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dimanche 15 septembre 2024
Immigration: combattre ces politiciens extrémistes européens qui criminalisent les organisations humanitaires d'aide aux migrants
Il faut désormais systématiquement poursuivre et faire sévèrement condamner tous ces criminels politiques qui instrumentalisent la haine des migrants à des fins pouvoiristes en Europe; en laissant délibérément des milliers de ces derniers mourir sans secours humanitaire en méditerranées, à la suite des accords de sous-traitance particulièrement inhumains conclus avec un certain nombre de pays du Maghreb.
L'immigration clandestine doit être traitée à la source, en rompant ou conditionnant clairement à la bonne gouvernance les relations avec nombre de dictatures corrompues des pays de départ en Afrique.
En effet on n'empêchera jamais des personnes sans perspective d'avenir d'essayer obstinément de changer leurs conditions, et par ricochet celles plus largement de leurs familles.
Joël Didier Engo, Association Nous Pas Bouger
http://www.nouspasbouger.org
Italie : six ans de prison requis contre Matteo Salvini pour avoir refusé de laisser accoster des migrants en 2019
L’ex-ministre de l’intérieur d’extrême droite avait mis en œuvre la politique des « ports fermés » en vertu de laquelle l’Italie refusait l’entrée aux navires humanitaires qui secouraient les migrants en Méditerranée.
Le Monde avec AFP
Les procureurs italiens ont requis, samedi 14 septembre, une peine de six ans de prison à l’encontre de Matteo Salvini, vice-premier ministre italien d’extrême droite, pour avoir empêché des migrants de débarquer dans un port italien en 2019. M. Salvini, qui fait partie de la coalition de la première ministre, Giorgia Meloni, est jugé pour privation de liberté et abus de pouvoir présumés pour avoir maintenu 147 migrants en mer pendant des semaines sur un navire géré par l’organisation caritative Open Arms.
« L’accusation a demandé que l’ancien ministre de l’intérieur Salvini soit condamné à six ans de prison », a déclaré à l’Agence France-Presse l’avocat d’Open Arms, Arturo Salerni, alors que les débats touchent à leur fin. Le verdict de ce procès, qui a débuté en octobre 2021, devrait être rendu le mois prochain, a-t-il ajouté.
M. Salvini n’était pas présent à l’audience. Il avait auparavant publié sur Facebook : « Je le referais si j’avais à le refaire : défendre les frontières contre les migrants illégaux n’est pas un crime. » « Il est incroyable qu’un ministre de la République risque six ans de prison pour avoir fait son travail en défendant les frontières de la nation, comme l’exige le mandat qu’il a reçu de ses concitoyens », a-t-il ajouté sur X.
Conditions sanitaires désastreuses
Au moment de résumer son réquisitoire, le procureur Geri Ferrara, du tribunal de Palerme, a estimé qu’« un principe-clé n’est pas discutable : entre les droits de l’homme et la protection de la souveraineté de l’Etat, les droits de l’homme doivent prévaloir dans notre système heureusement démocratique ».
Le navire est resté bloqué en mer pendant près de trois semaines avant que les migrants soient finalement autorisés par la justice à débarquer sur l’île italienne de Lampedusa. Les membres d’Open Arms avaient assuré que l’état physique et mental des migrants avait atteint un point critique lorsque les conditions sanitaires à bord étaient devenues désastreuses, notamment en raison d’une épidémie de gale. M. Salvini, chef du parti anti-immigration de la Ligue et ministre de l’intérieur à l’époque, a déclaré en janvier qu’il avait estimé que « la situation n’était pas dangereuse » à bord du navire.
En 2019, alors qu’il participait au gouvernement de Giuseppe Conte, il avait mis en œuvre la politique dite des « ports fermés » en vertu de laquelle l’Italie refusait l’entrée aux navires humanitaires qui secouraient les migrants en Méditerranée. Une grande partie du procès a consisté à déterminer si la responsabilité de cette affaire incombait au gouvernement de M. Conte ou à M. Salvini seul. Il a déjà été poursuivi pour un chef d’accusation similaire, mais les poursuites ont été annulées par un tribunal de Catane en 2021.
Le Monde avec AFP
samedi 15 juin 2024
Les limites d'une dérive d'extrême droite dans un pays multi-ethnique régi par un cantonnement/confinement insidieux et raciste des minorités
À l'image de la célèbre équipe de France de Football (LES BLEUS) majoritairement composée de joueurs d'origine africaine et étrangère, la France est aujourd'hui un pays multi-ethnique dans lequel paradoxalement des segments identitaires de la population votent massivement en faveur d'une extrême droite ouvertement xénophobe et raciste...
Ce phénomène deviendra forcément de plus en plus incompatible voire inconciliable avec la nécessaire cohésion nationale, et pas seulement en matière de football.
Parce que ces jeunes ne sont pas dans la même servilité coloniale que leurs lointains aînés, et commenceront inévitablement à se poser des questions de conscience, notamment sur le sens moral, éthique, civique de leur "sacrifice" pour une patrie suprémaciste ethnique qui discrimine et rejette foncièrement nombre de leurs semblables.
Il s'agit ici d'un questionnement qui deviendra inévitable pour toutes ces générations françaises issues de la diversité notamment africaine, avec une tentation voire une tendance grandissante à privilégier les pays d'origine des parents et des grands parents.
D'une manière ou d'une autre, quoiqu'ils fassent pour la France, l’inconscient général finit - y compris en dépit de leur notoriété - par les renvoyer à leur couleur de peau et à leurs supposés pays d'origine.
C'est une mentalité hélas très ancrée dans la culture politique et médiatique de ce pays, et on ne saurait objectivement la réduire au Rassemblement national anciennement Front National. Autant en avertir suffisamment ces jeunes issus de l'immigration ou de couleur.
Car fondamentalement un pays qui ne vous accepte pas comme ses ressortissants à part entière ne sera jamais le vôtre. Formellement Oui, mais affectivement Non, quelque soit votre contribution à son rayonnement.
Il est en cela peut-être trop tard de les appeler au sursaut électoral, alors précisément que tout les a toujours tenu éloigner.
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
http://www.nouspasbouger.org
samedi 1 juin 2024
Demandeurs d’asile : « Derrière les “défaillances systémiques” du dispositif d’accueil français, il y a un refus d’adopter des solutions pragmatiques »
Par Guillaume Rossignol
directeur du Jesuit Refugiee Service
Source: Le Monde.fr
Alors que la manière dont la France accueille les demandeurs d’asile est régulièrement pointée, Guillaume Rossignol, directeur du Service jésuite des réfugiés, invite, dans une tribune au « Monde », à ne pas céder à l’idéologie, à respecter les droits des personnes et à choisir des solutions à la fois humaines et viables.
En mars 2024, un arrêt du Conseil du contentieux des étrangers belge a empêché le transfert d’un demandeur d’asile vers la France au vu de « défaillances systémiques » du dispositif d’accueil de l’Etat français. Selon cet arrêt, ce demandeur d’asile risquait d’être traité de manière incompatible avec ses droits fondamentaux. « Certaines nuits, je reste assis sur une chaise près des agents de sécurité d’un hôpital, par crainte d’être de nouveau agressé durant mon sommeil », témoigne, par exemple, M. N., demandeur d’asile, accompagné par le Service jésuite des réfugiés (JRS France).
Les défaillances dans l’accueil des demandeurs d’asile ne sont pas nouvelles. La France a ainsi été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2021 pour les traitements inhumains et dégradants dont avaient été victimes des personnes en demande d’asile. Mais le plus inquiétant est l’ampleur de ces défaillances.
Au 31 mars 2024, selon les chiffres issus d’Eurostat et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), un organisme chargé de délivrer les « conditions matérielles d’accueil », c’est-à-dire une domiciliation, un hébergement et une allocation minimale assurant aux demandeurs un niveau de vie digne qui garantisse leur subsistance et protège leur santé physique et mentale, plus de 46 000 personnes en demande d’asile en étaient privées.
Justifier l’injustifiable
Or, plus qu’une crise du système d’accueil contre laquelle « on ne pourrait rien » – elle résulterait, par exemple, de l’impossibilité de traiter de trop nombreuses demandes –, certains cas manifestent une volonté délibérée de laisser perdurer ces situations et de justifier l’injustifiable, en s’abritant derrière le paravent du « droit ».
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Ainsi en est-il de la politique française envers les demandeurs d’asile dits « dublinés », par référence au règlement européen de Dublin, organisant les procédures d’asile au sein de l’Union européenne (UE) et dont les principes ont été globalement repris par le pacte européen sur l’asile et la migration adopté le 14 mai 2024.
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Ces personnes, qui ont demandé la protection internationale de la France et y séjournent, sont entrées sur le territoire de l’UE par un autre pays. En application des textes précités, la France peut, pendant une durée de dix-huit mois, demander leur transfert dans le pays par lequel elles sont entrées dans l’UE (procédure Dublin) afin que ce pays assume et instruise lui-même la demande d’asile. Mais, une fois passé ce délai, la France devient responsable de leur demande d’asile. Or, nos autorités refusent à ces personnes tout moyen de subsistance, prétendant ne pas y être tenues en application du droit en vigueur.
L’accès au travail des demandeurs d’asile
Quelle que soit l’interprétation que l’on donne du droit français ou européen applicable, les priver d’une allocation et d’un hébergement en plus d’un accès au travail, c’est laisser les demandeurs d’asile dans une situation inhumaine et dégradante qui ne peut être conforme à aucun droit. Une première en la matière, le Service jésuite des réfugiés (JRS France) vient d’introduire devant le Conseil d’Etat une requête « en reconnaissance de droits » − un dispositif original introduit par une loi de 2016 sur la modernisation de la justice du XXIe siècle − pour faire reconnaître les droits individuels de l’ensemble de ces personnes au bénéfice des « conditions matérielles d’accueil ».
Nous ne devons pas laisser justifier l’injustifiable, mais garder le souci de la justice. Derrière ces « défaillances systémiques » du dispositif d’accueil français, il y a aussi un refus d’adopter des solutions pragmatiques, en laissant l’idéologie prendre le dessus. Selon l’économiste El Mouhoub Mouhoud, président de l’université Paris-Dauphine-PSL, nous assistons à un « recul inquiétant de l’argumentation rationnelle » sur les questions d’immigration.
Ainsi, une grande pluralité d’acteurs, y compris le Medef et les syndicats de salariés, se sont prononcés en faveur d’une solution simple : l’accès au travail des demandeurs d’asile. Cela réduirait, en effet, les coûts de leur accueil tout en leur permettant de se sentir utiles et en faisant rentrer des ressources dans le budget de l’Etat, à l’heure où les finances sont au rouge, le tout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, puisque les trois quarts des PME françaises déclaraient, fin 2023, rechercher en vain du personnel.
Renoncer aux discours réducteurs
D’après un rapport de JRS France, fondé sur les données d’enquêtes publiques de la Commission européenne, la France est le seul pays de l’Union européenne, avec la Hongrie, à ne pas accorder aux demandeurs d’asile un accès effectif au marché du travail.
Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés Pacte européen sur la migration et l’asile : « Le régime d’asile actuel est inhumain par nature ; il doit être réformé en profondeur »
Si tous les autres pays européens le font, ce n’est pas uniquement parce que c’est un droit établi par la directive européenne accueil mais aussi, et peut-être d’abord, parce que cela sert leurs intérêts économiques et sociaux sans que soit constaté pour autant un quelconque « appel d’air ». Il nous faut garder le souci de la réalité ; la réalité, c’est bâtir des solutions viables qui ne renoncent pas à l’humain.
Si les situations indignes se propagent, c’est que nous n’y résistons pas avec assez de force, parce que nous perdons la perception de l’unicité et du caractère irremplaçable de chacun. C’est là le danger qui nous menace et menace l’Europe. Dans son poème Restons éveillés, dédié aux travailleurs immigrés, Missak Manouchian nous l’intimait déjà : il nous faut renoncer aux discours réducteurs pour garder claire vision et hauteur de vue.
Guillaume Rossignol est directeur de JRS France (Service jésuite des réfugiés), une organisation catholique internationale qui agit aux côtés des demandeurs d’asile et des réfugiés.
Guillaume Rossignol (directeur du Jesuit Refugiee Service)
mercredi 18 août 2021
Chute de Kaboul et Lepenisme de l'inconscient politique en France...
Non M. Macron, la France n'est pas la seule à accueillir les supposés migrants clandestins de Kaboul et ne le sera pas. Même l'Ouganda s'est proposé d'en accueillir des milliers.
Merci de remettre la raison là où vous vous êtes laissé déborder par un réflexe réactionnaire très pavlovien, consistant à assimiler ces réfugiés évacués d'Afghanistan à de potentiels migrants clandestins...en France.
Ce n'était pas à la hauteur de la communication présidentielle en temps d'une aussi grave crise humanitaire, avec des afghans amassés par centaines de milliers à l'aéroport de Kaboul essayant désespérément d'échapper au nouvel ordre Taliban.
Bref il y a longtemps que le lepenisme a contaminé les esprits d'une partie écrasante de la classe politique française, au point de lui faire perdre le discernement nécessaire dans le regard qu'elle porte notamment sur les peuples du monde, vus essentiellement comme de potentiels envahisseurs clandestins et illégaux.
C'est cela la véritable grande victoire de l'extrême droite dans ce pays.
JDE
samedi 19 juin 2021
La surenchère xénophobe et raciste dans les médias français de droite et d'extrême droite n'arrêtera donc jamais...
Cette surenchère xénophobe et raciste impunie dans ces médias est ce qui nous fait aujourd'hui émettre des doutes et même des craintes sur la fiabilité de cette vieille démocratie face au spectre de l'extrême droite au pouvoir, et sa capacité ou volonté réelle de protéger dans les prochains mois voire annéesles victimes.
Tellement le discours raciste et xénophobe s'y est banalisé et s'est diffusé dans l'opinion générale....
Du coup au lendemain de la commémoration du 81éme anniversaire de l'appel du 18 juin, la collaboration d'une partie de la haute administration et de la classe politique avec l'Allemagne Nazie trouve comme une explication. Au-delà du fait qu'il fallait effectivement se soumettre à l'occupant, celle-ci partageait également le même fond idéologique raciste et xénophobe.
Il ne s'est jamais estompé et a su surfer sur un ressentiment post--colonial puis la frustration née de la perte progressive d'influence internationale qui ressortent en filigrane sans la moindre gêne dans toutes ces sorties racistes et xénophobes, concernant notamment les Français d'origine étrangère, les migrants africains et maghrébins, bref la panoplie phobique sur le supposé "grand remplacement".
Toutes les digues éthiques et morales ont véritablement sauté. Nous sommes confrontés sans défenses chaque jour à une escalade raciste et xénophobe que rien ne semble pouvoir arrêter.
Jusqu'à quand???
JDE
jeudi 17 octobre 2019
France : La récupération malsaine des victimes des attentats pour attiser la haine des musulmans.
Les
auteurs justifieront bien évidemment cette instrumentalisation cynique et nauséabonde de la haine des étrangers et
particulièrement des musulmans en s’abritant comme toujours
derrière nos beaux principes républicains, dont celui de la
laïcité …
Mais
pour ceux d’entre-nous qui vivent dans ce onzième arrondissement
de Paris doublement frappé par les attentats, ceux de CHarlie Hebdo
(Boulevard Richard Lenoir) et celui du Bataclan (Boulevard Voltaire),
il s’agit d’une horrible récupération. Précisément parce que
nous cohabitons en parfaite harmonie, malgré ces attentats, avec
toutes les confessions, parfois dans des rues où se côtoient une
synagogue et une mosquée, puis des écoles tenues par les deux
confessions. Et tout cela se passe dans un environnement apaisé et
un vivre ensemble qui n'a absolument rien à voir avec les peurs et
l'exploitation malsaine que certains font des attentats qui ont
endeuillé sans distinction les Français et les étrangers,
indépendamment de leurs origines ethniques ou religieuses.
Dans
cet arrondissement de Paris ceux qui ont directement vécu ces drames
se sont quelques jours après remis à vivre ensemble dans les
bistrots, restos et même écoles de la République...après avoir
pleuré ensemble les victimes...
Il
est totalement inadmissible que quelque cyniques s'emparent de ce
traumatisme collectif pour distiller la haine et la peur ethnique,
sous couvert d'une islamophobie non assumée. Parce que les habitant
de ces quartiers expérimentent au quotidien un multiculturalisme et
une mixité sociale apaisés, sans pour autant nier les risques
induits par le fondamentalisme islamique, et essayent à leur échelle
de le combattre dans une vigilance citoyenne de tous les instants,
sans jamais sombrer dans la stigmatisation.
C’est
tout l’équilibre républicain à trouver...
Personne
ici ne prêche un quelconque laxisme à l'égard d’extrémistes
fondamentalistes, qu’il faut à leur égard appliquer la tolérance
zéro. Pour autant nous devons nous insurger contre cette
exploitation politicienne des peurs légitimes que peuvent avoir des
parents, des personnes âgées, et même le commun des Français face
à des modes vestimentaires inhabituels et des pratiques religieuses
qui témoignent d'un fanatisme en inadéquation avec les valeurs de
la république. Il faut être vigilants sans sombrer sans la paranoïa
qui gagne certains médias, sous l’influence d’idéologues
fascistes et des théoriciens du grand remplacement.
En
réalité la plupart des français de culture musulmane sont comme de
nombreux autres, majoritairement non pratiquants. Étrangement ils se
retrouvent – souvent plus que les autres -pointer du doigts par une
élite politique réactionnaire, qui essaye de maintenir la société
française sous un climat de tension permanente entre « les
communautés ». C’était déjà le cas à la fin des années 80
pendant les attentats qui ont endeuillé Paris et la France,
perpétrés alors par des partisans du régime iranien. Cela n’a
pas changé depuis, la même classe politique demeure aussi
déterminée à répandre la haine des musulmans dans l’opinion
publique.
Pourvu
qu’elle n’y parvienne pas complètement!
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
mercredi 9 août 2017
Navire antimigrants « C-Star » : pourquoi sa mission est illégale?
Le
navire de Génération identitaire qui prétend vouloir mettre un terme au
trafic d’êtres humains en Méditerranée est à l’arrêt au large des côtes
tunisiennes.
LE MONDE
| |
Par Audrey Travère
Au large des côtes tunisiennes, le C-Star, navire
antimigrants du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire, est
à l’arrêt depuis le lundi 7 août. Et pourrait bien le rester. Venu se
ravitailler dans le port de Zarzis, l’équipage s’est vu refuser
l’accostage par des marins locaux, répondant à l’appel du puissant syndicat l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) lancé sur Facebook : « A tous les agents et employés des ports tunisiens : ne laissez pas le bateau du racisme C-Star souiller les ports de Tunisie. »
L’opération maritime, démarrée début juillet, a pour but officiel de « contrecarrer les bateaux des ONG qui agissent à l’unisson avec les trafiquants d’êtres humains », selon Génération identitaire. Dans les faits, l’équipage, motivé par un racisme à peine voilé, n’a cessé d’aller de déconvenue en déconvenue. Le 1er août, Clément Galant, responsable français de l’opération, exposait dans une courte vidéo les objectifs de la mission, assurant face caméra : « Tout ce que nous faisons est légal. » Problème : ce n’est pas le cas. A l’aide du droit international et de l’association Human Rights at Sea, Les Décodeurs se sont penchés sur cette mission inutile, voire illégale.
En décembre 2016, le Financial Times révélait l’existence d’un rapport confidentiel de Frontex dans lequel l’organisation exprimait ses réserves quant aux activités des ONG dans la région, créant, selon elle, un « appel d’air ». D’après le journaliste britannique, l’agence européenne allait même jusqu’à accuser les associations de donner aux passeurs des « indications claires avant le départ sur des directions précises dans le but d’atteindre les bateaux des ONG ». Cet article a conduit la justice italienne à ouvrir une enquête en avril.
Un mois plus tard, le verdict tombe : le procureur de Catane (Sicile), saisi dans cette affaire, a déclaré ne détenir aucune preuve tangible pour étayer ces propos. Par ailleurs, en février, les associations ont spontanément rédigé un code de conduite à respecter lors des missions de sauvetage en mer, consacrant « l’humanité », « l’impartialité », la « transparence », la « neutralité » et « l’indépendance » comme valeurs principales de leur action.
Quant à la question de « l’appel d’air », un rapport datant de 2014, édité par Amnesty International, démontre que l’arrêt de la mission Mare Nostrum, à l’époque, n’avait eu aucun effet sur le nombre de migrants voulant rejoindre l’Europe. Bien au contraire : il a même augmenté, infirmant alors « le mythe selon lequel Mare Nostrum a agi comme un “facteur d’appel” ». Seul constat alors : le nombre de morts parmi les migrants était alors passé de un sur cinquante à un sur vingt-trois lors des trois premiers mois de 2015.
De son côté, la Libye ne fait pas partie des 145 pays signataires de la Convention de Genève et ne peut donc pas être contrainte à respecter cette règle. Actuellement, les juristes réfléchissent à une solution en la matière, mais rien n’est arrêté. Seule certitude, établie dans un rapport de l’Institut allemand des droits humains : « La Cours européenne des droits de l’homme (CEDH) interdit d’exposer les personnes à des violations graves des droits humains par des actions au-delà des frontières des Etats. Renvoyer dans un pays où la torture, les peines ou traitements inhumains ou dégradants, ou menace le danger mortel, est ainsi interdit. »
Au-delà du cadre légal, les ONG se questionnent sur la moralité de la démarche : si Génération identitaire entend lutter contre le trafic d’êtres humains, pourquoi livrer les migrants aux garde-côtes libyens sérieusement soupçonnés d’entretenir des liens avec les passeurs ? Agir de la sorte condamne les réfugiés à subir de sévères violations de droits humains dans les geôles libyennes.
L’opération maritime, démarrée début juillet, a pour but officiel de « contrecarrer les bateaux des ONG qui agissent à l’unisson avec les trafiquants d’êtres humains », selon Génération identitaire. Dans les faits, l’équipage, motivé par un racisme à peine voilé, n’a cessé d’aller de déconvenue en déconvenue. Le 1er août, Clément Galant, responsable français de l’opération, exposait dans une courte vidéo les objectifs de la mission, assurant face caméra : « Tout ce que nous faisons est légal. » Problème : ce n’est pas le cas. A l’aide du droit international et de l’association Human Rights at Sea, Les Décodeurs se sont penchés sur cette mission inutile, voire illégale.
Les prétendus liens entre ONG et passeurs
Le principal argument avancé pour justifier l’opération est la lutte contre le trafic d’êtres humains. Ils accusent les ONG telles que SOS Méditerranée, Sea Watch ou encore Proactiva Open de « travailler de concert » avec les passeurs libyens et espèrent intercepter des communications en ce sens. C’est d’ailleurs ce qui a motivé ce week-end la manœuvre dangereuse du C-Star à proximité de l’Aquarius, bateau affrété par SOS Méditerranée pour les sauvetages en mer.- Pourquoi c’est voué à l’échec
En décembre 2016, le Financial Times révélait l’existence d’un rapport confidentiel de Frontex dans lequel l’organisation exprimait ses réserves quant aux activités des ONG dans la région, créant, selon elle, un « appel d’air ». D’après le journaliste britannique, l’agence européenne allait même jusqu’à accuser les associations de donner aux passeurs des « indications claires avant le départ sur des directions précises dans le but d’atteindre les bateaux des ONG ». Cet article a conduit la justice italienne à ouvrir une enquête en avril.
Un mois plus tard, le verdict tombe : le procureur de Catane (Sicile), saisi dans cette affaire, a déclaré ne détenir aucune preuve tangible pour étayer ces propos. Par ailleurs, en février, les associations ont spontanément rédigé un code de conduite à respecter lors des missions de sauvetage en mer, consacrant « l’humanité », « l’impartialité », la « transparence », la « neutralité » et « l’indépendance » comme valeurs principales de leur action.
Quant à la question de « l’appel d’air », un rapport datant de 2014, édité par Amnesty International, démontre que l’arrêt de la mission Mare Nostrum, à l’époque, n’avait eu aucun effet sur le nombre de migrants voulant rejoindre l’Europe. Bien au contraire : il a même augmenté, infirmant alors « le mythe selon lequel Mare Nostrum a agi comme un “facteur d’appel” ». Seul constat alors : le nombre de morts parmi les migrants était alors passé de un sur cinquante à un sur vingt-trois lors des trois premiers mois de 2015.
- Pourquoi c’est illégal
Aider les gardes-côtes libyens à ramener les migrants en Libye
Cet autre objectif assumé est sûrement le plus problématique. Sur son site, le groupuscule d’extrême droite entend agir comme un bateau de reconnaissance pour « donner l’alerte aux gardes-côtes libyens » en cas de naufrage. Le but étant, bien évidemment, de ramener les migrants « sur les côtes africaines », en Libye donc.- Pourquoi c’est problématique
« Aucun des Etats contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelqueDu fait de l’instabilité politique en Libye, les migrants renvoyés vers ce pays risquent de voir leur intégrité physique et morale gravement atteinte dans les centres de rétentions libyens. Or, de nombreux rapports d’ONG font état de « viols, tortures, exécutions et autres souffrances » dont sont victimes les réfugiés lors de leur incarcération. Par ailleurs, la plupart de ces gardes-côtes ne dépendent pas du gouvernement d’union nationale soutenu par les Nations unies, ouvertement défié dans tout le pays. Plusieurs milices régionales se sont formées pour défendre les intérêts de chefs autoproclamés, sur terre et en mer. Ainsi, il leur sera très difficile de rentrer en contact avec un interlocuteur crédible. Pourtant, il existe un flou juridique : le C-Star n’agit pas sur commande d’un pays ou d’une organisation supranationale, l’équipage ne peut donc pas être poursuivi sur cette base.
manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou
sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité,
de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »
De son côté, la Libye ne fait pas partie des 145 pays signataires de la Convention de Genève et ne peut donc pas être contrainte à respecter cette règle. Actuellement, les juristes réfléchissent à une solution en la matière, mais rien n’est arrêté. Seule certitude, établie dans un rapport de l’Institut allemand des droits humains : « La Cours européenne des droits de l’homme (CEDH) interdit d’exposer les personnes à des violations graves des droits humains par des actions au-delà des frontières des Etats. Renvoyer dans un pays où la torture, les peines ou traitements inhumains ou dégradants, ou menace le danger mortel, est ainsi interdit. »
Au-delà du cadre légal, les ONG se questionnent sur la moralité de la démarche : si Génération identitaire entend lutter contre le trafic d’êtres humains, pourquoi livrer les migrants aux garde-côtes libyens sérieusement soupçonnés d’entretenir des liens avec les passeurs ? Agir de la sorte condamne les réfugiés à subir de sévères violations de droits humains dans les geôles libyennes.
Couler les bateaux utilisés pour le trafic
En gage de bonne foi, la mission Defend Europe de Génération identitaire s’est engagée à couler les bateaux abandonnés ayant servi au transport illégal de migrants.- Pourquoi c’est inutile
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/08/09/navire-antimigrants-c-star-une-mission-inutile-voire-illegale_5170650_4355770.html#IdAoAGKjx3eGdBWZ.99
vendredi 13 mai 2016
Affaire Black M., Le comble de cette fachosphère qui s'installe institutionnellement en France
Un jeune rappeur français d'origine guinéenne dont le grand-père a
combattu durant la seconde guerre mondiale parmi les tirailleurs
sénégalais, se voit ainsi empêché de chanter à Verdun.
Là où
précisément des camarades tirailleurs de son grand-père venus de la
lointaine Afrique y ont laissé la vie, quand certains proches de celles et ceux qui le chassent aujourd'hui étaient planqués.
Allez donc comprendre!
Joël Didier Engo
Bonjour à tous,
Je m'appelle Alpha Diallo, je suis français, né en France, à Paris, et j'ai 31 ans.
Eduqué par la France, terre d'accueil de mes parents, terre
qui m'a vu grandir et permis de vivre de ma passion. Une terre pour
laquelle mon grand-père Alpha Mamoudou Diallo, d'origine guinéenne, a
combattu lors de la guerre 39-45 au sein des Tirailleurs Sénégalais -
ces mêmes
Tirailleurs Sénégalais qui étaient également présents lors de la Bataille de Verdun.
J'ai ressenti une immense fierté lorsque l'on a fait appel à moi pour
participer à un concert en marge de la commémoration de la Bataille de
Verdun pour l'ensemble des jeunes français et allemands réunis ce
jour-là.
Une polémique incompréhensible et inquiétante a malheureusement entraîné l'annulation de ma participation à cette manifestation.
Je ne peux rester sans réponse face aux propos d'une extrême violence, tenus à mon égard, ces derniers jours. Je suis d'autant plus attristé par cette situation qui peut aujourd'hui toucher des milliers d'autres français.
Moi, Alpha Diallo, enfant de la République et fier de l'être, souhaite, par ce communiqué, faire barrière à ces propos haineux.
Merci à tous ceux qui me soutiennent depuis le début, je ne ferai pas d'autres commentaires.
Peace.
#ALPHADIALLO
#BLACKM
Suite à l'annulation de son concert à Verdun, un très beau texte de Black M où il évoque la France et son aïeul, tirailleur sénégalais. La polémique venue de l'extrême-droite et qui a mené à cette annulation n'est pas seulement pathétique. Elle est grave, très grave. Que des fachos demandent qu'un noir ne chante pas en commémoration de Verdun, rien que de très logique. Mais que se lèvent les chœurs imbéciles et haineux composés de celles et ceux qui, depuis plusieurs années et au nom de la République, traquent chez les Noirs, les Arabes et les jeunes de quartier populaire la trace de leur barbarie, voilà qui met la nausée.
Une polémique incompréhensible et inquiétante a malheureusement entraîné l'annulation de ma participation à cette manifestation.
Je ne peux rester sans réponse face aux propos d'une extrême violence, tenus à mon égard, ces derniers jours. Je suis d'autant plus attristé par cette situation qui peut aujourd'hui toucher des milliers d'autres français.
Moi, Alpha Diallo, enfant de la République et fier de l'être, souhaite, par ce communiqué, faire barrière à ces propos haineux.
Merci à tous ceux qui me soutiennent depuis le début, je ne ferai pas d'autres commentaires.
Peace.
#ALPHADIALLO
#BLACKM
Suite à l'annulation de son concert à Verdun, un très beau texte de Black M où il évoque la France et son aïeul, tirailleur sénégalais. La polémique venue de l'extrême-droite et qui a mené à cette annulation n'est pas seulement pathétique. Elle est grave, très grave. Que des fachos demandent qu'un noir ne chante pas en commémoration de Verdun, rien que de très logique. Mais que se lèvent les chœurs imbéciles et haineux composés de celles et ceux qui, depuis plusieurs années et au nom de la République, traquent chez les Noirs, les Arabes et les jeunes de quartier populaire la trace de leur barbarie, voilà qui met la nausée.
Que reproche-t-on à Black M? D'avoir eu dans le passé des paroles que l'on trouve choquantes? L'émotion serait plus crédible si les mêmes s'émouvaient des propos de Zemmour and co, dont les paroles appartiennent elles au présent. Mais non, émotion sélective car finalement Zemmour exprime tout haut ce qu'ils pensent tout haut: la barbarie est à nos portes (c'est-à-dire dans nos banlieues) et la civilisation est en péril. Dans cette polémique du jour, le péril était noir. Dans celle de demain, il sera arabe. Dans celle d'après-demain, il sera musulman. Et dans celle du jour suivant, il sera Rom.
Quelle tristesse que de vivre dans un pays où les vieux cons viennent saturer l'air de leurs peurs et de leurs rancœurs.
A ces vieux cons, un conseil: arrêtez de confondre la fin de la civilisation avec la fin de votre vie. La civilisation, belle et inattendue, continuera. Et elle sera en France faite de noirs, d'arabes, de blancs, d'asiatiques, d'athées, de juifs, de musulmans, de jeunes, de chrétiens, de vieux, de loulous et de bobos. Enjoy!
Comment la « fachosphère » a fait annuler le concert de Black M à Verdun
Le Monde
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Par Adrien Sénécat
La
blogosphère d’extrême droite exulte : le concert gratuit du rappeur
Black M prévu à l’occasion du centenaire de la bataille de Verdun, le
29 mai, n’aura pas lieu. La Mairie l’a annoncé dans un communiqué,
vendredi 13 mai, arguant de « risques forts de trouble à l’ordre public ». Retour sur une campagne qui, en l’espace de trois jours, a fait plier la mairie socialiste.
La charge ne se fait pas attendre. Dès le lendemain matin, le site fdesouche.com écrit que Black M « n’a pas sa place » dans l’événement. En cause, plusieurs extraits de textes du rappeur, et notamment :
La plupart des cadres frontistes apportent leur pierre à l’édifice dans la foulée, de Marion Maréchal Le Pen à Florian Philippot. Un militant proche de l’extrême droite lance dans la soirée du 10 mai un hashtag sur Twitter, #VerdunSansBlackM, pour demander l’annulation de l’événement. Marine Le Pen, elle, juge ses textes « extrêmement injurieux à l’égard des Français ».
Mais au lendemain de la publication de l’article de fdesouche.com, dont l’exposition a été décuplée par les élus FN, la polémique se diffuse au-delà de ces sphères. Dès la matinée du 11 mai, Le Figaro y consacre deux articles. Le maire (PS) de Verdun, Samuel Hazard, y dit notamment être « harcelé par des mails et des appels à connotation raciste. “Si ça avait été White M, ça n’aurait pas posé problème”, a dit par exemple une dame ». Et de dénoncer « les racistes qui instrumentalisent cette polémique à des fins politiciennes. »
Comme le relève l’élu, de nombreux messages racistes circulent à l’encontre du rappeur, évoquant un « négro de souche », un « étranger » ou le comparant aux djihadistes de Daech.
Les nombreux articles de médias généralistes qui suivent (Les Inrocks, L’Obs, BFM-TV, une première dépêche de l’AFP dans l’après-midi du 11 mai, etc.) vont élargir le cercle des mécontents. Des personnalités de droite comme Nadine Morano ou Hervé Mariton demandent à leur tour l’annulation du concert.
Nouvelle pierre dans le jardin de Samuel Hazard, un recours en justice est déposé dans l’après-midi contre la venue du rappeur par le petit-fils d’un poilu. L’avocat de ce dernier, Antoine Beauquier, affirme qu’on peut « légitimement craindre que [le chanteur] use de termes outrageants pour la mémoire des soldats de Verdun ».
La Mission du centenaire, l’opérateur de l’Etat pour ces commémorations, décide dans la foulée de ne pas accorder la subvention de 67 000 euros demandée par la mairie pour financer le concert, sur un budget total de 150 000 euros.
Ironie de l’histoire, Pierre Sautarel, coanimateur de fdesouche.com s’agace désormais d’entendre Florian Philippot clamer que « c’est le Front national, seul, qui a levé ce lièvre » sur France 2, refusant de se faire « voler les lauriers » de la polémique.
Le site fdesouche.com allume la mèche
Lundi 9 mai, L’Est républicain publie une interview du rappeur à l’approche de l’événement, « un rendez-vous populaire et tourné vers la jeunesse », voulu par l’Elysée, écrit le journal. « C’est de la scène, et c’est quelque chose que j’aime énormément, alors je réponds présent. Tout simplement », y confie Black M. Et d’ajouter, à l’encontre de ceux qui s’étonnent de sa présence à un tel événement : « Je les invite à venir me voir, qu’ils aiment ou pas ma musique, on va s’amuser. »La charge ne se fait pas attendre. Dès le lendemain matin, le site fdesouche.com écrit que Black M « n’a pas sa place » dans l’événement. En cause, plusieurs extraits de textes du rappeur, et notamment :
- Des propos jugés « anti-France » : cette « conne de France » (Le ghetto s’exprime, avec Sexion d’Assaut, 2004), « ce pays de kouffars », c’est-à-dire de mécréants (Désolé, avec Sexion d’Assaut, 2010).
- Des propos « homophobes » comme « je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent » (On t’a humilié, avec Sexion d’Assaut, 2010). Il s’agit en fait d’une strophe de Maître Gims, qui, ajoutée à d’autres propos, avait valu de nombreuses critiques au groupe à l’époque. Sexion d’Assaut a fini par faire amende honorable en travaillant avec des associations de lutte contre l’homophobie, et la fédération LGBT avait considéré la polémique « éteinte » en 2011.
- Une supposée « dent contre l’école » à cause de la phrase : « A une époque, j’voulais me procurer un Smith et Wesson. Une petite voix me chuchotait : “Vas-y, tire sur l’école.” » (Madame Pavoshko, Black M, 2014).
- D’autres l’accuseront par la suite d’être l’auteur d’une chanson « antisémite » pour la phrase « les youpins s’éclatent et font des magasins ». Il s’agit en fait de la chanson Dans ma rue, de Doc Gyneco, reprise par Black M en 2015, ce qui lui a valu un boycott des radios belges.
La plupart des cadres frontistes apportent leur pierre à l’édifice dans la foulée, de Marion Maréchal Le Pen à Florian Philippot. Un militant proche de l’extrême droite lance dans la soirée du 10 mai un hashtag sur Twitter, #VerdunSansBlackM, pour demander l’annulation de l’événement. Marine Le Pen, elle, juge ses textes « extrêmement injurieux à l’égard des Français ».
La polémique dépasse la « fachosphère »
A ce moment précis, la polémique est surtout restreinte à la « fachosphère ». Et pour cause : mis à part les propos homophobes de Sexion d’Assaut en 2010, Black M n’est pas un rappeur particulièrement polémique. Loractu.fr s’était interrogé le 9 mai sur « un choix étonnant pour un événement politique majeur ».Mais au lendemain de la publication de l’article de fdesouche.com, dont l’exposition a été décuplée par les élus FN, la polémique se diffuse au-delà de ces sphères. Dès la matinée du 11 mai, Le Figaro y consacre deux articles. Le maire (PS) de Verdun, Samuel Hazard, y dit notamment être « harcelé par des mails et des appels à connotation raciste. “Si ça avait été White M, ça n’aurait pas posé problème”, a dit par exemple une dame ». Et de dénoncer « les racistes qui instrumentalisent cette polémique à des fins politiciennes. »
Comme le relève l’élu, de nombreux messages racistes circulent à l’encontre du rappeur, évoquant un « négro de souche », un « étranger » ou le comparant aux djihadistes de Daech.
Les nombreux articles de médias généralistes qui suivent (Les Inrocks, L’Obs, BFM-TV, une première dépêche de l’AFP dans l’après-midi du 11 mai, etc.) vont élargir le cercle des mécontents. Des personnalités de droite comme Nadine Morano ou Hervé Mariton demandent à leur tour l’annulation du concert.
Le gouvernement lâche la Mairie de Verdun
Jeudi 12 mai, le secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants et de la mémoire, Jean-Marc Todeschini, se désolidarise de la Mairie de Verdun dans un communiqué :« Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire, dément formellement l’information qui circule dans certains médias et sur les réseaux sociaux selon laquelle le chanteur Black M se produirait dans le cadre de la cérémonie officielle de la bataille de Verdun. »Selon lui, le rappeur doit en fait se produire en marge des cérémonies et regrette que cette polémique fasse « oublier le sens de la cérémonie officielle du centenaire de la bataille de Verdun voulue par le président de la République ». Contacté par l’AFP, le secrétaire d’Etat ajoute que l’Elysée et François Hollande n’ont rien à voir avec le choix de Black M. « Le nom a été proposé par l’Etat ! », a rétorqué le maire de Verdun.
Nouvelle pierre dans le jardin de Samuel Hazard, un recours en justice est déposé dans l’après-midi contre la venue du rappeur par le petit-fils d’un poilu. L’avocat de ce dernier, Antoine Beauquier, affirme qu’on peut « légitimement craindre que [le chanteur] use de termes outrageants pour la mémoire des soldats de Verdun ».
La Mission du centenaire, l’opérateur de l’Etat pour ces commémorations, décide dans la foulée de ne pas accorder la subvention de 67 000 euros demandée par la mairie pour financer le concert, sur un budget total de 150 000 euros.
La Mairie de Verdun annule le concert
Vendredi 13 mai, la mairie décide finalement d’annuler le concert. Contacté par Le Monde, le cabinet du maire dit ne plus vouloir s’exprimer sur le sujet après avoir été inondé de messages pendant trois jours de polémique. Les élus d’extrême droite s’en félicitent :Ironie de l’histoire, Pierre Sautarel, coanimateur de fdesouche.com s’agace désormais d’entendre Florian Philippot clamer que « c’est le Front national, seul, qui a levé ce lièvre » sur France 2, refusant de se faire « voler les lauriers » de la polémique.
Tribune
La meute contre Black M : ah, les braves gens !
Après la charge lancée par l'extrême droite contre la venue du rappeur pour commémorer le centenaire de la bataille de Verdun, le président de SOS Racisme exprime colère et stupeur face à ceux qui se cantonnent à leurs peurs.
- La meute contre Black M : ah, les braves gens !
L’air empeste. Saturé des effluves de peurs indicibles et
de défiances sinon de haines inavouables, il porte en lui
l’insupportable. Dans le clair-obscur que dessinent la crise politique,
morale et économique du pays d’un côté, les tâtonnements des nouvelles
générations et des nouveaux paradigmes de l’autre, un fait
extraordinaire a surgi voici quelques jours. Une fièvre hystérique tout
autant que sidérante s’est déclenchée du côté des cérémonies de
commémoration du centenaire de la bataille de Verdun.
Fulgurante, l’affection est partie de l’extrême droite. A l’annonce d’un concert du rappeur Black M en marge desdites cérémonies, les fascistes et les réactionnaires patentés se sont respectivement dressés comme une seule croix gammée et comme un seul maurassien pour dénoncer l’affront fait aux morts. Ces gens aiment tellement les morts.
Mais, réalité inquiétante, la haine endémique se mua en rejet épidémique selon les axes discursifs des leaders de l’extrême droite. En quête de respectabilité, ces derniers ne pouvaient se permettre la grossièreté raciste. Ils choisirent alors d’exhumer les propos passés de Black M.
Lorsqu’il avait 20 ans, il qualifia la France de «conne». Héritière d’une Collaboration qui consista à être allemand au moment où il fallait le plus être français, l’extrême droite feignit de s’en émouvoir, tout à sa fibre patriotique autoproclamée.
En 2010, il scanda avec son groupe Sexion d’Assaut d’intolérables propos homophobes. Lui et les membres du groupe s’en excusèrent et l’affaire fut considérée comme close par les associations LGBT. L’extrême droite, avec à sa tête Marion Maréchal-Le Pen naguère soutien enthousiaste à la très homophobe Manif pour tous, ne manqua pas sur le mode du scandale de remettre lesdits propos en lumière.
Ce sont pourtant ces contenus qu’allèrent puiser dans l’égout frontiste des cercles bien plus larges, a priori formellement éloignés des rivages bruns de notre vie politique. Se levèrent ainsi les chœurs imbéciles et haineux composés notamment de celles et ceux qui, depuis plusieurs années et au nom de la République, traquent chez les noirs, les arabes et les jeunes de quartier populaire la trace de leur barbarie. Je ne parle pas ici de celles et ceux qui critiquèrent le choix d’un concert de rap en parallèle de la commémoration de la bataille de Verdun.
Après tout, Black M ne pouvait pas ne pas être indigne de cette commémoration. Il fallait bien qu’il fût coupable de quelque méfait, peu importait lequel. Pour se défaire du désagréable soupçon d’un racisme ou d’une peur larvés et en général inavoués à leur propre conscience, ils présentèrent des invocations désincarnées à leur dégoût du racisme, qu’ils condamnent (pensez donc, ce sont de braves gens !) mais sans jamais pour nombre d’entre eux le voir nulle part, sauf à la rigueur en référence à des temps révolus, voire immémoriaux.
Black M a tenu des propos répréhensibles dans le passé et s’en est excusé ? Pas grave, marqué à vie ! Comme si l’on avait jusqu’à aujourd’hui enfermé Jacques Chirac dans la figure du raciste pour avoir évoqué «le bruit et les odeurs» en 1991. Ou comme si l’on s’émouvait de la présence de Michel Sardou à une commémoration pour avoir chanté en 1976 le très rafraichissant et inoubliable titre Au temps béni des colonies. Arrêtons-là l’énumération. Elle pourrait s’étendre ad nauseam.
Que dire à nos braves gens? Ceci : ayez honte de cette pente à laquelle vous vous êtes abandonnés. Avez-vous ressenti le ridicule consistant à vous lancer dans la chasse frénétique aux textes d’un rappeur pour nourrir, avec un brevet de «rapologie» forgé à partir de quelques recherches sur Google, une position grotesque, sinon malveillante ? Ce que vous ne supportez pas, au fond, c’est la France qui change. Je n’ignore d’ailleurs pas les craintes que peut susciter le changement dont une part irréductible relève de l’inconnu. Après tout, ces craintes nous traversent tous, à des degrés divers et selon des modalités qui renvoient à nos trajectoires individuelles, familiales, sociales ou culturelles. Mais ce qui distingue celui qui fait progresser la société de celui qui la leste de ses refus et de ses peurs, c’est le rapport à l’Autre et le degré d’optimisme.
Car faut-il être fermé pour ne même pas avoir retenu les mots, beaux dans leur simplicité, de Black M sur la France à la suite de la sinistre polémique dont vous fûtes. Faut-il être fermé pour ne pas avoir lu ce qu’était sa fierté – que vous vous emploierez sans doute à nier – d’avoir été sollicité pour participer à un petit moment du roman national. Cette fierté, c’est celle après laquelle courent des centaines de milliers, des millions de gamins. Et c’est celle que vous contribuez à nouveau à leur soustraire, tout à votre ivresse de l’écrasement et du maniement d’une chicote qu’en toute hypocrisie vous appelez «République».
Vous prétendez renforcer la République, vous approfondissez la déréliction. Vous pouvez certes continuer à vous inventer des périls chaque semaine, à croire qu’il n’y en a pas suffisamment de réels. La semaine dernière, avec Black M, rappeur pour jeunes adolescents, le péril était noir. Quel sera le trait du prochain péril menaçant la civilisation ? Musulman ? Arabe ? Rom ?
La civilisation est belle et inattendue. Et elle sera en France faite de blancs, de loulous, d’arabes, de chrétiens, de noirs, d'asiatiques, de vieux, d'athées, de juifs, de musulmans, de jeunes, de roms et de bobos. Tous citoyens, pleinement. Aurez-vous l’honneur et le bonheur de participer à l’épanouissement de cette France-là?
Dominique Sopo président de SOS Racisme
Fulgurante, l’affection est partie de l’extrême droite. A l’annonce d’un concert du rappeur Black M en marge desdites cérémonies, les fascistes et les réactionnaires patentés se sont respectivement dressés comme une seule croix gammée et comme un seul maurassien pour dénoncer l’affront fait aux morts. Ces gens aiment tellement les morts.
Haïr et condamner
Routine habituelle dira-t-on. Car enfin, que l’extrême droite s’émeuve puis s’époumone face à la présence de Black M en un lieu et à une date symboliques de notre roman national, voilà qui n’a rien de très surprenant. Rappeur, noir et musulman : dans ce cloaque politique, trois illégitimités à opposer et trois bonnes raisons de haïr et de condamner.Mais, réalité inquiétante, la haine endémique se mua en rejet épidémique selon les axes discursifs des leaders de l’extrême droite. En quête de respectabilité, ces derniers ne pouvaient se permettre la grossièreté raciste. Ils choisirent alors d’exhumer les propos passés de Black M.
Lorsqu’il avait 20 ans, il qualifia la France de «conne». Héritière d’une Collaboration qui consista à être allemand au moment où il fallait le plus être français, l’extrême droite feignit de s’en émouvoir, tout à sa fibre patriotique autoproclamée.
En 2010, il scanda avec son groupe Sexion d’Assaut d’intolérables propos homophobes. Lui et les membres du groupe s’en excusèrent et l’affaire fut considérée comme close par les associations LGBT. L’extrême droite, avec à sa tête Marion Maréchal-Le Pen naguère soutien enthousiaste à la très homophobe Manif pour tous, ne manqua pas sur le mode du scandale de remettre lesdits propos en lumière.
Ce sont pourtant ces contenus qu’allèrent puiser dans l’égout frontiste des cercles bien plus larges, a priori formellement éloignés des rivages bruns de notre vie politique. Se levèrent ainsi les chœurs imbéciles et haineux composés notamment de celles et ceux qui, depuis plusieurs années et au nom de la République, traquent chez les noirs, les arabes et les jeunes de quartier populaire la trace de leur barbarie. Je ne parle pas ici de celles et ceux qui critiquèrent le choix d’un concert de rap en parallèle de la commémoration de la bataille de Verdun.
Amplifier et déformer
Cette critique-là, je ne la partage pas mais elle s’entend et ne manque pas d’arguments. Je parle de celles et ceux qui s’engouffrèrent et finalement s’abîmèrent dans l’abject, contribuant au passage à offrir une victoire à l’extrême droite. Car en quelques heures et avec une frénésie donnant la nausée, tous ces braves gens, qui n’avaient pour la plupart manifesté jusque-là aucun intérêt pour la commémoration à venir de la bataille de Verdun, s’emparèrent d’un sujet qu’ils amplifièrent sans en atténuer aucune des déformations initiales. Mais le plus stupéfiant fut la mauvaise foi carabinée. Aussi glissants que des savonnettes, toute invalidation d’une critique contre Black M valut chez eux l’émergence d’une nouvelle critique.Après tout, Black M ne pouvait pas ne pas être indigne de cette commémoration. Il fallait bien qu’il fût coupable de quelque méfait, peu importait lequel. Pour se défaire du désagréable soupçon d’un racisme ou d’une peur larvés et en général inavoués à leur propre conscience, ils présentèrent des invocations désincarnées à leur dégoût du racisme, qu’ils condamnent (pensez donc, ce sont de braves gens !) mais sans jamais pour nombre d’entre eux le voir nulle part, sauf à la rigueur en référence à des temps révolus, voire immémoriaux.
Black M a tenu des propos répréhensibles dans le passé et s’en est excusé ? Pas grave, marqué à vie ! Comme si l’on avait jusqu’à aujourd’hui enfermé Jacques Chirac dans la figure du raciste pour avoir évoqué «le bruit et les odeurs» en 1991. Ou comme si l’on s’émouvait de la présence de Michel Sardou à une commémoration pour avoir chanté en 1976 le très rafraichissant et inoubliable titre Au temps béni des colonies. Arrêtons-là l’énumération. Elle pourrait s’étendre ad nauseam.
Au secours, Daech arrive !
Mais Black M a une triple particularité : il est noir, musulman et chez nos braves gens symbolise les quartiers populaires. Ce qui est vu, parfois à juste titre, comme un simple dérapage chez ceux que l’on estime faire partie du cercle des siens se mue en trait inné d’une barbarie enfin révélée chez l’Autre, moteur à angoisse. Il a dit «koufar» dans une chanson ? Au secours, Daech arrive ! La chanson étant un des plus gros tubes français de ces dernières années, il était enfin temps de découvrir que le terme entendu par plusieurs millions de Français relevait du scandale. Que dis-je ? Du péril ! Il a chanté que la France était «conne» ? Tremblez ! L’ennemi n’est même plus à nos portes, il est déjà dans nos banlieues. La rumeur dit qu’il roderait déjà à proximité du périph extérieur.Que dire à nos braves gens? Ceci : ayez honte de cette pente à laquelle vous vous êtes abandonnés. Avez-vous ressenti le ridicule consistant à vous lancer dans la chasse frénétique aux textes d’un rappeur pour nourrir, avec un brevet de «rapologie» forgé à partir de quelques recherches sur Google, une position grotesque, sinon malveillante ? Ce que vous ne supportez pas, au fond, c’est la France qui change. Je n’ignore d’ailleurs pas les craintes que peut susciter le changement dont une part irréductible relève de l’inconnu. Après tout, ces craintes nous traversent tous, à des degrés divers et selon des modalités qui renvoient à nos trajectoires individuelles, familiales, sociales ou culturelles. Mais ce qui distingue celui qui fait progresser la société de celui qui la leste de ses refus et de ses peurs, c’est le rapport à l’Autre et le degré d’optimisme.
Oui avec la tête, non avec le cœur
Ce que vous ne supportez pas non plus, c’est cette partie de la France que vous refusez d’entendre lorsqu’elle essaie de verbaliser son mal-être du racisme, de la suspicion ou de la pauvreté. Cette France-là vous parle mais vous ne l’entendez même pas. Quand elle énonce sa soif d’égalité et de dignité, pensez-vous qu’il suffise de dire oui avec la tête pour que nul ne s’aperçoive que vous dites non avec le cœur ?Car faut-il être fermé pour ne même pas avoir retenu les mots, beaux dans leur simplicité, de Black M sur la France à la suite de la sinistre polémique dont vous fûtes. Faut-il être fermé pour ne pas avoir lu ce qu’était sa fierté – que vous vous emploierez sans doute à nier – d’avoir été sollicité pour participer à un petit moment du roman national. Cette fierté, c’est celle après laquelle courent des centaines de milliers, des millions de gamins. Et c’est celle que vous contribuez à nouveau à leur soustraire, tout à votre ivresse de l’écrasement et du maniement d’une chicote qu’en toute hypocrisie vous appelez «République».
Vous prétendez renforcer la République, vous approfondissez la déréliction. Vous pouvez certes continuer à vous inventer des périls chaque semaine, à croire qu’il n’y en a pas suffisamment de réels. La semaine dernière, avec Black M, rappeur pour jeunes adolescents, le péril était noir. Quel sera le trait du prochain péril menaçant la civilisation ? Musulman ? Arabe ? Rom ?
La civilisation est belle et inattendue. Et elle sera en France faite de blancs, de loulous, d’arabes, de chrétiens, de noirs, d'asiatiques, de vieux, d'athées, de juifs, de musulmans, de jeunes, de roms et de bobos. Tous citoyens, pleinement. Aurez-vous l’honneur et le bonheur de participer à l’épanouissement de cette France-là?
Dominique Sopo président de SOS Racisme
lundi 6 octobre 2014
Compatissons à la souffrance infinie de M. Zemmour!

Eric Zemmour sur le plateau de "On n'est pas couché" le 04/10/14 (capture d'écran France 2)
Eric Zemmour est littéralement transi de peur à l'idée "cauchemardesque" que sa
France à lui puisse un jour n'être peuplée que d'immigrés, d'étrangers,
de filles et de fils d'immigrés et d'étrangers, des Français d'origine
étrangère quoi...
Alors il souffre, il souffre... et n'en peut
plus de les voir partout, surtout quand ils sont d'origine arabe et
négro-africaine!
Joël Didier Engo
VIDÉO. Eric Zemmour à "ONPC" : au moins 3 erreurs sur l'immigration, voici la réalité
Leplus.nouvelobs.com/contribution/1247223-video-eric-zemmour-a-onpc-au-moins-3-erreurs-sur-l-immigration-voici-la-realite.html
Par Catherine de Wenden
Directrice de recherche CNRS
Petites et grandes erreurs factuelles d'Eric Zemmour sur l'immigration, Les Décodeurs, Lemonde.fr
vendredi 5 août 2011
Norvège: la stupéfiante découverte d'un terroriste "de souche"?
Le double attentat perpétré contre ses concitoyens par un extrémiste norvégien le 22 juillet, devrait interpeller celles et ceux qui, journalistes, animateurs, chroniqueurs, hommes politiques..., ont donné l'impression ces derniers mois de s’accommoder plutôt bien avec l’émergence d'une supposée nouvelle extrême droite en Europe.
Sans vouloir établir de parallèle malvenu avec le terrible drame vécu dans la dignité et la douleur par la Norvège, on peut néanmoins questionner l'évolution récente des sociétés européennes.
En effet il était devenu banal d'offrir des tribunes médiatiques aux nouvelles figures de proue de l'extrême droite. Au nombre des raisons avancées, on nous expliquait : elles sont les mieux autorisées à traduire les peurs des opinions publiques car réputées plus proches des peuples et moins sujettes à des compromis politiques. De surcroît, elles se seraient suffisamment distancées des thèses racistes et xénophobes des vieux parrains, pour ne plus être suspectées de la moindre connivence avec le fascisme.
Pourtant, répandre ouvertement la haine des étrangers, des musulmans, des binationaux, ou du multiculturalisme... en jonglant habilement avec les mots, les références idéologiques et les figures historiques, n'enlève rien au vieux fond idéologique de l'extrême droite en Europe. Aujourd'hui curieusement c'est devenu une marque de courage politique, revendiquée y compris par des personnalités autrefois hors de tout soupçon d’extrémisme, et qui se donnent volontiers pour mission (messianique) de libérer définitivement les sociétés européennes de l'emprise du socialement et politiquement correct (entendu celui des intellectuels de gauche)
Voilà comment des thèses autrefois condamnées, sont aujourd'hui ouvertement défendues par les nouvelles égéries de la droite extrême, et trouvent même un retentissement inattendu dans les médias en Europe, nourrissant indirectement la fureur de certains anonymes déjà suffisamment remontés contre les musulmans, les arabes, les étrangers, ou le multiculturalisme... indistinctement assimilés à de nouveaux envahisseurs.
Et on se surprend à découvrir, au détour des bombes et des exécutions sommaires en Norvège, que l'auteur est précisément un Norvégien dit «de souche», tellement cela déjoue les pronostics préétablis par la théorie du choc des civilisations qui veut que l'ennemi soit nécessairement extérieur à nos "«valeurs chrétiennes», à notre «identité européenne», à notre civilisation occidentale... et soit, ou un musulman, ou un arabe, de préférence les deux à la fois.
Une certaine escalade réactionnaire en Europe a le don de venir brutalement nous rappeler en plein été, que «l'étranger» ne sera pas toujours celui que nous croyons !
Joël Didier Engo
Sans vouloir établir de parallèle malvenu avec le terrible drame vécu dans la dignité et la douleur par la Norvège, on peut néanmoins questionner l'évolution récente des sociétés européennes.
En effet il était devenu banal d'offrir des tribunes médiatiques aux nouvelles figures de proue de l'extrême droite. Au nombre des raisons avancées, on nous expliquait : elles sont les mieux autorisées à traduire les peurs des opinions publiques car réputées plus proches des peuples et moins sujettes à des compromis politiques. De surcroît, elles se seraient suffisamment distancées des thèses racistes et xénophobes des vieux parrains, pour ne plus être suspectées de la moindre connivence avec le fascisme.
Pourtant, répandre ouvertement la haine des étrangers, des musulmans, des binationaux, ou du multiculturalisme... en jonglant habilement avec les mots, les références idéologiques et les figures historiques, n'enlève rien au vieux fond idéologique de l'extrême droite en Europe. Aujourd'hui curieusement c'est devenu une marque de courage politique, revendiquée y compris par des personnalités autrefois hors de tout soupçon d’extrémisme, et qui se donnent volontiers pour mission (messianique) de libérer définitivement les sociétés européennes de l'emprise du socialement et politiquement correct (entendu celui des intellectuels de gauche)
Voilà comment des thèses autrefois condamnées, sont aujourd'hui ouvertement défendues par les nouvelles égéries de la droite extrême, et trouvent même un retentissement inattendu dans les médias en Europe, nourrissant indirectement la fureur de certains anonymes déjà suffisamment remontés contre les musulmans, les arabes, les étrangers, ou le multiculturalisme... indistinctement assimilés à de nouveaux envahisseurs.
Et on se surprend à découvrir, au détour des bombes et des exécutions sommaires en Norvège, que l'auteur est précisément un Norvégien dit «de souche», tellement cela déjoue les pronostics préétablis par la théorie du choc des civilisations qui veut que l'ennemi soit nécessairement extérieur à nos "«valeurs chrétiennes», à notre «identité européenne», à notre civilisation occidentale... et soit, ou un musulman, ou un arabe, de préférence les deux à la fois.
Une certaine escalade réactionnaire en Europe a le don de venir brutalement nous rappeler en plein été, que «l'étranger» ne sera pas toujours celui que nous croyons !
Joël Didier Engo
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