Affichage des articles dont le libellé est insécurité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est insécurité. Afficher tous les articles

samedi 26 mars 2011

France Bleue Marine…..et Nous et Nous et Nous!

Face au cataclysme provoqué dans les écuries politiques et présidentielles par le succès du Front National de Marine Lepen au premier tour des élections cantonales, devons-nous nous en inquiéter autant qu’ils le disent? Serions nous forcément visés dans l’attraction exercée par la Madone frontiste auprès d’une certaine frange déboussolée de l’électorat français? Est-ce notre problème?

Autant de questions qui feraient oublier la réalité humaine et cosmopolite d’un pays attachant, puissance économique et mondiale, dans lequel l’écrasante majorité de la population a un bon fond (comme on dit familièrement). Alors pourquoi succomberait-elle plus aujourd’hui que sous Jean-Marie LePen, aux sirènes du Front National version Marine Lepen?

Indéniablement la fille apporte une fraîcheur esthétique qu’on peine à retrouver dans les autres familles politiques, où les nouveaux hierarques généralement présentés comme la jeune génération semblent aussi imbus d’eux-mêmes et rompus à la langue de bois que certains illustres aînés. Pourtant si le Front national propose une jouvence cosmétique à travers la figure de Marine Lepen, son fond idéologique reste fondamentalement inchangé. Le ravalement de la façade frontiste avec les références à Jean Jaurès, à la laïcité, ou à la solidarité nationale…dissimule la motivation restée intacte d’un électorat désormais décomplexé.

En effet, comme il y a une vingtaine d’années, lorsque l’électeur frontiste n’accable pas les partis de gouvernement (le fameux UMPS) et leurs dirigeants jugés (seuls) responsables de son égarement dans l’urne; il incrimine en bloc la précarité sociale et économique, l’union européenne, la mondialisation (avec sa cohorte de délocalisations), l’ouverture des frontières, l’insécurité et les étrangers….Ces deux-là allant évidemment de pair avec l’obsession d’une France qui aurait perdu ses valeurs, sa vraie identité (nationale), et serait menacée d’envahissement par des hordes d’étrangers (lesquels?), qui prendraient inévitablement la place des vrais et bons français (sous-entendus les bleus marins).

Une sorte de péril étranger en la demeure française, qui nous laisse pantois

Parce que rien ne justifie de redouter plus qu’avant, ce qui nous est présentée aujourd’hui comme la nouvelle poussée électorale du front national. L’arrivisme ou le carriérisme effréné (qui touche toutes les formations politiques), l’escalade du discours réactionnaire officiel, l’incessant durcissement de la législation sur les étrangers, la persistance du conditionnement identitaire et racial…sont des lieux communs de la France de 2011. Le Front National de Marine LePen agit simplement comme un miroir grossissant et surfe remarquablement sur cette triste réalité, sans pour autant apporter la moindre solution à la misère humaine, aux difficultés socio-économiques, à la peur du déclassement des classes moyennes…qui s’amplifient et s’installent durablement dans les villes et les campagnes de France.

Bref la peur de perdre son statut social (pour les frontistes, son statut racial) aurait donc changé de camp. Longtemps cantonné aux anciens et nouveaux arrivants, elle semble progressivement gagner les autochtones (les français dits de souche), à mesure que le référent culturel qui opérait pour eux comme un rempart identitaire et sécuritaire à l’égard des descendants d’indigènes, s’est démocratisé et mondialisé, au point de mettre le concept d’assimilation à nu: plus que jamais un déni du droit à la différence et de la diversité française.

La France officielle ne correspond plus à la France réelle

Et on se prend à rêver que le spectre agité d’une poussée électorale du Front National contraigne enfin la France officielle à une exigence de représentativité réelle.

Car on ne peut pas en permanence manier la condamnation du Front National et des dérapages xénophobes de tel ou tel officiel, pour ne point remarquer qu’ils prospèrent d’abord sur l’amalgame soigneusement entretenu entre le faciès prêté aux populations indexées, leur supposée religion (Islam) et le statut d’étranger qui leur est généralement accolé.

La sous-représentativité des français issus de l’immigration maghrébine, noire africaine, asiatique dans les instances de décision ou de représentation de l’État français entretient le cliché de femmes et d’hommes venus de loin, incapables ou indignes de représenter la vraie France, d’avoir des convictions intrinsèques. Très souvent cette marginalisation se fait au nom du Peuple français, supposé moins disposé à voir des citoyens français de couleur occuper des postes de responsabilité. C’est comme si certains français évoluaient sur une planète imaginaire où ils cotoyeraient uniquement des créatures bleues marines… Ce n’est plus le cas nulle part dans l’Hexagone, y compris au sein du Front National de Marine Lepen.

Pour terminer, à un Front National qui se trompe dans le diagnostic et dans la thérapie proposés aux français, opposons la réalité d’une France plurielle dans laquelle la fonction de représentation ne peut être assignée à certains, chargés uniquement de s’indigner pour le compte ou au nom des autres…les éternels invisibles, dont on dit pourtant trop visibles au quotidien, au point d’empêcher les (vrais) français de ne plus se sentir chez eux en France.

Une France à laquelle nous sommes individuellement attachés, et qui nous donne collectivement vocation à la mettre à l’abri de toutes les formes d’intolérances. Notamment celles qui lui font courir à sa perte.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Patrick Weil: «L'immigration n'est pas une chance, c'est un fait»

lundi 21 juin 2010

Belleville, Belleville chérie, que t'arrive-t-il?

Je réagis à chaud à l'actualité: celles et ceux qui ont lu les titres ont certainement pensé à moi.



"Plusieurs milliers de Chinois manifestent à Belleville contre l'insécurité "(LeMonde.fr)
http://abonnes.lemonde.fr/societe/portfolio/2010/06/20/plusieurs-milliers-de-chinois-manifestent-a-belleville-contre-l-insecurite_1375898_3224.html


http://www.liberation.fr/societe/0101642573-echauffourees-a-belleville


Plus sure que mon village soit encore le havre de paix inter-communautaire que j'aime décrire...Le débat sur l'identité nationale a clairement foutu la merde. Le pire c'est que si c'est la zone à Belleville, j'ose à peine imaginer ce qui se passe ailleurs.

Les manifs des asiates faisaient suite au meurtre (identifié comme racial) d'une femme asiatique il y a dix jours. Ce fait n'a bien sûr été mentionné nulle part dans la presse qui élude la question en parlant d'agressions répétées sur les habitants au physique du grand Orient.

Oui, il y a des agressions injustifiables, quant au fait que ce soit plus sur des asiates que sur d'autres, je demande à vérifier. Dans le doute, j'accorderai donc une oreille attentive. Le point d'orgue reste ce meurtre qui hélas fait partie de l'actualité tendue de Belleville (dans la même semaine, deux gamins ont passé à tabac un type qui avait violé à deux reprises une SDF; le criminel avait déjà été en taule pour viol et la fille avait porté plainte, le mec se baladait donc dans la nature sans que les autorités réagissent; le type est mort et les gamins sont en taule).

Libé, citant les organisateurs de la marche pacifiste, décrit un "climat d'insécurité grandissant dans des quartiers de l'est parisien où le sentiment d'appréhension et d'anxiété gagne jour après jour le quotidien des habitants et des commerçants". Il ne faut pas non plus se foutre de la gueule du monde: à lire cela, on a l'impression que les bellevillois vivent cloîtrer chez eux dans l'attente d'un cataclysme social. Or ce n'est pas le cas, malgré les problèmes que la crise a aggravé, le quartier reste un centre culturel de Paris avec moults concerts et pièces de théâtre, les commerçants dont les prix défient toute concurrence vivent grassement de leur commerce, les bars sont la mecque des jeunes parigots en mal de boire et surtout les gamins grandissent toujours dans le multiculturalisme qui fait la réputation de nos petits gars de ménilmontant.

Pourquoi ça barde?
Cela ne tient pas à des jeunes délinquants mais à une suite d'évènements qui mènent à des interprétations erronées.

Si on prend Rue 89, c'est l'incapacité de la police à prendre au sérieux les plaintes des personnes de couleur qui mène à ce type de situation. C'était pareil avec le meurtre qui a déclenché la manif, apparemment les policiers ont mis du temps à arriver sur place, l'autopsie a traîné.

C'est typique des polices de quartier: devrais-je rappeler les problèmes rencontrés avec la mort d'un jeune des Amandiers (20ème arrondissement) il y a trois ans? Le garçon retrouvé mort dans des conditions suspectes n'a pas subi de contre-autopsie, le procureur a traîné et l'affaire montrant le manque de respect des autorités pour la population, les gamins ont fait une émeute. A force de laisser traîner la poudre...

http://www.rue89.com/2010/06/20/emeutes-a-belleville-les-chinois-de-paris-face-aux-crs-155647


Bref, ce qui devait être une marche pacifiste aurait tourné en affrontements inter communautaires? D'après Rue 89, ce sont les gendarmes qui ont pris sur la gueule. Il n'empêche, quelle idée: manifester contre l'insécurité dont est victime la communauté asiatique et ne pas s'associer avec les autres associations qui luttent contre les discriminations et pour l'intérêt général d'un quartier multiculturel!

Quelle grave erreur...
C'est croire que les problèmes des chinois et de leurs descendants seraient dissociables de la carte politique parisienne et surtout du traitement qu'offre (que fait subir) la France à ses immigrés...Ben oui, comme si Sarko qui aime bien les chinois (enfin surtout les industriels et les politiques qui achètent à nos chers consortiums cocorico) allait préférer les jaunes aux noirs et aux basanés...Non...Pour eux comme pour les autres, c'est "t'as carte de séjour? Toi content, toi fermer ta gueule. Toi crever, moi rien à foutre.Que celles et ceux qui sont allés à la préfecture récemment témoignent!

Avant toute mauvaise interprétation de mes propos: je condamme le racisme, le sexisme et toute forme de discrimination quelle qu'elle soit. Je critique l'idée que la lutte contre les ségrégations relèvent de l'exclusivité d'un groupe. Cette lutte ne peut pas être une question de communauté. Elle ne l'est pas et ne le sera jamais.

On est dans la merde ensemble. On subit tous la crise et à Belleville, plus qu'ailleurs, on est des voisins, de couleurs différentes, de confessions différentes, de nationalités différentes; mais on est voisin.

Le racisme, on ne le combat pas par la communauté. On le combat ensemble.

Voilà, j'ai poussé ma gueulante.

Yasmine

Des milliers de Chinois manifestent à Paris contre l'insécurité