comme un "héros". Samedi, le jeune homme a grimpé quatre étages pour sauver un enfant suspendu dans le vide dans le 18e arrondissement de Paris. Un acte spontané, filmé et visionné des millions de fois sur les réseaux sociaux.

Le visage de Mamoudou a, depuis, fait la une des journaux télévisés. Le jeune Malien de 22 ans a même été reçu ce lundi matin par Emmanuel Macron.

On connaît encore peu d'éléments sur la vie du jeune homme. Arrivé du Mali en septembre dernier, il "rêve de construire sa vie Paris", expliquait dimanche Anne Hidalgo, après l'avoir eu au téléphone.

Une traversée "très difficile"

Quelques heures avant de rejoindre l'Elysée, Mamoudou Gassama a raconté quelques bribes de son parcours sur RMC:

"J'ai quitté le Mali, je suis passé par le Burkina Faso et le Niger et je suis arrivé par la Libye, sur un bateau."
Une traversée "très difficile", remarque-t-il auprès de Jean-Jacques Bourdin.
"C'était terrible. On était beaucoup sur ce bateau."
Depuis son arrivé en France, Mamoudou loge dans un foyer. "Il vit au foyer et c'est une situation très grave", a souligné son frère, Diaby Gassama, sur BFMTV.

Un geste héroïque 

"Je n'ai rien pensé, j'ai pensé à le sauver et Dieu merci je l'ai sauvé." C'est avec ces mots, plein d'humilité que le jeune homme de 22 ans a expliqué son geste sur BFMTV.

En arrivant sur les lieux du sauvetage, samedi, les pompiers découvrent que le jeune homme a déjà porté secours à l'enfant, âgé de quatre ans.
"Par chance, il y avait quelqu'un qui avait une bonne condition physique et qui a eu le courage d'aller chercher l'enfant", ont-ils expliqué à l'AFP.
La scène, spectaculaire, a été filmée par des passants ébahis qui s'étaient regroupés en bas de l'immeuble. Sur la vidéo, on voit l'homme escalader à mains nues et en 30 secondes environ quatre balcons de la façade de l'immeuble, pour récupérer l'enfant et le mettre en sécurité.

Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo est rapidement devenue virale, avec déjà plus de 4 millions de vues dimanche en fin de journée.

"Je lui ai dit 'pourquoi tu as fait ça ?', mais il n'a pas parlé", a raconté Mamoudou sur BFMTV, expliquant ne pas avoir arrêté de "trembler" une fois dans l'appartement.

Il "rêve de construire sa vie Paris"

Dès dimanche, SOS Racisme a demandé "au ministre de l'Intérieur de régulariser la situation de Monsieur Gassama, qui a su faire preuve d'un courage aussi rare qu'admirable". Une pétition en ligne demandant que le jeune homme soit régularisé et décoré par la République française, a rapidement recueilli plus de 9.000 signatures.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a immédiatement salué un "acte de bravoure".
La maire de Paris a, en outre, indiqué que le jeune homme "rêvait de construire sa vie" à Paris. Elle a ajouté "que la Ville de Paris aura évidemment à cœur de le soutenir dans ses démarches pour s'établir en France". Le jeune homme a confirmé vouloir demander la nationalité française.

Dans la soirée de dimanche, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a salué sur Twitter un "acte d'une immense bravoure, fidèle aux valeurs de solidarité de notre République". Un acte qui "doit lui ouvrir les portes de notre communauté nationale".

"Tous les papiers vont être régularisés", assure Macron

Reçu par le président Emmanuel Macron à l'Elysée, Mamoudou Gassama est reparti avec plusieurs bonnes nouvelles. La première étant la promesse de se voir "naturalisé français".

"Tous les papiers vont être régularisés", a en effet assuré le chef de l'Etat lors d'un échange, diffusé sur sa page Facebook.

"C'est un acte exceptionnel, un acte d'héroïsme. J'ai souhaité qu'on puisse prendre une décision exceptionnelle pour vous", a dit le président au jeune homme visiblement très ému.
Le président de la République lui a cependant expliqué qu'il s'agissait d'une exception car en tant que migrant non demandeur d'asile, il n'aurait pas dû être régularisé. "On ne peut pas donner (de papiers) à tous ceux qui viennent du Mali, du Burkina. Quand ils sont en danger on donne l'asile, mais pas pour des raisons économiques."

"Mais pour ce qui vous concerne, vous avez fait quelque chose d'exceptionnel. Même si vous n'avez pas réfléchi, c'est un acte de courage et de force qui fait l'admiration de tous."
"Je veillerai personnellement à ce que sa demande de naturalisation soit acceptée dans les plus brefs délais", a assuré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur Twitter.

Mamoudou Gassama devrait également intégrer le service civique des sapeurs-pompiers.

Visiblement ému, le jeune Malien a quitté l'Elysée avec un diplôme et une médaille pour "Acte de courage et de dévouement", qui récompense "toute personne qui, au péril de sa vie, se porte au secours d'une ou plusieurs personnes en danger de mort".

M.C. et R.F.



mardi 29 août 2017

Crise migratoire: Niger et Tchad Hotspots pour demandeurs d'asile ou Quand le filet totalitaire se referme sur ses victimes avec l'aide de l'OFPRA

« Examiner » les demandes d’asile des migrants dès le Tchad et le Niger...C'est en effet comme offrir ou retourner avec l'aide de l'OFPRA les opposants et victimes des dictateurs à leurs principaux bourreaux. 

Car la solidarité entre despotes africains, notamment francophones, transformera naturellement le Tchad puis Niger en parfait filet pour appréhender les victimes des persécutions des différentes tyrannies de la sous région.

Et peut-être même ne franchiront-elles pas les portes des "hotspots", puisque les bidasses de Déby et Issouffou auront avant faciliter la tâche à l'OFPRA. 

Triste triomphe du cynisme politique sur les conventions internationales relatives à la protections des réfugiés! 

J'aimerais évidemment me tromper.

Joel Didier Engo

Crise migratoire : les "hotspots" en quatre réponses

 

En réunissant à Paris dirigeants européens et africains, Emmanuel Macron persiste dans sa volonté de créer des centres de transit en Afrique. Le point en quatre questions.

Par (avec AFP)

Publié le | Le Point Afrique



Le mini-sommet de chefs d'État et de gouvernement africains et européens tenu ce lundi à l'Élysée devrait déboucher sur une nouvelle feuille de route sur la question des migrations, sujet jugé prioritaire en cette rentrée par Paris, Madrid, Berlin et Rome. Mais comment dissuader les migrants de tenter la mortelle traversée de la Méditerranée ? L'une des solutions qui dominent les discussions figure les centres de transit et de la sécurisation des frontières. Voici pourquoi en quatre réponses.

Qu'est-ce qu'un « hotspot » ?
 
Fin juillet, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'ouvrir des hotspots en Libye, une idée qui a fait bondir les ONG, rapidement écartée par l'Élysée. Les hotspots, stricto sensu, désignent les centres d'enregistrement et d'identification des migrants en Grèce (5 sur les îles, hébergeant entre 8 000 et 10 000 personnes) et en Italie (4 centres).

C'est un dispositif européen inventé en 2015 avec la crise migratoire, pour prendre les empreintes des arrivants, repérer ceux qui ont droit à l'asile (en les distinguant des migrants économiques) et les répartir en Europe dans le cadre de la « relocalisation ». Mais depuis l'accord UE-Turquie sur le renvoi des réfugiés de 2016, aucun migrant n'a quitté les hotspots des îles grecques.

Peut-on transposer ces centres en Libye?
 
La situation sécuritaire du pays, livré au chaos, rend l'idée difficile. « Pas possible aujourd'hui », reconnaît-on à l'Élysée. « Ce pays n'a aucune culture de l'asile », insiste Jean-Guy Vataux, chef de mission en Libye pour MSF.

En Libye, entre 7 000 et 8 000 migrants sont détenus dans une vingtaine de centres « officiels », mais les conditions de vie y sont, selon les ONG, déplorables. De plus, un nombre indéterminé de centres officieux (hangars, maisons...) sont exploités par des milices et nul ne sait ce qui s'y passe. Paris veut donc « traiter le problème en amont », c'est-à-dire au Niger et au Tchad, avant la Libye et la périlleuse traversée de la Méditerranée.

On parle côté français de « centres d'orientation », « pas de hotspots » dans ces deux pays, où une mission française a été envoyée début août. Le Tchad compte 400 000 réfugiés et 100 000 personnes déplacées, le Niger compte deux types de camps : ceux gérés par le HCR pour les Nigériens principalement, et ceux de l'OIM pour les migrants gagnant la Libye.

Quelle forme pour ces centres de transit ?
 
Un mécanisme rodé pourrait servir de canevas : celui de la « réinstallation » mis en place depuis 2015 au Liban (où un million de Syriens sont enregistrés), mais aussi en Turquie et en Jordanie (où deux camps accueillent 45 000 et 85 000 personnes).

Dans ces camps du HCR ou de l'OIM, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides entend des migrants sélectionnés avant de les transférer en France où l'asile leur est accordé rapidement. Quelque 5 500 personnes ont bénéficié de ce mécanisme au Liban, en Turquie et en Jordanie au cours des deux dernières années. « Il s'agit de délocaliser l'instruction des dossiers », assure-t-on à la présidence française, en promettant que « ça va se mettre en place très vite ». En 2016, un total de 85 000 demandes ont été enregistrées en France et quelque 36 000 personnes ont obtenu l'asile, selon les chiffres officiels.

De source nigérienne, on assure que « ce n'est pas nouveau ». « Ces centres de transit existent déjà et nous travaillons avec le Haut-Commissariat aux réfugiés et l'Organisation internationale des migrations. » L'UE a versé en juillet une aide de 10 millions d'euros au Niger pour lutter contre l'immigration clandestine, premier décaissement d'un programme décidé en 2016.

Peut-on bloquer la frontière sud de la Libye?
 
Cela nécessiterait des investissements colossaux, chiffrés par Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, à 20 milliards de dollars sur 20 à 25 ans. À titre de comparaison, l'UE avait mis 1,8 milliard d'euros sur la table pour le développement de l'Afrique lors de son sommet sur les migrations de 2015 à La Valette (Malte).

Mais l'Europe est bien consciente du rôle stratégique de la Libye, devenue la principale voie de migration en Méditerranée depuis que la route passant par la Grèce et la Turquie s'est tarie : près de 100 000 personnes sont arrivées en Italie depuis le début de l'année (2 400 auraient péri) et côté français on surveille de près la hausse des francophones (Ivoiriens, Guinéens...) parmi ces migrants.

Pour fermer cette route, l'UE a formé une centaine de garde-côtes libyens cet hiver, l'Italie leur a fourni des vedettes pour patrouiller dans l'idée de renvoyer les migrants en Libye, où se pose alors la délicate question des droits de l'homme.

D'autant que Tripoli pose ses conditions, en réclamant, pour équiper ses garde-côtes et gardes-frontière, un soutien européen à la levée de l'embargo sur les armes imposé en 2011 par l'ONU.