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samedi 15 juin 2024

Les limites d'une dérive d'extrême droite dans un pays multi-ethnique régi par un cantonnement/confinement insidieux et raciste des minorités

À l'image de la célèbre équipe de France de Football (LES BLEUS) majoritairement composée de joueurs d'origine africaine et étrangère, la France est aujourd'hui un pays multi-ethnique dans lequel paradoxalement des segments identitaires de la population votent massivement en faveur d'une extrême droite ouvertement xénophobe et raciste... Ce phénomène deviendra forcément de plus en plus incompatible voire inconciliable avec la nécessaire cohésion nationale, et pas seulement en matière de football. Parce que ces jeunes ne sont pas dans la même servilité coloniale que leurs lointains aînés, et commenceront inévitablement à se poser des questions de conscience, notamment sur le sens moral, éthique, civique de leur "sacrifice" pour une patrie suprémaciste ethnique qui discrimine et rejette foncièrement nombre de leurs semblables. Il s'agit ici d'un questionnement qui deviendra inévitable pour toutes ces générations françaises issues de la diversité notamment africaine, avec une tentation voire une tendance grandissante à privilégier les pays d'origine des parents et des grands parents. D'une manière ou d'une autre, quoiqu'ils fassent pour la France, l’inconscient général finit - y compris en dépit de leur notoriété - par les renvoyer à leur couleur de peau et à leurs supposés pays d'origine. C'est une mentalité hélas très ancrée dans la culture politique et médiatique de ce pays, et on ne saurait objectivement la réduire au Rassemblement national anciennement Front National. Autant en avertir suffisamment ces jeunes issus de l'immigration ou de couleur. Car fondamentalement un pays qui ne vous accepte pas comme ses ressortissants à part entière ne sera jamais le vôtre. Formellement Oui, mais affectivement Non, quelque soit votre contribution à son rayonnement. Il est en cela peut-être trop tard de les appeler au sursaut électoral, alors précisément que tout les a toujours tenu éloigner.
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER http://www.nouspasbouger.org

jeudi 17 octobre 2019

France : La récupération malsaine des victimes des attentats pour attiser la haine des musulmans.



Les auteurs justifieront bien évidemment cette instrumentalisation cynique et nauséabonde de la haine des étrangers et particulièrement des musulmans en s’abritant comme toujours derrière nos beaux principes républicains, dont celui de la laïcité …

Mais pour ceux d’entre-nous qui vivent dans ce onzième arrondissement de Paris doublement frappé par les attentats, ceux de CHarlie Hebdo (Boulevard Richard Lenoir) et celui du Bataclan (Boulevard Voltaire), il s’agit d’une horrible récupération. Précisément parce que nous cohabitons en parfaite harmonie, malgré ces attentats, avec toutes les confessions, parfois dans des rues où se côtoient une synagogue et une mosquée, puis des écoles tenues par les deux confessions. Et tout cela se passe dans un environnement apaisé et un vivre ensemble qui n'a absolument rien à voir avec les peurs et l'exploitation malsaine que certains font des attentats qui ont endeuillé sans distinction les Français et les étrangers, indépendamment de leurs origines ethniques ou religieuses.

Dans cet arrondissement de Paris ceux qui ont directement vécu ces drames se sont quelques jours après remis à vivre ensemble dans les bistrots, restos et même écoles de la République...après avoir pleuré ensemble les victimes...

Il est totalement inadmissible que quelque cyniques s'emparent de ce traumatisme collectif pour distiller la haine et la peur ethnique, sous couvert d'une islamophobie non assumée. Parce que les habitant de ces quartiers expérimentent au quotidien un multiculturalisme et une mixité sociale apaisés, sans pour autant nier les risques induits par le fondamentalisme islamique, et essayent à leur échelle de le combattre dans une vigilance citoyenne de tous les instants, sans jamais sombrer dans la stigmatisation.

C’est tout l’équilibre républicain à trouver...

Personne ici ne prêche un quelconque laxisme à l'égard d’extrémistes fondamentalistes, qu’il faut à leur égard appliquer la tolérance zéro. Pour autant nous devons nous insurger contre cette exploitation politicienne des peurs légitimes que peuvent avoir des parents, des personnes âgées, et même le commun des Français face à des modes vestimentaires inhabituels et des pratiques religieuses qui témoignent d'un fanatisme en inadéquation avec les valeurs de la république. Il faut être vigilants sans sombrer sans la paranoïa qui gagne certains médias, sous l’influence d’idéologues fascistes et des théoriciens du grand remplacement.

En réalité la plupart des français de culture musulmane sont comme de nombreux autres, majoritairement non pratiquants. Étrangement ils se retrouvent – souvent plus que les autres -pointer du doigts par une élite politique réactionnaire, qui essaye de maintenir la société française sous un climat de tension permanente entre « les communautés ». C’était déjà le cas à la fin des années 80 pendant les attentats qui ont endeuillé Paris et la France, perpétrés alors par des partisans du régime iranien. Cela n’a pas changé depuis, la même classe politique demeure aussi déterminée à répandre la haine des musulmans dans l’opinion publique.

Pourvu qu’elle n’y parvienne pas complètement!

Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER


mercredi 18 septembre 2019

France: Repartis pour la surenchère politicienne à visées électoralistes sur l'immigration

Comme à chaque veille de scrutin en France depuis plus d'une quarantaine d'années (le premier choc pétrolier), les politiciens ravivent la surenchère politicienne au relent xénophobe et raciste sur l'immigration...



Les générations de femmes et d'hommes politiques se succèdent ainsi, mais toujours avec la même vieille vision d'un monde qui se serait à jamais figé autour d'une France voulue aussi prospère, influente, indispensable voire incontournable, notamment sur des flux migratoires pourtant plus mondialisés que jamais.

C'est simplement minable!

Il y a en effet plus de quatre décennies que des dirigeants français autrefois du "vieux monde" agitent "le courage d'évoquer ces questions", puis la prétendue "perception négative de l'immigration par une majorité des citoyens" français voulue "de souche"...pour - disent-ils - interrompre la progression constante du Front National et son arrivée éventuelle à l'Élysée. À cet égard M. Macron n'a absolument rien inventé ni changé à la manière de faire de la politique "à l'ancienne" en France. Bien au contraire...

Au fond la plupart des rapports internationaux sur les flux migratoires contredisent le discours nombriliste tenu en France sur un seuil de tolérance franchi sur l'immigration, même sur le droit d'asile. Car des pays du Sud de l'Europe (Grèce, Italie), et même ceux du continent africain connaissent davantage de migrations que ce que soutient un certain discours populiste en France. Dans ce pays, ceux qui sont souvent assimilés à des "immigrés" sont des nationaux et bi-nationaux français de couleur, ou des personnes détentrices de titres de séjour, majoritairement arrivées en France par le biais du regroupement familial ces dernières années. 

Les questions migratoires sont assez sérieuses pour être laissées à l'agitation électoraliste de politiciens, qui n'en mesurent pas réellement les enjeux, ou refusent de les "regarder en face". Parce qu'ils auraient beaucoup de choses à se reprocher, notamment dans le cas des présidents français successifs dont M. Macron: l'indéfectible soutien aux dictateurs inamovibles en Afrique noire francophone.

Un besoin de s'aérer collectivement l'esprit pour ne plus être en proie au catastrophisme véhiculé par une classe politique passéiste

Refusons d'être captifs du discours nombriliste et catastrophiste d'une classe politique française sur les flux migratoires. Ce bourrage ininterrompu de crâne, réactualisé chaque veille d'élection, est bien éloigné de l'évolution des parcours de migrants ces dernières décennies, qui ont peu à peu transformé la France en pays de transit, y compris des migrants africains (à l'exception notable des postulants au regroupement familial comme je l'ai indiqué plus haut). Il n'empêche, les Français gardent la perception erronée d'être envahis par des hordes de migrants clandestins, essentiellement venus d'Afrique, parce que ceux-ci transitent et se concentrent dans les grandes agglomérations comme dans l'Est de Paris. Nombre de ces migrants en transit à Paris ont été délogés de Calais où ils attendaient les opportunités pour aller en Grande Bretagne. 

Pour ce qui est des demandeurs d'asile, leur nombre a également progressivement baissé sous l'effet conjugué du règlement de Dublin puis des conditions drastiques mises en place par les gouvernements successifs en France, surtout ceux voulus de gauche, dans la délivrance d'un statut de réfugié. À telle enseigne que notre pays ne tient même pas ses engagements pris dans le cadre européen lors des grandes vagues de migrations Syriennes, et est entrain de sous-traiter progressivement la charge à des "spots" situés à l'étranger, notamment au Niger, au Tchad et désormais au Rwanda pour l'Afrique. 

Nous devons nous départir de l'enfumage réactionnaire ambiant sur les questions migratoires, parce qu'elles sont appelées à continuer...malgré les "odeurs" autrefois reprochées aux immigrés par Jacques Chirac, puis " la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" de Michel Rocard, rien n'a fondamentalement changé sur le front de l'immigration, pas plus d'ailleurs  cela a empêché que le Front national s'installe durablement dans le paysage politique français. 

En réalité les flux migratoires demeureront, même avec un Front national au pouvoir, comme nous venons de le voir avec Salvini en Italie. Parce qu'il s'agit d'un phénomène structurel et international qui épouse les contours des différentes convulsions, crises et autres tensions multiples dans diverses parties de la planète. 

 Une fois que nous aurons tous entériné cela, peut-être commencerons-nous courageusement à nous attaquer frontalement aux racines de ce "problème", nous mettant définitivement à l'abri des manipulations politiciennes en tous genres.

Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER