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jeudi 23 janvier 2020

Immigration : sortir les sans-papiers de l’impasse

Immigration : sortir les sans-papiers de l’impasse

Editorial. Une politique résolue de résorption systématique des situations aberrantes dans lesquelles certains étrangers sont maintenus pendant des années aiderait à la fois à abaisser la pression et à légitimer plus largement les éloignements forcés du territoire.

Le premier ministre Edouard Philippe lors d’une conférénce de presse sur l’immigration, à Matignon, le  6 novembre  2019.
Le premier ministre Edouard Philippe lors d’une conférénce de presse sur l’immigration, à Matignon, le  6 novembre  2019. CHARLES PLATIAU / AFP
Editorial du « Monde ». A quoi sert-il de maintenir dans une situation de précarité des étrangers sans papiers dont chacun sait qu’ils ne quitteront jamais la France et qu’il est impossible de les y contraindre ? La question ne cesse d’envenimer les débats sur la politique d’immigration depuis quarante ans.

En 1981, une opération de régularisation massive avait marqué l’arrivée de la gauche au pouvoir. Dans les années 1990, les occupations de lieux publics, comme l’église Saint-Bernard à Paris, évacuée par la force en 1996, et les grèves de la faim de sans-papiers ont provoqué autant de spasmes aboutissant à des régularisations collectives, comme celle autorisée par la circulaire Chevènement de 1997, et nourrissant une dramatisation continue de l’enjeu migratoire qui n’a cessé de faire le jeu de l’extrême droite.

Ce mode de gestion par à-coups a heureusement laissé la place à des mécanismes de régularisation permanente, comme la circulaire Valls de 2012, établissant des critères objectifs (durée de présence et de scolarisation des enfants, ancienneté dans le travail) censés éviter les crises à répétition et qui, bon an mal an, permettent de régler la situation de quelque 30 000 personnes.

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Pourtant, on estime aujourd’hui à au moins 300 000 le nombre d’étrangers en situation irrégulière vivant en France. Parmi eux, certains sont des « ni-ni » : ils ne sont ni régularisés, car ils ne correspondent pas à l’interprétation des critères retenue par l’administration, ni expulsés, car cela conduirait par exemple à séparer des enfants – non expulsables – de leurs parents.

Tout sauf simple

Le coût politique, financier et social de cette anomalie est lourd. Des règles non appliquées qui nourrissent les accusations de laxisme. Des familles hébergées aux frais de la collectivité quand les parents ne peuvent travailler faute de papiers (les sans-papiers occupent les trois quarts des chambres d’hôtel réquisitionnées en Ile-de-France). Des adultes déboussolés et des enfants ballottés.

Pour sortir de cette impasse, un groupe de personnalités vient de proposer, dans Le Monde, d’élargir et de clarifier les critères de régularisation et, à terme, de simplifier les conditions d’octroi des titres de séjour afin que soient mieux respectés des principes républicains comme le droit d’asile et le droit à la vie familiale. En contrepartie, les obligations de quitter le territoire, dont seules 14 % sont exécutées, seraient facilitées.

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Trouver le bon équilibre est tout sauf simple, car il est naïf de nier les risques d’impopularité et d’appel d’air que fait courir toute annonce sur le sujet. Pourtant, explorer les pistes ainsi suggérées apparaît comme une nécessité, si l’on veut priver les controverses politiques délétères sur l’immigration d’un de leurs principaux carburants: l’idée erronée selon laquelle les autorités sont impuissantes à maîtriser le cours des choses et tolèrent des situations hors la loi.

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Une politique résolue de résorption systématique des situations aberrantes dans lesquelles certains étrangers sont maintenus pendant des années aiderait à la fois à abaisser la pression et à légitimer plus largement les éloignements forcés du territoire. Cela suppose de la part du gouvernement un discours de vérité assumant une politique humaine conforme aux valeurs que porte la France, et l’admission du fait que des règles inapplicables affaiblissent l’État de droit et doivent être aménagées. Sauf à souhaiter que le chiffon rouge de l’immigration flotte de plus belle dans les batailles électorales à venir.

Le Monde

Immigration : des propositions-chocs pour « simplifier » et « ouvrir » le droit au séjour

Prenant le contre-pied de la politique en vigueur, un collège de onze experts prône une simplification du droit des étrangers et la régularisation des personnes aujourd’hui ni régularisables ni expulsables. 

Par Publié le 21 janvier 2020 
Au centre d'hébergement d’urgence Masséna d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), en avril 2019.
Au centre d'hébergement d’urgence Masséna d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), en avril 2019. CAMILLE MILLERAND / DIVERGENCE
Alors que le gouvernement cherche à enrayer l’augmentation du nombre de demandes d’asile, à durcir les critères de naturalisation ou à renforcer la lutte contre la fraude en matière de regroupement familial, un groupe d’experts sur l’immigration prend le contre-pied de la politique en vigueur.

Dans un rapport d’une centaine de pages adressé, mardi 21 janvier, au gouvernement et au président de la République, et obtenu par Le Monde, les auteurs issus de la haute administration, du monde de l’entreprise, syndical, associatif ou universitaire, préconisent une ouverture du droit des étrangers « afin qu’un plus grand nombre de personnes puissent relever dans des délais rapides d’un titre de séjour ».

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« Nous voulons tous sortir d’une frustration au regard de la pauvreté du débat et des politiques publiques depuis trente ans », souligne Pascal Brice, ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et l’un des initiateurs du projet. « Tout est marqué par une volonté malthusienne de dissuasion mais rien n’est prévu pour sortir d’un système qui fabrique des sans-papiers ; ça ne fait qu’ajouter au désordre », poursuit-il.

Les auteurs du rapport – ils sont onze parmi lesquels figurent aussi le préfet honoraire et président de l’association d’hébergement Coallia, Jean-François Carenco ; l’ancien directeur général des étrangers en France (de 2012 à 2015) au ministère de l’intérieur, Luc Derepas ; ou encore l’historien Patrick Weil – partagent le constat d’une politique en « échec » qui, face à des flux constants, ne régularise pas suffisamment ni ne reconduit.

« Critères de séjour plus simples et plus réalistes »

Résultat : il y aurait au bas mot 300 000 sans-papiers en France. « On crée un limbe juridico-administratif, regrette Luc Derepas. Des gens sont là, travaillent, peuvent payer des impôts mais font l’objet d’obligations de quitter le territoire français. » « Longtemps, notre pays a privilégié des régularisations collectives et cycliques ayant pour vocation d’effacer les effets de ces dysfonctionnements, écrivent les auteurs. Il faut en sortir. »

Alors que le rythme des régularisations tourne autour de 30 000 délivrances de titres par an, le rapport préconise d’« apurer » la situation en régularisant davantage et notamment les personnes qui ne sont pas expulsables tels que les parents d’enfants nés en France et scolarisés, les conjoints d’étrangers en situation régulière, et tout salarié en contrat ou avec une promesse d’embauche. « Quel que soit leur nombre, elles ne repartiront pas », justifie Jean-François Carenco.

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A plus long terme, le collège d’experts propose de sortir la politique migratoire de la tutelle du ministère de l’intérieur pour la rattacher à un haut-commissariat auprès du premier ministre. Surtout, il appelle à définir « des critères de séjour plus simples et plus réalistes », explique Luc Derepas.

Le rapport suggère ainsi de remplacer la multitude de titres existants (douze cartes temporaires, quinze cartes pluriannuelles…), par cinq catégories. « On a un besoin de lisibilité », défend Olivier Gainon, l’un des coauteurs, chef d’entreprise et ancien directeur de cabinet de Pierre Gattaz au Medef.

« Chicanes administratives »

Dans la société nautique qu’il dirige, M. Gainon expérimente un besoin de main-d’œuvre étrangère pour occuper les « métiers difficiles à pourvoir » mais il a aussi été confronté aux méandres de l’administration lorsque l’un de ses salariés a voulu renouveler son titre de séjour. « On a galéré, ça a traîné, se souvient-il. Il a fallu qu’on s’inquiète auprès des pouvoirs publics. Ce qui est fatiguant, c’est l’absence de perspectives et de compréhension du système. »

« Arrêtons de forcer les gens à des chicanes administratives qu’on n’aurait jamais l’idée d’appliquer aux Français, insiste Luc Derepas. Cela crée des externalités négatives, qui vont des campements de rue au travail clandestin en passant par un phénomène de décohésion sociale qui créé un malaise pour tout le monde. »

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Le collège veut aussi instituer une durée minimale du titre de séjour à cinq ans – contre un an aujourd’hui – et le remplacement des titres pour dix ans par des titres permanents. L’administration aurait six mois pour examiner une demande.

Outre les catégories classiques d’immigration familiale, étudiante et professionnelle, le collège propose un nouveau titre de séjour, humanitaire, pour les personnes vulnérables victimes de violences ou de traumatismes mais ne relevant pas de l’asile.

Audace politique

Dans une perspective d’« équilibre », le rapport appelle à améliorer l’efficacité des reconduites pour les personnes ne relevant d’aucun titre. Aujourd’hui, seules 14 % des obligations de quitter le territoire français sont exécutées.

Tout en revenant à une durée de rétention administrative maximale de quarante-cinq jours (au lieu de quatre-vingt-dix jours depuis la loi Collomb de 2018), le rapport suggère notamment d’améliorer l’obtention des laissez-passer consulaires en renforçant la coopération avec les principaux pays d’origine. « Plus légitimes, car prises selon des critères transparents plus conformes à la situation des personnes, ces décisions seront de nature à rencontrer un plus grand consensus social », espèrent les auteurs. Aujourd’hui, près de 80 % des décisions négatives font l’objet de recours contentieux. « Ça restera une question difficile », concède toutefois Luc Derepas.

En dehors de la refonte de la politique migratoire qu’ils encouragent, et sur laquelle ils font preuve d’une réelle audace politique, les auteurs du rapport se sont aussi penchés sur la politique d’asile.

Outre des propositions classiques d’harmonisation européenne des conditions d’accueil et d’examen des demandes, ou de créations de « centres fermés » dans les ports méditerranéens, les auteurs ébauchent une « convention internationale pour la protection des déplacés environnementaux ». Ils recommandent enfin de « restreindre unilatéralement » l’application du règlement de Dublin pour permettre à des Etats d’examiner les demandes d’asile des personnes déjà enregistrées dans un autre pays de l’espace Schengen, et ainsi lutter contre l’errance des migrants sur le continent.

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Reste à voir l’accueil qui sera réservé à leurs travaux. « Il y a plus de maturité dans la société que le débat politique ne le laisse penser », veut croire Luc Derepas.

 

dimanche 10 mai 2015

À Aubervilliers: redonner un sens à l'hospitalité par le théâtre

À Aubervilliers: la parole coup de poing des sans-papiers

|  Par Antoine Perraud, Médiapart

Huit sans-papiers, sur la scène du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, disent haut et fort, en toute beauté, ce que vivre peut encore et toujours dire. Un spectacle déchirant.

Durant la torpeur de l’été dernier, Mediapart en avait parlé. C’était un article de Yannick Sanchez, mis en ligne le 19 août 2014 : De campements en squats, l’itinéraire des “80 d’Aubervilliers”. Où comment des travailleurs immigrés sans papiers, à la rue suite à des expulsions d’abris de fortune ou après l’incendie de l’immeuble de la rue des Postes, occupèrent un lieu vacant : les anciens locaux de Pôle Emploi, au 81 de l’avenue Victor-Hugo, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.
Méité Soualiho en août 2014, 81 avenue Victor-Hugo à Aubervilliers ; aujourd'hui dans le spectacle du Théâtre de la Commune © YS 
Méité Soualiho en août 2014, 81 avenue Victor-Hugo à Aubervilliers ; aujourd'hui dans le spectacle du Théâtre de la Commune © YS
 
Aubervilliers abrite un théâtre, et pas n’importe lequel : La Commune, créé voilà cinquante par le poète Gabriel Garran et le maire de l’époque, Jack Ralite (PCF). Ce théâtre, sous l’impulsion de Marie-José Malis – la directrice ayant succédé l’an dernier à Didier Bezace –, entend renouer avec une forme d’intervention artistique, qu’illustra le groupe Octobre autour de Jacques Prévert à l’époque du Front populaire.

Aller à la rencontre de la population de la ville, en privilégiant les invisibles. Et monter, avec des volontaires ainsi sollicités, un spectacle en bénéficiant de vingt petits jours de répétitions. Il en résulte un sentiment d’urgence, qui s’empare de l’essentiel et transmet sans chichi. Ce sont des « pièces d’actualité ».

La première, en octobre 2014, vit Laurent Chétouane inviter, par le biais de petites annonces, des Albertivillariens n’ayant jamais mis les pieds dans une salle de spectacle à brûler soudain les planches. Ils allaient répondre à une question devenue le titre des saynètes qu’ils interpréteraient : Le théâtre, pour vous, c’est quoi ?

En décembre 2014, Maguy Marin explora les potentialités d’un quartier d’Aubervilliers, où vivent d’anciens immigrés espagnols avec leurs descendants, pour faire surgir paroles, souvenirs, évocations, gestuelles enfouis sous la vie quotidienne : La Casa de España. Et aujourd’hui, voici donc 81 avenue Victor Hugo d’Olivier Coulon-Jablonka.

Celui-ci a recueilli, avec Barbara Métais-Chastanier et Camille Plagnet, des récits d’immigrés squatteurs, pour écrire la pièce avant de la mettre en scène. Ils sont huit à incarner des existences étonnantes, sur les quatre-vingts aventures individuelles ayant trouvé refuge au 81 de l’avenue Victor-Hugo.

© Willy Vainqueur 
 
© Willy Vainqueur
 
Après qu’un jeune homme, dans la grande tradition des griots d’Afrique, nous a conté un apologue sur « la porte de la loi » – l’attente, l’espoir, les humiliations et les impasses absurdes auxquels font face ceux qu’il est convenu d’appeler, en notre Nord repus, « les candidats à l’exil » – surgissent des éclats de vie et parfois de mort. Quitter l’Afrique – ou le Bangladesh – en remettant son sort entre les mains de passeurs voraces ou, de temps à autre, solidaires. Se retrouver à Moscou en proie noire chassée de toute part. Ou en Turquie, avec la promesse qu’un métro y mène directement à la Grèce donc à l’UE. Échouer en Allemagne après la Hongrie via la Serbie. Se souvenir des marches de la mort dans le désert jusqu’à Tamanrasset, ou du désœuvrement tragique en Libye. Ne jamais pouvoir oublier « bombardements, rébellions et pillages ».

Une fois en France, l’esclavagisme qui ne dit pas son nom, la course aux sacro-saints papiers – Graal administratif ruineux – et l’obligation de tenir : « C’est mon fils qui me donne la force de continuer. Je veux lui offrir ce que je n’ai pas eu.»

Parole brute et si douce, violente et parfois drôle, cruelle mais empathique, que le spectateur reçoit de plain-pied, sans filtre ni promontoire. On a beau l’avoir en partie lu dans les journaux, tout cela prend à la gorge. Il y a la timidité domptée d’un comédien (aucune femme, faut-il souligner) chantant Alouette je te plumerai. La fragilité du jeu et de la voix ajoute à la déréliction dépouillée, sans le moindre artifice. Une telle modicité empoignante se conjugue avec la présence de bêtes de scène en puissance, tel cet ancien militaire ivoirien, sans doute aussi parti pour des raisons politiques : porte-parole du groupe, expert dans l’art de bourlinguer en mer et de crapahuter sur terre, maniant une ironie cinglante, hanté par trop d’horreurs vécues, porté par un cran sans arrêt, il force l’admiration.

© Willy Vainqueur 
© Willy Vainqueur
 
La directrice vient nous expliquer, à la fin de ce spectacle capital et court (50 min), que le théâtre n’a pas voulu faire remplir de faux papiers aux sans-papiers afin de pouvoir, selon un semblant de légalité, les payer. Ils le seront : entrée gratuite et participation au chapeau à la sortie. Chacun donne sans le sentiment de verser une aumône, mais avec au cœur la rage d’à peine contribuer à réparer une injustice irréparable.

Lors de la première, il y avait un sous-préfet parmi les spectateurs.

81 avenue Victor Hugo
du 5 mai au 17 mai 2015,
mardi, mercredi 19h30,
jeudi, vendredi 20h30,
samedi 18h et dimanche 16h
(durée 50 min).
 Réservations +33 (0)1 48 33 16 16
La Commune centre dramatique national
2, rue Édouard-Poisson 93300 Aubervilliers.

Débat autour de la pièce : 16 mai 2015, rencontre animée par Stefan Le Courant, docteur en ethnologie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, auteur d'une thèse intitulée : Vivre sous la menace : ethnographie de la vie quotidienne des étrangers en situation irrégulière en France.
http://lacommune-aubervilliers.fr/piece-d-actualite-ndeg3

Source: Mediapart, 10 mai 2015

mardi 10 février 2015

Stéphane Tiki "sans-papiers"? Que le jeune "UMP" vienne à NOUS PAS BOUGER

Stéphane Tiki, président des jeunes UMP sans-papiers
Stéphane Tiki, président des Jeunes UMP depuis janvier 2015


Que le jeune "UMP" vienne nous voir...

Nous l'aiderons bien évidemment à avoir ce titre de séjour ou sa nationalité; sans manquer de lui rappeler que la bonne vieille droite française n'a tout naturellement pu songer qu'un "sans-papier" fasse partie de sa "famille".

Parce qu'il y fait ou fera toujours "tache"...en dépit des convictions respectables et des discours souvent convenus sur l'intégration/assimilation.

Stéphane Tiki (au centre), avec les Jeunes UMP de Nîmes fin janvier. 


Aucun parti politique n'est à l'abri!

À force de rechercher le bon "figurant de la diversité"...L'on en arrive à ce genre d'incongruités. Aucun parti n'est à l'abri.

Mais bon le "fréro camer" Tiki aura moins su éviter les contrôles au faciès, en si bonne compagnie à l'UMP!

Naturalisé sans-titre de séjour?

https://www.dailymotion.com/video/x2gylf2_quand-tiki-laissait-entendre-qu-il-etait-francais_news?start=2

Je ne sais pas comment ce monsieur peut postuler à la nationalité française avec une carte de séjour étudiant qui aurait expiré depuis un an et demi...

C'est à ne plus rien comprendre aux textes régissant l'accès à la naturalisation en France. À moins que l'adhésion puis le militantisme à l'UMP ouvrent des passe-droits, auxquels ne peuvent prétendre tous les autres étrangers???

Joël Didier Engo




mercredi 29 octobre 2014

Solidarité avec les grévistes sans-papiers du quartier Château d'Eau à Paris

Intellectuels et chercheurs dont Edgar Morin soutiennent les salariés du 57 boulevard de Strasbourg, à Paris. Coiffeurs et manucures demandent leur régularisation.

 

Nous, signataires de la présente déclaration, apportons notre soutien aux grévistes du 57 boulevard de Strasbourg et à leurs revendications, concernant notamment l’attribution à tous d’un titre de séjour.

La grève du 57 boulevard de Strasbourg

Le 22 mai 2014, les dix-huit travailleuses et travailleurs sans-papiers du salon de coiffure situé au 57 Boulevard de Strasbourg se mettent en grève, avec l’appui de la CGT, pour obtenir de sortir du «travail au noir» et d’être officiellement déclarés par leur employeur.

Un mois plus tard, ils obtiennent des contrats de travail en bonne et due forme, ce qui leur permet de déposer un dossier de régularisation à la Préfecture.

Mais le 8 juillet le gérant du salon procède à un dépôt de bilan ; les contrats de travail précédemment accordés sont donc annulés ; aussitôt la Préfecture en tire argument pour refuser la régularisation.

La collusion entre les gérants et les pouvoirs publics

Ce mouvement révèle au grand jour la situation du quartier Château d’eau et la collusion entre les gérants et les pouvoirs publics pour maintenir cette situation en l’état.

Dans le quartier, plusieurs centaines de travailleuses et travailleurs sans-papiers sont payés à la tâche et en espèces, dans des conditions de travail désastreuses. Les grévistes du 57 percevaient quant à eux de 200 à 400 euros par mois, quand ils étaient payés, pour 7 jours de travail sur 7, de 9h à 23h. Les salons sont dirigés par une mafia de gérants qui opèrent au vu et au su de toutes les autorités (Préfecture de Police et Ministère de l’Intérieur).

Bien plus, en refusant la régularisation de ces travailleurs, la Préfecture les enferme dans l’illégalité et se fait le complice des gérants.

Il faut que cette situation cesse

Il faut d’une part démanteler la mafia qui dirige le quartier. Les grévistes du 57 ont déposé une plainte pour traite d’êtres humains, faillite frauduleuse et travail dissimulé. Il faut que la police et la justice donnent une suite effective à cette plainte.

Il faut d’autre part que les grévistes reçoivent un titre de séjour qui leur permettra d’exercer la plénitude de leurs droits.

Nous sommes entièrement solidaires de ces deux exigences, et nous demandons qu’elles soient satisfaites au plus tôt.

Premiers signataires:

Emmanuel Terray (Anthropologue), Edgar Morin (Philosophe, Sociologue), Pierre Cours-Salies (Sociologue), Veronique Nahoum-Grappe (Anthropologue), Sebastien Villemot (Economiste), Serge Slama (Maître de conférences en Droit Public), Sabina Issehnane (Economiste), Albano Cordeiro (Economiste Sociologue), Olivier Le Cour Grandmaison (Maître de conférences en science politique), Nicolas Jounin (Sociologue), Sylvain Pattieu (Maître de conférences en Histoire, écrivain), Anne Bory (sociologue), Karel Yon (sociologue), Anne Clerval (géographe), André Burguière (Historien), Vincent Rafis (Psychanalyste, Linguiste), Etienne Pénissat (Sociologue), Jean Malifaud (Mathématicien), Martyne Perrot (Sociologue), Pierre Chauvin (Médecin Epidémiologiste), Jean-Philippe Dedieu (Sociologue), Cédric Terzi (Sociologue), Nichola De Genova (Géographe), Virginie Milliot (Anthropologue), Abdellali Hajjat (Maître de Conférences en Science Politique), Pierre Brasseur (Sociologue), Marie-Laure Basilien-Gainche (Professeure de droit public), Sébastien Chauvin (Sociologue), Françoise Hickel (Educatrice, formatrice, docteur en sciences du langage), Gustave Massiah (Cedetim / Ipam), Gilles Lemaire (Attac), Thomas Alam (Maître de conférences en Science Politique), Anne Le Huérou (Université Paris Ouest Nanterre), Jean-Pierre Terrail (Sociologue), Alain Tarrius (Sociologue, Anthropologue), Fanny Jedlicki (Sociologue), Jérôme Valluy (Sociologue), Ugo Palheta (Sociologue), Veronique De Rudder (Sociologue), Xavier Briké (Anthropologue), Marnix Dressen (Sociologue), Sonia Dayan-Herzbrun (Sociologue), Lilian Mathieu (Sociologue), Jean-Luc Gautero (maître de conférences en logique, épistémologie et histoire des sciences), Michel Barthélemy (Sociologue), Antoine Math (Chercheur à l’IRES), Sylvain Laurens (Sociologue), Mathilde Pette (Sociologue), Christophe Daum (Anthropologue), Stephanie Pryen (Sociologue), Corinne Davault (sociologue, université Paris 8), Séverin Muller (Sociologue, université Lille 1), Michel Samuel (Anthropologue), Maryse Tripier (professeur émérite de sociologie de l’université Paris Diderot), Marielle Debos (Politiste), Marguerite Cognet (Sociologue), Ariela Epstein (Anthropologue), Sylvie Tissot (sociologue, Politiste), Julie Pagis (Maître de conférences en science politique), Claude Calame (Anthropologue, Historien), Anthony Pecqueux (Sociologue), Georges Menahem (Sociologue, Economiste), Esther Jeffers (Economiste), Yves Jouffe (Sociologue), Jean-Pierre Garnier (Sociologue), Sybille Gollac (Sociologue), Claudette Lafaye (Sociologue), Audrey Mariette (Sociologue), Yasmine Siblot (Sociologue), Evelyne Burguière (Sociologue), Raphael Porteilla (Maître de conférences en Science Politique), Joëlle Cicchini (Géographe), Marie Plassart (Linguiste), Bernard Graglia (Ingénieur de recherches), Elen Riot (Maître de conférences en sciences de gestion), François Reyssat (Sociologue), Jacques Bidet (Professeur émérite à l’université de Paris-Ouest), Rose-Marie Lagrave (Sociologue), Nicole Phélouzat (Sociologue), Violaine Girard (Sociologue), Karen Akoka (Maître de conférences en Science Politique), Sébastien Thiéry (Politologue),…
Par un collectif de chercheurs et d'universitaires 
Source: libération.fr


Du travail dissimulé à la traite d’êtres humains, par "Terrains de Lutte, http://blogs.mediapart.fr

http://blogs.mediapart.fr/blog/terrains-de-luttes/031114/du-travail-dissimule-la-traite-d-etres-humains

mardi 11 février 2014

Délivrer une carte d'identité municipale aux sans-papiers, cette belle idée newyorkaise!

 "New York va délivrer une carte d'identité municipale à ses sans-papiers", AFP, le 10 février 2014....


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À Paris, un tel programme relèverait du miracle des municipales en ces temps de peur aiguë de l'étranger. Hélas!

Pourtant ce serait précisément la bonne occasion pour les candidats progressistes à la municipalité de Paris (notamment les verts) d'adapter cette merveilleuse idée à la capitale française, ... afin de sortir de la formalité mondaine sans frais que sont devenus les "parrainages dits républicains des sans-papiers" par des élus parisiens: une bonne conscience qui permet presque désormais de cacher tous ces sans-papiers que notre généreuse et fraternelle république ne veut ou ne peut surtout pas régulariser.

Une carte d'identité municipale à ces sans-papiers perpétuels présenterait au moins l'avantage de redonner une réelle existence sociale à ces personnes; dans un pays, la France où l'on observe une trop longue période de maintien dans la clandestinité ou l'illégalité des étrangers. Alors qu'il est pratiquement acquis que nombre d'entre-eux ne sont plus expulsables dans leurs pays d'origine, en raison des liens anciens (parfois de plusieurs décennies) qu'ils ont pu tisser dans leur environnement immédiat, quand certains ne sont carrément pas devenus des «référents», des «notables» et autres "patriarches" locaux...éminemment consultés, respectés, et appréciés dans le voisinage.

Joël Didier Engo

vendredi 1 novembre 2013

En ces temps de «Frontite aiguë»….


La Maire de Montauban ne peut quand même pas laisser trente (30) enfants scolarisés d’immigrés sans papiers  venir « piquer le pain », notamment celui « au chocolat », de leurs petits camarades!

En ces temps de « Frontite aiguë », elle risquerait de s’attirer les foudres de certains électeurs…

Comment imaginer un seul instant qu’elle puisse perdre l’élection, parce qu’elle aurait ouvert la garderie, le transport en bus scolaire, ou la cantine… à une trentaine d’enfants de sans-papiers?

Mais quelle « horreur »!

Joël Didier Engo

jeudi 25 avril 2013

Migrants tunisiens dits de Lampedusa, vers une régularisation définitive en Italie




Certaines personnalités respectables en France et ailleurs en Europe avanceront à nouveau sans sourciller le risque d'un "appel d'air"; pour surtout s'interdire d'accorder un traitement digne (d'États dits civilisés) à tous ces jeunes migrants tunisiens qui errent encore dans l'Est parisien notamment.

L’Italie s'honore d'autant plus en choisissant la solution de la régularisation, que sa situation économique n'est pas des plus reluisante.

Seulement elle semble avoir compris que la régularisation d'une centaine de jeunes migrants Tunisiens ne changera pas véritablement les flux actuels de la migration (à l'issue parfois dramatique) dans ses frontières; pas plus d’ailleurs que chacune des personnes appelées à être régularisée dans le cadre de la nouvelle mesure gouvernementale ne fera obligatoirement venir toute sa fratrie, tout son village, toute sa ville, ou toute la Tunisie en Italie ou en Europe.

Le choix ou l'aventure de la migration est souvent (hélas) un choix ou une aventure solitaire, rarement solidaire comme pour les réfugiés ou les demandeurs d'asile.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

TémoignageKarim, clandestin : « Avertir les jeunes qui rêvent d’Europe »,
Hugo Domenach | Journaliste Rue 89


“Tunisie : Diplomatie : L’Italie règlera la situation à des milliers de ‘’sans papiers’’ tunisiens”

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“Tunisie : Diplomatie : L’Italie règlera la situation à des milliers de ‘’sans papiers’’ tunisiens”

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jeudi 18 avril 2013

France: multiplication des expulsions des étrangers liées aux ruptures de la vie commune


Source: http://carredinfo.fr


Dimanche 24 mars au matin, Eyek Awantchok, Camerounais de 34 ans, a été reconduit vers le Cameroun, son pays alors qu’il s’apprêtait à passer devant le juge. Le titre de séjour de ce père de famille n’a pas été renouvelé suite à une affaire familiale. Son employeur a alerté les autorités, en vain. Il raconte des conditions d’arrestation et de rétention « humiliantes ».
Bosseur et intégré
Eyek, camerounais de 34 ans, se trouve au centre de rétention de Cornebarrieu depuis près dun mois. En décembre dernier la préfecture na pas renouvelé son titre de séjour. Il se trouve donc en situation irrégulière et impossible pour lui de travailler. Lhomme a entamé au début de sa rétention une grève de la faim et affirme au téléphone voir perdu près de quinze kilos. «Quand je lai vu dans cet état, cela ma fait vraiment de la peine», affirme Elsa, son ancien employeur dune agence dintérim qui a cessé de faire appel à ce peintre en bâtiment depuis quil na plus de papier. Cest la première fois quelle se bat pour défendre un ancien employé. « On a souvent des problèmes avec les intérimaires, certains ne sont que pour les aides mais Eyek est carré, bosseur et il sest parfaitement intégré », assure-t-elle.
« Je ne défends pas une cause, je le défends lui. Je peux comprendre les renvois, quil soit difficile daccueillir tout le monde mais pour lui je ne comprends pas. Il sest parfaitement intégré, il aime la France, il a sa fille ici, pour moi il est Français. »
Elsa a découvert dans la presse sa présence à Cornebarrieu. Elle a alors appelé la préfecture, la mairie de Toulouse, la Cimade pour tenter déviter quil ne soit expulsé vers le Cameroun. « Je ne défends pas une cause, je le défends lui, poursuit-elle. Je peux comprendre les renvois, quil soit difficile daccueillir tout le monde mais pour lui je ne comprends pas. Il sest parfaitement intégré, il aime la France, il a sa fille ici, pour moi il est Français.»


Un divorce qui met fin au droit de séjour
Eyek Anwantchok dit être arrivé en France en 2003. En 2005 il se marie et est aujourd’hui papa d’une petite fille de 6 ans. En 2010 le divorce est prononcé ainsi que la garde partagée de l’enfant. « De janvier à mars 2011 jai retourner au Cameroun (où se trouve encore sa mère NDLR). Jai prévenu la mère de ma fille et je me suis arrangé avec elle concernant la garde. A mon retour, elle avait fait un recours pour dénoncer mon absence et dire que je ne moccupais pas de mon enfant », affirme-t-il. Le jugement en appel lui a finalement accordé un droit de visite. C’est ce motif que la préfecture aurait mis en avant selon lui pour refuser la prolongation de son titre de séjour. Eyek ne comprend pas. «Jai toujours travaillé, jai montré toutes mes fiches de paye, jai un appartementJai montré tout ça mais ils ne veulent rien entendre », lâche-t-il.


« Un camp de torture »
Joint au téléphone samedi 23 mars, l’homme raconte son arrestation et sa rétention qu’il qualifie de «camp de torture». « J’ai été arrêté alors que je circulais en voiture. C’était très musclé, on m’a plaqué au sol, ils m’ont fait mal et ça m’a traumatisé. Au centre de rétention on nous traite de ‘chiens’, on nous dit ‘vous sentez mauvais’. C’est une humiliation. »
«Ils mont menotté, ligoté et mis un casque de boxeur sur la tête. Dans lavion jai crié.»
Le 19 mars dernier, il a été embarqué dans un avion pour le Cameroun. «On ma réveillé à 4 heures du matin, sans me prévenir auparavant. En raison de ma grève de la faim je suis classé ensituation sensibleet les policiers disent quils nont pas à me prévenir. Ils mont menotté, ligoté et mis un casque de boxeur sur la tête. Dans lavion jai crié. Les policiers me tenaient à la gorge et me donnait des coups de poing dans le ventre », raconte-t-il. Lexpulsion naura finalement pas lieu, le pilote demandant à ce quil soit descendu pour pouvoir décoller. «On ma dit que javais eu de la chance de tomber sur ungauchiste. »Reprendre des forces pour de nouveau crier
Ce lundi 25 mars, Eyek doit être selon la procédure présenté à nouveau devant un juge. Mais il a toujours peur d’être expulsé. La veille même, il confiait : « A tout moment ils peuvent venir. Si je dois retourner là-bas, je ne sais pas ce que je vais faire. Je n’ai pas de maison, pas même de chambre chez ma mère. Ma fille est ici. Ce n’est pas possible de faire ma vie là-bas». Quand elle est allée lui rendre visite, Elsa son ancien employeur dit lui avoir apporté des gâteaux et du jus de fruits. « Pour qu’il reprenne des forces et qu’il puisse à nouveau crier dans l’avion et que le pilote refuse de l’embarquer. S’il est trop faible, c’est sûr il va partir.»


Un cas classique
Selon son ancien employeur et la Cimade, Eyek Anwatchok a été finalement expulsé dimanche 24 mars au matin. « Selon ses compagnons de chambre cela s’est bien passé au centre de rétention. Mais beaucoup moins à l’aéroport où il aurait reçu des coups après avoir résisté», explique Lionel Claus de la Cimade. Selon le militant de la Cimade, Eyek a fait part de sa volonté d’effectuer une visite médicale à son arrivée au Cameroun.
Son cas est selon lui «malheureusement un grand classique» , la rupture de vie commune est « très souvent utilisée» pour refuser une prolongation d’un titre de séjour. «Dans les faits on se rend compte qu’il y a comme une période probatoire de deux ans et s’il y a une rupture de vie commune, la personne perd quasiment tous ses droits. Elle n’a pas le droit au divorce et finalement il vaut mieux pour elle rester en couple même si elle ne s’entend plus avec le conjoint» , affirme Lionel Claus. La prolongation de rétention devait être décidée devant le juge des libertés ce lundi 25 mars. Pour lui, «ce n’est pas fortuit».
Contactée, la préfecture de Haute-Garonne n’a pas donné suite à notre sollicitation.

Par Bertrand Enjalbal, carreinfo.fr, 25 mars 2013