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lundi 27 février 2017

Etats-Unis: la politique migratoire de Trump inquiète les communautés africaines

Une manifestation contre la politique migratoire de Donald Trump, le 11 février dernier à New York.
© Spencer Platt/Getty Images/AFP SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORT

Les nouvelles directives du département de la Sécurité nationale sur les expulsions de clandestins sont génératrices d'angoisse dans les communautés étrangères des Etats-Unis. Dans un pays où les contrôles d'identité inopinés ne sont pas du tout dans les habitudes, certains migrants sans papiers sont installés depuis des années. Ceux qui n'ont jamais eu affaire à la justice avaient fini par ne plus penser à une éventuelle expulsion. C'est le cas de nombre d'entre eux dans les communautés africaines.

Avec notre correspondante à WashingtonAnne-Marie Capomaccio
Les ambassades africaines aux Etats-Unis n'ont pas été prévenues avant le public. Les diplomates ont découvert les nouvelles directives sur le site du département de la Sécurité nationale. Les voilà sollicités par leurs ressortissants inquiets de cette perspective d'expulsion de masse.
Ce qui fait peur, c'est le contrôle inopiné... Quels sont les droits des sans-papiers, quel avocat contacter et dans le cas extrême - l'expulsion - comment régler ses affaires ?
Un diplomate guinéen l'explique : certains migrants illégaux sont aux Etats- Unis depuis 20 ans. Ils ont bâti une vie, et le rêve américain peut se terminer en cauchemar. Un recensement est en cours, pour avoir une notion précise du nombre de Guinéens sur le sol américain.
Comportement impeccable
Le consul du Sénégal demande à ses compatriotes d'être irréprochables. « Nos compatriotes, ceux qui sont en situation irrégulière et qui ont des papiers, et ceux qui sont sans papiers, de la même manière, on leur suggère fortement de continuer à avoir une attitude irréprochable pour éviter d’être exposés ou confrontés à des décisions pareilles suite à une arrestation, altercation, une rencontre avec la police ou la sécurité intérieure », explique El Hadji Amadou Ndao.

Et pour les Maliens le problème est le même ; la crainte du contrôle et de l'expulsion affole les sans-papiers, et même ceux qui sont en possession d'un titre de séjour. La communauté malienne est bien organisée à travers les Etats-Unis, le dialogue est permanent et les diplomates tentent de rassurer leurs ressortissants.

Ils tentent aussi de discuter avec un département d’État qui s'installe, comme l'explique Tièna Coulibaly, ambassadeur du Mali aux États-Unis. « C’est ce langage que nous tenons, aussi bien avec le département d’Etat en leur demandant d’avoir plus de tolérance à l’endroit de tous ceux qui sont ici et dont la seule faute est de ne pas avoir de document de séjour, et aux Maliens, nous disons que personne ne doit se rendre coupable de crimes… »

Application stricte de la loi

Les directives du département de la Sécurité nationale sont simples : l'application de la loi à la lettre. Tout migrant illégal est susceptible d'être reconduit à la frontière, c'est la règle, même pour ceux qui n'ont commis aucun délit, et quel que soit le temps de résidence.

« Avant, c’était les cas de crimes qui étaient priorisés, explique le consul du Sénégal. Maintenant, ce qui est annoncé par la nouvelle administration, c’est qu’il n’y aura plus de priorité. Tous ceux qui seront pris en situation irrégulière seront traités de la même manière. Avant, le fait d’être en situation irrégulière n’était pas à l’origine de troubles avec la justice. Avec l’application de ces décisions de justice, ça va devenir plus compliqué. »

La prudence est donc de mise. Mais comme le fait remarquer Tièna Coulibaly, il faut bien vivre et sortir de chez soi pour aller travailler. L'ambassadeur du Mali espère que l'administration Trump reviendra à une politique plus clémente.

Si le décret Trump sur l'immigration n'avait pas été bloqué en justice, la Maison Blanche avait le projet d'ajouter cinq pays à la première liste : cinq pays d'Afrique de l'Ouest et du Sahel.

Radio France International (RFI)

 

dimanche 12 juin 2016

Le droit à la santé des étrangers prend l'eau de toutes parts

media 
Pour dénoncer les expulsions d'étrangers gravement malades, des militants associatifs se sont allongés devant l'Assemblée nationale, le corps recouvert d'un drap. Paris, le 16 juin 2015. AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

Par Caroline Coq-Chodorge, Médiapart 12 juin 2016
 
Une réforme de la Sécurité sociale qui oublie les étrangers, des titres de séjour pour soins qui leur sont plus souvent refusés : par petites touches et sur plusieurs fronts, le droit à la santé des étrangers est fragilisé. Depuis cinq ans, les associations constatent une prise en main du sujet par le ministère de l’intérieur. Et, à l’approche de la présidentielle, il est d’ores et déjà instrumentalisé par la droite.

Une réforme de la Sécurité sociale qui oublie les étrangers, des titres de séjour pour soins qui leur sont plus souvent refusés : par petites touches et sur plusieurs fronts, le droit à la santé des étrangers est fragilisé. Dans son récent rapport sur les droits fondamentaux des étrangers en France, le Défenseur des droits rappelait quelques évidences. Le droit universel à la protection de la santé est certes « consacré tant par le droit international que par le droit interne », mais il est souvent « entravé » pour les étrangers, surtout lorsqu’ils sont en situation irrégulière. « Le besoin de soins est une cause tout à fait marginale d’immigration », dit encore le Défenseur des droits. Et toute politique visant à limiter l’accès aux soins des étrangers est en réalité plus « coûteuse, car la prise en charge est plus lourde si un malade doit attendre que son état de santé se dégrade ». Ce rappel est de circonstance, au moment où les associations voient s’accumuler les sujets d’inquiétude.
  • Puma : les étrangers privés de leurs droits à l’assurance maladie ?
Personne ne devrait se plaindre de la protection universelle maladie (Puma). Elle vise à donner enfin corps à la couverture maladie universelle, créée en 1999. Finie la CMU, place à la Puma : l’assurance maladie devient réellement une prestation universelle, garantie à tous ceux qui « résident en France de manière stable et régulière ». Finies surtout les « ruptures de droit », ces dysfonctionnements administratifs qui surviennent lors du passage d’une caisse de sécurité sociale à une autre : lorsqu’un étudiant quitte le régime de ses parents pour rejoindre le régime étudiant, lorsqu’un salarié lance son entreprise et rejoint le régime social des indépendants (RSI), lorsqu’un salarié agricole au chômage doit quitter le régime des agriculteurs (RSA) pour avoir droit à la CMU au sein du régime d’assurance maladie des salariés (Cnamts), etc. Au cours de ces changements de régime, les assurés perdent l’accès à leur carte vitale, doivent avancer leurs frais de santé et attendre, parfois plusieurs semaines, leur régularisation pour être remboursés. Cette importante réforme doit au bout du compte « simplifier les démarches pour les assurés » et ainsi « garantir la continuité des droits », indique la loi de financement de la sécurité sociale pour 2016, qui la met en œuvre.

Seulement, l’administration de la sécurité sociale a commis une « faute énorme », selon Didier Maille, responsable du service social et juridique du comité pour la santé des exilés (Comede). Deux cents articles du code de la sécurité sociale ont été modifiés ou supprimés, sans que personne semble avoir anticipé que de nombreux étrangers y perdraient leurs droits à l’assurance maladie. En effet, le dispositif qui assurait un maintien des droits automatique pendant un an a été supprimé : il a été jugé inutile puisque les droits sont désormais garantis. « Seulement, ils ont oublié qu’il y a une autre façon de perdre ses droits : lorsqu’un titre de séjour expire, explique Didier Maille. Ils ont ainsi saboté la base légale justifiant les droits à l’assurance maladie de 700 000 personnes en situation régulière, mais aux titres de séjour précaires. » Sur 3,8 millions d’étrangers en France, 700 000 ont en effet un titre de séjour inférieur ou égal à un an.

Didier Maille donne l’exemple d’un Érythréen demandeur d’asile. Aujourd’hui, le dépôt à la préfecture de sa demande lui ouvre des droits à l’assurance maladie, pour un an minimum, même s’il reste dans une situation d’attente. Les associations craignent que les droits de cet Érythréen ne soient limités à la durée de son titre de séjour. La situation virerait alors à l’enfer administratif. Car pour les demandeurs d’asile, les titres de séjour sont de courte durée – 1 mois, 3 mois ou 9 mois – entrecoupés de périodes où leurs demandes de renouvellement sont en cours d’examen. L’assurance maladie met de son côté trois mois en moyenne pour ouvrir des droits à l’assurance maladie. « Dans le climat actuel, il n’y a aucune raison pour que l’assurance maladie ouvre des droits à une personne dont le titre a expiré, même si elle a déposé une demande de renouvellement », note Didier Maille. Autrement dit par Lise Faron, responsable de la commission migrants de la Cimade : « On craint que les ouvertures de droits n’arrivent jamais. » 



Les droits à la santé des étrangers qui travaillent en France sont aussi fragilisés, en raison d’une cascade de décisions défavorables. Depuis la loi du 7 mars 2016 relative aux droits des étrangers, les titres de séjour des personnes en CDD expirent en même temps que leur contrat de travail. Si la réforme Puma entre en vigueur en l’état, leurs droits à l’assurance maladie s’éteindront eux aussi.

Le ministère de la santé assure que « la réforme Puma est à droit constant, il n’y a aucun recul ». Il admet « avoir mal anticipé les conséquences pour les étrangers » et assure « travailler avec les associations » pour restaurer les droits actuels des étrangers. Mais après six mois de discussions, celles-ci ne sont pas satisfaites par les projets de décrets en cours d’écriture : « Ils cherchent à rattraper l’erreur commise, d’une manière très complexe et inapplicable. Nous demandons que des droits à l’assurance maladie soient ouverts pour une durée clairement indiquée – nous proposons un an – et qu’ils ne puissent pas être remis en cause », détaille le juriste du Comede. Pour l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE), un tel dispositif aurait plusieurs avantages : « sécuriser les droits des personnes » ; « stopper les droits en cas de séjour irrégulier durable » et « diminuer le travail des caisses » d’assurance maladie.

Se pose aussi la question du type de titres qui ouvrent des droits à l’assurance maladie. Aujourd’hui s’applique une circulaire très large : il suffit d’une convocation à la préfecture, qui atteste de l’engagement d’une procédure. Un décret en cours d’écriture va établir une nouvelle liste de titres et les associations craignent qu’elle ne soit plus « restrictive », selon Lise Faron, de la Cimade.
  • Un «droit à la santé des étrangers » des étrangers malades par les médecins ?
C’est un scandale à double détente. Le 10 mai, l’AP-HP annonce la suspension de l’hépatologue Yves Benhamou : il aurait demandé à un étranger en situation irrégulière de l’argent en espèces pour établir un certificat médical permettant d’enclencher une procédure de régularisation pour raisons de santé. L’AP-HP évoque même un « système » impliquant un « intermédiaire » et d’autres étrangers. Puis le 16 mai, dans Le Parisien, la Cimade accuse un grand nombre de médecins de « pratiquer un “racket” auprès des migrants ». L’association a depuis modéré ses propos, légèrement embarrassée par l’ampleur de la polémique, mais surtout ravie de ses conséquences : le ministère a organisé en urgence une réunion sur le sujet avec l’ordre des médecins, et promet de résoudre rapidement un problème dénoncé en vain depuis de nombreuses années.

De l’avis général, c’est plutôt le dispositif, mal connu et mal conçu, qui pose problème. Pour déposer une demande de titre de séjour pour soins, un étranger malade doit obtenir un rapport médical d’un praticien hospitalier ou d’un médecin libéral agréé par la préfecture. « Ces médecins ne sont généralement pas les médecins traitants de ces malades, explique Lise Faron de la Cimade. Ils n’ont parfois que peu d’informations, ils doivent les réunir, écrire un rapport circonstancié, cela prend du temps. Ces médecins libéraux sont aussi agréés pour rédiger des certificats médicaux pour les permis de conduire ou des expertises judiciaires et, par méconnaissance, ils appliquent la même tarification, un forfait non remboursé par la sécurité sociale. En Seine-Saint-Denis, ces médecins se sont même mis d’accord avec l’Agence régionale de santé pour facturer 92 euros aux étrangers, alors qu’ils devraient revoir ses personnes plusieurs fois, et leur facturer jusqu’à trois consultations prises en charge par l’assurance maladie. » André Deseur, de l’ordre des médecins, partage l’analyse des associations et souhaite lui aussi que « l’information des médecins s’améliore et que le dispositif évolue ».
  • Des étrangers malades expulsés
« En février dernier, monsieur F. a été expulsé vers le Bangladesh. Pourtant, il ne pourra pas y bénéficier de la prise en charge médicale que nécessite son état. »
L’ODSE recense ainsi, sur un site internet et sur Twitter, toutes les expulsions d’étrangers malades qui ont pourtant obtenu un avis médical favorable par le médecin de l’Agence régionale de santé. Leur état de santé a été jugé particulièrement grave, et le médecin a estimé qu’ils ne pourraient pas être soignés correctement dans leur pays d’origine. « Avant 2012, les préfectures suivaient systématiquement l’avis du médecin de l’ARS. Ce n’est plus le cas aujourd’hui pour de nombreuses personnes que nous suivons », constate Lise Faron, de la Cimade. Pour l’ODSE, « aucun gouvernement jusqu’ici n’avait enfermé ou expulsé autant d’étrangers malades ». 

Plus grave encore, l’ODSE constate que des préfectures cherchent à obtenir des informations médicales sur les demandeurs de titres de séjour pour soins, violant ainsi le secret médical. Les préfets peuvent ainsi contredire l’avis du médecin de l’ARS et justifier l’expulsion par l’accès aux traitements dans les pays d’origine. « Certaines préfectures établissent une liste de pays sûrs d’un point de vue sanitaire : on y trouve le Kosovo, l’Albanie, la République démocratique du Congo, le Cameroun, l’Algérie », énumère Lise Faron. Par exemple, en mars 2016, une femme congolaise s’est vu refuser par la préfecture du Rhône un titre de séjour pour soins, malgré l’avis positif du médecin de l’ARS, pour ce motif : « le sérieux et la capacité des institutions congolaises qui sont à même de traiter la majorité des maladies courantes ».
Extrait d’un refus de titre de séjour pour soins par la préfecture du Rhône, mars 2016  
Extrait d’un refus de titre de séjour pour soins par la préfecture du Rhône, mars 2016
« Les préfets jouent au docteur, constate Lise Faron. Et le ministère de la santé n’est plus d’aucun recours. Depuis 2012, nos saisines ne donnent plus rien. Pour nous, le ministère de la santé est démissionnaire sur le sujet. » Interrogé, le ministère se défend mollement en rappelant que « les médecins de l’ARS donnent un simple avis, ce sont les préfectures qui sont décisionnaires ».
  • Une prise en main par le ministère de l’intérieur ?
Pour les titres de séjour pour soins, elle est manifeste : la loi du 7 mars 2016 relative aux droits des étrangers prévoit que l’avis médical ne soit plus délivré par le médecin-conseil de l’ARS, qui dépend du ministère de la santé, mais par celui de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), qui dépend de l’Intérieur.
En ce qui concerne la réforme Puma, et ses conséquences pour les étrangers, ce qui était perçu au départ comme une « boulette », avouée, de l’administration, prend désormais corps aux yeux des associations : « Cela fait six mois que nous discutons et nous n’y arrivons pas. La direction de la sécurité sociale a mis beaucoup de temps à comprendre l’ampleur de la catastrophe. Est-ce une ignorance réelle ou feinte ? », s’interroge André Math, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales et expert sur la protection sociale pour le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti).

Car la réforme Puma, en l’état, pourrait faire basculer les 700 000 étrangers aux titres de séjour précaires vers l’Aide médicale d’État (AME), qui couvre déjà 300 000 personnes. Ce dispositif d’assistance est normalement dédié aux personnes en situation irrégulière, à partir de trois mois de présence sur le territoire français. Il offre une couverture maladie réduite : ses bénéficiaires n’ont pas de carte vitale, leurs soins de prévention dentaires ne sont pas couverts, etc. L’AME est surtout une obsession politique pour la droite, qui la juge trop généreuse et trop coûteuse. Les principaux candidats à la primaire Les Républicains ont d’ores et déjà pris position sur le sujet : Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire veulent la supprimer ; Alain Juppé, la limiter aux cas d’urgence. En l’état, la réforme Puma va mécaniquement faire exploser le coût de l’AME, ce qui va donner de nouveaux arguments à ses détracteurs. Pour Didier Maille, du Comede, c’est « politiquement, humainement et sanitairement très dangereux ».
 Caroline Coq-Chodorge, Médiapart

dimanche 15 novembre 2015

Attentats terroristes de Paris: traquer les fondamentalistes jusqu'aux mosquées

  

Sans céder à une quelconque islamophobie, pourquoi s'arrêter uniquement à l'expulsion des imams radicalisés? Il faudrait peut-être aussi envisager la fermeture des mosquées qui attirent - notamment les vendredis et samedi - des groupes de fidèles fondamentalistes et radicalisés, venant parfois de partout sauf du voisinage immédiat. 

En effet si ces fondamentalistes fréquentent aussi assidûment une mosquée identifiée, notamment celle de la rue Jean-Pierre Timbaud dans le onzième à Paris, ce ne serait pas uniquement en raison de l'insuffisance réelle des lieux de culte musulman dans la région île de France, mais peut-être aussi parce qu'elle peut constituer sans que l'imam ne l'exprime, un point de ralliement pour djihadistes convaincus.

Il faudrait désormais pousser la réflexion sur le fondamentalisme musulman plus loin que les apparences républicaines et citoyennes convenues des imams...en s'efforçant en même temps de ne pas sombrer dans une stigmatisation des musulmans.
Là réside toute la difficulté.

Joël Didier Engo



Bernard Cazeneuve veut dissoudre les mosquées radicales

Par LIBERATION


La mesure sera étudiée prochainement en conseil des ministres a annoncé le ministre de l'Intérieur.

Une disposition pour la dissolution des mosquées radicales sera étudiée prochainement en conseil des ministres, a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, deux jours après les attentats de Paris et l’instauration de l’état d’urgence.

«L’état d’urgence, c’est la volonté, à travers la prorogation et la révision de la loi de 1955, de pouvoir de façon ferme et déterminée procéder à l’expulsion de ceux qui doivent être expulsés parce qu’ils prêchent la haine en France, qu’ils ont été engagés ou qu’on soupçonne l’engagement dans des actions à caractère terroriste, a déclaré le ministre sur France 2. «Ça veut dire aussi, j’ai engagé des démarches en ce sens et il y aura une délibération en conseil des ministres, la dissolution des mosquées dans lesquelles des acteurs appellent ou profèrent la haine. Tout cela doit être mis en oeuvre dans la plus grande fermeté», a-t-il poursuivi.

Bernard Cazeneuve a également rappelé «l’augmentation très significative des moyens» des services de renseignement avant même les attentats de vendredi, avec notamment «1 500 emplois créés», «près de 233 millions d’euros investis» et «des nouvelles dispositions législatives».

«Est-ce que dans le contexte de guerre que nous vivons, il faut aller au-delà ? La réponse a été donnée par le Président et le Premier ministre: oui, il le faut. L’état d’urgence donne des moyens: assignations à résidence, perquisitions... Ces moyens seront entièrement et pleinement utilisés», a-t-il ajouté. «Quelles que soient les précautions que nous prenons face à des barbares qui ont déclaré la guerre, le risque zéro n’existe pas», a-t-il rappelé, en assurant que «cette guerre sera gagnée par la République française, par la démocratie, en raison des valeurs que nous portons et de la fermeté que nous portons à notre action», a-t-il assuré.

Il a exhorté les Français «à continuer à vivre», «parce que ce que les terroristes veulent nous imposer par l’effroi, c’est le refus de vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent avec notre modèle de civilisation, notre amour de la liberté, de la culture, du vivre ensemble».

LIBERATION 

Fiche S, déchéance de nationalité, expulsions : 11 propositions « sécuritaires » passées au crible

Les Décodeurs, Le Monde| 18.11.2015 
 
 Par
Depuis les attentats du 13 novembre, les responsables politiques multiplient les propositions de mesures sécuritaires censées mieux prévenir une nouvelle attaque terroriste en France. Sans toujours vérifier, si elles sont réllement applicables. Passage en revue de onze d’entre elles.

1. Criminaliser la consultation de sites djihadistes

Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains (LR), souhaite que « toute personne convaincue de consulter des sites djihadistes » soit « considérée comme djihadiste ». « Consulter ces sites doit être reconnu comme un délit », passible, comme la consultation de sites pédophiles, de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, préconise-t-il.
Est-ce possible ?

2. Enfermer ou assigner à résidence tous les djihadistes présumés fichés "S"

Comme après les attentats de janvier, la droite et l'extrême droite réclament des mesures spécifiques à l'encontre de toutes les personnes faisant l'objet d'une « fiche S ». Nicolas Sarkozy veut les assigner à résidence avec un bracelet électronique « le temps que les forces de sécurité aient pu évaluer la dangerosité de ces personnes », tandis que le député Georges Fenech veut perquisitionner les lieux qu'ils fréquentent et que son homologue Laurent Wauquiez entend les enfermer dans des « centres d'internement antiterroristes spécifiquement dédiés ».
Est-ce possible ?

3. Fermer les mosquées radicales

Après les attentats de janvier 2015, le gouvernement s'est progressivement rallié à cette idée défendue jusqu'alors par le Front national. En juin 2015, après l'attentat en Isère, Manuel Valls s'est dit prêt à « fermer des mosquées » et à « dissoudre des associations » quand elles se montrent suspectes de sympathies ou de complicités avec l'islamisme radical. Un appel répété par le premier ministre au lendemain des attentats du 13 novembre.
Est-ce possible ?

4. Expulser des imams

Marine Le Pen a repris son antienne après les attentats : « La France doit [...] expulser les étrangers qui prêchent la haine sur notre sol. » Bernard Cazeneuve a quant à lui prôné une révision de la loi de 1955 sur l'état d'urgence pour « pouvoir de façon ferme et déterminée procéder à l'expulsion de ceux qui doivent être expulsés parce qu'ils prêchent la haine en France, qu'ils ont été engagés ou qu'on soupçonne l'engagement dans des actions à caractère terroriste ».
Est-ce possible ?

5. Modifier la loi sur l'état d'urgence

Le dispositif d'état d'urgence, activé dès samedi par François Hollande, date de 1955 et de la guerre d'Algérie. Le président et son ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve souhaitent le modifier pour « faciliter perquisitions, placements à résidence et saisies ».
Est-ce possible ?

6. Déchoir les djihadistes de leur nationalité

Les propositions sur la déchéance de nationalité étaient jusqu'il y a peu l'apanage de la droite et de l'extrême droite, depuis que Nicolas Sarkozy avait mis ce sujet au cœur de sa politique sécuritaire avec le discours de Grenoble, en 2010. Un certain Manuel Valls dénonçait alors un « débat nauséabond porté par l'ancien président. »

Depuis qu'elle est au pouvoir, la gauche a bien évolué sur le sujet. Dès 2014, Valls Manuel expliquait qu'il « n'y a pas de tabou »  à « déchoir de la nationalité ceux qui s'attaquent aux intérêts fondamentaux de notre pays », en ciblant les Français partis faire le djihad en Syrie.

Manuel Valls est même allé un cran plus loin en estimant que « nous devons déchoir de leur nationalité ceux qui bafouent l'âme française ». Le député filloniste Serge Grouard, a réclamé pour sa part une déchéance de nationalité pour « tous ceux qui sont partis en Syrie », ou qui sont « convaincus de proximité avec les organisations terroristes ».

Cela rejoint aussi les propositions de Marine Le Pen pour qui les « binationaux participant de ces mouvances islamistes doivent être déchus de leur nationalité et interdits de territoire. »
Est-ce possible ?

7. Interdire aux djihadistes de revenir en France

Le président souhaite aussi que la loi puisse interdire à un binational de revenir sur le sol français s'il présente un risque pour la sécurité nationale, sauf s'il se soumet à des contrôles stricts.
Or, l'interdiction de territoire français (ITF) ne concerne que les personnes condamnées pour des crimes ou délits graves et ne peut être appliquée préventivement. En revanche, un arrêté préfectoral ou ministériel d'expulsion peut déjà être prononcé à l'encontre des individus soupçonnés de représenter une menace pour la sécurité et les intérêts de la nation. La France expulse ainsi déjà les individus jugés dangereux.
Est-ce possible ?

8. Rétablir l'indignité nationale

Lundi 16 novembre, le député filloniste Serge Grouard a repris une proposition lancée par l'UMP après les attentats de janvier : rétablir pour les terroristes « l'indignité nationale » avec la possibilité de privation de biens.
Est-ce possible ?

9. Appeler les citoyens à la rescousse des militaires

Comment faire face à la menace terroriste permanente avec des effectifs militaires constants ? Les patrons de l'UDI et du MoDem, Jean-Christophe Lagarde et François Bayrou, et le radical Jean-Michel Baylet, ont tous trois proposé dimanche à François Hollande de créer « une garde nationale qui permette aux citoyens de venir relayer les forces de l'ordre, équipée, entraînée, formée, encadrée ». Le député LR Jacques Myard avait déjà défendu cette mesure en janvier, après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher.
Est-ce possible ?

10. Créer une commission d'enquête sur les attentats

Mardi 17 novembre, Nicolas Sarkozy a exhorté les députés LR à demander une commission d'enquête sur les attentats.
Est-ce possible ?

11. Arrêter l'entrée des migrants

Pour Marine Le Pen, les attentats du 13 novembre ont fourni la preuve du danger des flux de réfugiés qui arrivent en Europe. « Par précaution », elle demande donc « l'arrêt immédiat de tout accueil de migrants en France et l'arrêt immédiat de leur dispersion dans les communes de France, villes comme villages ». Quant au sénateur frontiste Stéphane Ravier, il a tweeté : « Le Président de la République annonce la fermeture des frontières. C'est hélas toujours trop tard que l'on nous écoute. »

Ont-ils changé d'avis ?

 

mardi 15 avril 2014

Roms, renvoyez-les donc au siège de l'Union Européenne à Bruxelles!




"Les Roms doivent retourner d'où ils viennent", soutient le Ministre Français de l'Agriculture, Porte-Parole du Gouvernement de surcroît, Stéphane Le Foll...

Alors d'où viennent-ils, les Roms??? De républiques martiennes de Roumanie, de Bulgarie, de Hongrie...où au passage, il existe des partis politiques ouvertement contre eux...

Ouf pourrait-on être soulagé, pour une fois les Africains et les Maghrébins sont ainsi épargnés.

Que non, ce n'est peut-être que partie remise parce que les Roms eux, sont bien des européens jusqu'à preuve du contraire, issus pour la plupart de pays membres de l'Union Européenne.

Renvoyons les donc chez les "technocrates" de Bruxelles! Quelques bidonvilles le long de la commission européenne notamment, cela mettrait de l'ambiance...et ramenait surtout les décideurs politiques européens à la raison.

jeudi 18 avril 2013

France: multiplication des expulsions des étrangers liées aux ruptures de la vie commune


Source: http://carredinfo.fr


Dimanche 24 mars au matin, Eyek Awantchok, Camerounais de 34 ans, a été reconduit vers le Cameroun, son pays alors qu’il s’apprêtait à passer devant le juge. Le titre de séjour de ce père de famille n’a pas été renouvelé suite à une affaire familiale. Son employeur a alerté les autorités, en vain. Il raconte des conditions d’arrestation et de rétention « humiliantes ».
Bosseur et intégré
Eyek, camerounais de 34 ans, se trouve au centre de rétention de Cornebarrieu depuis près dun mois. En décembre dernier la préfecture na pas renouvelé son titre de séjour. Il se trouve donc en situation irrégulière et impossible pour lui de travailler. Lhomme a entamé au début de sa rétention une grève de la faim et affirme au téléphone voir perdu près de quinze kilos. «Quand je lai vu dans cet état, cela ma fait vraiment de la peine», affirme Elsa, son ancien employeur dune agence dintérim qui a cessé de faire appel à ce peintre en bâtiment depuis quil na plus de papier. Cest la première fois quelle se bat pour défendre un ancien employé. « On a souvent des problèmes avec les intérimaires, certains ne sont que pour les aides mais Eyek est carré, bosseur et il sest parfaitement intégré », assure-t-elle.
« Je ne défends pas une cause, je le défends lui. Je peux comprendre les renvois, quil soit difficile daccueillir tout le monde mais pour lui je ne comprends pas. Il sest parfaitement intégré, il aime la France, il a sa fille ici, pour moi il est Français. »
Elsa a découvert dans la presse sa présence à Cornebarrieu. Elle a alors appelé la préfecture, la mairie de Toulouse, la Cimade pour tenter déviter quil ne soit expulsé vers le Cameroun. « Je ne défends pas une cause, je le défends lui, poursuit-elle. Je peux comprendre les renvois, quil soit difficile daccueillir tout le monde mais pour lui je ne comprends pas. Il sest parfaitement intégré, il aime la France, il a sa fille ici, pour moi il est Français.»


Un divorce qui met fin au droit de séjour
Eyek Anwantchok dit être arrivé en France en 2003. En 2005 il se marie et est aujourd’hui papa d’une petite fille de 6 ans. En 2010 le divorce est prononcé ainsi que la garde partagée de l’enfant. « De janvier à mars 2011 jai retourner au Cameroun (où se trouve encore sa mère NDLR). Jai prévenu la mère de ma fille et je me suis arrangé avec elle concernant la garde. A mon retour, elle avait fait un recours pour dénoncer mon absence et dire que je ne moccupais pas de mon enfant », affirme-t-il. Le jugement en appel lui a finalement accordé un droit de visite. C’est ce motif que la préfecture aurait mis en avant selon lui pour refuser la prolongation de son titre de séjour. Eyek ne comprend pas. «Jai toujours travaillé, jai montré toutes mes fiches de paye, jai un appartementJai montré tout ça mais ils ne veulent rien entendre », lâche-t-il.


« Un camp de torture »
Joint au téléphone samedi 23 mars, l’homme raconte son arrestation et sa rétention qu’il qualifie de «camp de torture». « J’ai été arrêté alors que je circulais en voiture. C’était très musclé, on m’a plaqué au sol, ils m’ont fait mal et ça m’a traumatisé. Au centre de rétention on nous traite de ‘chiens’, on nous dit ‘vous sentez mauvais’. C’est une humiliation. »
«Ils mont menotté, ligoté et mis un casque de boxeur sur la tête. Dans lavion jai crié.»
Le 19 mars dernier, il a été embarqué dans un avion pour le Cameroun. «On ma réveillé à 4 heures du matin, sans me prévenir auparavant. En raison de ma grève de la faim je suis classé ensituation sensibleet les policiers disent quils nont pas à me prévenir. Ils mont menotté, ligoté et mis un casque de boxeur sur la tête. Dans lavion jai crié. Les policiers me tenaient à la gorge et me donnait des coups de poing dans le ventre », raconte-t-il. Lexpulsion naura finalement pas lieu, le pilote demandant à ce quil soit descendu pour pouvoir décoller. «On ma dit que javais eu de la chance de tomber sur ungauchiste. »Reprendre des forces pour de nouveau crier
Ce lundi 25 mars, Eyek doit être selon la procédure présenté à nouveau devant un juge. Mais il a toujours peur d’être expulsé. La veille même, il confiait : « A tout moment ils peuvent venir. Si je dois retourner là-bas, je ne sais pas ce que je vais faire. Je n’ai pas de maison, pas même de chambre chez ma mère. Ma fille est ici. Ce n’est pas possible de faire ma vie là-bas». Quand elle est allée lui rendre visite, Elsa son ancien employeur dit lui avoir apporté des gâteaux et du jus de fruits. « Pour qu’il reprenne des forces et qu’il puisse à nouveau crier dans l’avion et que le pilote refuse de l’embarquer. S’il est trop faible, c’est sûr il va partir.»


Un cas classique
Selon son ancien employeur et la Cimade, Eyek Anwatchok a été finalement expulsé dimanche 24 mars au matin. « Selon ses compagnons de chambre cela s’est bien passé au centre de rétention. Mais beaucoup moins à l’aéroport où il aurait reçu des coups après avoir résisté», explique Lionel Claus de la Cimade. Selon le militant de la Cimade, Eyek a fait part de sa volonté d’effectuer une visite médicale à son arrivée au Cameroun.
Son cas est selon lui «malheureusement un grand classique» , la rupture de vie commune est « très souvent utilisée» pour refuser une prolongation d’un titre de séjour. «Dans les faits on se rend compte qu’il y a comme une période probatoire de deux ans et s’il y a une rupture de vie commune, la personne perd quasiment tous ses droits. Elle n’a pas le droit au divorce et finalement il vaut mieux pour elle rester en couple même si elle ne s’entend plus avec le conjoint» , affirme Lionel Claus. La prolongation de rétention devait être décidée devant le juge des libertés ce lundi 25 mars. Pour lui, «ce n’est pas fortuit».
Contactée, la préfecture de Haute-Garonne n’a pas donné suite à notre sollicitation.

Par Bertrand Enjalbal, carreinfo.fr, 25 mars 2013