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jeudi 16 novembre 2017

Libye : des migrants vendus sur des marchés aux esclaves

L'indignation de l'animateur Claudy SIAR de RFI

 




Crimes

Esclavage en Libye : Tripoli ouvre une enquête sur des actes «inhumains»

Par AFP






Un responsable du ministère libyen des Affaires étrangères, Salah Abou-Raguigah (C), lit un communiqué lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 19 novembre 2017 Photo MAHMUD TURKIA. AFP
Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d’un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d’actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen», «font l’objet d’une enquête», a-t-on poursuivi.
«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L’idée d’installer des centres d’accueil en Libye avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d’union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli».

Metig avait indiqué qu’il chargerait «une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700...» avant que la journaliste n’explique: «ces hommes sont vendus pour 1 200 dinars libyens -- 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d’esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3 000 sont morts en tentant la traversée.

VIDÉO. CNN publie des images d'une vente aux enchères d'êtres humains en Libye. Une dérive glaçante de la crise migratoire qui secoue l'Afrique.

Modifié le | Le Point.fr






La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye. 
La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye.  © Capture d'écran de la vidéo de CNN / CNN







Tout est parti d'une vidéo, envoyée à CNN. « 900, 1000 » ? « Des hommes forts pour le travail à la ferme »… On y découvre des migrants vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. À partir de ces images glaçantes, deux journalistes de la chaîne américaine ont enquêté en se rendant à Tripoli. Ils y ont découvert que des marchés comme celui dont les images leur ont été envoyées se tenaient une à deux fois par mois. À l'aide de caméras cachées, ils ont réussi à filmer l'une de ces ventes, organisée la nuit dans un village en dehors de la capitale libyenne.

Les preuves de ces ventes aux enchères ont été transmises aux autorités libyennes qui ont promis de lancer une enquête sur ces agissements. Interrogé, Naser Hazam, le premier lieutenant de l'agence anti-immigration clandestine du gouvernement reconnaît que des gangs ont bien la main sur des réseaux de passeurs dans le pays. Il affirme toutefois n'avoir jamais assisté à de tels marchés.

La crise migratoire en toile de fond

À l'origine de ce trafic, il y a la crise migratoire, expliquent les journalistes. Les milliers de personnes qui tentent de fuir le continent africain pour l'Europe passent chaque année par la frontière libyenne. Mais les contrôles renforcés au large des côtes limitent désormais le nombre de bateaux qui peuvent tenter la traversée.

Sans un sou (tout ce qu'ils avaient ayant été donné aux passeurs) et coincés en Libye, les migrants deviennent alors des esclaves, les passeurs des maîtres. À l'intérieur des centres de détention pour migrants, de nombreux témoignages se font l'écho de ces pratiques moyenâgeuses. Leurs corps mutilés en disent long sur le traitement qui leur a été infligé.



LIBYA-EUROPE-MIGRANTS ©  MAHMUD TURKIA / AFP
Des migrants, qui tentent de rallier l'Europe via la Libye, marchent vers un centre de détention sur la ville côtière de Guarabouli, à 60 km à l'est de Tripoli.  © MAHMUD TURKIA / AFP

40 millions d'esclaves dans le monde

En mai 2017, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait recueilli des témoignages similaires. À l'époque, les propos rapportés faisaient état de travail forcé dans l'agriculture ou le bâtiment pour les hommes et de cas de viols et de prostitution forcée pour les femmes. Un « trafic souterrain à ciel ouvert », avait alors commenté Marwa Mohamed, chercheuse pour Amnesty International, dans les colonnes du Figaro, qui expliquait que ces trafics se tenaient dans des zones où l'autorité du pouvoir central était inexistante. La situation économique catastrophique et l'instabilité politique de la région favorisaient, selon elle, le développement de trafic en tous genres.

La Libye est loin d'être le seul pays ou ce genre de pratiques est observé. Aujourd'hui dans le monde, l'Organisation internationale du travail à l'Assemblée générale de l'ONU estime à plus de 40 millions le nombre de personnes victimes d'esclavage.

People for sale
Where lives are auctioned for $400
Exclusive: Migrants being sold as 'slaves'

Tripoli, Libya (CNN) -- "Eight hundred," says the auctioneer. "900 ... 1,000 ... 1,100 ..." Sold. For 1,200 Libyan dinars -- the equivalent of $800.
Not a used car, a piece of land, or an item of furniture. Not "merchandise" at all, but two human beings. 
One of the unidentified men being sold in the grainy cell phone video obtained by CNN is Nigerian. He appears to be in his twenties and is wearing a pale shirt and sweatpants.
He has been offered up for sale as one of a group of "big strong boys for farm work," according to the auctioneer, who remains off camera. Only his hand -- resting proprietorially on the man's shoulder -- is visible in the brief clip.
After seeing footage of this slave auction, CNN worked to verify its authenticity and traveled to Libya to investigate further. 
Carrying concealed cameras into a property outside the capital of Tripoli last month, we witness a dozen people go "under the hammer" in the space of six or seven minutes. 
"Does anybody need a digger? This is a digger, a big strong man, he'll dig," the salesman, dressed in camouflage gear, says. "What am I bid, what am I bid?"
Buyers raise their hands as the price rises, "500, 550, 600, 650 ..." Within minutes it is all over and the men, utterly resigned to their fate, are being handed over to their new "masters."
After the auction, we met two of the men who had been sold. They were so traumatized by what they'd been through that they could not speak, and so scared that they were suspicious of everyone they met.

Crackdown on smugglers

Each year, tens of thousands of people pour across Libya's borders. They're refugees fleeing conflict or economic migrants in search of better opportunities in Europe.
Most have sold everything they own to finance the journey through Libya to the coast and the gateway to the Mediterranean.
But a recent clampdown by the Libyan coastguard means fewer boats are making it out to sea, leaving the smugglers with a backlog of would-be passengers on their hands.
So the smugglers become masters, the migrants and refugees become slaves.
Migrants rescued from the Mediterranean arrive at a naval base in Tripoli in October.
The evidence filmed by CNN has now been handed over to the Libyan authorities, who have promised to launch an investigation.
First Lieutenant Naser Hazam of the government's Anti-Illegal Immigration Agency in Tripoli told CNN that although he had not witnessed a slave auction, he acknowledged that organized gangs are operating smuggling rings in the country.
"They fill a boat with 100 people, those people may or may not make it," Hazam says. "(The smuggler) does not care as long as he gets the money, and the migrant may get to Europe or die at sea."
"The situation is dire," Mohammed Abdiker, the director of operation and emergencies for the International Organization for Migration, said in a statement after returning from Tripoli in April. "Some reports are truly horrifying and the latest reports of 'slave markets' for migrants can be added to a long list of outrages."
The auctions take place in a seemingly normal town in Libya filled with people leading regular lives. Children play in the street; people go to work, talk to friends and cook dinners for their families.
But inside the slave auctions it's like we've stepped back in time. The only thing missing is the shackles around the migrants' wrists and ankles.

Deportation 'back to square one'

Anes Alazabi is a supervisor at a detention center in Tripoli for migrants that are due to be deported. He says he's heard "a lot of stories" about the abuse carried out by smugglers.
The Treeq Alsika Migrant Detention Center in Tripoli, where some migrants are held by Libyan authorities before they are repatriated.
"I'm suffering for them. What I have seen here daily, believe me, it makes me feel pain for them," he says. "Every day I can hear a new story from people. You have to listen to all of them. It's their right to deliver their voices."
One of the detained migrants, a young man named Victory, says he was sold at a slave auction. Tired of the rampant corruption in Nigeria's Edo state, the 21-year-old fled home and spent a year and four months -- and his life savings -- trying to reach Europe.
He made it as far as Libya, where he says he and other would-be migrants were held in grim living conditions, deprived of food, abused and mistreated by their captors.
"If you look at most of the people here, if you check your bodies, you see the marks. They are beaten, mutilated."
When his funds ran out, Victory was sold as a day laborer by his smugglers, who told him that the profit made from the transactions would serve to reduce his debt. But after weeks of being forced to work, Victory was told the money he'd been bought for wasn't enough. He was returned to his smugglers, only to be re-sold several more times.
The smugglers also demanded ransom payments from Victory's family before eventually releasing him.

ESCLAVAGE DES MIGRANTS EN LIBYE, INDIGNONS-NOUS MAIS ÉVITONS LA CONCURRENCE DES MÉMOIRES

Bien triste constat que celui fait ici par le chroniqueur j. RÉMY NGONO, qui doit néanmoins nous prémunir contre toute mise en concurrence des mémoires. 

Parce que les victimes des attentats de Paris, et toutes les autres consécutives notamment aux crimes perpétrés par la Françafrique, ne supporteraient pas que nous les opposions, même indirectement, au nom de leur nombre ou de la compassion sélective pratiquée par les tyrans africains et leurs maîtres français.

Insurgeons-nous collectivement contre l'inhumanité et la cruauté de la Françafrique.

  Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER



ARRÊT SUR IMAGES

Il a fallu un reportage de la chaîne CNN pour que les Africains se lèvent pour manifester contre l'esclavage des Africains en Libye. C'est bien, mais c'est comme si c'est CNN qui vient de nous faire découvrir ce qui se passe en Libye , alors que tous les dirigeants africains le savent, et je le dénonce ici depuis la création de ma page Facebook. D'autres lanceurs d'alertes tels Abdelaziz Mounde, Modestine Carole Tchatchouang, Junior Zogo, Claudy Siarr, le font depuis des années, mais aucun dirigeant africain et leur syndicat de l' Union Africaine ne se sont jamais levés ne serait -ce que pour s' indigner auprès des représentations diplomatiques libyennes installées dans leur pays.

Pourtant, quand c'était un attentat de CHARLIE HEBDO à Paris, ils sont partis défiler en France et même dans certaines villes en Afrique. Yayi BONI a pleuré jusqu'à vouloir tomber évanoui. Macky SALL qui est de couleur noire ébène, était devenu rouge avec des yeux qui coulaient du sang derrière les binocles sombres. Faure GNASSINGBE qu'on ne voit jamais au Togo, était en tête de peloton sur les Champs Élysées. Le drapeau ivoirien était en berne et les larmes de OUATTARA se mélangeaient à sa morve...

Si les Africains prennent le chemin de l'esclavage en Libye et les camps de maltraitance raciste dans tous les pays du Maghreb , c'est parce qu'ils fuient l'esclavage qui sévit dans leurs pays respectifs où toutes les richesses et les pouvoirs sont concentrés entre les mains des colons noirs. Toute manifestation est réprimée par des tirs à balles réelles. Les journalistes et défenseurs des droits de l'homme sont jetés en prison. Les jeunes font les petits boulots esclavagistes. Les fillettes et les garçonnets subissent la pédophilie et la pédérastie pour pouvoir manger.

Entre un esclave africain maltraité par les passeurs en Libye et un esclave africain condamné à la misère à perpétuité et fusillé par les forces de sécurité de son propre pays, lequel faut-il plaindre?

J. REMY NGONO
REMY NGONO officiel a ajouté 8 photos.

jeudi 21 janvier 2016

En mémoire d'Ilan Halimi

Ilan Halimi avait été visé par le gang des barbares pour son appartenance à la communauté juive.

Ne jamais oublier la cruauté dont sont capables des êtres humains, lorsqu'ils sont notamment gagnés par la haine raciste et antisémite.

Plus jamais ça!

Joël Didier Engo


Le 21 janvier 2006, le début du calvaire d'Ilan Halimi

BFMTV 21/01/2016

Il y a dix ans, Ilan Halimi, un jeune Français de confession juive, était enlevé et torturé avant d'être abandonné à l'agonie, trois semaines plus tard, nu et menotté. Un crime antisémite perpétré par le "gang des barbares".

C'est désormais inscrit dans le marbre. "Ilan Halimi, victime de la barbarie, de l'antisémitisme et du racisme", tels sont les mots inscrits sur une plaque installée à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, en mémoire de ce jeune Français de confession juive tué en 2006 par le désormais célèbre "gang des barbares". Il y a dix ans, jour pour jour, débutait un véritable calvaire pour le jeune homme de 23 ans. 

Le 20 janvier 2006, Ilan Halimi, vendeur dans une boutique parisienne, est enlevé, puis séquestré dans un immeuble HLM de Bagneux pendant plus de trois semaines. On le retrouvera nu, bâillonné et menotté, trois semaines plus tard, agonisant le long des voies ferrées du RER C, dans le département de l'Essonne. Il décédera lors de son transfert à l'hôpital.

Le cliché antisémite Juif = argent

Pendant 24 jours, le jeune homme va subir l'horreur: son corps est brûlé, marqué de nombreux hématomes, de plaies faites à l'arme blanche. Ilan Halimi a été tondu. Au nom de quoi? De sa seule religion: le judaïsme. Pour quelle raison? L'argent. Car pour le "gang des barbares", être juif c'est avoir de l'argent. Une demande de rançon est immédiatement adressée à la famille du jeune homme. Elle s'élève à 450.000 euros.

Les proches d'Ilan Halimi sont contactés à plusieurs reprises. Faute de pouvoir payer, on leur envoie un enregistrement audio où ils entendent leur fils en sanglots, et des photos de lui ensanglanté. Le 29 janvier, Youssouf Fofana, le leader du gang, appelle le rabbin Shélomo Zini pour lui réclamer la rançon. Ce dernier se souvient avoir eu au bout du fil "quelqu'un de très calme, très froid".
"Au début, j'ai même pensé qu'il s'agissait d'un canular. C'est quand je me suis rendu compte avec quel sang-froid il avait parlé que je me suis souvenu que, dans ma vie, les plus grands extrémistes que j'ai connus étaient rarement violents", remarque le religieux, qui pense avoir été contacté car il officiait "dans un quartier qui laissait peut-être à penser que les gens donneraient plus d'argent".

La provocation de Fofana

A l'époque, la France découvre également avec horreur le visage de la barbarie avec le visage de Youssouf Fofana. C'est lui qui a commandité et orchestré le rapt et les séances de torture entre deux allers-retours en Côte d'Ivoire. C'est d'ailleurs dans ce pays qu'il sera arrêté dans la nuit du 22 au 23 février avant d'être extradé vers la France. Il sera jugé trois ans plus tard, et écope de la réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans.

Devant la cour d'assises des mineurs de Paris, Youssouf Fofana joue la carte de la provocation. Il apparaît souriant en lançant, un doigt en l'air, "Allah Akbar". Quand on lui demande son identité, il répond "arabe, africain, islamiste, salafiste", prétend être né le 13 février 2006, à Sainte-Geneviève-des-Bois: la date et le lieu de la mort d'Ilan Halimi. Même après sa condamnation, il ne cesse de faire parler de lui. Il a depuis été condamné à deux reprises pour avoir agressé ses gardiens en prison.  

Un verdict controversé

Vingt-trois autres prévenus sont également condamnés par la cour d'assises des mineurs de Paris à des peines diverses allant de six mois avec sursis à 18 ans de prison. Deux autres sont acquittés. "La cour a cependant été particulièrement indulgente avec les autres accusés", dénonce alors l'avocat de la famille d'Ilan Halimi, Me Francis Szpiner. Le crime est un défi pour la République et la société française." Le parquet fait appel de la décision.

Au cours de ce second procès, la peine de neuf ans de prison d'Emma Yalda, qui a séduit Ilan Halimi pour l'attirer dans ce piège, est confirmée. Aujourd'hui âgée de 26 ans, elle a bénéficié d'une liberté conditionnelle après avoir passé six ans en prison. Les principaux autres responsables de ce crime sont toujours derrière les barreaux.

Montée des actes antisémites

Mais pour les observateurs, l'attitude de la justice est symptomatique de celle de la société pendant cette affaire. "Le monde juif a été très secoué par cette affaire et, à juste titre, les juifs de France ont pu trouver que l'émotion exprimée dans la population n'était pas à la hauteur", analyse Michel Wieviorka, spécialiste de l'antisémitisme.

A l'époque, la prudence est de mise avant de considérer ce drame comme un acte antisémite. "Si ce n’est pas de l’antisémitisme, qu’est-ce que c’est? Imaginons qu’on enlève en France un musulman et que la demande de rançon soit: 'Si votre famille ne peut pas payer cotisez-vous dans les mosquées', ce sera bien évidemment un crime islamophobe", dénonçait le politologue Jean-Yves Camus, sur RFI.

Ce crime reste comme l'un des indices de la montée des actes antisémites en France. Si en 2015, le nombre d'actes antisémites a diminué de 5%, s'élevant ainsi à 806 faits constatés, comment oublier la tuerie de Mohamed Merah, en 2012, contre une école juive à Toulouse ou la prise d'otages à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes par Amedy Coulibaly. Et souvent la vieille idée que les juifs ont de l'argent perdure: en décembre 2014, un jeune couple de confession juive a été agressé et séquestré à son domicile à Créteil, dans le Val-de-Marne. "De toute façon, les juifs, vous avez de l'argent chez vous, vous ne le mettez pas à la banque", ont lancé les agresseurs.

Par Justine Chevalier