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vendredi 22 juin 2018

Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Au centre du débat politique aux Etats-Unis, la séparation des familles de migrants est interdite en France. Cependant, 306 mineurs ont été enfermés dans le pays en 2017

LE MONDE | | Par

Une femme et ses enfants dans le camp pour migrants et réfugiés de Grande-Synthe (Nord), le 4 octobre 2016.

Depuis le mois de mai, 2 500 jeunes migrants du Mexique et d’Amérique centrale ont été séparés de leurs parents en traversant la frontière avec les Etats-Unis, en application de la politique « tolérance zéro » mise en place par l’administration de Donald Trump. Plusieurs milliers d’autres adolescents ont tenté leur chance sans leur famille, et sont envoyés dans des centres d’hébergements pour les migrants mineurs non accompagnés, dans l’attente du traitement de leur dossier d’asile.

 
« Cet endroit est appelé un “refuge” mais ces enfants sont bel et bien incarcérés », décrit le journaliste Jacob Soboroff après avoir visité, le 15 juin, le plus grand de ces sites au Texas. Le président Donald Trump, devant l’ampleur internationale de la polémique, a signé mercredi 20 juin un décret pour empêcher la séparation des familles – apportant ainsi une réponse temporaire au débat sur la politique migratoire des Etats-Unis.

Les familles avec des enfants mineurs

En France, la séparation des familles et la rétention de mineurs non accompagnés sont illégales. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a pourtant dénoncé la gestion de l’accueil français à six reprises pour l’enfermement d’enfants en compagnie de leur famille dans des centres de rétention administrative (CRA) : ils étaient 306 en 2017, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté.

 
En juillet 2012, la France est condamnée une première fois pour avoir violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme : un couple et deux enfants de 5 mois et 3 ans ont été placés pendant quinze jours dans le centre de rétention administratif de Rouen. « Il convient de garder à l’esprit que la situation d’extrême vulnérabilité des enfants est déterminante et prédomine sur la qualité d’étranger en séjour illégal », rappelle la CEDH. Autrement dit : si le regroupement familial est obligatoire, il ne justifie pas l’enfermement d’enfants. Le discours européen sera le même dans les cinq autres condamnations concernant la France.

Des consignes sont alors envoyées aux préfets, responsables des dispositifs dans les départements, pour « appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » lorsqu’il est décidé qu’une famille doit quitter le territoire français. Depuis, le nombre de mineurs enfermés a chuté avant de progressivement remonter à son plus haut niveau en cinq ans.

Le nombre d'enfants en rétention administrative au plus haut depuis cinq ans

Etrangers de moins de 18 ans placés dans des CRA de métropole, selon les rapports de la Cimade (jusqu'en 2015) et de contrôleur général des lieux de privation de liberté.
0 100 200 300 400 356 312 99 41 45 106 172 304 77 201020112012201320142015201620172018 (janv-avril)
Sources: Cimade, CGLPL
Une hausse due à l’exploitation par certains préfets d’une mesure qui permet la rétention des familles « dans les quarante-huit heures précédant le départ programmé », pour faciliter l’organisation de sortie du territoire. Un « glissement vers l’enfermement » dénoncé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans un rapport publié le 14 juin, surtout pratiqué dans deux CRA, ceux de Metz-Queuleu (Moselle) et du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).

Les mineurs non accompagnés

Comme pour les enfants avec leur famille, la rétention de jeunes arrivés seuls sur le territoire français est illégale – contrairement à la situation américaine, ils ne peuvent pas être contraints d’aller dans des centres d’hébergement.
Dans chaque département, l’aide sociale à l’enfance, sous tutelle du conseil départemental, est chargée de l’accueil et de la mise à l’abri des migrants mineurs sous le statut de protection de l’enfance, en partenariat avec le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) géré par la Croix-Rouge.

 
Contrairement aux familles avec enfants, les mineurs non accompagnés ne peuvent faire l’objet de mesures d’éloignement. Leur prise en charge par les autorités n’est pas liée à leur demande d’asile. Ils sont considérés, par le droit français, comme des enfants avant d’être de jeunes migrants.

Un rapport parlementaire de juin 2017 dénombrait « près de 13 000 mineurs non accompagnés pris en charge par les services départementaux » en France, une statistique en constante augmentation qui s’oppose au nombre de places d’hébergement limitées. Cette saturation est en partie à l’origine de l’opposition entre les conseils départementaux et l’Etat sur la responsabilité des financements pour cet accueil.

Un autre point de tension entre les services de l’Etat est l’évaluation de l’âge des jeunes migrants, qui détermine de manière importante leur niveau de protection : certaines personnes, évaluées mineures dans un département, sont considérées majeures dans un autre, complexifiant les dispositifs d’accompagnement.

Alimentant les débats sur la limite d’âge, les départements demandent fréquemment une radiographie osseuse, dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement. Limité aux derniers recours par la garde des sceaux Christiane Taubira en 2013, l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le défenseur des droits Jacques Toubon affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.

samedi 8 octobre 2016

Appel pour la régularisation de tous les étudiants étrangers sans titre de séjour

Tribune:

Appel pour la régularisation de tous les étudiants étrangers sans titre de séjour

Par — 
Manifestation d'étudiants contre l'expulsion d'étudiants sans papiers, le 5 novembre 2013, à Paris.
Manifestation d'étudiants contre l'expulsion d'étudiants sans papiers, le 5 novembre 2013, à Paris. Photo : FRED DUFOUR.AFP

Une centaine d'universitaires lancent un appel en soutien à Abdoulaye, étudiant guinéen, menacé d'expulsion et revendiquent le droit d’étudier, la liberté de circulation et l’égalité de droits pour tous les étudiants sans titre de séjour.

Abdoulaye, étudiant guinéen inscrit en seconde année d’administration économique et sociale à l’université Paris-I Panthéon Sorbonne, est menacé d’expulsion. Militant au sein de l’opposition politique au pouvoir en place, il a fui son pays à la suite de menaces de mort, et a souhaité poursuivre ses études en France. Il a été victime, comme des milliers d’autres «sans-papiers», d’un contrôle d’identité à la gare de Lyon, à Paris, et enfermé en centre de rétention depuis le mardi 13 septembre.

Comme Abdoulaye, nombre d’étudiant-e-s étranger-e-s se voient refuser l’obtention ou le renouvellement d’un titre de séjour étudiant. A la merci d’un contrôle d’identité pouvant déboucher sur leur placement en rétention, et leur expulsion, ces étudiant-e-s sans titre de séjour sont contraint-e-s d’étudier dans la précarité et la peur.

Nous constatons que nos universités contrôlent leurs titres de séjour et empêchent leur inscription alors que de tels contrôles sont illégaux, et participent aux humiliations ordinaires qu’elles et ils subissent face aux représentant-e-s des institutions.

Nous observons que leurs études sont contrôlées par la préfecture, qui, au moment de renouveler les titres de séjour, s’arroge le droit d’évaluer leur parcours en lieu et place de notre fonction d’universitaires, et au mépris de tout droit à l’erreur ou toute opportunité de réorientation.

Nous assistons à leur impossibilité de plus en plus fréquente à se rendre sur les lieux d’enseignement et de formation par peur d’un contrôle d’identité pouvant déboucher sur leur placement en rétention, et leur expulsion.

Nous voyons la persistance de mesures discriminatoires à leur encontre. Elles et ils paient la sécurité sociale sans pouvoir en bénéficier, sont exclu-e-s de l’accès aux logements et aux aides sociales du CROUS et du droit de travailler. Elles et ils affrontent des formes de harcèlement et d’exploitation exacerbées par leur situation juridique.

Nous percevons l’angoisse de l’expulsion, décuplée après la notification d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), nous sommes témoins de conditions matérielles qui peuvent atteindre jusqu’à leur possibilité même d’étudier.
Nous découvrons leur disparition du jour au lendemain de nos amphithéâtres.

Leurs vies sont suspendues à l’arbitraire administratif et policier.

Nous, enseignant-e-s, chercheur-e-s, personnels travaillant au sein des universités dénonçons ces violences contre nos étudiant-e-s, les effets de ces menaces sur leur vie et leurs parcours universitaires. Nous signons la pétition pour la libération, la régularisation, et le droit de poursuivre ses études en France pour Abdoulaye. Avec le Réseau universités sans frontières (RUSF), nous appelons à la régularisation de tou-te-s les étudiant-e-s sans titre de séjour. Nous revendiquons le droit d’étudier, la liberté de circulation et l’égalité de droits pour tout-e-s. Nous affirmons notre solidarité avec Abdoulaye et tou-te-s les étudiant-e-s sans titre de séjour.

Premier-e-s signataires :

Réseau Université Sans Frontières Paris 1 Panthéon Sorbonne (RUSF P1), Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s (RESOME), Fédération Solidaires étudiant-e-s, Catherine Achin (professeur en sciences politiques, Université Paris-Dauphine), Viviane Albenga, (maîtresse de conférences en sociologie, Université Bordeaux Montaigne), Salima Amari (docteure en sociologie, Université Paris 8), Chadia Arab (géographe, chargée de recherche au CNRS), Heidi Bar (doctorante en science politique, université de Strasbourg), Lila Belkacem (maîtresse de conférence en sociologie, UPEC), Laure Bereni (sociologue, CNRS), Soline Blanchard (première assistante, Université de Lausanne), Françoise Blum (ingénieure de recherche CNRS), Audrey Célestine (maîtresse de conférence en civilisation américaine, Université Lille 3), Marion Charpenel (post-doctorante et enseignante vacataire, Université Paris 13), Delphine Chedaleux (chercheuse senior, Université de Lausanne), Isabelle Clair (chargée de recherche au CNRS, sociologue), Vanessa Codaccioni (maîtresse de conférences, Université Paris 8), Aurélie Damamme (maîtresse de conférence, Université Paris 8), Sonia Dayan-Herzbrun (professeure émérite en sociologie politique, Université Paris 7), Jean-Philippe Dedieu (CIRHUS Fellow, New York University), Rémi Desmoulière (doctorant contractuel en géographie, INALCO), Virginie Descoutures (maîtresse de conférence en sociologie, Université Picardie-Jules Verne), Lucia Direnberger (post-doctorante, IHEID), Claire Ducournau (maîtresse de conférences en lettres modernes, Université Paul Valéry Montpellier III), Stéphane Dufoix, (professeur de sociologie, Université Paris Ouest Nanterre), Virginie Dutoya (chargée de recherche CNRS, Centre Emile Durkheim), Jules Falquet (maîtresse de conférence en sociologie, Université Paris Diderot), Vincent Farnea (ingénieur d’étude, Université Paris 8), Eric Fassin (sociologue, Université Paris 8), Camille Foubert (doctorante en sciences de la société, EHESS), Camille François (doctorant en sociologie, Université Paris 8), Claudia M. Girola (enseignante-chercheure, Université Paris 7), Dominique Glaymann (professeur des universités en sociologie, Université d’Evry-Val-d’Essonne), Sibylle Gollac (chercheuse au CNRS), Olivier Grojean (maître de conférences en science politique, Université Paris 1), Abdellali Hajjat (maître de conférences en science politique, Université Paris-Ouest Nanterre), Karim Hammou (chargé de recherche au CNRS), Claire Hancock (professeure de géographie, Université Paris-Est Créteil), Reguina Hatzipetrou-Andronikou (doctorante en Sociologie, EHESS), Maïa Hawad (doctorante en philosophie politique, Université Paris 7), Rada Iveković (professeure des universités à la retraite, philosophe), Alban Jacquemart (maître de conférences en science politique, Université Paris-Dauphine), Milena Jaksic (sociologue, chercheuse au CNRS), Alexandre Jaunait (Université de Poitiers/ISP Nanterre), Nicolas Jounin (sociologue), Azadeh Kian (professeure de sociologie, Université Paris 7), Abir Kréfa (maîtresse de conférences, Université Lyon 2), Mehdi Labzaé (ATER en science politique, Université Paris 1), Rose-Marie Lagrave (sociologue, directrice d’études à l’EHESS), Silyane Larcher (chargée de recherche, CNRS, science politique, URMIS-Paris Diderot), Claire Lemercier (directrice de recherche au CNRS), Loïc Le Pape (maître de conférences, Université Paris 1), Amélie Le Renard (sociologue, chargée de recherche au CNRS), Claire Lesacher (docteure et ATER en sciences du langage, Université Rennes 2), Bénédicte Louvat-Molozay (maître de conférences HDR en lettres moderne, Université de Montpellier 3), Guillaume Marche (professeur de civilisation américaine, Université Paris-Est Créteil), Audrey Marcillat (doctorante en sociologie, EHESS), Audrey Mariette (maîtresse de conférence), Nonna Mayer (directrice de recherche en sciences politiques, CNRS), Catherine Marry (directrice de recherche émérite en sociologie, CNRS), Tatiana Medvedeva (doctorante en socio-anthropologie, Université Paris 7), Estelle Miramond (doctorante en sociologie, Université Paris 7), Marwan Mohammed (sociologue, Centre Maurice Halbwachs), Cindy Morillas (chercheure associée en science politique, Les Afriques dans le Monde), Brice Nocenti (doctorant en sociologie, Université Paris 7), Olivier Noël (maître de conférences associé, Université Montpellier Paul Valéry), Ugo Palheta (maître de conférences en sociologie, Université Lille-3), Sepideh Parsapajouh (anthropologue, CNRS/EHESS), Jérôme Pélisse (professeur de sociologie, IEP de Paris), Irène Pereira (sociologue, Université Paris-Est), Myrtille Picaud (doctorante et enseignante vacataire en sociologie, CESSP), Pauline Picot (doctorante en sociologie, Paris-7), Laure Pitti (maîtresse de conférence, Paris 8), Sophie Pochic (sociologue, CNRS), Aude Rabaud (maîtresse de conférences, Université Paris 7), Christelle Rabier (maîtresse de conférences, EHESS), Isabelle Rigoni (maître de conférences en sociologie, INS HEA), Edouard Robin (doctorant en sociologie clinique, Université Paris Diderot), Meriem Rodary (chargée de cours, Université Paris 8), Olivier Roueff (chargé de recherche en sociologie, CNRS), François Sarfati, (maître de conférence en sociologie, Conservatoire national des Arts et Métiers), Pierre Sauvêtre (maître de conférence en sociologie, Université Paris Nanterre), Camille Schmoll (maîtresse de conférence, Université Paris 7), Isabelle Sommier (professeure de sociologie politique, Université Paris 1), Alexis Spire (directeur de recherche au CNRS), Kadya Emmanuelle Tall (anthropologue IRD), Simona Tersigni (maîtresse de conférence, Université de Paris Ouest Nanterre), Mahamet Timera (professeur de sociologie, Université Paris 7), Sylvie Tissot (professeure à l’Université Paris 8), Guillaume Vadot (ATER et doctorant en science politique, Université Paris 1), Jérôme Valluy (enseignant-chercheur, Université Paris 1), Michelle Zancarini-Fournel (professeure émérite d’histoire, Université Lyon 1), Rémi Zanni (doctorant en philosophie politique, Université Paris 7).

Un collectif

lundi 23 mai 2016

Reuilly-France: séquestration d'une camerounaise sur fond de chantage conjugal et de soupçons de viols sur sa fille mineure

Avec toutes les précautions d'usage, relatives notamment au respect de la présomption d'innocence, cette affaire sordide de pédophilie sur fond de chantage conjugal et de régularisation en France ne pouvait nous laisser indifférents.

 

L'association Nous Pas Bouger



mercredi 29 octobre 2014

Solidarité avec les grévistes sans-papiers du quartier Château d'Eau à Paris

Intellectuels et chercheurs dont Edgar Morin soutiennent les salariés du 57 boulevard de Strasbourg, à Paris. Coiffeurs et manucures demandent leur régularisation.

 

Nous, signataires de la présente déclaration, apportons notre soutien aux grévistes du 57 boulevard de Strasbourg et à leurs revendications, concernant notamment l’attribution à tous d’un titre de séjour.

La grève du 57 boulevard de Strasbourg

Le 22 mai 2014, les dix-huit travailleuses et travailleurs sans-papiers du salon de coiffure situé au 57 Boulevard de Strasbourg se mettent en grève, avec l’appui de la CGT, pour obtenir de sortir du «travail au noir» et d’être officiellement déclarés par leur employeur.

Un mois plus tard, ils obtiennent des contrats de travail en bonne et due forme, ce qui leur permet de déposer un dossier de régularisation à la Préfecture.

Mais le 8 juillet le gérant du salon procède à un dépôt de bilan ; les contrats de travail précédemment accordés sont donc annulés ; aussitôt la Préfecture en tire argument pour refuser la régularisation.

La collusion entre les gérants et les pouvoirs publics

Ce mouvement révèle au grand jour la situation du quartier Château d’eau et la collusion entre les gérants et les pouvoirs publics pour maintenir cette situation en l’état.

Dans le quartier, plusieurs centaines de travailleuses et travailleurs sans-papiers sont payés à la tâche et en espèces, dans des conditions de travail désastreuses. Les grévistes du 57 percevaient quant à eux de 200 à 400 euros par mois, quand ils étaient payés, pour 7 jours de travail sur 7, de 9h à 23h. Les salons sont dirigés par une mafia de gérants qui opèrent au vu et au su de toutes les autorités (Préfecture de Police et Ministère de l’Intérieur).

Bien plus, en refusant la régularisation de ces travailleurs, la Préfecture les enferme dans l’illégalité et se fait le complice des gérants.

Il faut que cette situation cesse

Il faut d’une part démanteler la mafia qui dirige le quartier. Les grévistes du 57 ont déposé une plainte pour traite d’êtres humains, faillite frauduleuse et travail dissimulé. Il faut que la police et la justice donnent une suite effective à cette plainte.

Il faut d’autre part que les grévistes reçoivent un titre de séjour qui leur permettra d’exercer la plénitude de leurs droits.

Nous sommes entièrement solidaires de ces deux exigences, et nous demandons qu’elles soient satisfaites au plus tôt.

Premiers signataires:

Emmanuel Terray (Anthropologue), Edgar Morin (Philosophe, Sociologue), Pierre Cours-Salies (Sociologue), Veronique Nahoum-Grappe (Anthropologue), Sebastien Villemot (Economiste), Serge Slama (Maître de conférences en Droit Public), Sabina Issehnane (Economiste), Albano Cordeiro (Economiste Sociologue), Olivier Le Cour Grandmaison (Maître de conférences en science politique), Nicolas Jounin (Sociologue), Sylvain Pattieu (Maître de conférences en Histoire, écrivain), Anne Bory (sociologue), Karel Yon (sociologue), Anne Clerval (géographe), André Burguière (Historien), Vincent Rafis (Psychanalyste, Linguiste), Etienne Pénissat (Sociologue), Jean Malifaud (Mathématicien), Martyne Perrot (Sociologue), Pierre Chauvin (Médecin Epidémiologiste), Jean-Philippe Dedieu (Sociologue), Cédric Terzi (Sociologue), Nichola De Genova (Géographe), Virginie Milliot (Anthropologue), Abdellali Hajjat (Maître de Conférences en Science Politique), Pierre Brasseur (Sociologue), Marie-Laure Basilien-Gainche (Professeure de droit public), Sébastien Chauvin (Sociologue), Françoise Hickel (Educatrice, formatrice, docteur en sciences du langage), Gustave Massiah (Cedetim / Ipam), Gilles Lemaire (Attac), Thomas Alam (Maître de conférences en Science Politique), Anne Le Huérou (Université Paris Ouest Nanterre), Jean-Pierre Terrail (Sociologue), Alain Tarrius (Sociologue, Anthropologue), Fanny Jedlicki (Sociologue), Jérôme Valluy (Sociologue), Ugo Palheta (Sociologue), Veronique De Rudder (Sociologue), Xavier Briké (Anthropologue), Marnix Dressen (Sociologue), Sonia Dayan-Herzbrun (Sociologue), Lilian Mathieu (Sociologue), Jean-Luc Gautero (maître de conférences en logique, épistémologie et histoire des sciences), Michel Barthélemy (Sociologue), Antoine Math (Chercheur à l’IRES), Sylvain Laurens (Sociologue), Mathilde Pette (Sociologue), Christophe Daum (Anthropologue), Stephanie Pryen (Sociologue), Corinne Davault (sociologue, université Paris 8), Séverin Muller (Sociologue, université Lille 1), Michel Samuel (Anthropologue), Maryse Tripier (professeur émérite de sociologie de l’université Paris Diderot), Marielle Debos (Politiste), Marguerite Cognet (Sociologue), Ariela Epstein (Anthropologue), Sylvie Tissot (sociologue, Politiste), Julie Pagis (Maître de conférences en science politique), Claude Calame (Anthropologue, Historien), Anthony Pecqueux (Sociologue), Georges Menahem (Sociologue, Economiste), Esther Jeffers (Economiste), Yves Jouffe (Sociologue), Jean-Pierre Garnier (Sociologue), Sybille Gollac (Sociologue), Claudette Lafaye (Sociologue), Audrey Mariette (Sociologue), Yasmine Siblot (Sociologue), Evelyne Burguière (Sociologue), Raphael Porteilla (Maître de conférences en Science Politique), Joëlle Cicchini (Géographe), Marie Plassart (Linguiste), Bernard Graglia (Ingénieur de recherches), Elen Riot (Maître de conférences en sciences de gestion), François Reyssat (Sociologue), Jacques Bidet (Professeur émérite à l’université de Paris-Ouest), Rose-Marie Lagrave (Sociologue), Nicole Phélouzat (Sociologue), Violaine Girard (Sociologue), Karen Akoka (Maître de conférences en Science Politique), Sébastien Thiéry (Politologue),…
Par un collectif de chercheurs et d'universitaires 
Source: libération.fr


Du travail dissimulé à la traite d’êtres humains, par "Terrains de Lutte, http://blogs.mediapart.fr

http://blogs.mediapart.fr/blog/terrains-de-luttes/031114/du-travail-dissimule-la-traite-d-etres-humains

jeudi 25 avril 2013

Migrants tunisiens dits de Lampedusa, vers une régularisation définitive en Italie




Certaines personnalités respectables en France et ailleurs en Europe avanceront à nouveau sans sourciller le risque d'un "appel d'air"; pour surtout s'interdire d'accorder un traitement digne (d'États dits civilisés) à tous ces jeunes migrants tunisiens qui errent encore dans l'Est parisien notamment.

L’Italie s'honore d'autant plus en choisissant la solution de la régularisation, que sa situation économique n'est pas des plus reluisante.

Seulement elle semble avoir compris que la régularisation d'une centaine de jeunes migrants Tunisiens ne changera pas véritablement les flux actuels de la migration (à l'issue parfois dramatique) dans ses frontières; pas plus d’ailleurs que chacune des personnes appelées à être régularisée dans le cadre de la nouvelle mesure gouvernementale ne fera obligatoirement venir toute sa fratrie, tout son village, toute sa ville, ou toute la Tunisie en Italie ou en Europe.

Le choix ou l'aventure de la migration est souvent (hélas) un choix ou une aventure solitaire, rarement solidaire comme pour les réfugiés ou les demandeurs d'asile.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

TémoignageKarim, clandestin : « Avertir les jeunes qui rêvent d’Europe »,
Hugo Domenach | Journaliste Rue 89


“Tunisie : Diplomatie : L’Italie règlera la situation à des milliers de ‘’sans papiers’’ tunisiens”

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jeudi 18 avril 2013

France: multiplication des expulsions des étrangers liées aux ruptures de la vie commune


Source: http://carredinfo.fr


Dimanche 24 mars au matin, Eyek Awantchok, Camerounais de 34 ans, a été reconduit vers le Cameroun, son pays alors qu’il s’apprêtait à passer devant le juge. Le titre de séjour de ce père de famille n’a pas été renouvelé suite à une affaire familiale. Son employeur a alerté les autorités, en vain. Il raconte des conditions d’arrestation et de rétention « humiliantes ».
Bosseur et intégré
Eyek, camerounais de 34 ans, se trouve au centre de rétention de Cornebarrieu depuis près dun mois. En décembre dernier la préfecture na pas renouvelé son titre de séjour. Il se trouve donc en situation irrégulière et impossible pour lui de travailler. Lhomme a entamé au début de sa rétention une grève de la faim et affirme au téléphone voir perdu près de quinze kilos. «Quand je lai vu dans cet état, cela ma fait vraiment de la peine», affirme Elsa, son ancien employeur dune agence dintérim qui a cessé de faire appel à ce peintre en bâtiment depuis quil na plus de papier. Cest la première fois quelle se bat pour défendre un ancien employé. « On a souvent des problèmes avec les intérimaires, certains ne sont que pour les aides mais Eyek est carré, bosseur et il sest parfaitement intégré », assure-t-elle.
« Je ne défends pas une cause, je le défends lui. Je peux comprendre les renvois, quil soit difficile daccueillir tout le monde mais pour lui je ne comprends pas. Il sest parfaitement intégré, il aime la France, il a sa fille ici, pour moi il est Français. »
Elsa a découvert dans la presse sa présence à Cornebarrieu. Elle a alors appelé la préfecture, la mairie de Toulouse, la Cimade pour tenter déviter quil ne soit expulsé vers le Cameroun. « Je ne défends pas une cause, je le défends lui, poursuit-elle. Je peux comprendre les renvois, quil soit difficile daccueillir tout le monde mais pour lui je ne comprends pas. Il sest parfaitement intégré, il aime la France, il a sa fille ici, pour moi il est Français.»


Un divorce qui met fin au droit de séjour
Eyek Anwantchok dit être arrivé en France en 2003. En 2005 il se marie et est aujourd’hui papa d’une petite fille de 6 ans. En 2010 le divorce est prononcé ainsi que la garde partagée de l’enfant. « De janvier à mars 2011 jai retourner au Cameroun (où se trouve encore sa mère NDLR). Jai prévenu la mère de ma fille et je me suis arrangé avec elle concernant la garde. A mon retour, elle avait fait un recours pour dénoncer mon absence et dire que je ne moccupais pas de mon enfant », affirme-t-il. Le jugement en appel lui a finalement accordé un droit de visite. C’est ce motif que la préfecture aurait mis en avant selon lui pour refuser la prolongation de son titre de séjour. Eyek ne comprend pas. «Jai toujours travaillé, jai montré toutes mes fiches de paye, jai un appartementJai montré tout ça mais ils ne veulent rien entendre », lâche-t-il.


« Un camp de torture »
Joint au téléphone samedi 23 mars, l’homme raconte son arrestation et sa rétention qu’il qualifie de «camp de torture». « J’ai été arrêté alors que je circulais en voiture. C’était très musclé, on m’a plaqué au sol, ils m’ont fait mal et ça m’a traumatisé. Au centre de rétention on nous traite de ‘chiens’, on nous dit ‘vous sentez mauvais’. C’est une humiliation. »
«Ils mont menotté, ligoté et mis un casque de boxeur sur la tête. Dans lavion jai crié.»
Le 19 mars dernier, il a été embarqué dans un avion pour le Cameroun. «On ma réveillé à 4 heures du matin, sans me prévenir auparavant. En raison de ma grève de la faim je suis classé ensituation sensibleet les policiers disent quils nont pas à me prévenir. Ils mont menotté, ligoté et mis un casque de boxeur sur la tête. Dans lavion jai crié. Les policiers me tenaient à la gorge et me donnait des coups de poing dans le ventre », raconte-t-il. Lexpulsion naura finalement pas lieu, le pilote demandant à ce quil soit descendu pour pouvoir décoller. «On ma dit que javais eu de la chance de tomber sur ungauchiste. »Reprendre des forces pour de nouveau crier
Ce lundi 25 mars, Eyek doit être selon la procédure présenté à nouveau devant un juge. Mais il a toujours peur d’être expulsé. La veille même, il confiait : « A tout moment ils peuvent venir. Si je dois retourner là-bas, je ne sais pas ce que je vais faire. Je n’ai pas de maison, pas même de chambre chez ma mère. Ma fille est ici. Ce n’est pas possible de faire ma vie là-bas». Quand elle est allée lui rendre visite, Elsa son ancien employeur dit lui avoir apporté des gâteaux et du jus de fruits. « Pour qu’il reprenne des forces et qu’il puisse à nouveau crier dans l’avion et que le pilote refuse de l’embarquer. S’il est trop faible, c’est sûr il va partir.»


Un cas classique
Selon son ancien employeur et la Cimade, Eyek Anwatchok a été finalement expulsé dimanche 24 mars au matin. « Selon ses compagnons de chambre cela s’est bien passé au centre de rétention. Mais beaucoup moins à l’aéroport où il aurait reçu des coups après avoir résisté», explique Lionel Claus de la Cimade. Selon le militant de la Cimade, Eyek a fait part de sa volonté d’effectuer une visite médicale à son arrivée au Cameroun.
Son cas est selon lui «malheureusement un grand classique» , la rupture de vie commune est « très souvent utilisée» pour refuser une prolongation d’un titre de séjour. «Dans les faits on se rend compte qu’il y a comme une période probatoire de deux ans et s’il y a une rupture de vie commune, la personne perd quasiment tous ses droits. Elle n’a pas le droit au divorce et finalement il vaut mieux pour elle rester en couple même si elle ne s’entend plus avec le conjoint» , affirme Lionel Claus. La prolongation de rétention devait être décidée devant le juge des libertés ce lundi 25 mars. Pour lui, «ce n’est pas fortuit».
Contactée, la préfecture de Haute-Garonne n’a pas donné suite à notre sollicitation.

Par Bertrand Enjalbal, carreinfo.fr, 25 mars 2013