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mercredi 18 septembre 2019

France: Repartis pour la surenchère politicienne à visées électoralistes sur l'immigration

Comme à chaque veille de scrutin en France depuis plus d'une quarantaine d'années (le premier choc pétrolier), les politiciens ravivent la surenchère politicienne au relent xénophobe et raciste sur l'immigration...



Les générations de femmes et d'hommes politiques se succèdent ainsi, mais toujours avec la même vieille vision d'un monde qui se serait à jamais figé autour d'une France voulue aussi prospère, influente, indispensable voire incontournable, notamment sur des flux migratoires pourtant plus mondialisés que jamais.

C'est simplement minable!

Il y a en effet plus de quatre décennies que des dirigeants français autrefois du "vieux monde" agitent "le courage d'évoquer ces questions", puis la prétendue "perception négative de l'immigration par une majorité des citoyens" français voulue "de souche"...pour - disent-ils - interrompre la progression constante du Front National et son arrivée éventuelle à l'Élysée. À cet égard M. Macron n'a absolument rien inventé ni changé à la manière de faire de la politique "à l'ancienne" en France. Bien au contraire...

Au fond la plupart des rapports internationaux sur les flux migratoires contredisent le discours nombriliste tenu en France sur un seuil de tolérance franchi sur l'immigration, même sur le droit d'asile. Car des pays du Sud de l'Europe (Grèce, Italie), et même ceux du continent africain connaissent davantage de migrations que ce que soutient un certain discours populiste en France. Dans ce pays, ceux qui sont souvent assimilés à des "immigrés" sont des nationaux et bi-nationaux français de couleur, ou des personnes détentrices de titres de séjour, majoritairement arrivées en France par le biais du regroupement familial ces dernières années. 

Les questions migratoires sont assez sérieuses pour être laissées à l'agitation électoraliste de politiciens, qui n'en mesurent pas réellement les enjeux, ou refusent de les "regarder en face". Parce qu'ils auraient beaucoup de choses à se reprocher, notamment dans le cas des présidents français successifs dont M. Macron: l'indéfectible soutien aux dictateurs inamovibles en Afrique noire francophone.

Un besoin de s'aérer collectivement l'esprit pour ne plus être en proie au catastrophisme véhiculé par une classe politique passéiste

Refusons d'être captifs du discours nombriliste et catastrophiste d'une classe politique française sur les flux migratoires. Ce bourrage ininterrompu de crâne, réactualisé chaque veille d'élection, est bien éloigné de l'évolution des parcours de migrants ces dernières décennies, qui ont peu à peu transformé la France en pays de transit, y compris des migrants africains (à l'exception notable des postulants au regroupement familial comme je l'ai indiqué plus haut). Il n'empêche, les Français gardent la perception erronée d'être envahis par des hordes de migrants clandestins, essentiellement venus d'Afrique, parce que ceux-ci transitent et se concentrent dans les grandes agglomérations comme dans l'Est de Paris. Nombre de ces migrants en transit à Paris ont été délogés de Calais où ils attendaient les opportunités pour aller en Grande Bretagne. 

Pour ce qui est des demandeurs d'asile, leur nombre a également progressivement baissé sous l'effet conjugué du règlement de Dublin puis des conditions drastiques mises en place par les gouvernements successifs en France, surtout ceux voulus de gauche, dans la délivrance d'un statut de réfugié. À telle enseigne que notre pays ne tient même pas ses engagements pris dans le cadre européen lors des grandes vagues de migrations Syriennes, et est entrain de sous-traiter progressivement la charge à des "spots" situés à l'étranger, notamment au Niger, au Tchad et désormais au Rwanda pour l'Afrique. 

Nous devons nous départir de l'enfumage réactionnaire ambiant sur les questions migratoires, parce qu'elles sont appelées à continuer...malgré les "odeurs" autrefois reprochées aux immigrés par Jacques Chirac, puis " la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" de Michel Rocard, rien n'a fondamentalement changé sur le front de l'immigration, pas plus d'ailleurs  cela a empêché que le Front national s'installe durablement dans le paysage politique français. 

En réalité les flux migratoires demeureront, même avec un Front national au pouvoir, comme nous venons de le voir avec Salvini en Italie. Parce qu'il s'agit d'un phénomène structurel et international qui épouse les contours des différentes convulsions, crises et autres tensions multiples dans diverses parties de la planète. 

 Une fois que nous aurons tous entériné cela, peut-être commencerons-nous courageusement à nous attaquer frontalement aux racines de ce "problème", nous mettant définitivement à l'abri des manipulations politiciennes en tous genres.

Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER

 

mardi 26 février 2019

Non, un « migrant fraîchement débarqué » n’est pas mieux traité qu’un Français modeste

Selon Marine Le Pen, ils toucheraient plus qu’un retraité, seraient logés et soignés… Des affirmations maintes fois répétées et toujours aussi fausses. 

Par Mathilde Damgé, Le Monde.fr

Marine Le Pen était dans le Nord, dimanche 24 février, pour présenter Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national (RN) pour les élections européennes. Lors de son discours, la présidente du parti d’extrême droite a présenté la situation des migrants comme enviable par rapport à celle des Français modestes, notamment retraités. Des approximations devenues un grand classique du discours frontiste.

Ce qu’elle a dit :

Dénonçant « toutes ces micro-injustices » sur lesquelles « la révolte des “gilets jaunes” a braqué enfin la lumière des projecteurs », la responsable du RN a fait mine de s’interroger:

« Est-ce qu’il est normal qu’un migrant fraîchement débarqué puisse toucher davantage qu’un retraité modeste qui a travaillé et cotisé et toute sa vie ? Est-il normal qu’il ait accès à un logement et ait un revenu social immédiat ou des soins totalement gratuits lorsque nos compatriotes dans la difficulté sont sans emploi, sans toit, ou renoncent à des soins par manque de moyens ? » 

Des affirmations souvent répétées par Marine Le Pen… mais toujours fausses.

Vidéo intégrée 
 
1. Non, les migrants ne touchent pas davantage que les retraités

L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA ou minimum vieillesse) est versée à ceux, âgés de plus de 65 ans, qui perçoivent des revenus inférieurs à 868 euros mensuels, pour une personne seule, ou 1 347 euros pour un couple. Le montant de l’ASPA s’ajoute aux ressources personnelles : il comble la différence entre les revenus et, si ces derniers y sont inférieurs, les plafonds de 868 et 1 347 euros (autrement dit, un retraité seul avec un revenu de 500 euros, par exemple, percevra une ASPA de 368 euros). Il n’est pas nécessaire d’avoir travaillé et cotisé pour percevoir cette allocation. En clair, aucune personne âgée de plus de 65 ans ne peut percevoir moins que ces montants.

En revanche, son versement n’est pas automatique, il faut en faire la demande. C’est ce qu’a rappelé le président de la République, samedi 23 février au Salon de l’agriculture, à un retraité qui l’interpellait sur ses faibles revenus.

Un étranger peut percevoir l’ASPA s’il réside sur le territoire français depuis au moins dix ans, de façon légale. Un cas assez peu probable quand on est « fraîchement débarqué ». En dessous de 65 ans, un migrant, s’il est en situation irrégulière ou qu’il n’a pas d’attestation de demandeur d’asile (valable un mois puis à renouveler), n’a droit à rien.

Un demandeur d’asile peut bénéficier, pendant la période d’instruction de son dossier, de l’allocation au demandeur d’asile (ADA), soit 6,80 euros par jour, à quoi peuvent s’ajouter 7,40 euros si aucune place d’hébergement n’a été proposée. Soit un total maximal de 440 euros pour un mois de trente et un jours.

2. Non, un migrant n’a pas accès automatiquement à un logement

D’abord, Marine Le Pen occulte les différents dispositifs d’hébergement d’urgence, de transition, et de réinsertion dont les Français peuvent bénéficier. Ensuite, les migrants en situation irrégulière ou en cours de régularisation n’ont pas accès aux logements sociaux. Les réfugiés, quant à eux, ne peuvent y avoir accès qu’à la marge, dans des zones qui disposent de logements vacants, comme l’explique le ministère de l’intérieur sur son site.

Un peu plus d’une personne sans domicile sur deux (53 %) est de nationalité étrangère, selon les chiffres de l’Insee en 2012. Une surreprésentation flagrante quand on sait que les étrangers représentent environ 6 % de la population.

3. Non, un migrant n’a pas accès à un revenu social immédiat

Comme expliqué plus haut, un migrant disposant d’une attestation de demandeur d’asile touche entre 6,80 euros et 14,20 euros d’allocation par jour. Par ailleurs, les demandeurs d’asile ne sont pas éligibles au revenu de solidarité active (RSA, environ 550 euros par mois) car il faut disposer d’un titre de séjour autorisant à travailler depuis plus de cinq ans (pour les étrangers non communautaires).
Quant aux allocations familiales, considérées comme un « gagne-pain » par les partisans d’un durcissement des politiques migratoires, les demandeurs d’asile n’y ont pas droit non plus, pas plus qu’aux aides au logement. Il y a des exceptions, notamment pour les apatrides ou les mères isolées. Mais globalement, la part des étrangers non communautaires dans les bénéficiaires du RMI, puis du RSA, n’a pas varié, oscillant autour de 13 % des allocataires.

4. Non, un migrant n’a pas accès à des soins totalement gratuits

Là encore, c’est une antienne de l’extrême droite, certains allant jusqu’à affirmer – à tort – que les personnes en situation irrégulière peuvent bénéficier de cures thermales gratuites. Pourtant, les droits des migrants en la matière sont limités.
Tant que le demandeur d’asile n’est pas reconnu comme tel, il ne peut être pris en charge que pour une urgence, et uniquement dans les hôpitaux où des permanences d’accès aux soins de santé (PASS) ont été mises en place. Il existe en outre un dispositif accessible à partir du moment où la demande est acceptée : c’est l’aide médicale d’Etat (AME), soumise à conditions de ressources et de résidence stable en France (seuls les mineurs peuvent en bénéficier sans condition). Elle ne donne droit qu’à un panier restreint de soins et n’est pas accessible à des membres de la famille résidant à l’étranger.

Une fois sa demande d’asile enregistrée, il peut bénéficier (en cotisant s’il travaille) de la protection universelle maladie (PUMa) : frais médicaux et hospitaliers sont alors pris en charge intégralement… en théorie. Dans la réalité, tous les praticiens n’acceptent pas les patients sous ce régime.



 

vendredi 9 décembre 2016

France: Scolarisation, retraites, emploi : les intox de Marine Le Pen sur l’immigration

La présidente du Front national a multiplié les contre-vérités jeudi lors d’un petit-déjeuner, accumulant les approximations et contre-vérités sur le sujet.

LE MONDE |



Marine Le Pen assure n’avoir « rien contre les étrangers ». Mais elle s’en est prise aux supposés privilèges des immigrés et étrangers en France, jeudi 8 décembre, à Paris, lors d’un petit-déjeuner organisé par l’institut de sondage BVA. Sauf que la présidente du Front national (FN), candidate à l’élection présidentielle, a accumulé les approximations et contre-vérités sur le sujet.

 

La « fin de la récréation » sur la scolarité gratuite

CE QU’ELLE PROPOSE

Marine Le Pen a affirmé lors de ce petit-déjeuner vouloir revenir sur le droit à une scolarité gratuite pour les enfants d’immigrés :
« La solidarité nationale doit s’exprimer à l’égard des Français. Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : “Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !” » 
« Je parlais des enfants de clandestins », a-t-elle précisé à l’AFP par la suite, ajoutant : « Demander une participation aux étrangers pour la scolarisation de leurs enfants en France est une mesure qui ne me choque pas outre mesure, cela se fait dans beaucoup de pays. »

POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ

Marine Le Pen laisse entendre que l’accès gratuit à la scolarisation serait une forme de privilège accordé aux enfants d’immigrés en France. En réalité, il s’agit d’un droit affirmé par toutes les conventions internationales :
On peut également ajouter le code de l’éducation (article L.131-1) qui, en France, rappelle que « l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre 6 ans et 13 ans », ou même le préambule de la Constitution de 1946, repris dans celui de celle de 1958 : « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. » La conception partagée jusqu’ici aussi bien par l’Etat français que les conventions internationales tend plus à revendiquer l’éducation comme un droit et la scolarisation des enfants comme un devoir de leurs parents, étrangers ou non.
Le défenseur des droits, Jacques Toubon, s’est d’ailleurs ému dans son rapport 2016 sur les droits de l’enfant des barrières qui empêchent parfois les parents en situation irrégulière de scolariser leurs enfants : « Nous sommes frappés par le constat qu’en France, aujourd’hui, beaucoup d’enfants sont empêchés d’aller à l’école, malgré l’affirmation du droit à la scolarisation pour tous. »
La proposition de Marine Le Pen contreviendrait donc à la Constitution et aux conventions internationales.

Une intox sur les immigrés qui ne « travaillent pas »

CE QU’ELLE A DIT

Au cours du petit-déjeuner BVA, Marine Le Pen a affirmé que la population immigrée en France ne « travaille pas ».

POURQUOI C’EST CONTESTABLE

La déclaration de la députée européenne a de quoi interpeller. Dans l’ensemble, le taux d’actifs (rapport entre les actifs occupés et chômeurs par rapport à la population correspondante) est équivalent entre population immigrée (56 %) et non immigrée (57 %), selon les statistiques de l’Insee pour l’année 2010, publiées en 2012.
Parmi ces actifs, la proportion de chômeurs est supérieure chez les immigrés (15 %) par rapport aux non-immigrés (8 %). On remarque par ailleurs que les immigrés nés dans l’Union européenne sont mieux lotis (6 % de chômage) que les autres (18 %).
Une étude européenne plus récente montre que 80,2 % des immigrés de seconde génération âgés de 25 ans à 54 ans ont un emploi, soit presque autant que les Français d’ascendance française (83,9 %). Les immigrés de première génération le sont un peu moins, mais une nette majorité d’entre eux (66,6 %) travaille.
Bref rien ne permet d’affirmer, comme le fait Marine Le Pen, que les immigrés « ne travaillent pas » quand les autres « travaillent ».

Un mensonge sur les retraites des immigrés

CE QU’ELLE A DIT

Poursuivant son réquisitoire sur les immigrés qui ne travaillent pas, selon elle, la présidente du FN a ajouté ceci : « Sans compter les dispositifs qui permettent à des gens de toucher des minimums vieillesse avec le seul critère d’arriver en France, d’avoir 65 ans, sans avoir jamais ni travaillé ni cotisé en France, et on arrive à délivrer, je sais plus, 750 euros par personne, 1 500 euros pour un couple. »

POURQUOI C’EST FAUX

L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), anciennement appelée « minimum vieillesse », assure des ressources mensuelles minimales aux personnes de plus de 65 ans. Son montant est de 801 euros pour une personne seule, 1 243 euros pour un couple.
Cette aide est effectivement ouverte aux étrangers mais, contrairement à ce que dit Marine Le Pen, il y a des conditions pour cela. Il faut résider en France de manière régulière et remplir au moins un de ces trois critères :
  • avoir un titre de séjour autorisant à travailler depuis dix ans au moins ;
  • être réfugié, apatride ou bénéficier de la protection subsidiaire ou avoir combattu pour la France ;
  • être ressortissant d’un Etat membre de l’espace économique européen ou de la Confédération suisse.
On comptait 68 827 bénéficiaires de cette allocation en 2015 (– 0,2 % par rapport à 2014). Environ 30,9 % d’entre eux étaient étrangers, un chiffre resté stable ces dernières années.

Une fausse affirmation sur les retraites des agriculteurs

CE QU’ELLE A DIT

Marine Le Pen a enfin déploré le fait qu’« en bas de chez vous [il y a] des agriculteurs qui vivent avec 300 euros ou 400 euros par mois de retraite », par opposition à la situation des migrants accueillis en France.

POURQUOI C’EST FAUX

Contrairement à ce qu’affirme Marine Le Pen, l’Etat n’abandonne pas un agriculteur démuni qui ne toucherait qu’une retraite de 300 ou 400 euros par mois. En réalité, toute personne de nationalité française de plus de 65 ans qui réside dans le pays peut au minimum percevoir l’ASPA. Cette dernière garantit à une personne seule sans revenus un minimum de 801 euros par mois. Et un agriculteur seul qui touche une retraite inférieure à ce seuil peut tout à fait demander un complément au titre de l’ASPA.

Dans deux cas de figure précis, un agriculteur peut effectivement recevoir une simple rente mensuelle de 300 ou 400 euros :
  • si les ressources totales du foyer dépassent le plafond de l’ASPA ;
  • si l’agriculteur souhaite ne pas recevoir l’aide pour éviter tout prélèvement sur sa succession. Les sommes versées au titre de l’allocation sont en effet récupérées à la disparition de l’allocataire sur sa succession si l’actif net successoral dépasse le seuil de recouvrement (39 000 euros).
Dans le premier cas, l’Etat considère que les ressources du conjoint complètent la faible retraite de l’agriculteur (si les revenus cumulés du couple dépassent le seuil de 1 243 euros de l’ASPA). Dans le second cas, il s’agit d’un choix personnel, motivé par des choix destinés à préparer sa succession.

 Adrien Sénécat
Journaliste aux Décodeurs

vendredi 25 septembre 2015

Maïtena Biraben, animatrice du Grand Journal sur Canal Plus: "le FN tient "un discours de vérité."

La chasse à l'audience médiatique prêtée à Marine Le Pen aura déontologiquement perdu certains journalistes.

Pour Maïtena Biraben, animatrice du Grand Journal sur Canal Plus: "le FN tient "un discours de vérité." 

 Maïtena Biraben (Grand Journal) : "le FN tient un discours de vérité"

Elle ne s'en excuse pas...Personne n'a un seul instant penser qu'elle allait ou pouvait le faire.

Car le Front National et sa présidente auront aussi réussi le tour de force de transformer certains journalistes et animateurs français en simples agents de propagande extrémiste sans le moindre discernement, officiant souvent à des heures de grande écoute.

Sinon  comment s'étonner que ce parti d'extrême droite se sente en terrain conquis sur tous ces plateaux de télévision et antennes radio de France, avec ses représentants arrogants qui peuvent débiter à intervalle régulier des contrevérités les plus odieuses sur les étrangers, sans jamais envisager d'être contredits? 

La chasse à l'audience médiatique associée à Marine Le Pen aura déontologiquement perdu nombre d'acteurs du PAF Français. Mme Maïtena Biraben n'est pas la première, pas plus d’ailleurs qu'elle en sera la dernière.

Mais perdue dans ses certitudes Frontistes, espérons qu'il y aura une ou un de ses confrères pour lui rappeler que  "les vérités formelles" qu'elle prête aux thèses racistes et xénophobes du FN, ne sont pas recevables sous d'autres cieux plus pluralistes et démocratiques, y compris en Afrique noire où l'actionnaire majoritaire de Canal Plus tire une partie non négligeable de sa fortune (méritée).

Merci

Joël Didier Engo

vendredi 26 juin 2015

Eh ben Madame Le Pen..."Les Africains vous emmerdent!"*


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L'héritière frontiste semble surtout ne rien comprendre ou fait semblant (comme d'autres populistes cyniques) de ne rien comprendre à la migration internationale...

L'on en viendrait presque à souhaiter vivement son arrivée à l'Élysée, agitée depuis des décennies comme une menace aux Africains...Alors qu'elle sonnerait le glas de sa vieille rhétorique xénophobe et raciste, devant l'impuissance qui sera alors la sienne à endiguer des mouvements migratoires (notamment de l'Afrique vers l'Europe et vice-versa) intrinsèquement liés à un déséquilibre des termes des échanges qui profitent d'abord à la puissance (qu'elle veut dirigée) et aux autres pays européens.

Sait-elle l'envie qui taraude de plus en plus les millions d'Africains (où qu'ils soient) de mettre définitivement un terme à cet esclavagisme des temps modernes, et de prendre enfin le contrôle du destin économique de leur continent, en choisissant par exemple plus librement leurs dirigeants et leurs partenaires extérieurs??? L'on peut sérieusement en douter.

Alors vivement Marine Le Pen à l'Élysée!

Joël Didier Engo

* En référence à la phrase du regretté Aimé Césaire: «N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde!»

dimanche 29 juin 2014

Mettre fin à la double nationalité, mais quelle grande avancée démocratique!

 Marine Le Pen s'accroche au marronnier de la double nationalité

Marine Le Pen: "Il faut maintenant mettre fin à la double nationalité" et "arrêter l'immigration", Grand Rendez-vous (Europe 1, i>TELE, Le Monde) 29 juin 2014.
 
Il faudra quand même rappeler à la présidente du Front National que les dirigeants du monde qui s'opposent ou veulent absolument mettre "fin à la double nationalité" sont généralement des modèles d’obscurantistes et de tyrans...

Si c'est ce à quoi Mme Le Pen destine la France dont elle appelle de ses vœux, il ne s'agirait pas seulement d'une régression démocratique, mais d'un véritable retour (visiblement assumé) à la bonne vieille idéologie coloniale française, qui interdisait aux " indigènes" d'acquérir ou de se prévaloir de la nationalité Française.

Il s'agirait alors d'une ségrégation à la nationalité qui ne dirait pas son nom, notamment à l'égard des personnes d'origine algérienne pourtant nées et établies en France. Celles d'entre-elles qui se seraient livrées à des actes de vandalisme doivent simplement se voir appliquer les sanctions prévues par les lois de la République Française!

Et que dire d'Estrosi qui ne veut plus des drapeaux étrangers à Nice?
 
En gros cachez ces drapeaux algériens que Monsieur Estrosi ne voudrait plus voir à Nice!...

Imaginons un instant que le maire de Brasilia où la France affronte le Nigeria en 8ème de finale ait pu en faire de même. Que n'entendrait-on pas du même maire UMP sur un supposé "manque de respect envers la France et les Français"?

Inquiétant quand même pour une grande démocratie, qu'un arrêté aussi stigmatisant ait pu être pris par un élu, et soit visiblement approuvé par une partie de ses concitoyens.

Quelle régression!

Joël Didier Engo