C'est Nelson Mandela qui doit chaque fois se retourner dans sa
tombe, en voyant notamment les mauvais traitement infligés aux enfants
et petits-enfants des Africains sub-sahariens, qui ont aidé l'ANC par un
soutien multiforme et sans faille à triompher du régime de l'apartheid.
Pourtant ils sont ainsi fréquemment lynchés et tués par des hordes de
Sud-africains noirs (comme eux), qui les considèrent comme des "profiteurs étrangers", dans une certaine indifférence de la classe dirigeante actuelle.
C'est vrai que la corruption des élites a le don de les rendre
également amnésique, au mépris ici de la lutte pour l'émancipation
politique et économique menée avec l'aide des Africains, et qui permet
aux leaders de l'ANC de s'enrichir ostensiblement au détriment de
l'écrasante majorité de leurs concitoyens.
Une "malédiction" liée à une forme de mal gouvernance très africaine.
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER
Afrique du Sud : meurtrière xénophobie
Si le président Ramaphosa juge « inacceptables » les attaques contre les
étrangers, institutions, gouvernements et société civile africaine
s'élèvent contre les manquements du gouvernement.
« Afrophobie ? »
« Xénophobie ? » « Racisme entre Noirs ? » Un « Noir » déjà bien
« noir » qui massacre un « étranger » sous prétexte qu'il aurait la peau
trop sombre : la haine de soi par excellence ? Mais bien sûr, c'est
tout cela en même temps ! » s'exclame l'historien et enseignant à l'université du Witwatersrand à Johannesburg Achille Mbembe, dans un long texte repris par Courrier international.
Ce dernier décrit une situation devenue explosive alors
qu'en 2015 et 2017 déjà ces mêmes violences avaient défrayé les
chroniques. Interrogeant un chauffeur de taxi sur la manière dont les
agresseurs s'y prennent, Achille Mbembe nous apprend que le feu utilisé
est un héritage de l'apartheid. « Parce que du temps de
l'apartheid, le feu, c'était la seule arme que nous avions, nous, les
Noirs. Nous n'avions pas de munitions, d'armes et tout ça. Avec le feu,
on pouvait fabriquer des cocktails Molotov et les jeter sur l'ennemi à
bonne distance », explique le chauffeur.
Un gouvernement débordé
Cent
quatre-vingt-neuf personnes ont été arrêtées, a annoncé mardi la
police. « On a enregistré cinq meurtres » dans la région de
Johannesburg, la principale ville du pays, selon un communiqué de la
police qui a indiqué qu'elle avait déployé des renforts dans les
« points chauds ». « Le plus grand nombre » de victimes sont des
Sud-Africains, a précisé le ministre sud-africain de la Police, Bheki
Cele.
« Je
condamne dans les termes les plus forts les violences qui s'étendent
dans quatre provinces » du pays, dont les capitales économique,
Johannesburg, et politique, Pretoria, a déclaré le chef de l'État Cyril
Ramaphosa dans une vidéo postée sur son compte Twitter.
« Les
attaques visant des commerçants étrangers sont totalement
inacceptables, quelque chose qu'on ne peut pas autoriser en Afrique du
Sud », a-t-il ajouté. « Je veux que cela cesse immédiatement », a-t-il
lancé. « Les gens de notre pays veulent vivre en harmonie, quelles que
soient les inquiétudes et les doléances que nous puissions avoir, nous
devons les gérer de façon démocratique, en discutant. » « Il ne peut y
avoir aucune justification pour qu'un Sud-Africain s'en prenne à des
gens d'autres pays », a insisté le président. « Nous sommes un pays qui
est complètement engagé contre la xénophobie. Nous n'autorisons pas et
nous ne pouvons pas tolérer des attaques contre des gens d'autres
pays », a-t-il encore dit, annonçant une réunion ministérielle
d'urgence.
L'Afrique réagit
Trop tard pour le journal Le Pays, basé au Burkina Faso, « l'icône
du pays et fierté de l'Afrique a dû se retourner plus d'une fois dans
sa tombe », peut-on lire dans l'éditorial du jour. « Le combat pour le
respect de tout homme, qui ne peut se faire sans le respect de son droit
à la vie, que Nelson Mandela a mené toute sa vie, est mis à rude
épreuve une fois encore, par de sinistres individus. On peut comprendre
l'amertume de la jeunesse sud-africaine en proie au chômage et à la
cherté du coût de la vie. Et c'est dire si les élites politiques ont
échoué à améliorer substantiellement leurs conditions de vie. Mais ce
qui n'est ni compréhensible ni admissible, c'est le fait de rendre les
étrangers responsables de tous les malheurs du pays. »
Moussa
Faki Mahamat, le président de l'Union africaine, a appelé à ce que des
« mesures préventives soient prises pour protéger la vie des personnes
et leurs biens, veiller à ce que les auteurs de ces actes soient
traduits en justice et que des réparations soient accordées aux
victimes ». Lundi, le ministre des Affaires étrangères du Nigéria,
Geoffrey Onyeama, a écrit sur Twitter qu'il avait reçu « la nouvelle
nauséabonde des incendies et des pillages de magasins nigérians. Trop,
c'est trop ! » s'est emporté le ministre. Ces violences ont lieu alors
que le président nigérian Muhammadu Buhari doit bientôt se rendre en
Afrique du Sud, où il doit rencontrer le président Cyril Ramaphosa pour
discuter de la montée des tensions, notamment des violences contre les
étrangers. De nombreuses personnalités nigérianes ont appelé au
« boycott total » des entreprises sud-africaines, telles que le
fournisseur de programmes télévisés DSTV ou le géant des télécoms MTN.
Toutes les communautés d'immigrés concernées
Il
y a moins de quatre millions de migrants en Afrique du Sud pour une
population totale de 50 millions d'habitants. Toutefois, les attaques
contre des magasins appartenant à des étrangers sont devenues des
phénomènes récurrents que beaucoup attribuent à la frustration suscitée
par le taux de chômage élevé du pays, qui se situe à environ 28 %.
Debout devant des gravats calcinés, une femme sud-africaine, Lerato Peete, a déclaré au Times,
un journal local, qu'elle était en colère contre ses concitoyens pour
avoir attaqué leurs « frères et sœurs » africains. « J'ai tellement
honte d'être sud-africaine », a-t-elle déclaré. « Comment est-il
possible qu'une personne noire puisse être un étranger en Afrique ? Ma
mère était une militante, mon père était une militante. Je suis né en
Afrique du Sud parce que nous n'avions pas d'endroit chez nous. »
Les violences des derniers jours ont causé une vive inquiétude dans les autres communautés immigrées de Johannesburg. « Ils
ont tout brûlé », a témoigné mardi à l'AFP un commerçant originaire du
Bangladesh, Kamrul Hasan, devant son commerce incendié du township
d'Alexandra. « Tous les six mois, c'est la même chose. Alors, pourquoi
rester ici ? J'ai tout perdu. Si le gouvernement [sud-africain] paie mon
billet d'avion, je rentrerai au Bangladesh », a-t-il assuré.
Au-delà
de l'indignation générale, beaucoup pointent du doigt le gouvernement
sud-africain. En effet, ce dernier a depuis peu durci le ton au sujet de
l'immigration. De nouvelles mesures draconiennes ont été votées. Les
permis de travail ne sont plus systématiquement renouvelés, les familles
se voient refuser des visas, les enfants sont condamnés à un no man's
land scolaire. Et Achille Mbembe d'ajouter : « Une situation kafkaïenne
qui touche aussi les étudiants entrés légalement dans le pays, dont les
visas ont été régulièrement renouvelés, mais qui se trouvent maintenant
pris au piège du flou juridique, dans l'impossibilité de s'inscrire et
de toucher l'argent auquel ils ont droit, qui leur a été alloué par les
institutions. Avec ses nouvelles mesures anti-immigration, le
gouvernement est en train de transformer les immigrés jusque-là légaux
en clandestins. »
Même son de cloche du côté de la Chambre de
commerce et d'industrie d'Afrique du Sud (SACCI). Le directeur général
de l'institution, Alan Mukoki, a déclaré qu'il était regrettable que
l'incapacité du gouvernement à enregistrer les mouvements aux frontières
du pays soit à l'origine de la violence entre les Sud-Africains
appauvris et les ressortissants étrangers.
Sipho Zungu, président
de l'Association des chauffeurs de camion, regrette que le gouvernement
permette aux entreprises d'employer des étrangers sans papiers afin
d'éviter de se conformer aux lois du travail sud-africaines, créant
ainsi un avantage injuste pour ces immigrés. Plusieurs reportages ont
montré des salles d'audience pleines à craquer en raison de centaines
d'immigrés arrêtés sans aucun document. Ils ont immédiatement été
envoyés au centre de rapatriement de Lindela, d'où ils seront renvoyés dans leur pays d'origine.
Je suis #Fotokol: Projet d'Aide aux Femmes et Jeunes Filles Victimes des Violences de Boko Haram
Parrainé par l'Association Nous Pas Bouger Centre International de Culture Populaire (CICP) 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris Tel. 06 37 92 39 41 E-mail: associationouspasbouger@yahoo.com
Problématique:
Depuis un peu plus de 03 ans, le Bassin du Lac Tchad est le théâtre
d'opérations du groupe armé et terroriste dénommé BOKO HARAM, né au
Nigéria dans les années 2000. Ses membres mènent dans cette région des
campagnes de plus en plus intensives d’attentats, de raids éclairs
contre des villes et des villages, et d’occupation de villes importantes
dans le Nord-Est du Nigéria; puis depuis peu des opérations kamikazes menées par des femmes ou des jeunes filles instrumentalisées.
Même si les statistiques disponibles restent peu fiables, à ce jour,
le conflit entre BOKO HARAM et les forces de sécurité coalisées des
États du Bassins du Lac Tchad auraient fait plus de 20 000 morts et 1
500 000 déplacés.
Dans un récent rapport fondé sur 377 entretiens, dont quelque 200
témoignages directs, parmi lesquels ceux de 28 femmes et jeunes filles
ayant réussi à s'échapper des griffes du groupement terroriste, AMNESTY
INTERNATIONAL révèle que, depuis le début de l'année 2014, plus de 2.000
femmes et jeunes filles ont été enlevées pour être emprisonnées,
parfois violées, mariées de force, voire contraintes à perpétrer des
attaques armées dans leur propre village.
Alors qu’elles paient un lourd tribut parce que subissant les pires
violences basées sur le genre et utilisées comme « arme de guerre », les
femmes et les jeunes filles des zones en conflit dans le Bassin du Lac
Tchad sont les oubliées des projets et programmes d’aide et d’assistance
en situation d’urgence, ces projets et programmes ne prenant pas en
compte leurs besoins spécifiques et en violation des Résolutions du
Conseil de Sécurité des Nations Unies portant sur les femmes, la paix et
la sécurité.
Objectif du projet :
L’objectif global du projet est de fournir une aide humanitaire
d’urgence et une assistance spécifique aux femmes et jeunes filles
victimes des exactions et violences du groupe terroriste BOKO HARAM,
dans le contexte de conflit armé et post-conflit, notamment une aide à
des projets d'autonomisation après un long hébergement dans les camps de
réfugiés.
Zone d’intervention du projet:
La zone d’intervention du projet est le Bassin du Lac Tchad, une aire
géographique qui est constitué des pays riverains du Lac Tchad que
sont : le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, la République
Centrafricaine et de la Libye. Le Bassin du Lac Tchad, sans la Libye,
est d'une superficie de 967.000 km² et compte une population estimée à
30 millions d’âmes.
Bénéficiaires du projet:
Les bénéficiaires du projet sont les femmes et les jeunes filles de
la zone de conflit, laquelle comprend : trois régions du Cameroun; deux
régions du Niger ; six (États fédérés) du Nigeria; trois régions de la
RCA et l'ensemble du territoire du Tchad.
Partenaires souhaités du projet:
- Un partenaire privilégié : la France
- Toutes les Agences Onusiennes
- Les État du Bassin du Lac Tchad
-La Commission Européenne
- La Commision du Bassin du Lac Tchad
- L’Union Africaine, les Commissions Économiques Sous Régionales et la Commission du Bassin du Lac Tchad
- L'Agence Française de Développement (AFD)
- Les OSC
Durée du Projet:
La durée du projet ne peut être déterminée. Il est tout simplement
souligné que le projet va être conduit pendant le conflit et
post-conflit.
Description du projet:
Les composantes du projet sont les suivantes :
- Évaluation de la situation des femmes et de leurs besoins d’aide en situation d’urgence
- Aide aux femmes et jeunes filles dans le contexte de conflit armé
- Renforcement des capacités
- Aide aux femmes et aux jeunes filles dans le contexte post-conflit
- Automisation progressive des femmes et des jeunes filles par
l'apprentissage des métiers, la promotion de l'artisanat local, le
commerce équitable, l'assistance dans la production agricole et
l'élevage, etc...
Toutes les initiatives et idées seront bien évidemment toujours les bienvenues! Joël Didier Engo Président de l'Association Nous Pas Bouger et porteur du projet