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samedi 8 octobre 2011

Compte rendu de la Réunion de Mardi 04 octobre 2011



Participants:

Joël Didier ENGO, association Nous Pas Bouger
Mohamed MOHCHAH, collectif des jeunes tunisiens de Lampedusa
Fatima BENOMAR, Parti de Gauche 11ème
Claire-Lise MACÉ, étudiante journaliste
Frank LA BRASCA, NPA 11ème
Saint-Araille Anna, Indépendant
Challah MAHFOUD, Indépendant
Fabienne DEBARGE, association Nous Pas Bouger
Hamdi NASSIM, 9ème collectif des sans-papiers
Makki BERCHECHE, Indépendant

Excusée: Hassiba MULLER, Europe Écologie les Verts 11ème

I-Bilan de la mobilisation estivale menée par Frank, Joël, Mohamed, Hassiba et Fabienne

- Envoi aux autorités compétentes de la Plate forme de revendications pour les migrants Tunisiens Lampedusa, portant sur le respect des accords bilatéraux relatifs au séjour des Tunisiens en France, et de la Convention de Schengen.

- Distribution du tract de soutien aux migrants tunisiens Lampedusa

- Conception d'une affiche collée sur les principaux lieux de passage des Tunisiens à Paris, et distribuée aux commerçants

- Élaboration d'un guide d'informations utiles (sanitaires, repas, apprentissage du français, consulat, ASE...) pour les migrants Tunisiens.

- Tenue tous les vendredis de permanences de soutien et d'information des migrants, de 18h45 à 20h45, sur l'esplanade en face du Gymnase de la Fontaine au Roi, Métro Belleville ou Couronnes (http://nouspasbouger.blogspot.com/2011/08/compte-rendu-de-la-rencontre-avec-les.html)

II-Principales leçons tirées de la mobilisation estivale

- un isolement programmé du collectif dans un contexte d'abandon général des migrants à leur triste sort, du fait du peu d'entrain (de nombre de participants au collectif) à mettre réellement le pied à l'étrier

- un manque évident de relais syndicaux, politiques, associatifs...nécessaires à l’élargissement de la mobilisation

- une mobilisation difficile des migrants, due en partie à leur éparpillement après les différentes expulsions, dans l'indifférence manifeste de leur diaspora à Paris

- d'où la nécessité évidente de reformuler les objectifs du collectif, centrés sur l'organisation des migrants en véritable collectif de sans-papiers, partie intégrante de toutes les mobilisations existantes à Paris (sans-papiers, sans logis, précaires...).

III- Coordonner les différentes organisations et mobilisations en faveur des Migrants Tunisiens à Paris

À cet effet le collectif projette d'organiser à la Bourse du Travail : une assemblée ou réunion plénière des différentes organisations ou mobilisations des Migrants Tunisiens à Paris.

Cette réunion qui doit se tenir samedi 29 octobre a pour but de coordonner toutes les actions et initiatives prises en faveur de l'hébergement d'urgence (avant le début de l'hiver) et la régularisation de tous les migrants tunisiens lampedusa.

Nous soumettrons à cette occasion l'idée de créer une Coordination Parisienne des Migrants Tunisiens Lampedusa, dans laquelle les migrants Tunisiens seront membres de droit (le porte-parole de la coordination logiquement issu de leurs rangs) ; les autres membres (collectifs, syndicats, associations, partis politiques, diaspora tunisienne, indépendants..) ne servant que comme forces d'appoints dans les mobilisations, manifestations, négociations et formulations des revendications (hébergement d'urgence, régularisation...).

IV-Quelles suites juridiques et judiciaires à l'incendie de Pantin?

Suite à la proposition de Mohamed de «déposer une plainte» après la mort accidentelle de 6 migrants nord-africains (notamment Tunisiens) dans l'incendie d'un squat à Pantin le 28 septembre dernier, notre collectif (qui n'a aucune existence juridique) invite néanmoins les associations, formations et organisations membres, reconnues par la loi, à s'associer éventuellement à la plainte des parties prenantes en se portant partie civile.


Date de la réunion préparatoire de l'assemblée plénière: mardi 18 octobre, à partir de 19h00 au café "Le vieux Saumur"10, rue de Belleville  (salle du 1er étage), M° Belleville Tel. 01 47 97 70 08


Le Comité de Soutien des Migrants Tunisiens de Lampedusa


Site Internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org

jeudi 29 septembre 2011

INCENDIE D'UN SQUAT DE MIGRANTS À PANTIN OU QUAND L'IMMIGRATION IRRÉGULIÈRE A BON DOS

La fatalité n'y est pour rien: les 6 morts et blessés de Pantin sont d'abord des victimes d'un système cynique, xénophobe et barbare!














Une fois encore, des jeunes et des travailleurs migrants qui étaient venus dans notre pays pour tenter d'y chercher une vie meilleure comme c'est le droit de tout être humain ont trouvé la mort dans des conditions atroces.

Contrairement à ce qu'affirment déjà et vont tenter d'affirmer les représentants d'un gouvernement qui fait de la xénophobie son fond de commerce et des politiciens prétendument de "gauche" qui ont laissé soigneusement pourrir une situation qui aurait pu être réglée aisément, ce ne sont ni "l'immigration irrégulière" (les victimes étaient arrivés légalement en France) ni la fatalité qui sont à l'origine de ce drame atroce.

Ces jeunes, ces travailleurs sont d'abord des victimes d'un système cynique, xénophobe et barbare qui a délibérément décidé d'entretenir une stigmatisation institutionnelle des étrangers, sur fond d'injustices économiques et sociales en France.

En tant que Collectif, nous tenons avant toute chose à nous incliner devant la mémoire de ces victimes et à nous engager à tout faire pour que de telles horreurs ne se reproduisent plus JAMAIS.

Pendant cet été, le petit groupe que nous sommes a tenté d'alerter les autorités locales et nationales sur le sort indécent et injustifié qui était réservé à ces jeunes migrants.

Il n'a cessé en particulier de rappeler les autorités gouvernementales au respect des traités que la France a signés (accords de l'espace Schengen autorisant la circulation des migrants possédant un document d'entrée délivré par un des pays signataires, accord franco-tunisien de 2008).

Nous n'avons reçu aucune réponse ni des uns ni des autres. Car clairement, l'objectif était de faire traîner les choses au mépris des DROITS de ces jeunes et travailleurs.

On a même été jusqu'à les chasser manu militari sous «bonne escorte» de CRS, successivement du gymnase du 100 rue de la Fontaine-au-roi dans le onzième arrondissement de Paris (sous le prétexte de travaux de rénovation qui n'ont jamais vu un début de commencement); des locaux parisiens du parti-État du dictateur BEN ALI le «RCD» au numéro 36 de la rue Botzaris devenus une propriété de l'ambassade de Tunisie à Paris; puis de manière plus "douce" mais non moins barbare le 31 août dernier, du foyer "Aurore" dans le 8ème arrondissement, administré par l'association France Terre d'Asile.

Dès lors, l'hiver approchant et les conditions de survie devenant pour eux de plus en plus difficiles, comment s'étonner que ces jeunes aient été contraints de chercher refuges dans des squats insalubres et aux conditions d'hygiène et de sécurité désastreuse?

A qui fera-t-on croire que dans une capitale comme Paris, il est impossible de procurer des lieux d'hébergement décents à quelques centaines de jeunes pour leur éviter les intempéries et autres aléas de la rue?

TROP C'EST TROP!

Devant la tragédie qui s'est déroulée hier, les politiciens de tout bord doivent cesser leurs manœuvres hostiles et/ou dilatoires.

Nous en appelons à toutes les associations, syndicats, partis et indépendants se réclamant non seulement de la gauche, mais aussi de l'humanisme, ou mieux encore, de la simple humanité:

IL FAUT IMMEDIATEMENT que ces jeunes migrants reçoivent l'accueil auquel ils ont droit; que des papiers et des hébergements décents leurs soient délivrés sur le champ!

IL FAUT AUSSI que s'exprime avec force notre indignation et notre compassion pour ceux qui ont connu une fin atroce et digne d'un autre âge dans un pays qui se prétend la "Patrie des droits de l'homme".

Les jeunes tunisiens, légitimement choqués organiseront un rassemblement pacifique à Pantin vendredi 30 septembre 2011 à partir de 18h00 pour honorer la mémoire de leurs camarades morts ou blessés, devant le squat incendié.

Passage Roche - Métro Hoche (ligne 5).

SOYONS LES PLUS NOMBREUX POSSIBLES POUR ÊTRE À LEURS CÔTES ET RÉCLAMER QU'ON SATISFASSE AU PLUS VITE LEURS LÉGITIMES REVENDICATIONS

Paris, le 29 septembre 2011

Le Collectif de soutien aux migrants tunisiens de Lampedusa


Sur le même sujet:

"Drame de l’immigration près des ateliers Hermès", Lemonde.fr

Six morts dans l'incendie d'un squat à Pantin, Le Figaro.fr

Incendie du squat de Pantin : un survivant témoigne, Le Point.fr

Que sont devenus les migrants tunisiens?, Slate.fr


Site Internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org</

samedi 26 mars 2011

France Bleue Marine…..et Nous et Nous et Nous!

Face au cataclysme provoqué dans les écuries politiques et présidentielles par le succès du Front National de Marine Lepen au premier tour des élections cantonales, devons-nous nous en inquiéter autant qu’ils le disent? Serions nous forcément visés dans l’attraction exercée par la Madone frontiste auprès d’une certaine frange déboussolée de l’électorat français? Est-ce notre problème?

Autant de questions qui feraient oublier la réalité humaine et cosmopolite d’un pays attachant, puissance économique et mondiale, dans lequel l’écrasante majorité de la population a un bon fond (comme on dit familièrement). Alors pourquoi succomberait-elle plus aujourd’hui que sous Jean-Marie LePen, aux sirènes du Front National version Marine Lepen?

Indéniablement la fille apporte une fraîcheur esthétique qu’on peine à retrouver dans les autres familles politiques, où les nouveaux hierarques généralement présentés comme la jeune génération semblent aussi imbus d’eux-mêmes et rompus à la langue de bois que certains illustres aînés. Pourtant si le Front national propose une jouvence cosmétique à travers la figure de Marine Lepen, son fond idéologique reste fondamentalement inchangé. Le ravalement de la façade frontiste avec les références à Jean Jaurès, à la laïcité, ou à la solidarité nationale…dissimule la motivation restée intacte d’un électorat désormais décomplexé.

En effet, comme il y a une vingtaine d’années, lorsque l’électeur frontiste n’accable pas les partis de gouvernement (le fameux UMPS) et leurs dirigeants jugés (seuls) responsables de son égarement dans l’urne; il incrimine en bloc la précarité sociale et économique, l’union européenne, la mondialisation (avec sa cohorte de délocalisations), l’ouverture des frontières, l’insécurité et les étrangers….Ces deux-là allant évidemment de pair avec l’obsession d’une France qui aurait perdu ses valeurs, sa vraie identité (nationale), et serait menacée d’envahissement par des hordes d’étrangers (lesquels?), qui prendraient inévitablement la place des vrais et bons français (sous-entendus les bleus marins).

Une sorte de péril étranger en la demeure française, qui nous laisse pantois

Parce que rien ne justifie de redouter plus qu’avant, ce qui nous est présentée aujourd’hui comme la nouvelle poussée électorale du front national. L’arrivisme ou le carriérisme effréné (qui touche toutes les formations politiques), l’escalade du discours réactionnaire officiel, l’incessant durcissement de la législation sur les étrangers, la persistance du conditionnement identitaire et racial…sont des lieux communs de la France de 2011. Le Front National de Marine LePen agit simplement comme un miroir grossissant et surfe remarquablement sur cette triste réalité, sans pour autant apporter la moindre solution à la misère humaine, aux difficultés socio-économiques, à la peur du déclassement des classes moyennes…qui s’amplifient et s’installent durablement dans les villes et les campagnes de France.

Bref la peur de perdre son statut social (pour les frontistes, son statut racial) aurait donc changé de camp. Longtemps cantonné aux anciens et nouveaux arrivants, elle semble progressivement gagner les autochtones (les français dits de souche), à mesure que le référent culturel qui opérait pour eux comme un rempart identitaire et sécuritaire à l’égard des descendants d’indigènes, s’est démocratisé et mondialisé, au point de mettre le concept d’assimilation à nu: plus que jamais un déni du droit à la différence et de la diversité française.

La France officielle ne correspond plus à la France réelle

Et on se prend à rêver que le spectre agité d’une poussée électorale du Front National contraigne enfin la France officielle à une exigence de représentativité réelle.

Car on ne peut pas en permanence manier la condamnation du Front National et des dérapages xénophobes de tel ou tel officiel, pour ne point remarquer qu’ils prospèrent d’abord sur l’amalgame soigneusement entretenu entre le faciès prêté aux populations indexées, leur supposée religion (Islam) et le statut d’étranger qui leur est généralement accolé.

La sous-représentativité des français issus de l’immigration maghrébine, noire africaine, asiatique dans les instances de décision ou de représentation de l’État français entretient le cliché de femmes et d’hommes venus de loin, incapables ou indignes de représenter la vraie France, d’avoir des convictions intrinsèques. Très souvent cette marginalisation se fait au nom du Peuple français, supposé moins disposé à voir des citoyens français de couleur occuper des postes de responsabilité. C’est comme si certains français évoluaient sur une planète imaginaire où ils cotoyeraient uniquement des créatures bleues marines… Ce n’est plus le cas nulle part dans l’Hexagone, y compris au sein du Front National de Marine Lepen.

Pour terminer, à un Front National qui se trompe dans le diagnostic et dans la thérapie proposés aux français, opposons la réalité d’une France plurielle dans laquelle la fonction de représentation ne peut être assignée à certains, chargés uniquement de s’indigner pour le compte ou au nom des autres…les éternels invisibles, dont on dit pourtant trop visibles au quotidien, au point d’empêcher les (vrais) français de ne plus se sentir chez eux en France.

Une France à laquelle nous sommes individuellement attachés, et qui nous donne collectivement vocation à la mettre à l’abri de toutes les formes d’intolérances. Notamment celles qui lui font courir à sa perte.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Patrick Weil: «L'immigration n'est pas une chance, c'est un fait»