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lundi 5 mai 2025

Régularisation et naturalisation des étrangers en France: les interminables numéros d'illusionniste du ministre Retailleau

Jusqu'où ira donc la surenchère xénophobe et raciste de M. Retailleau? À l'interdiction de toute régularisation et naturalisation en France??? Ben voyons... Parce que toute surenchère populiste a forcément des limites, liées notamment ici aux rétorsions auxquelles elle expose les Français dans leurs pays d'accueil et de residence à l'étranger (y compris en Afrique), mais aussi à l'indispensable besoin d'une immigration pour soutenir l'économie d'une puissance moyenne européenne comme la France. Cette simple réalité là, aucune posture isolationniste protectionniste voire nombriliste aux accents suprémacistes ethniques ne saurait l'erradiquer par quelle que directive ou circulaire ministérielle que ce soit. Il suffit d'aller dans les hôpitaux en France ou d'observer les effectifs de nombre de petites, moyennes et grandes entreprises françaises, pour comprendre que les Retailleau, Le Pen et autre leaders extrémistes de droite fasciste sont de véritables illusionnistes et imposteurs politiques surfant en permanence sur la haine des étrangers pour leurs propres ambitions personnelles. * Association NOUS PAS BOUGER
http://www.nouspasbouger.org
Bruno Retailleau adopte un ton plus restrictif dans une nouvelle circulaire sur la naturalisation Le ministre de l’intérieur demande notamment aux préfets de s’assurer du renforcement du niveau de maîtrise requis en langue française et de l’adhésion aux valeurs de la République. Le Monde avec AFP Bruno Retailleau a diffusé une nouvelle circulaire consacrée aux naturalisations des étrangers qui, dans la forme, insiste davantage sur les dispositions susceptibles de restreindre l’accès à la nationalité française, sans grandes modifications sur le fond, selon le document révélé dimanche 4 mai par Le Figaro et consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Le ministre de l’intérieur doit en présenter le contenu lundi matin, lors d’un déplacement à la préfecture du Val-de-Marne, à Créteil. Il avait déjà révisé en janvier la circulaire Valls sur les conditions de régularisations des étrangers sans papiers. Tenant d’une ligne dure en matière d’immigration et, par ailleurs, candidat à la présidence du parti Les Républicains (LR), M. Retailleau a adressé ce texte de cinq pages, auquel la charte des droits et des devoirs du citoyen français est annexée, à l’ensemble des préfets. Il y rappelle que « la jurisprudence établit la naturalisation non comme un droit, mais comme une décision souveraine du gouvernement ». Lire aussi | Droit du sol : François Bayrou veut un débat « plus large », sur « qu’est-ce que c’est qu’être français » Bilan dans trois mois En 2024, 66 745 acquisitions de la nationalité française par décret et par déclaration (mariage, ascendants et fratries) ont été dénombrées, ce qui représente une hausse de 8,3 % par rapport à 2023, qui s’explique par un rattrapage après une année marquée par des difficultés techniques, selon la direction générale des étrangers en France (DGEF), qui dépend du ministère de l’Intérieur. En s’appuyant sur une disposition de la loi Darmanin, Bruno Retailleau demande aux préfets de s’assurer du renforcement du niveau de maîtrise requis en langue française pour obtenir la naturalisation et de l’adhésion aux valeurs de la République. Le ministre dresse également la liste des éléments d’appréciation démontrant « l’exemplarité du parcours du demandeur », notamment en ce qui concerne un séjour irrégulier avéré. L’autonomie du demandeur est en outre soulignée. Celle-ci doit se traduire par une « insertion professionnelle » de cinq ans, un seuil rehaussé. Le demandeur devra justifier de « ressources suffisantes et stables », hors prestations sociales. Les préfets sont tenus de présenter au ministre un bilan de l’application de la circulaire dans trois mois. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La nationalité, une construction juridique dépiautée par « Revue Délibérée » Le Monde avec AFP

vendredi 30 décembre 2022

France: xénophobie et racisme d’État, mode d'emploi...


 

 
Ou comment le pouvoir d'Emmanuel Macron sous le prétexte du Covid et de la dématérialisation des titres de séjour, a délibérément plongé de milliers d'étrangers en situation régulière dans l'illégalité: saturation générale des rendez-vous en préfectures et sous-préfectures, indisponibilités téléphoniques des centres de régularisation, multiplication anarchique des rejets des renouvellements de cartes de séjours et des reconduites à la frontière sous les motifs les plus fantaisistes et fallacieux...
 
Principales conséquences sur les étrangers: ruptures des contrats de travail, perte de toutes les couvertures sanitaires et sociales (indemnisations chômage, allocations CAF, APL, etc...).
 
RAS-LE-BOL général!!!
 

 
 
 
 
 
Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER

dimanche 7 novembre 2021

La France et la Zemmourisation rampante de sa classe politique

 

 

Des femmes et des hommes qui bossent dur, assurant les métiers souvent les plus pénibles et ingrats du marché du travail, devront bientôt littéralement suppléer des maîtres politiques sur l'usage qu'ils devraient faire de leurs maigres salaires...
 
Parce qu'ils vont se voir interdire d'en transférer une partie pour venir à en aide à leurs proches dans leurs pays d'origine, où pourtant des prédateurs néo-coloniaux et racistes font fortune (avec la complicité des dictateurs Françafricains) en rapatriant systématiquement tous leurs profits en France métropolitaine....
 
De la prévalence de ce système économique et monétaire d'essence coloniale nommé Franc CFA, qui pousse notamment des milliers d'Africains vers l'exil, Messieurs Montebourg et autre Zemmour n'en disent mot. Cela ne leur pose aucun problème de conscience...
 
Non, il faut absolument qu'ils abrutissent les Français en désignant les migrants, les immigrés et autres étrangers comme la source de tous les problèmes de la France, au moment où ils se révèlent les représentants symptomatiques d'une des classes politiques les plus rétrogrades du monde occidental, incapable d'ancrer puis d'adapter la France aux défis de son temps.
 
En effet depuis plus de (04) quatre décennies une surenchère xénophobe et raciste structure ainsi les différentes campagnes électorales, sans qu'on entrevoit une issue raisonnable à ce délire identitaire et réactionnaire qui a gangrené au point de toucher aujourd'hui tout l'éventail politique.
 
Pauvre France!!!
 
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
 

 

samedi 19 juin 2021

La surenchère xénophobe et raciste dans les médias français de droite et d'extrême droite n'arrêtera donc jamais...

Cette surenchère xénophobe et raciste impunie dans ces médias est ce qui nous fait aujourd'hui émettre des doutes et même des craintes sur la fiabilité de cette vieille démocratie face au spectre de l'extrême droite au pouvoir, et sa capacité ou volonté réelle de protéger dans les prochains mois voire annéesles victimes. Tellement le discours raciste et xénophobe s'y est banalisé et s'est diffusé dans l'opinion générale.... Du coup au lendemain de la commémoration du 81éme anniversaire de l'appel du 18 juin, la collaboration d'une partie de la haute administration et de la classe politique avec l'Allemagne Nazie trouve comme une explication. Au-delà du fait qu'il fallait effectivement se soumettre à l'occupant, celle-ci partageait également le même fond idéologique raciste et xénophobe. Il ne s'est jamais estompé et a su surfer sur un ressentiment post--colonial puis la frustration née de la perte progressive d'influence internationale qui ressortent en filigrane sans la moindre gêne dans toutes ces sorties racistes et xénophobes, concernant notamment les Français d'origine étrangère, les migrants africains et maghrébins, bref la panoplie phobique sur le supposé "grand remplacement". Toutes les digues éthiques et morales ont véritablement sauté. Nous sommes confrontés sans défenses chaque jour à une escalade raciste et xénophobe que rien ne semble pouvoir arrêter. Jusqu'à quand??? JDE

lundi 20 avril 2020

Prolongation de l'Aide Médicale de l’Etat (AME) - Mars 2020

 
 Mesdames, Messieurs,
 
Dans son ordonnance du 25 mars dernier, le gouvernement a prolongé les droits à l’Aide Médicale de l'Etat (AME) de 3 mois pour les bénéficiaires ayant leur droit arrivant à expiration entre le 26 mars et le 31 juillet.
 
En effet, en raison de la crise du Covid19, le gouvernement a pris la décision, dans son ordonnance du 25 mars, de prolonger les droits à l’AME de 3 mois pour les bénéficiaires ayant leur droit arrivant à expiration entre le 26 mars et le 31 juillet.
 
Qu’est ce que l’AME?
 
L'AME (Aide Médicale de l’Etat) est un dispositif gratuit permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d'un accès aux soins. Elle est attribuée sous conditions de résidence stable et de ressources. Une fois attribuée, l'AME est accordée pour 1 an. Le renouvellement doit être demandé chaque année.
 
L’AME permet une prise en charge à 100% des frais médicaux, sans avoir besoin d’avancer les frais. Les personnes à la charge d’un bénéficiaire de l’AME sont également couverts à 100%, de même que les mineurs qui le sont dans tous les cas.
 
Pour pouvoir prétendre à l’AME, plusieurs conditions sont nécessaires :
- Vous ne devez pas avoir de titre de séjour, ni de document attestant que vous êtes en train de faire des démarches pour en obtenir.
 
- Vous devez résider en France depuis au moins 3 mois consécutifs.
 
- Vos ressources ne doivent pas dépasser un certain plafond.
 
Après vous êtes assuré de votre éligibilité, vous pouvez obtenir l’AME en remplissant le formulaire cerfa n°11573*06. Il faudra ensuite le déposer ou l’envoyer à votre caisse d’assurance maladie (CPAM).
 
Cependant, du fait du covid19 et du confinement, les nouvelles demandes ne peuvent se faire uniquement par courrier.
 
Ce dispositif est cumulable avec d'autres aides sociales tel que l'aide au logement ou la réduction sociale téléphonique.
 
Si vous souhaitez plus d’informations sur l’AME, retrouvez un article exhaustif sur le sujet ici.
 
 
Je vous remercie,
 
Cordialement,
 
Héloïse Fournier
Chargée des relations administratives, Agence France Électricité
+33 7 49 37 60 05

mercredi 4 septembre 2019

Violences faîtes aux femmes et conjugales en France. Agir et Vite!!!

Quand Emmanuel Macron touche du doigts la triste réalité du laxisme ambiant sur les violences faites aux femmes...en France 

Voilà exactement ce à quoi sont hélas souvent confrontées les femmes victimes de violences conjugales, notamment dans les couples d'origine étrangère, que certains services spécialisés (dont des fonctionnaires de police ou de gendarmerie) tendent à banaliser, refusant parfois d'enregistrer les plaintes et renvoyant donc les victimes aux mains de leurs bourreaux qui se prévalent alors presque d'une sorte de droit de vie et de mort sur elles, notamment lorsqu'elles ont obtenu la régularisation administrative par le mariage à travers le statut "vie privée et familiale".

Un enfer conjugal que vivent de nombreux africaines et (exceptionnellement) africains en France.

Parce que que "le chantage aux papiers" est plus aggravant dans les cercles communautaires, aussi bien envers les femmes que les hommes, et la violence est ainsi exercée indistinctement par celui ou celle qui a permis à l'autre "d'avoir les papiers" comme cela se dit dans ces milieux.

Il faut agir. Et vite !!!

Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER

Les fréquentes poussées de xénophobie particulièrement meurtrières en Afrique du Sud...



C'est Nelson Mandela qui doit chaque fois se retourner dans sa tombe, en voyant notamment les mauvais traitement infligés aux enfants et petits-enfants des Africains sub-sahariens, qui ont aidé l'ANC par un soutien multiforme et sans faille à triompher du régime de l'apartheid. 

Pourtant ils sont ainsi fréquemment lynchés et tués par des hordes de Sud-africains noirs (comme eux), qui les considèrent comme des "profiteurs étrangers", dans une certaine indifférence de la classe dirigeante actuelle.

C'est vrai que la corruption des élites a le don de les rendre également amnésique, au mépris ici de la lutte pour l'émancipation politique et économique menée avec l'aide des Africains, et qui permet aux leaders de l'ANC de s'enrichir ostensiblement au détriment de l'écrasante majorité de leurs concitoyens.

Une "malédiction" liée à une forme de mal gouvernance très africaine.

Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER




Afrique du Sud : meurtrière xénophobie

Si le président Ramaphosa juge « inacceptables » les attaques contre les étrangers, institutions, gouvernements et société civile africaine s'élèvent contre les manquements du gouvernement.


le | Le Point.fr
Parmi les cibles des Sud-Africains attaquant les etrangers, souvent africains, les commerces de ceux-ci qui sont pilles.
Parmi les cibles des Sud-Africains attaquant les étrangers, souvent africains, les commerces de ceux-ci qui sont pillés.
© GUILLEM SARTORIO / AFP
Les images tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Whatsapp en sont envahis. Toujours les mêmes scènes montrant des personnes ou des étrangers, comme on les appelle en Afrique du Sud, poursuivies par leurs bourreaux, attaquées par les flammes, brûlées et laissées pour morts. Quand la victime espère s'en sortir, les blessures infligées sont si profondes que les cicatrices deviennent des marques indélébiles. Tout a commencé dimanche 1er septembre. Les chauffeurs routiers qui dénoncent la forte présence de travailleurs étrangers venus du Mozambique, de la Zambie et du Zimbabwe dans leur branche professionnelle ont commencé à débrayer en bloquant les routes dans plusieurs régions, comme le KwaZulu-Natal, la province du Cap ou encore le centre de Johannesburg. Puis tout a dégénéré. Des centaines de personnes armées de gourdins et de pierres auraient incendié et pillé de nombreux magasins, souvent tenus par des commerçants étrangers, notamment des Nigérians.

Lire aussi Afrique du Sud : vous avez dit xénophobie ?




« Ils ont tout brûlé »

« Afrophobie ? » « Xénophobie ? » « Racisme entre Noirs ? » Un « Noir » déjà bien « noir » qui massacre un « étranger » sous prétexte qu'il aurait la peau trop sombre : la haine de soi par excellence ? Mais bien sûr, c'est tout cela en même temps ! » s'exclame l'historien et enseignant à l'université du Witwatersrand à Johannesburg Achille Mbembe, dans un long texte repris par Courrier international. Ce dernier décrit une situation devenue explosive alors qu'en 2015 et 2017 déjà ces mêmes violences avaient défrayé les chroniques. Interrogeant un chauffeur de taxi sur la manière dont les agresseurs s'y prennent, Achille Mbembe nous apprend que le feu utilisé est un héritage de l'apartheid. « Parce que du temps de l'apartheid, le feu, c'était la seule arme que nous avions, nous, les Noirs. Nous n'avions pas de munitions, d'armes et tout ça. Avec le feu, on pouvait fabriquer des cocktails Molotov et les jeter sur l'ennemi à bonne distance », explique le chauffeur.

Un gouvernement débordé

Cent quatre-vingt-neuf personnes ont été arrêtées, a annoncé mardi la police. « On a enregistré cinq meurtres » dans la région de Johannesburg, la principale ville du pays, selon un communiqué de la police qui a indiqué qu'elle avait déployé des renforts dans les « points chauds ». « Le plus grand nombre » de victimes sont des Sud-Africains, a précisé le ministre sud-africain de la Police, Bheki Cele.



« Je condamne dans les termes les plus forts les violences qui s'étendent dans quatre provinces » du pays, dont les capitales économique, Johannesburg, et politique, Pretoria, a déclaré le chef de l'État Cyril Ramaphosa dans une vidéo postée sur son compte Twitter.


« Les attaques visant des commerçants étrangers sont totalement inacceptables, quelque chose qu'on ne peut pas autoriser en Afrique du Sud », a-t-il ajouté. « Je veux que cela cesse immédiatement », a-t-il lancé. « Les gens de notre pays veulent vivre en harmonie, quelles que soient les inquiétudes et les doléances que nous puissions avoir, nous devons les gérer de façon démocratique, en discutant. » « Il ne peut y avoir aucune justification pour qu'un Sud-Africain s'en prenne à des gens d'autres pays », a insisté le président. « Nous sommes un pays qui est complètement engagé contre la xénophobie. Nous n'autorisons pas et nous ne pouvons pas tolérer des attaques contre des gens d'autres pays », a-t-il encore dit, annonçant une réunion ministérielle d'urgence.



L'Afrique réagit

Trop tard pour le journal Le Pays, basé au Burkina Faso, « l'icône du pays et fierté de l'Afrique a dû se retourner plus d'une fois dans sa tombe », peut-on lire dans l'éditorial du jour. « Le combat pour le respect de tout homme, qui ne peut se faire sans le respect de son droit à la vie, que Nelson Mandela a mené toute sa vie, est mis à rude épreuve une fois encore, par de sinistres individus. On peut comprendre l'amertume de la jeunesse sud-africaine en proie au chômage et à la cherté du coût de la vie. Et c'est dire si les élites politiques ont échoué à améliorer substantiellement leurs conditions de vie. Mais ce qui n'est ni compréhensible ni admissible, c'est le fait de rendre les étrangers responsables de tous les malheurs du pays. »

Moussa Faki Mahamat, le président de l'Union africaine, a appelé à ce que des « mesures préventives soient prises pour protéger la vie des personnes et leurs biens, veiller à ce que les auteurs de ces actes soient traduits en justice et que des réparations soient accordées aux victimes ». Lundi, le ministre des Affaires étrangères du Nigéria, Geoffrey Onyeama, a écrit sur Twitter qu'il avait reçu « la nouvelle nauséabonde des incendies et des pillages de magasins nigérians. Trop, c'est trop ! » s'est emporté le ministre. Ces violences ont lieu alors que le président nigérian Muhammadu Buhari doit bientôt se rendre en Afrique du Sud, où il doit rencontrer le président Cyril Ramaphosa pour discuter de la montée des tensions, notamment des violences contre les étrangers. De nombreuses personnalités nigérianes ont appelé au « boycott total » des entreprises sud-africaines, telles que le fournisseur de programmes télévisés DSTV ou le géant des télécoms MTN.

Toutes les communautés d'immigrés concernées

Il y a moins de quatre millions de migrants en Afrique du Sud pour une population totale de 50 millions d'habitants. Toutefois, les attaques contre des magasins appartenant à des étrangers sont devenues des phénomènes récurrents que beaucoup attribuent à la frustration suscitée par le taux de chômage élevé du pays, qui se situe à environ 28 %.



Debout devant des gravats calcinés, une femme sud-africaine, Lerato Peete, a déclaré au Times, un journal local, qu'elle était en colère contre ses concitoyens pour avoir attaqué leurs « frères et sœurs » africains. « J'ai tellement honte d'être sud-africaine », a-t-elle déclaré. « Comment est-il possible qu'une personne noire puisse être un étranger en Afrique ? Ma mère était une militante, mon père était une militante. Je suis né en Afrique du Sud parce que nous n'avions pas d'endroit chez nous. »

Les violences des derniers jours ont causé une vive inquiétude dans les autres communautés immigrées de Johannesburg. « Ils ont tout brûlé », a témoigné mardi à l'AFP un commerçant originaire du Bangladesh, Kamrul Hasan, devant son commerce incendié du township d'Alexandra. « Tous les six mois, c'est la même chose. Alors, pourquoi rester ici ? J'ai tout perdu. Si le gouvernement [sud-africain] paie mon billet d'avion, je rentrerai au Bangladesh », a-t-il assuré.

Lire aussi Violences - Immigration : les Sud-Africains sont-ils xénophobes ?

Des lois anti-immigrées ?

Au-delà de l'indignation générale, beaucoup pointent du doigt le gouvernement sud-africain. En effet, ce dernier a depuis peu durci le ton au sujet de l'immigration. De nouvelles mesures draconiennes ont été votées. Les permis de travail ne sont plus systématiquement renouvelés, les familles se voient refuser des visas, les enfants sont condamnés à un no man's land scolaire. Et Achille Mbembe d'ajouter : « Une situation kafkaïenne qui touche aussi les étudiants entrés légalement dans le pays, dont les visas ont été régulièrement renouvelés, mais qui se trouvent maintenant pris au piège du flou juridique, dans l'impossibilité de s'inscrire et de toucher l'argent auquel ils ont droit, qui leur a été alloué par les institutions. Avec ses nouvelles mesures anti-immigration, le gouvernement est en train de transformer les immigrés jusque-là légaux en clandestins. »

Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce et d'industrie d'Afrique du Sud (SACCI). Le directeur général de l'institution, Alan Mukoki, a déclaré qu'il était regrettable que l'incapacité du gouvernement à enregistrer les mouvements aux frontières du pays soit à l'origine de la violence entre les Sud-Africains appauvris et les ressortissants étrangers.

Sipho Zungu, président de l'Association des chauffeurs de camion, regrette que le gouvernement permette aux entreprises d'employer des étrangers sans papiers afin d'éviter de se conformer aux lois du travail sud-africaines, créant ainsi un avantage injuste pour ces immigrés. Plusieurs reportages ont montré des salles d'audience pleines à craquer en raison de centaines d'immigrés arrêtés sans aucun document. Ils ont immédiatement été envoyés au centre de rapatriement de Lindela, d'où ils seront renvoyés dans leur pays d'origine.

jeudi 27 avril 2017

LA FRANCE ET LE SYNDROME DU PSEUDO-ASSIMILÉ: "FERMER LA FRONTIÈRE AUX AUTRES ÉTRANGERS DERRIÈRE SOI"



ILS N'ONT PLUS HONTE, CES NOIRS ET AFRICAINS DE FRANCE !

Par Abdelaziz Moundé Njimbam, Journaliste
 

DES QU'ILS OBTIENNENT LA NATIONALITÉ, ILS FERMENT LA FRONTIÈRE A LEURS FRÈRES ET SŒURS, A L'INTELLIGENCE COLLECTIVE ET L'OUVRENT A MARINE LE PEN, QUI COMME LE DIABLE A APPRIS A S'HABILLER EN PRADA!

Ils ont quitté la misère, fui les guerres, sont sortis des quartiers pauvres, sont venus poursuivre des études ou se chercher comme on dit à Douala, ont bénéficié d'un bon système de soin et de la sécurité sociale. Dans leurs villages, villes et quartiers, il n'y avait pas d'eau et parfois d’électricité. Pour certains autres, les parents, en pillant les caisses de l’État, leur ont offert un confortable gîte en Hexagone.

Mais dès qu'ils ont trouvé le soleil, un HLM, un boulot confortable de "seul noir" dans sa boîte, appris à sourire et raconter quelques sornettes sur l'Afrique à ses collègues ou à son conjoint toubab, ils tournent les talons et gagnent les médailles d'assimilation: "chui franchais moi! Se débattant comme une silure dans le lac Tchad ou la Seine pour prendre l'accent parisien, seul admis, les autres picard, provençal, marseillais, n'étant pas cap pour faire carrière.

Intégrés à la fois à la vie quotidienne, ils sont invisibles à la télé. Maintenant qu'ils ont, un bout de papier, la fameuse nationalité ou le passeport bordeaux, ils trouvent qu'il "y'a trop d'étrangers" dans leur France usurpée, "qu'il faut que Marine Le Pen fasse le nettoyage". Ah, ces fameux mots dont ne se privaient pas les nazis! Qui a dit que les plus grands professeurs de médecine pouvaient trouver un vaccin contre le syndrome de Stockholm? Cette maladie dont la manifestation essentielle est l'adoration et le culte que l'esclave finit par vouer et faire au maître.

Je n'ai jamais cru à ces fariboles bibliques ou des livres saints sur la prétendue malédiction des Noirs. Je suis trop fier de l’œuvre de Cheikh Anta Diop, du travail pharaonique de ces historiens et des chroniques d'Herodote et de tous les maîtres de la philosophie et des mathématiques en Grèce, de Thalés, Archimède, Euclide à Erastothène, qui ont restitué et documenté l'héritage, la profondeur et le rôle matriciel et décisif de la Vallée du Nil africaine dans l'émergence de la science et de la civilisation, pour me laisser égarer par des mythes inventés de toutes pièces.

Je sais trop bien que depuis l'autorisation de la Traite des Noirs par le pape Nicolas V, l'expansion coloniale, une macabre entreprise de démolition par la propagande de l'histoire et de l'image de l'Africain, du Nègre a été entreprise avec succès, faisant du Noir, l'ennemi du Noir. Depuis, le savant "diviser pour mieux régner" de Lyautey, théoricien militaire de la colonisation, à Madagascar, de Gallieni, bourreau de Madagascar ou de Lamberton, pourfendeur des Bamiléké au Cameroun, l'Africain est devenu la bête noire de l'Africain, le Camerounais en France parle de manière jouissive quand il dit qu'il "ne fréquente pas les Camerounais"...

Depuis les traites arabes et atlantiques, les sociétés africaines ont été perturbées et les représentations brouillées. Conséquence: dans les mondes musulmans, chrétiens et en Occident, on a progressivement identifié l'esclave à l'Africain noir, le dominé à l'homme de couleur. On lui a assigné, la place terrible du négatif : contraire des " Blancs ", de la " civilisation ", de l'humain même. Et donc nécessairement hors du temps de l'histoire pour reprendre Nicolas Sarkozy, applaudi par des Noirs. Depuis aussi, le Noir a été formé à mépriser, détester, combattre et éviter son semblable. Regardez les guerres homériques et fratricides qui existent en France entre eux. Ils ont tellement intégré pour beaucoup les représentations et ce qui est dit sur eux, qu'ils ne se gênent plus pour les confirmer par leurs actes.

Alors, dès qu'un minable homme politique en France l'ouvre, c'est un nouveau Bal nègre. Dès qu'une héritière de l'extrême-droite se répand pour dégueuler des fadaises sur l'immigration, les aides dont profiteraient les Africains et les étrangers et ces messages subliminaux et sous-textes glissés en douce, sur fond de banalisation de la parole raciste, l'on ne s'étonne pas de voir surgir une camarilla de fans basanés. Ils ont réussi, ne font pas de bruit, ne vont pas à Chateaurouge, ne fréquentent pas ces " Maliens villageois " qui refusent de s'intégrer. Dès que la madone des fachos fait un tour au Tchad, chez un Déby débonnaire, et fait une incise sur le Cfa, elle devient la nouvelle coqueluche de ceux qui font tourner leurs cerveaux au ralenti.

N'oublions jamais qu'avant d'être utilisés et spoliés pour les deux guerres mondiales, les tirailleurs furent une " Force Noire ", créée par Louis Faidherbe pour les besoins de l'expansion coloniale, avant que Charles Mangin ne préconise leur usage en 1910 en métropole. La conquête du Sénégal et le dépeçage de l'ancien et prestigieux Empire du Mali s'est faite avec l'aide d'Africains enrôlés dans l'Armée française. En septembre 1958, c'est un Tchadien commandé par un chef français qui a porté le coup de grâce à Um Nyobé, héros de l'Indépendance, au Cameroun.

N'oublions pas, qu'en élaborant le Code Noir, bréviaires de l'expansion esclavagiste et colonialiste française, Louis XIV et son ministre Colbert, comme les Portugais et les Espagnols avant eux, ont pu compter sur l'appui sur d'autres Noirs qui leur ont facilité la tâche.

L'histoire bégaie, mais se répète souvent. Mais, il faut que les résistants, les Africains et les Noirs dignes osent lever la tête et s'engager pour que cesse en France, cette entreprise brutale, assortie de mensonges et de dénégations, sur l'immigration, sur l'Autre et la Diversité. Qu'ils osent dire à ces monstres de politique qui se drapent désormais dans des vêtements présentables des choses simples:

- Nous préférons le bruit de nos frères Maliens au silence sur la guerre cachée de la France au Cameroun.

- Nous préférons nos odeurs à celle du napalm qui a tué des centaines de milliers d'Africains.

- Nous préférons tous ces débrouillards qui gagnent honnêtement leurs euros à toute cette élite qui profite de l'escroquerie institutionnelle du franc cfa.

- Nous préférons l'ardeur et la joie de vivre de ces nounous et travailleurs de l'ombre au bruit de bottes des soldats dans toutes ces guerres.

- Il n'y a aucune commune mesure entre les petites aides versées aux Africains en France et toute l'exploitation des richesses, des savoirs et des hommes dont bénéficient la France et l'Occident.

- Les Africains ont encore des leçons de violence à apprendre de tous ceux qui ont inventé génocides, guerres, razzias et conflits pour occuper et piller le monde.
 Abdelaziz Moundé Njimbam, Journaliste


MOBILISONS-NOUS !

HONNEUR AUX AFRO-FRANCAIS ET À L'AFRIQUE.

LUNDI 1er MAI 2017. 15 H. PLACE DE LA RÉPUBLIQUE. PARIS.

NE LAISSONS PLUS PIÉTINER L'IMMIGRATION AFRICAINE
NE NOUS FAISONS PLUS INSULTER POUR DE PRÉTENDUES AIDES SOCIALES QUI NE VALENT PAS TOUTE CETTE SPOLIATION DE L'AFRIQUE DEPUIS TANT DE SIÈCLES

NE LAISSONS PLUS PROSPÉRER LE RACISME

CÉLÉBRONS NOS VALEURS, NOTRE DIGNITÉ, NOS TALENTS ET NOS COMPÉTENCES.

NE LAISSONS PLUS LE DÉBAT SUR LA COLONISATION, LA LIBÉRATION DE L'AFRIQUE ET LA FIN DES RELATIONS INÉGALITAIRES ENTRE LA FRANCE ET L'AFRIQUE CONFISQUÉ PAR D'AUTRES.

RASSEMBLONS-NOUS ! INVITEZ DU MONDE AUTOUR DE VOUS!
 
 
 

lundi 27 février 2017

Etats-Unis: la politique migratoire de Trump inquiète les communautés africaines

Une manifestation contre la politique migratoire de Donald Trump, le 11 février dernier à New York.
© Spencer Platt/Getty Images/AFP SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORT

Les nouvelles directives du département de la Sécurité nationale sur les expulsions de clandestins sont génératrices d'angoisse dans les communautés étrangères des Etats-Unis. Dans un pays où les contrôles d'identité inopinés ne sont pas du tout dans les habitudes, certains migrants sans papiers sont installés depuis des années. Ceux qui n'ont jamais eu affaire à la justice avaient fini par ne plus penser à une éventuelle expulsion. C'est le cas de nombre d'entre eux dans les communautés africaines.

Avec notre correspondante à WashingtonAnne-Marie Capomaccio
Les ambassades africaines aux Etats-Unis n'ont pas été prévenues avant le public. Les diplomates ont découvert les nouvelles directives sur le site du département de la Sécurité nationale. Les voilà sollicités par leurs ressortissants inquiets de cette perspective d'expulsion de masse.
Ce qui fait peur, c'est le contrôle inopiné... Quels sont les droits des sans-papiers, quel avocat contacter et dans le cas extrême - l'expulsion - comment régler ses affaires ?
Un diplomate guinéen l'explique : certains migrants illégaux sont aux Etats- Unis depuis 20 ans. Ils ont bâti une vie, et le rêve américain peut se terminer en cauchemar. Un recensement est en cours, pour avoir une notion précise du nombre de Guinéens sur le sol américain.
Comportement impeccable
Le consul du Sénégal demande à ses compatriotes d'être irréprochables. « Nos compatriotes, ceux qui sont en situation irrégulière et qui ont des papiers, et ceux qui sont sans papiers, de la même manière, on leur suggère fortement de continuer à avoir une attitude irréprochable pour éviter d’être exposés ou confrontés à des décisions pareilles suite à une arrestation, altercation, une rencontre avec la police ou la sécurité intérieure », explique El Hadji Amadou Ndao.

Et pour les Maliens le problème est le même ; la crainte du contrôle et de l'expulsion affole les sans-papiers, et même ceux qui sont en possession d'un titre de séjour. La communauté malienne est bien organisée à travers les Etats-Unis, le dialogue est permanent et les diplomates tentent de rassurer leurs ressortissants.

Ils tentent aussi de discuter avec un département d’État qui s'installe, comme l'explique Tièna Coulibaly, ambassadeur du Mali aux États-Unis. « C’est ce langage que nous tenons, aussi bien avec le département d’Etat en leur demandant d’avoir plus de tolérance à l’endroit de tous ceux qui sont ici et dont la seule faute est de ne pas avoir de document de séjour, et aux Maliens, nous disons que personne ne doit se rendre coupable de crimes… »

Application stricte de la loi

Les directives du département de la Sécurité nationale sont simples : l'application de la loi à la lettre. Tout migrant illégal est susceptible d'être reconduit à la frontière, c'est la règle, même pour ceux qui n'ont commis aucun délit, et quel que soit le temps de résidence.

« Avant, c’était les cas de crimes qui étaient priorisés, explique le consul du Sénégal. Maintenant, ce qui est annoncé par la nouvelle administration, c’est qu’il n’y aura plus de priorité. Tous ceux qui seront pris en situation irrégulière seront traités de la même manière. Avant, le fait d’être en situation irrégulière n’était pas à l’origine de troubles avec la justice. Avec l’application de ces décisions de justice, ça va devenir plus compliqué. »

La prudence est donc de mise. Mais comme le fait remarquer Tièna Coulibaly, il faut bien vivre et sortir de chez soi pour aller travailler. L'ambassadeur du Mali espère que l'administration Trump reviendra à une politique plus clémente.

Si le décret Trump sur l'immigration n'avait pas été bloqué en justice, la Maison Blanche avait le projet d'ajouter cinq pays à la première liste : cinq pays d'Afrique de l'Ouest et du Sahel.

Radio France International (RFI)

 

mardi 28 juin 2016

Etrangers: les associations dénoncent un enfermement «massif» et «absurde»

 
Des migrants en situation irrégulière au centre de rétention administrative du Canet à Marseille, le 31 janvier 2014. 
 
 
 
Par Carine Fouteau et Donatien Huet, Médiapart 28 juin 2016

Près de 50 000 personnes ont été placées en centre de rétention en 2015! En matière d'enfermement des étrangers, le pouvoir socialiste fait comme sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. À Mayotte, où les droits sont moins protecteurs qu'en métropole, la situation est dramatique, notamment pour les enfants.


L’état des lieux produit chaque année par les cinq associations apportant une aide juridique aux étrangers enfermés dans les centres de rétention administrative (CRA) est l’occasion de lever le voile sur un monde clos, difficile d’accès, où sont pourtant continuellement privées de liberté des milliers de personnes pour l’unique raison qu’elles ne disposent pas des documents de séjour en France requis par la loi.

En 2015, près de 48 000 personnes ont été placées en rétention, en métropole et outre-mer, un chiffre stable au cours des cinq dernières années : depuis 2011, 237 610 étrangers ont ainsi été concernés, l’alternance politique n’ayant entraîné aucune modification majeure en la matière. Dans le rapport publié mardi 28 juin (y accéder ici : (pdf, 7.0 MB)), la Cimade, l’Ordre de Malte, l’Association Service social familial migrants (Assfam), Forum réfugiés et France terre d’asile dénoncent un enfermement « massif », voire « démesuré », et finalement le plus souvent « absurde ».

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Des vies sont brisées, des familles séparées, des enfants traumatisés à la suite de leur placement derrière des barreaux qui peut durer jusqu’à 45 jours. Et cela, pour un résultat incertain en termes d’efficacité de la politique publique : « seules » 46 % des personnes sont effectivement éloignées, dont près de la moitié vers un État membre de l’Union européenne (UE), d’où elles peuvent facilement revenir en France en raison de la libre circulation.
 
Les Roumains sont particulièrement visés par cette politique « qui semble avoir pour principale finalité de faire du chiffre » : parmi les 1 534 ressortissants de ce pays retenus en 2015, 1 357 ont été éloignés, soit 88,5 %. Hors UE, les nationalités les plus présentes dans les CRA sont les Tunisiens, les Algériens et les Marocains.

Les Albanais arrivent en quatrième position et, comme pour les Roumains, leur taux d’expulsion est astronomique (80,1 %), ce qui fait de ce pays le premier pays de renvoi. Eux aussi peuvent aisément revenir sur leurs pas en cas de retour forcé : depuis décembre 2010, ils peuvent en effet circuler en Europe sans visa à condition d’être titulaires d’un passeport biométrique, de disposer de ressources suffisantes et d’avoir souscrit une assurance maladie. En cinq ans, leur nombre en rétention a été multiplié par huit, ce qui a permis à certaines préfectures de « gonfler le nombre d’expulsions artificiellement ».

Les vieilles recettes du quinquennat de Nicolas Sarkozy ne semblent pas avoir disparu depuis l’élection à la présidence de la République de François Hollande. « La loi du 7 mars 2016 ne marque pas de rupture avec une politique d’éloignement basée sur un système d’enfermement à grande échelle qui s’accompagne de violations des droits. […] Aucune fermeture ou réduction du nombre de places dans ces lieux de privation de liberté n’est d’ailleurs prévue par le gouvernement », note le rapport.

Deux lieux concentrent tous les excès : Calais et Mayotte. Sur le littoral de la Manche, où campent depuis des années des milliers de migrants en transit vers la Grande-Bretagne, les associations estiment que l’État procède à un véritable « détournement de pouvoir ». Plus précisément, elles fustigent l’attitude de la préfecture qui, cet automne et cet hiver, a utilisé la rétention pour vider la « jungle » de Calais : « D’un côté, plus de 1 900 personnes ont été orientées vers un hébergement avec une qualité d’accompagnement très variable. Mais de l’autre, plus de 1 100 personnes, pour la plupart inexpulsables, ont été acheminées de force pour être enfermées illégalement dans des centres de rétention très éloignés du Calaisis. »

Alors que l’Allemagne et d’autres pays européens ouvraient leurs portes aux réfugiés, la France s’est illustrée en enfermant des Syriens, des Irakiens, des Afghans, des Soudanais et des Érythréens pouvant prétendre à une protection internationale. Les juges ont d’ailleurs réagi : la quasi-totalité d’entre eux ont été libérés au bout de quelques jours, avant de reprendre le chemin de Calais. « La rétention était clairement détournée de son objet afin d’éloigner non pas du territoire, mais du littoral calaisien », résument les associations.

Ces déplacements de population se sont déroulés toute l’année, avec un temps fort entre le 21 octobre et la fin décembre 2015. Sur quelque 6 000 personnes vivant dans la « jungle », environ 20 % ont été touchées. Au bout du compte, cette opération, au cours de laquelle de nombreuses irrégularités ont été observées, n’a fait que précariser davantage des personnes dans une situation d’extrême vulnérabilité, ayant pour la plupart risqué leur vie lors du périple qui les a conduites en Europe.

À Mayotte, où les migrants débarquent en provenance des Comores voisines, les atteintes aux droits « sont perpétrées ouvertement et sont devenues quasiment habituelles ». Pas grand monde ne semble s’en émouvoir. En 2015, l’outre-mer concentre à elle seule 41 % des privations de liberté et 60 % des expulsions, sans possibilité effective d’accès au droit à cause d’un régime juridique dérogatoire. L’accès au juge est rendu pratiquement impossible. À Mayotte, la situation est dramatique : les éloignements sont réalisés en quelques heures, si bien que la justice ne peut que rarement être saisie. « L’autorité administrative est toute-puissante et peut expulser en toute impunité, y compris en violant des droits fondamentaux tels que celui de vivre en famille », soulignent les associations.

Ce déficit de contrôle judiciaire est d’autant plus problématique que ce territoire bat tous les records en termes d’enfermements et d’expulsions d’enfants. Alors que le placement en rétention des mineurs est censé être limité en métropole, pas moins de 4 378 jeunes de moins de 18 ans ont été enfermés à Mayotte en 2015. En cinq ans, l’État en a enfermé 30 fois plus que dans tous les départements de l’Hexagone. « Les pouvoirs publics ne prennent aucune disposition visant à réduire une pratique pourtant dénoncée depuis plusieurs années », regrette le rapport, qui rappelle que l’enfermement des enfants, même pour une courte durée, et a fortiori leur retour forcé, sont contraires à leur intérêt supérieur, principe juridique internationalement reconnu.

 Carine Fouteau et Donatien Huet, Médiapart

lundi 9 mai 2016

Prestations sociales, santé, scolarisation : le Défenseur des droits dénonce le traitement des étrangers en France




 
Jacques Toubon, Défenseur des droits, le 23 octobre 2014 à Aix-en-Provence, dans le sud de la France
Jacques Toubon, Défenseur des droits, le 23 octobre 2014 à Aix-en-Provence, dans le sud de la France Photo BERTRAND LANGLOIS. AFP

Les étrangers doivent faire face à de nombreux obstacles qui entravent leur accès aux droits fondamentaux, dénonce le Défenseur des droits Jacques Toubon dans un rapport rendu public ce lundi.

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Discriminations, inégalités de traitement, préjugés, méfiance : à l’heure de la crise des réfugiés, le Défenseur des droits Jacques Toubon déplore dans un rapport rendu public ce lundi une «logique de suspicion» envers les étrangers, et pointe «l’ensemble des obstacles qui entravent l’accès des étrangers aux droits fondamentaux» comme la scolarisation ou la santé.

Intitulé «Les droits fondamentaux des étrangers en France», ce rapport de 305 pages (accessible en ligne ici) s’appuie sur un recensement des actions juridiques menées par le Défenseur des droits, et mesure «l’écart entre les droits proclamés et les droits effectivement exercés» par les extra-nationaux. Le texte pointe notamment la banalisation de la discrimination à l'égard des étrangers sur le territoire française : «L’idée de traiter différemment les personnes n’ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits qu’aux nationaux est si usuelle et convenue qu’elle laisserait croire que la question de la légitimité d’une telle distinction est dépourvue de toute utilité et de tout intérêt», écrit le Défenseur des droits.

Jacques Toubon appelle notamment à «déconstruire» les «idées préconçues» et les «mythes» qui circulent sur le sujet, comme la crainte de l'«appel d’air», ou celle d’une remise en cause de «l’identité française» ou de «grand remplacement». «Aucune période de l’histoire de l’immigration, aussi intense soit-elle, n’a modifié le socle des valeurs républicaines communes», peut-on lire dans le rapport, qui va également à l'encontre d'un supposé «tourisme social», idée véhiculée par l'extrême droite.

«Atteinte à la dignité humaine»

Une première partie consacrée à l’entrée des étrangers fait état d'«atteintes au droit dans la délivrance des visas», notamment pour les parents de Français sur le motif du «risque migratoire». Le Défenseur déplore que «la France tend(e) à réduire les voies d’immigration légales, alors même que la situation en Syrie accroît la pression migratoire». L'institution, qui avait déjà fait part de ses réticences sur l’accord UE-Turquie visant à dissuader les migrants, se montre critique vis-à-vis de l'«objectif de "sécurisation" des frontières», «en rien dissuasif, les exilés ayant derrière eux un parcours migratoire déjà semé d’obstacles et de prises de risques».

Pour ceux qui atteignent le territoire français, le rapport pointe l'existence d'«entraves au droit de demander l’asile à la frontière» ainsi que «le maintien en zone d’attente, source de privation des droits». En préfecture où ils entament leurs démarches, les migrants risquent de longues heures d’attente, qui portent «atteinte à la dignité humaine», et des refoulements, «entrave au droit des étrangers à voir examinée leur demande». Les délais de traitement «excessifs» des dossiers «ainsi que d’importantes lacunes dans l’information» donnée sont aussi dénoncés.

Le Défenseur s’inquiète aussi de la «précarité du droit au séjour» pour les victimes de violences conjugales notamment, et des «discriminations» dont souffrent les conjoints de Français par rapport aux Européens. Il pointe le cas particulier des étrangers malades, et «déplore la persistance de pratiques illégales, non isolées, dans l’accès aux titres de séjours pour soins». En matière d’éloignement, il dénonce des mesures «exécutées au mépris de certains droits fondamentaux» comme celui de porter plainte. 

Les mineurs non accompagnés pas assez protégés

Le parcours du combattant des étrangers ne s’arrête pas une fois la frontière passée. La deuxième partie du rapport, consacrée aux étrangers déjà en France, parle ainsi d'«une égalité de traitement avec les nationaux mise à rude épreuve». «Entraves à l’accès au droit» en matière de prestations familiales, «discriminations» pour certains minimas sociaux, refus de scolariser des enfants... Le Défenseur s’inquiète aussi de «restrictions d’accès à l’emploi», notamment pour les métiers en tension qui font l’objet d’une autorisation, ou pour les demandeurs d’asile. Il souligne combien les contrôles d’identité servent souvent «à cibler des étrangers» dans une logique de contrôle migratoire. L’institution recommande aussi «que tous les demandeurs d’asile se voient versées dans les plus brefs délais et avec effet rétroactif les allocations auxquelles ils ont droit depuis le 1er novembre 2015», date de l’entrée en application de la nouvelle loi.

Jacques Toubon revient longuement sur le sort des mineurs non accompagnés, l’un de ses sujets d’inquiétude récurrents. Accès aux droits et à la justice «défaillant», conditions de prises en charge «inquiétantes», absence de procédure spécifique pour la demande d’asile... Pendant l’évaluation de leur situation, «ces enfants devraient être protégés de manière inconditionnelle, ce qui n’est pas toujours le cas».

Le rapport souligne enfin l'importance des mots utilisés pour qualifier les étrangers. «Migrants, réfugiés, clandestins, sans-papiers, immigrés, exilés, sont autant de mots rarement utilisés de manière indifférente», détaille le rapport, qui souligne qu'employer l'appellation «réfugié» plutôt que «migrant» «est à double tranchant» car cela «peut inciter à distinguer, une fois de plus, les "bons" réfugiés, ceux qui pourraient prétendre à une protection au titre de l’asile, des "mauvais" migrants dits économiques».

LIBERATION avec AFP

mercredi 16 mars 2016

France: Les étrangers dans la nasse des procédures dématérialisées

Les étrangers ont de plus en plus de mal à accéder aux préfectures

Le Monde | | Par

La préfecture du Loiret, à Orléans, en décembre 2015.
Qui pouvait imaginer que les étrangers en quête d’un titre de séjour ou de son renouvellement regretteraient leurs nuits passées devant les préfectures ? Qu’ils pleureraient la disparition de ces longues files d’attente, harassantes, mais au bout desquelles ils décrochaient un rendez-vous les autorisant à déposer leur demande ? Prévue pour éviter ces désagréments, la dématérialisation des procédures administratives a l’effet plus radical d’empêcher une partie des 2,8 millions de personnes concernées de faire valoir leurs droits. Depuis 2012, les préfectures demandent aux personnes étrangères de prendre rendez-vous par Internet afin d’accomplir leurs démarches de demande ou de renouvellement de titre de séjour.

Dans un rapport rendu public mercredi 16 mars, la Cimade, l’association d’aide aux étrangers, analyse comment, sous couvert de la mise en place d’une simplification pour les usagers, on peut éloigner des milliers de personnes des guichets. Les 131 représentations de cette association qui a aidé 100 000 étrangers en 2015, ont pu observer comment ces populations fragiles se retrouvent de plus en plus souvent dans une impasse. Pour étayer ces remontées du terrain de constatations plus systématiques, la Cimade a développé un logiciel qui appelle toutes les heures les préfectures pour prendre des rendez-vous. En vain le plus souvent.
« Cet automate nous permet d’observer de façon objective qu’une catégorie d’étrangers ne parvient quasiment jamais à décrocher un rendez-vous de dépôt de dossier dans un grand nombre de préfectures, qui pourtant ne leur proposent que ce mode d’accès », souligne Lise Faron, la responsable de la commission migrants de la Cimade.
C’est le cas à Créteil, à Sarcelles, à Versailles, au Havre, à Nîmes, mais aussi dans des préfectures comme celle du Tarn-et-Garonne… Dans tous ces lieux, la multiplication des connections n’aboutit quasiment jamais. Et l’argument du manque de personnel est démenti par le même logiciel qui montre que, dans un grand nombre de départements, l’attribution de rendez-vous pour obtenir une carte grise ou refaire un permis de conduire se déroule, elle, parfaitement.

Si dans certaines villes toutes les demandes émanant d’étrangers sont indistinctement bloquées, une autre partie des territoires français joue le tri, n’autorisant la venue que de certains « profils ». Ainsi, la Cimade montre que, dans la Somme, seuls les étrangers déjà titulaires d’un visa long séjour valant titre de séjour obtiennent des rendez-vous. Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont les étudiants qui ne peuvent pas s’inscrire. Et en Haute-Garonne, la procédure de naturalisation est impossible pour les ressortissants du département.

Empêchés par les vigiles

Face à cette impasse qui condamne une partie des 2,8 millions de personnes vivant sous autorisation de séjour à rester dans l’illégalité, certains tentent l’envoi postal de leur dossier, qui se solde par un retour à l’envoyeur. D’autres tentent de se présenter mais sont presque systématiquement refoulés par les « vigiles des préfectures qui bloquent de plus en plus fréquemment tout accès aux personnes ne détenant pas un passeport », déplore Lise Faron. Il ne reste donc que le droit d’opposition, procédure prévue par l’arrêté du 4 juillet 2013 pour obliger la préfecture à accorder un rendez-vous. « Mais même cela fonctionne mal puisque sur les cinq départements dans lesquels nous en sommes arrivés là, elle n’a abouti que dans un seul cas », rappelle l’association.

Et ce parcours du combattant ne permet d’accéder qu’à la première étape : celle du dépôt de la demande. Cela ne préjuge évidemment pas de la réponse, ni de la suite. Car rien n’empêche les services de requérir ensuite des justificatifs autres que ceux stipulés dans la liste nationale, comme à Toulouse, où il faut par exemple produire un certificat de travail pour demander un titre de séjour pour soins.

Ce rapport, qui fait suite à l’étude sur l’accès au guichet réalisée en 2008 par la même association, montre qu’il est plus difficile pour un étranger de faire valoir ses droits sous le quinquennat de François Hollande qu’avant 2012. Le 2 janvier 2014, le ministre de l’intérieur d’alors, Manuel Valls, avait pourtant demandé à ses préfets que le service public « accueille dignement ses étrangers ». Deux ans après, les files d’attente ont disparu des préfectures, certes, mais beaucoup d’étrangers aussi.
 Maryline Baumard
Journaliste

Les étrangers pris au piège des préfectures virtuelles

Par


La Cimade publie ce mercredi un rapport révélant que la dématérialisation des services de demande de titre de séjour a encore allongé les délais de traitement des dossiers.

  • File d'attente devant la préfecture à Lyon, en février 2015. Photo AFP
L’intention était certainement louable. Afin de réduire les très longues files d’attente des étrangers venus demander ou renouveler un titre de séjour à la préfecture, l’administration a privilégié depuis plusieurs années les démarches en ligne. Mais la dématérialisation n’a pas eu l’effet magique escompté. D’abord, les files nocturnes -des centaines de personnes qui patientent en espérant décrocher un ticket à l’ouverture de la préfecture- sont moins nombreuses mais n’ont pas disparu. Elles concernaient 14 sites en décembre 2014, contre 21 en 2012. Mais surtout, les services en ligne ne suppriment pas l’attente. Ils la rendent invisible. L’obtention d’un premier rendez-vous avec un fonctionnaire reste plus que jamais un «défi», rappelle la Cimade, qui rend public ce mercredi un rapport, «A guichets fermés», consacré à cette question.

L’association historique d’aide aux étrangers a notamment réalisé un test de prise de rendez-vous en ligne dans les préfectures françaises. Grâce à un programme informatique, la Cimade a effectué une requête automatique toutes les heures, dans chaque service. «Le robot regarde si des rendez-vous sont disponibles et note, le cas échéant, les deux premières dates disponibles. Il réalise au passage les captures d’écran des pages consultées permettant, par la suite, de vérifier ses résultats», explique l’association.

Le résultat du test est alarmant. Dans une quinzaine de préfectures, il est tout bonnement impossible d’obtenir un rendez-vous. Dans les autres, l’attente est souvent supérieure à trois mois (dix mois, par exemple, pour la sous-préfecture d’Antony, dans les Hauts-de-Seine). Et dans beaucoup de cas, le service en ligne a entièrement remplacé l’accueil humain ou téléphonique. Les guichets ont fermé. «On critique la dématérialisation quand elle est exclusive, précise Lise Faron, rédactrice du rapport. Il y a là une rupture de l’égalité d’accès au service public. La Cimade est désormais contactée par des personnes qui ne savent même pas comment prendre rendez-vous.»

Privés de récépissé

Selon l’association, il est «clairement devenu plus difficile» d’obtenir ce premier entretien qui déclenche l’instruction d’une demande (ou d’un renouvellement) de titre de séjour. La dématérialisation a été contre-productive. Pour Lisa Faron, il ne s’agit pas forcément d’une erreur: «Il y a une volonté, à une certaine échelle de l’administration, de fermer la porte, dénonce-t-elle. On remarque d’ailleurs que les catégories de population qui ne correspondent pas à l’immigration "choisie" -les étrangers malades, les conjoints de Français, les régularisations exceptionnelles- sont ceux pour qui il est le plus difficile d’aboutir dans leurs démarches.»

En théorie, en France, la procédure de demande de titre de séjour doit durer moins de quatre mois. En réalité, elle prend souvent des années. Et les délais continuent de s’allonger, selon la Cimade. Ce qui place les demandeurs dans une situation de précarité administrative, notamment quand la préfecture ne délivre pas de preuve attestant d’une démarche en cours. Ce récépissé est pourtant censé être obligatoire. Sans lui, les étrangers se trouvent privés de leurs droits -de travailler, de percevoir des aides sociales- pendant toute la durée de l’instruction.

Quelques conseils

Le comble réside peut-être dans le coût officiel de la procédure. «Le titre de séjour est sans doute le document plastifié le plus cher de France», écrit la Cimade. Selon l’association, «le prix à payer atteint dans de nombreux cas la somme de 600 euros pour une validité de douze mois» auxquels s’ajouteront chaque année «106 euros lors de chaque renouvellement».

Face à ce qui apparaît comme un «sous-dimensionnement organisé» des services d’accueil aux étrangers, la Cimade ose quelques conseils: «Maintenir un guichet de pré-accueil dans les préfectures avec une amplitude horaire et des moyens adaptés»; «prévoir des traducteurs»; «supprimer les tickets et les numerus clausus»; «octroyer des rendez-vous dans un délai n’excédant pas un mois»  ou «créer un site permettant de connaître l’état d’avancement des dossiers». Des recommandations finalement modestes pour redonner un peu de dignité à ces démarches.

Célian Macé