Affichage des articles dont le libellé est esclavage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est esclavage. Afficher tous les articles

mercredi 5 juin 2019

Laurent Ruquier, Christine Angot et la minimisation de l’esclavage

 Christine Angot a tenu de graves propos minimisant la traite des noirs, reprenant un argument central des suprémacistes blancs. Plutôt que de s’excuser d’avoir diffusé cet extrait, Laurent Ruquier a attaqué ceux qui remettaient en cause sa collaboratrice. Une occasion ratée d’éduquer le public sur un crime contre l'humanité trop souvent minimisé. 


On mettra cela sur le coup de l’ignorance et de la stupidité passagère. Au cours d’un échange avec Franz-Olivier Giesbert, à propos de la Shoah, Christine Angot a tenu à préciser que :

« Le but avec les juifs pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, de les tuer, et ça introduit une différence fondamentale, alors qu’on veut confondre avec par exemple l’esclavage et l’esclavage des Noirs envoyés aux États-Unis ou ailleurs, et où c’était exactement le contraire. C’est-à-dire l’idée c’était qu’ils soient en pleine forme [“Qu’ils soient en bonne santé, oui”, insiste Franz-Olivier Giesbert], en bonne santé pour pouvoir les vendre et pour qu’ils soient commercialisables. »

Personne ne bronche sur le plateau, et l’extrait sera conservé en postproduction.
Sans rentrer dans le débat sur la pertinence (ou non) de la hiérarchisation des crimes contre l'humanité, l'autre aspect stupéfiant de ce propos est qu'il reproduit l'argument central des suprémacistes blancs et autres amis du KKK pour minimiser l’horreur de l’esclavage. Selon eux, les noirs étaient « bien nourris » car ils représentaient une valeur marchande, puis « biens traités » dans les plantations où ils étaient logés et nourris par des propriétaires « paternalistes et bienveillants ».



 Ce révisionnisme historique ancré dans le plus pur racisme ignore superbement les faits.  

Sur la nature de la traite des noirs d’abord, on citera les travaux de l’historien Marcus Rediker qui décrit le phénomène dans son livre « À bord du négrier » (1). Il explicite les conditions sur les bateaux, loin de « l’idée, c’était qu’ils soient en pleine forme » affirmés par Mme Angot, mais « une relation fondée sur l’ingestion forcée de nourriture, les coups de fouet, la violence à tout bout de champ et le viol des femmes ». Marquage au fer rouge, torture, supplices et humiliations s’ajoutaient à des conditions de transport inhumaines, parfois 16 heures de suite assis dans une position tortionnaire, enchainés à plusieurs et parqués en cales au milieu du vomi et des excréments, soumis au travail forcé, nu et maintenu dans un univers « concentrationnaire », « le navire n’était lui-même qu’une machine diabolique, une sorte de gigantesque instrument de torture ».  

La traite c’est d’abord 1,8 million de décès en mer, 10,6 millions de captifs envoyés au Nouveau Monde, dont 1,6 million meurent la première année dans des camps de travail forcé, sans compter toutes les victimes sur le sol africain lors des rapts. L’idée n’était certainement pas de prendre soin des noirs. 5 millions d’entre eux périrent du seul fait du commerce triangulaire. 

Si l’horreur de la traite négrière reste solidement ancrée dans les consciences (mis à part celle de Christine Angot, FOG et par extension l’équipe de ONPC et Laurent Ruquier visiblement), l’autre aspect de l’esclavage demeure moins connu.

Dans son livre « The half has never been told , slavery and the making of American capitalism » (2), l’historien Edward Baptist décrit la réalité du système esclavagiste après l’abolition de la traite, entre 1808 et 1864. Les « camps de travaux forcés » où sont envoyés les noirs pratiquent une torture systémique et institutionnalisée afin d’augmenter la productivité des esclaves. Le système, décrit par ses instigateurs dans des notes d’époque comme un « pushing system » consistait à imposer des quotas de production dont le non-respect valait un nombre de coups de fouet proportionnel à l’écart entre la production et le quota. Des coups de fouet si douloureux que leurs victimes entraient souvent en transe (ou crise d’épilepsie) sous l’effet de la douleur. Ces quotas étaient ajustés quotidiennement pour placer l’esclave à la limite, et intentionnellement conçus pour être parfois manqués, afin d’entretenir une atmosphère de terreur. Les conditions de « travail » similaire au travail à la chaîne devaient permettre de déshumaniser les esclaves en les contraignant à opérer mécaniquement, et de façon ambidextre pour le ramassage de coton. Les survivants décrivent des expériences de sortie de corps, où l’individu perd souvent la raison, ce qui n’est pas sans rappeler les témoignages des survivants des camps de concentration nazis. 

En 1930, après soixante ans de progrès technique et d’ingénierie biologique visant à augmenter la rentabilité des champs de coton et la facilité du ramassage, les travailleurs libres qui les exploitaient restaient 50 % moins productifs que les esclaves de 1860, malgré l’incitation financière. 

Le commerce des esclaves noirs était également marqué par des abus sexuels (les femmes étant souvent violées) alors qu'on arrachait systématiquement les enfants à leurs familles pour les vendre et ainsi éviter la solidarité intergénérationnelle et l'humanisation. Certaines femmes étaient contraintes de tomber enceintes pour « produire » de nouveaux bras. Une femme de Louisiane se vit ainsi arracher 16 enfants. L’espérance de vie des esclaves des plantations de coton était très en dessous de celles des fermiers blancs.

1,5 million de noirs américains ont subi une migration forcée sur des milliers de kilomètres vers le sud-ouest des USA, enchaîné les uns aux autres pendant des mois, au point de révulser les habitants des villes que traversaient ces sinistres cortèges (et de jeter les bases du courant abolitionniste). De nombreux esclaves se sont mutilés ou suicidés pour éviter d’atterrir dans les camps.

Dans les plantations de sucre, l’espérance de vie d’un adulte ne dépassait pas douze ans. Il était plus rentable d’épuiser un esclave productif que de le maintenir en bonne santé, contrairement à ce que semble penser Christine Angot. Tout cela était systémique, et non pas le fruit d’atrocités ponctuelles.
Plutôt que de reconnaître cette erreur, fruit d’une ignorance consternante, mais pardonnable, Laurent Ruquier a accusé les critiques de vouloir lancer une polémique dans un tweet daté du 3 juin : 

« La Shoah fut une abomination. L’esclavage en Afrique et le commerce des esclaves fût une abomination. Aucun doute. Ceux qui tentent de nous faire dire ou penser le contraire à Christine Angot ou à moi cherchent à créer une polémique inutile. »

Ainsi, l’animateur du service public cherche à faire dire à Angot le contraire de ce qu’elle disait, et insulte son public au passage. L’écrivaine a raté une occasion de se taire, préférant étaler son ignorance. Et Ruquier manque une occasion d’éduquer son public en expliquant pourquoi les propos de sa « polémiste » étaient gravissimes, à l’heure où l’esclavage refait surface aux portes de l’Europe.

***
  1. Merci à Mathilde Larrere pour cette source : https://twitter.com/LarrereMathilde/status/1135291311790186498 qui rejoint ce que j’ai pu lire dans les musées de plantations de Louisiane notamment, et dans le livre de Baptist cité en 2.
  2. Un résumé incomplet de l’ouvrage via le NYT : https://www.nytimes.com/2014/10/05/books/review/the-half-has-never-been-told-by-edward-e-baptist.html

Communiqué de l’association des Amis du général Dumas


 


Paris le 5 juin 2019

Propos de Christine Angot sur l’esclavage sur France 2 : l’association des amis du général Dumas, organisatrice des commémorations du 10 mai à Paris et Villers-Cotterêts (journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage) sous le haut patronage du Président de la République, et présidée par l’écrivain Claude Ribbe, dépose plainte contre X pour apologie de réduction en esclavage (article 24 de la loi du 29 juillet 1881).

L’association des amis du général Dumas, déclarée à la préfecture de police de Paris (récépissé du 28 juin 2006) a pour objet de « faire connaître la vie du général Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas (1762-1806), figure emblématique issue de l’esclavage, général républicain, d’origine africaine par sa mère, né esclave à Saint-Domingue (république d’Haïti), mort libre à Villers-Cotterêts (Aisne) ; honorer et défendre sa mémoire, au regard notamment de ses origines africaines et de la condition d’esclavage qui fut la sienne dans sa jeunesse ; honorer et défendre la mémoire de sa famille : ascendants, descendants ou collatéraux » (journal officiel de la République française du 5 août 2006, p 3812)

Depuis 2009, l’association des amis du général Dumas, qui est à l’origine de l’installation du monument Fers, place du général-Catroux à Paris, 17e arrondissement, organise, tous les 10 mai - à l’occasion de la journée nationale des mémoires des traites, de l’esclavage et de leurs abolitions- une commémoration populaire et consensuelle de l’abolition de l’esclavage à Paris, place du général-Catroux et à Villers-Cotterêts (depuis 2018 dans la cour du château), en présence de nombreuses personnalités.

Depuis 2018, la commémoration organisée par l’association des amis du général Dumas est placée sous le haut patronage du Président de la République.

Le samedi 1er juin, lors de la diffusion de l’émission (préalablement enregistrée) « On n’est pas couchés », animée par Monsieur Laurent Ruquier, sur la chaîne de service public France 2, Madame Christine Angot a déclaré:

« Les Juifs, pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, c'est-à-dire de les tuer. Et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors que l'on veut confondre, avec par exemple l'esclavage des noirs, envoyés aux Etats-Unis, ou ailleurs... C'était exactement le contraire : l'idée c'était au contraire qu'ils soient en pleine forme, en bonne santé pour pouvoir les vendre et qu'ils soient commercialisables. Donc non, ce n'est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes »

L’animateur de l’émission, M. Ruquier, n’est pas intervenu pour modérer sa chroniqueuse. Bien au contraire, il a maintenu la séquence au visionnage pour qu’elle soit diffusée et il a ultérieurement déclaré que les réactions indignées provoquées par les propos de Madame Angot constituaient une « polémique inutile ».

Il est par ailleurs constatable que M. Franz Giesbert, qui était aux côtés de Madame Angot pendant l’émission, approuve manifestement ce qu’elle dit, non seulement en hochant la tête, mais en lui suggérant des mots : « pour qu’ils soient en bonne santé, bien sûr… travailler massivement, oui… »
L’incident a très profondément choqué l’opinion et a donné lieu à plus de 900 signalements au conseil supérieur de l’audiovisuel.

Ces propos, en l’occurrence appliqués aux victimes de l’esclavage à un moment et à un lieu donnés, ne concernent pas seulement les Africains déportés en Amérique. Ils sont manifestement et logiquement transposables à toutes les victimes de l’esclavage, quelle que soit leur origine ou la couleur de leur peau, et en particulier aux victimes de l’esclavage contemporain, puisqu’ils tendent à démontrer que, de manière générale, l’esclave est en quelque sorte préservé, voire bien traité par l’esclavagiste et que, dès lors, il ne subit pas de préjudice, où en tout cas un préjudice mineur.

Il est d’ailleurs assez courant que le parallèle soit fait, notamment à l’occasion des journées mémorielles, tant par la presse que par les responsables politiques, entre l’esclavage du passé et l’esclavage contemporain.

De ce fait, les propos tenus par Madame Angot et diffusés par la chaîne France 2 sont de nature à atténuer la culpabilité de tout auteur du crime de réduction en esclavage et ils sont par conséquent constitutifs du délit d’apologie du crime de réduction en esclavage visé et réprimé par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881.

C’est la raison pour laquelle, Claude Ribbe, en sa qualité de président de l’association des amis du général Dumas, a déposé plainte le 5 juin 2019 contre X du chef d’apologie du crime de réduction en esclavage entre les mains du Procureur de la République de Paris.

Association des Amis du général Dumas

Esclavage : Christiane Taubira se paie Christine Angot

A.Po Mardi 11 juin 2019
Esclavage : Christiane Taubira se paie Christine Angot 
« Je sais que vous avez été nombreux à être émus par des propos inqualifiables, qui ont été tenus récemment, sur une télévision publique […] Moi je dis que nous avons là une circonstance intéressante, pour tester notre placidité, notre impavidité, notre aptitude à faire front, notre capacité à résister à ces inepties blessantes et injurieuses. Parce qu’il faut quand même un esprit sacrément tordu pour vouloir comparer les tragédies humaines entres elles. Il faut être particulièrement inculte pour penser que l’esclavage a pu être cela à n’importe quelle période et en particulier en cette longue période spécifique où l’esclavage a été organiquement lié à la traite, c’est-à-dire en clair au commerce d’êtres humains, à la vente et à l’achat de femmes, d’hommes, d’enfants, au point qu’il leur fallu inventer des théories raciales, racialistes et racistes, pour justifier leur commerce. Et montrer de la désinvolture, face à une réalité humaine aussi massive et aussi douloureuse, est une marque d’immaturité et l’attitude est obscène. Et puis quand même, il faut une dose extraordinaire d’imbécilité pour s’habiller, sortir de chez soi, passer au maquillage, entrer sur le plateau d’une télévision publique et déblatérer en proférant des énormités archaïques et odieuses, autant qu’elles sont invraisemblables. Vous voyez que nous n’avons pas à nous en faire, il y a des gens à qui nous n’avons rien à dire, parce qu’il n’y pas entre nous le minimum essentiel : la conviction de l’unité de l’espèce humaine, la certitude que dénier sa dignité à une seule personne au monde met en péril l’espèce toute entière. Nous n’avons rien à dire à des personnes qui ne savent pas qui nous sommes : survivants obstinés, résilients magnifiques, voilà ce que nous sommes. »
Source: franceguyane.fr 
 Lire également sur le même sujet: De quoi est révélateur la concurrence mémorielle en France ?

Propos de Christine Angot : le CREFOM veut une prise de position de France Télévisions

Madame la présidente,

Le samedi 1er juin 2019, Madame Christine Angot, chroniqueuse d’« On est pas couché », une émission phare du service public, se laissait aller à des propos odieux, discriminatoires, et révisionnistes, vis-à-vis de l’esclavage dans les colonies françaises - un crime contre l’humanité- et, plus généralement de l’esclavage en général.

Elle a fait injure à tous les Ultramarins français liés à cette histoire et à tous leurs compatriotes qui la condamnent, tout en alimentant une odieuse guerre des mémoires.

Une semaine plus tard, dans la même émission, alors que la communauté ultramarine et de nombreux autres Français s’indignaient encore de l’absence de condamnation officielle des contre-vérités évoquées par Madame Angot, un prétendu « droit de réponse » d’une rare médiocrité intellectuelle nous était infligé. La chroniqueuse regrettait de « n’avoir pas réussi se faire comprendre…», tandis que pour le producteur de l’émission « ils avaient fait preuve, au cours de leur vie et de leur carrière, d’antiracisme et d’humanisme »...

Il s’agit là d’une imposture. En réalité, au lieu d’un droit de réponse accordé aux personnes réellement visées par les propos de Madame Angot, qui étaient une véritable apologie de l’esclavage et en particulier de l’esclavage raciste de masse, cette seconde émission n’a été que l’occasion, pour Madame Angot, de se montrer incapable de reconnaître ce qu’elle avait dit et tout le monde avait déjà compris, à savoir qu’il y aurait une hiérarchie des crimes contre l’humanité.

Agissant de la sorte Madame Angot refuse catégoriquement d’admettre que l’esclavage raciste de masse, un temps légalisé en Europe, était simplement une manière de tuer des gens au travail à cause de la couleur de leur peau, dans un laps de temps excédant rarement cinq ans, sans parler du fait que pour un Africain débarqué aux colonies, cinq autres avaient déjà perdu la vie.

Le Conseil Représentatif des Français d’Outremer estime que ce prétendu « mea culpa » ne retire en rien le caractère délictuel des propos tenus le 1er juin. Le CREFOM considère en outre que l’apologie de l’esclavage, qui est le fond de la pensée de Madame Angot exprimée ce jour-là, n’a pas à être véhiculée sur les antennes d’une chaîne publique. Si une réponse judiciaire est bien sûr nécessaire, une prise de position claire de la présidence de France Télévisions s’impose par ailleurs. Des mesures appropriées doivent être prises pour que de tels excès ne se reproduisent jamais.

À l’heure où l’on n’est toujours pas revenu sur le projet - non justifié et non concerté - de faire disparaître France Ô en septembre 2020 - alors que la chaîne France 4 se verra probablement accorder un sursis - on ne peut croire, au vu de l’affaire Angot, des réactions inacceptables du producteur et du silence du diffuseur, à la volonté de donner plus de place à l’Outremer sur les chaînes du service public français.

L’esclavage français doit être présenté pour ce qu’il a été : Une déportation organisée, un crime de masse, l’expression légalisée et monstrueuse d’un racisme d’État. La loi le qualifie de crime contre l’humanité.

Seule la reconnaissance de cette réalité par une prise de position officielle de l’État et de France Télévisions, avec l’annonce de mesures concrètes pour lutter contre le révisionnisme et l’ignorance de l’histoire de France, nous permettront de retrouver confiance.

La France, pays des droits de l’homme, ne doit jamais oublier que nombre d’Ultramarins ont sacrifié leur vie pour elle, tandis que la France esclavagiste avait déporté leurs ancêtres et les avait tués au travail en leur refusant la qualité d’êtres humains.

Je vous prie d’accepter, Madame la présidente, l’expression de ma parfaite considération.

Jean-Michel Martial, président du CREFOM 

mardi 2 janvier 2018

Prédation et pillage de l'Afrique versus refoulement des migrants africains en Europe: le beurre et l'argent du beurre de l'Occident



Multinationales occidentales, un vrai cancer en Afrique. 

Par Rebecca Tickle


 À l'instar de l'histoire des réfugiés sud-soudanais, centrafricains, congolais et tant d'autres, la majeure partie des migrants africains se déplacent péniblement au sein du continent, au gré des combats et en étau entre les fronts, sans jamais le quitter. 

L'Occident, devenu hystérique face aux migrants africains abordant l'Europe, s'en fiche royalement des millions qu'il feint de ne pas voir. Or la part de responsabilité des pays occidentaux dans les conflits en Afrique et la malgouvernance de la classe politique qu'on manipule et cautionne à gogo, est incommensurable.

En effet, au cœur de la monumentale ingérence occidentale dans les affaires africaines se trouvent les ressources naturelles sans lesquelles les pays européens intéressés ne survivraient pas.

De l'Afrique centrale à l'Afrique de l'Ouest, en passant par le grand Sahel, tout est mis à feu et à sang pour mieux rafler les ressources. Le pétrole, l'or, le coltan, le diamant, l'uranium, sans oublier la multitude de minéraux dont regorge aussi le sous-sol africain, rendent superflues les populations face à la plus grande prédation de tous les temps.

Selon Global Financial Integrity (centre de recherche américain), "les multinationales occidentales sont de loin les premiers fauteurs de la misère en Afrique depuis 1970."

Pour le compte de la France, il s'agit de Bolloré, Michelin, Total-Elf, Areva, Bouygues, Tereos.... "Véolia, BNP Paribas, Natixis, Crédit Agricole, Alcatel, Accor, Gaz de France, Michelin, Alsthom, Air-France-KLM, liste non exhaustive à laquelle il faudrait ajouter les marchands d’armes et quelques autres groupes, dans l’agro-alimentaire par exemple." (Survie).

Shell (Hollande), Agip (Italie), Chevron Texaco (USA), Glencore (Suisse), Sogem (Belgique), Afrimex (Royaume-Unis), etc. ne sont que quelques acteurs dans les immenses spoliations occidentales en Afrique, en termes de droits humains et écologiques.

Ces questions étrangement sont pourtant totalement absentes dans la gestion des flux migratoires de l'Afrique vers l'Europe. De plus les mesures prises sont purement de type "tête d'autruche dans le sable". On ne résoud pas un problème en balayant la poussière sous le tapis.

C'est ainsi que je me remémore invariablement ici les mots visionnaires que nous a transmis Aimé Césaire, les premières lignes de son Discours sur le colonialisme.

"Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde."

La migration africaine n'est qu'une introduction à la (pré)vision du grand Césaire.

RT

samedi 18 novembre 2017

"AIDEZ-NOUS À SORTIR FELIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"


"AIDEZ-NOUS À SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"


 PS. Félix, petit-frère d'un ami proche, est le1er à gauche.

Campagne de Mobilisation Menée par l'Association "NOUS PAS BOUGER" avec JMTVPLUS. Appels à la mobilisation des autorités par la campagne "Aidons Félix et les Autres à sortir de l'esclavage en Libye", menée par Jmtvplus et l'association Nous Pas Bouger



 ESCLAVAGE en LIBYE: TÉMOIGNAGE D'UN JEUNE SÉNÉGALAIS,VICTIME (JMTV+)

Contact: Joel Didier Engo, Président de l'Association "Nous Pas Bouger"

Jacky Moiffo,  JMTV MEDIA

Tel: 0641001431 /   06 99 59 77 64


 
Madame, Monsieur,

Merci de rejoindre notre mobilisation contre l’esclavage des migrants africains en Libye avec pour objectif sortir Félix et ses compagnons d’infortune des camps libyens.

Votre participation prendra la forme que vous souhaitez donner. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Elle pourrait notamment prendre la forme d’un message de soutien filmé reprenant le slogan de campagne "AIDEZ-NOUS À SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE", réalisé par le journaliste et fondateur de JMTVPLUS, Jacky MOIFFO

Elle pourrait aussi être un don d’un montant de votre choix dans le cadre de la campagne «SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE» adressé à l’association NOUS PAS BOUGER en sa qualité de personne morale coordonnatrice de la campagne et dont les coordonnées bancaires sont les suivantes

ASSOCIATION NOUS PAS BOUGER
MAISON DES ASSOCIATIONS DU ONZIÈME
8 RUE DU GÉNÉRAL RENAULT
75011 PARIS
COMPTE BANCAIRE Numéro 60268924302 
CRÉDIT AGRICOLE  (CA)
PARIS TEMPLE
135 Avenue PARMENTIER
75011 PARIS
TEL. 01 48 06 52 52   



CODE BANQUE 18206
CODE GUICHET 00150
NUMÉRO DE COMPTE 60268924302
CLÉ RIB 76
DOMICILIATION: CRÉDIT AGRICOLE (CA) PARIS TEMPLE
135 Avenue PARMENTIER75011 PARIS
TEL. 01 48 06 52 52

Premier Rassemblement Dimanche 10 décembre Place de la République à Paris dès 14h00 avec Prises de Parole, Sensibilisation du Public, Distribution de tracts, Identification des Migrants retenus dans les camps d'esclavage en Libye.

Soyez Toutes et Tous les Bienvenus!


MEDIA D'AFRIQUE - L'ESCLAVAGE DES NOIRS EN LIBYE - VOX AFRICA

 

  "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

 
RASSEMBLEMENT DIMANCHE 10 DÉCEMBRE À PARIS, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE CONTRE L.ESCLAVAGE EN LIBYE A PARTIR DE 14H.

CAMPAGNE DE MOBILISATION "AIDEZ NOUS A SORTIR FÉLIX ET LES AUTRES DE L.ESCLAVAGE EN LIBYE"

MOBILISEZ VOUS!





"Le rapatriement de Libye des migrants s’annonce comme un vrai casse-tête"
 
Le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat estime le nombre de migrants « entre 400 000 et 700 000 »

Source: Le Monde.fr avec AFP Le 01.12.2017


AMBIANCE, C'EST CHAUD dimanche 19 novembre 2017
1 000 personnes (5 000 selon les organisateurs) majoritairement issues de la diaspora afro-descendante, ont manifesté à Paris, samedi 18 novembre, pour dénoncer les pratiques esclavagistes en Libye. En cause selon elles : la responsabilité des dirigeants occidentaux dans la situation libyenne notamment celle de la France.
 

Je n’imaginais pas qu’il y aurait eu autant de monde”. Claudy Siar se dit ravi et fier. Lui qui, deux jours auparavant, criait sa colère sur une vidéo Facebook vue des milliers de fois et partagée tout autant. “Moi descendant d’esclaves, j’ai la haine“, protestait-il. L’animateur radio de 48 ans, producteur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, est à l’initiative de cette mobilisation ce samedi 18 novembre à 16h contre les pratiques esclavagistes en Libye. Il s’enthousiasme du “rassemblement spontané” rendu possible grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux. L’élément déclencheur : un reportage de la chaîne américaine, CNN, montrant des Africains vendus comme des esclaves ou enchainés dans des cages en Libye. Plusieurs personnalités avaient également relayé l’appel à manifester, comme Omar Sy, Mokobe de 113, Didier Drogba ou l’ancienne Miss France Sonia Rolland.

Un collectif a d’ailleurs été créé à l’occasion : Collectif contre l’esclavage et les camps de concentration en Libye (CECCL). La mobilisation qui, au départ, devait être un simple rassemblement devant l’ambassade de Libye dans le 15ème arrondissement de Paris, s’est transformée en manifestation spontanée. Au cri de “Libérez nos frères” ou de “Libérez nos soeurs“, la foule est venue crier sa colère : 1 000 participants selon la préfecture de police de Paris, entre 5 000 et 6 000 selon Claudy Siar et d’autres à l’initiative. Majoritairement, les manifestants étaient issus de la diaspora afro-descendante. Les pancartes cartonnées arboraient plusieurs messages comme “L’esclavage, crime contre l’humanité” ou “Nous sommes tous des humains“. Autant d’inscriptions pour témoigner d’une situation universelle qui nous concerne tous, y compris les beaux quartiers parisiens.


Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains

“Voir nos enfants enchaînés dans une cage, c’est inadmissible, c’est révoltant“, s’insurge Julie Mabea, musicienne de 43 ans. “Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains“, juge, pour sa part, Raphaël Agbemadon, équipier de vente de 37 ans. Les images ont servi d’électrochoc pour certains qui tenaient à battre le pavé parisien à tout prix. “J’avais prévu des choses ce samedi mais j’ai tout annulé à la dernière minute. Je ne pouvais pas rester chez moi”, explique Sisko Mbuma, militant associatif de 37 ans.

Pourtant, la question de l’esclavage en Libye, et dans d’autres pays comme la Mauritanie, n’est pas nouvelle. Qu’est-ce qui a incité les gens à sortir dans la rue ? “Je pense qu’avant, les informations étaient restreintes. Maintenant, elles sont diffusées rapidement et partout grâce aux réseaux sociaux”, analyse Mireille Owona, gestionnaire de patrimoine de 33 ans. “Personnellement, avant ce reportage de CNN, je ne connaissais pas cette réalité” avoue Julie Mabea. Pour Raphaël Agbemadon “la jeunesse africaine est en train de prendre conscience. Il serait temps que les jeunes africains aient un sursaut d’orgueil pour que le cliché sur la misère en Afrique cesse”.

“Sarkozy criminel, Sarkozy assassin”

Pour une grande majorité des manifestants interrogés, les pays occidentaux, la France en particulier, portent une grande part de responsabilité sur cette tragédie. “On ne peut pas reproduire ce qui s’est passé il y a 400 ans tout en connaissant les séquelles et les dégâts que cela occasionne“, analyse Sonia Lebrache, artisane de 33 ans. Sur la période récente, c’est l’interventionnisme occidental en 2011 en Libye qui est pointé du doigt à la quasi unanimité. Du coup, les slogans “Sarkozy criminel“, “Sarkozy assassin” ont jailli durant la manifestation.


Les manifestants avaient décidé de rejoindre le consulat de Libye, rue Kepler, dans le 16ème arrondissement, en passant par le 7ème arrondissement via l’avenue Rapp et le pont de l’Alma. Jusqu’au pont, la manifestation avançait tranquillement avec une foule grossissant au fur et à mesure. Mais en raison de son caractère “spontané” qui n’avait pas fait l’objet d’une déclaration à la préfecture de police, la manifestation a été jugée comme illégale par les autorités. Par conséquent, des dizaines de CRS ont été mobilisés pour barrer la route des manifestants sur leur parcours. C’est sur l’avenue Marceau, à l’angle de l’avenue Pierre 1er de Serbie et au niveau de l’église Saint-Pierre de Chaillot que le cortège a été la cible de gaz lacrymogènes. “On est venu manifester pacifiquement. Des mamans, des enfants. J’ai même vu des nourrissons. Et tout d’un coup, on voit des CRS qui viennent, qui nous chargent” s’insurge Sisko Mbuma.

Aucune dégradation commise mais des investigations demandées pour identifier les organisateurs d'”un rassemblement organisé au mépris de la loi”

La tête du cortège a pu passer à temps pour continuer sur l’avenue Marceau et arriver au niveau du consulat de Libye. Les autres groupes ont dû rebrousser chemin et se regrouper sur les Champs-Élysées, en remontant vers l’Arc de Triomphe. Mais les CRS attendaient justement ces manifestants pour les regrouper dans une nasse, sous les yeux de touristes surpris d’assister à une telle scène, avant que les CRS ne resserrent la nasse pour ne pas gêner la circulation automobile.

Une fois sortis de la nasse, plusieurs manifestants se sont dispersés pour “faire du bruit” et alerter les riverains sur fond d’appels à regroupements cacophoniques. Par exemple, sur la place d’Iéna, un groupe d’une cinquantaine de manifestants a reçu des messages indiquant de se rendre vers le pont de l’Alma pour rejoindre d’autres groupes. Cinq minutes plus tard, il était question de se diriger vers la place du Trocadéro où d’autres manifestants les attendraient. Mais finalement, un rassemblement d’une centaine de manifestants a eu lieu sur l’avenue Kléber en fin de journée, autour de Claudy Siar, saluant ceux qui ont manifesté et les appelant à rentrer calmement chez eux et à ne pas provoquer les CRS. “Aucune dégradation n’a été commise“, précise le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui indique que “le Préfet a demandé que les investigations permettent d’identifier les organisateurs de ce rassemblement organisé au mépris de la loi afin que les procédures soient engagées aux fins de poursuites adaptées”.

Claudy Siar l’assure : cette manifestation en appellera d’autres, mais aussi un travail auprès de l’ONU et de l’Union européenne sur la situation en Libye, afin d’obtenir des excuses “de façon officielle”. “Ce n’est que le début du commencement“. Un autre rassemblement est d’ores et déjà prévu vendredi 24 novembre à 16h, toujours devant l’ambassade de Libye à Paris, à l’appel de plusieurs associations comme la Coordination Sans Papiers 75.

Jonathan BAUDOIN

ESCLAVAGE DES MIGRANTS AFRICAINS EN LIBYE: L'ARTISTE CAMEROUNAIS LONGUÉ LONGUÉ INTERPELLE LES PREMIERS RESPONSABLES À LA TÊTE DE SON PAYS



BRAVO M.LONGUÉ LONGUÉ, VOUS AVEZ TOUT NOTRE SOUTIEN CETTE FOIS-CI!

Esclavage en Libye: "tout le monde savait" dénoncent des ONG 

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 24/11/2017

La communauté internationale se dit horrifiée d'apprendre que des migrants sont vendus comme esclaves. Des ONG tirent pourtant la sonnette d'alarme depuis des mois.

Le 14 novembre, Nima Elbagir révélait sur la chaîne américaine CNN les images d'une vente aux enchères nocturne de migrants, destinés à l'esclavage, en Libye. Dans cette enquête, la journaliste révélait que deux hommes pouvaient être vendus 700 euros. Des informations qui font l'effet d'une bombe dans la communauté internationale.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit "horrifié", le président de l'Union africaine Alpha Condé "indigné", l'Union européenne "révoltée", Emmanuel Macron qualifie les faits de "crime contre l'humanité" et la France a réclamé une réunion "expresse" du conseil de sécurité de l'ONU.
Aujourd'hui vivement dénoncés par les dirigeants politiques occidentaux et africains, les viols, les tortures et l'esclavage de milliers de migrants africains étaient pourtant connus depuis longtemps par les ONG et analystes.

"Hypocrisie" des gouvernants

Les organisations humanitaires tiraient la sonnette d'alarme depuis des mois face au silence de ces mêmes responsables politiques. Aujourd'hui, elles dénoncent une "hypocrisie". "À part le citoyen lambda, tout le monde savait, les gouvernants, les organisations internationales, les leaders politiques", assène le Sénégalais Hamidou Anne, analyste du think tank "L'Afrique des idées".
"Les prises d'otages, les violences, la torture, les viols, sont monnaie courante en Libye, et l'esclavage, on en parle depuis longtemps", renchérit Alioune Tine, directeur Afrique de l'ouest et du centre d'Amnesty international basé à Dakar.
Les organisations d'aide aux migrants n'ont cessé d'alerter sur la dégradation de la situation. Dès le mois d'avril, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapportait l'existence de "marchés aux esclaves" en Libye. "Ils y deviennent des marchandises à acheter, vendre et jeter lorsqu'elles ne valent plus rien", avait souligné Leonard Doyle, porte-parole de l'OIM à Genève.
EN IMAGES >> Esclaves, torture... L'horreur des migrants interceptés en Libye
La présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu, avait à son tour dénoncé en septembre, dans une lettre ouverte aux gouvernements européens, "une entreprise prospère d'enlèvement, de torture et d'extorsion" en Libye. "Dans leurs efforts pour endiguer le flux [migratoire], les gouvernements européens seront-ils prêts à assumer le prix du viol, de la torture, et de l'esclavage ?", avait-elle interpellé. Avant de conclure: "Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas".

L'UE "a une responsabilité fondamentale"

En plein chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est la plaque tournante du transit des migrants d'Afrique subsaharienne cherchant à gagner l'Europe. Soucieuse de contrôler ce flux migratoire, l'UE peine à trouver des solutions pour ces candidats à l'exil, à la merci des passeurs et trafiquants, un calvaire dont beaucoup ont témoigné dans les médias et qui avait déjà fait l'objet d'enquêtes journalistiques. "En Libye, les noirs n'ont aucun droit", avait confié en septembre Karamo Keita, un jeune Gambien de 27 ans, rapatrié dans son pays. "Nous avons été emmenés dans plusieurs fermes où notre geôlier libyen nous vendait comme esclaves".

La semaine dernière, le haut-commissaire de l'ONU aux droits humains, Zeid Ra'ad Al Hussein, a jugé "inhumaine" la politique de l'UE "consistant à aider les gardes-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants". Une accusation rejetée par Bruxelles, qui souligne ses efforts pour "sauver des vies" en mer et "faciliter l'accès de l'OIM et du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) aux centres de détention en Libye pour qu'ils puissent augmenter le niveau d'assistance et organiser des retours volontaires".

En se posant en "forteresse qui veut coûte que coûte arrêter" les migrants, l'Europe "a une responsabilité fondamentale" dans le désastre actuel, mais elle n'est pas la seule, estime quant à lui Alioune Tine."Ça ne peut plus durer. Devant un crime contre l'humanité, on ne s'indigne pas, on réagit", juge Hamidou Anne, pour qui "il faut aller chercher ces jeunes qui sont dans des camps d'internement ou vendus comme esclaves", alors que le Rwanda a proposé jeudi d'accueillir 30 000 de ces migrants.

Alioune Tine réclame l'inscription de la question de l'éradication de l'esclavage au menu du sommet UE/UA des 29 et 30 novembre à Abidjan, comme l'a suggéré le président nigérien Mahamadou Issoufou."Il faut une commission d'enquête impartiale pour voir comment s'organisent ces trafics, qui en sont les responsables. Et que tout le monde prenne ses responsabilités."

jeudi 16 novembre 2017

Libye : des migrants vendus sur des marchés aux esclaves

L'indignation de l'animateur Claudy SIAR de RFI

 




Crimes

Esclavage en Libye : Tripoli ouvre une enquête sur des actes «inhumains»

Par AFP






Un responsable du ministère libyen des Affaires étrangères, Salah Abou-Raguigah (C), lit un communiqué lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 19 novembre 2017 Photo MAHMUD TURKIA. AFP
Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d’un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d’actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen», «font l’objet d’une enquête», a-t-on poursuivi.
«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L’idée d’installer des centres d’accueil en Libye avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d’union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli».

Metig avait indiqué qu’il chargerait «une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700...» avant que la journaliste n’explique: «ces hommes sont vendus pour 1 200 dinars libyens -- 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d’esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3 000 sont morts en tentant la traversée.

VIDÉO. CNN publie des images d'une vente aux enchères d'êtres humains en Libye. Une dérive glaçante de la crise migratoire qui secoue l'Afrique.

Modifié le | Le Point.fr






La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye. 
La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye.  © Capture d'écran de la vidéo de CNN / CNN







Tout est parti d'une vidéo, envoyée à CNN. « 900, 1000 » ? « Des hommes forts pour le travail à la ferme »… On y découvre des migrants vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. À partir de ces images glaçantes, deux journalistes de la chaîne américaine ont enquêté en se rendant à Tripoli. Ils y ont découvert que des marchés comme celui dont les images leur ont été envoyées se tenaient une à deux fois par mois. À l'aide de caméras cachées, ils ont réussi à filmer l'une de ces ventes, organisée la nuit dans un village en dehors de la capitale libyenne.

Les preuves de ces ventes aux enchères ont été transmises aux autorités libyennes qui ont promis de lancer une enquête sur ces agissements. Interrogé, Naser Hazam, le premier lieutenant de l'agence anti-immigration clandestine du gouvernement reconnaît que des gangs ont bien la main sur des réseaux de passeurs dans le pays. Il affirme toutefois n'avoir jamais assisté à de tels marchés.

La crise migratoire en toile de fond

À l'origine de ce trafic, il y a la crise migratoire, expliquent les journalistes. Les milliers de personnes qui tentent de fuir le continent africain pour l'Europe passent chaque année par la frontière libyenne. Mais les contrôles renforcés au large des côtes limitent désormais le nombre de bateaux qui peuvent tenter la traversée.

Sans un sou (tout ce qu'ils avaient ayant été donné aux passeurs) et coincés en Libye, les migrants deviennent alors des esclaves, les passeurs des maîtres. À l'intérieur des centres de détention pour migrants, de nombreux témoignages se font l'écho de ces pratiques moyenâgeuses. Leurs corps mutilés en disent long sur le traitement qui leur a été infligé.



LIBYA-EUROPE-MIGRANTS ©  MAHMUD TURKIA / AFP
Des migrants, qui tentent de rallier l'Europe via la Libye, marchent vers un centre de détention sur la ville côtière de Guarabouli, à 60 km à l'est de Tripoli.  © MAHMUD TURKIA / AFP

40 millions d'esclaves dans le monde

En mai 2017, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait recueilli des témoignages similaires. À l'époque, les propos rapportés faisaient état de travail forcé dans l'agriculture ou le bâtiment pour les hommes et de cas de viols et de prostitution forcée pour les femmes. Un « trafic souterrain à ciel ouvert », avait alors commenté Marwa Mohamed, chercheuse pour Amnesty International, dans les colonnes du Figaro, qui expliquait que ces trafics se tenaient dans des zones où l'autorité du pouvoir central était inexistante. La situation économique catastrophique et l'instabilité politique de la région favorisaient, selon elle, le développement de trafic en tous genres.

La Libye est loin d'être le seul pays ou ce genre de pratiques est observé. Aujourd'hui dans le monde, l'Organisation internationale du travail à l'Assemblée générale de l'ONU estime à plus de 40 millions le nombre de personnes victimes d'esclavage.

People for sale
Where lives are auctioned for $400
Exclusive: Migrants being sold as 'slaves'

Tripoli, Libya (CNN) -- "Eight hundred," says the auctioneer. "900 ... 1,000 ... 1,100 ..." Sold. For 1,200 Libyan dinars -- the equivalent of $800.
Not a used car, a piece of land, or an item of furniture. Not "merchandise" at all, but two human beings. 
One of the unidentified men being sold in the grainy cell phone video obtained by CNN is Nigerian. He appears to be in his twenties and is wearing a pale shirt and sweatpants.
He has been offered up for sale as one of a group of "big strong boys for farm work," according to the auctioneer, who remains off camera. Only his hand -- resting proprietorially on the man's shoulder -- is visible in the brief clip.
After seeing footage of this slave auction, CNN worked to verify its authenticity and traveled to Libya to investigate further. 
Carrying concealed cameras into a property outside the capital of Tripoli last month, we witness a dozen people go "under the hammer" in the space of six or seven minutes. 
"Does anybody need a digger? This is a digger, a big strong man, he'll dig," the salesman, dressed in camouflage gear, says. "What am I bid, what am I bid?"
Buyers raise their hands as the price rises, "500, 550, 600, 650 ..." Within minutes it is all over and the men, utterly resigned to their fate, are being handed over to their new "masters."
After the auction, we met two of the men who had been sold. They were so traumatized by what they'd been through that they could not speak, and so scared that they were suspicious of everyone they met.

Crackdown on smugglers

Each year, tens of thousands of people pour across Libya's borders. They're refugees fleeing conflict or economic migrants in search of better opportunities in Europe.
Most have sold everything they own to finance the journey through Libya to the coast and the gateway to the Mediterranean.
But a recent clampdown by the Libyan coastguard means fewer boats are making it out to sea, leaving the smugglers with a backlog of would-be passengers on their hands.
So the smugglers become masters, the migrants and refugees become slaves.
Migrants rescued from the Mediterranean arrive at a naval base in Tripoli in October.
The evidence filmed by CNN has now been handed over to the Libyan authorities, who have promised to launch an investigation.
First Lieutenant Naser Hazam of the government's Anti-Illegal Immigration Agency in Tripoli told CNN that although he had not witnessed a slave auction, he acknowledged that organized gangs are operating smuggling rings in the country.
"They fill a boat with 100 people, those people may or may not make it," Hazam says. "(The smuggler) does not care as long as he gets the money, and the migrant may get to Europe or die at sea."
"The situation is dire," Mohammed Abdiker, the director of operation and emergencies for the International Organization for Migration, said in a statement after returning from Tripoli in April. "Some reports are truly horrifying and the latest reports of 'slave markets' for migrants can be added to a long list of outrages."
The auctions take place in a seemingly normal town in Libya filled with people leading regular lives. Children play in the street; people go to work, talk to friends and cook dinners for their families.
But inside the slave auctions it's like we've stepped back in time. The only thing missing is the shackles around the migrants' wrists and ankles.

Deportation 'back to square one'

Anes Alazabi is a supervisor at a detention center in Tripoli for migrants that are due to be deported. He says he's heard "a lot of stories" about the abuse carried out by smugglers.
The Treeq Alsika Migrant Detention Center in Tripoli, where some migrants are held by Libyan authorities before they are repatriated.
"I'm suffering for them. What I have seen here daily, believe me, it makes me feel pain for them," he says. "Every day I can hear a new story from people. You have to listen to all of them. It's their right to deliver their voices."
One of the detained migrants, a young man named Victory, says he was sold at a slave auction. Tired of the rampant corruption in Nigeria's Edo state, the 21-year-old fled home and spent a year and four months -- and his life savings -- trying to reach Europe.
He made it as far as Libya, where he says he and other would-be migrants were held in grim living conditions, deprived of food, abused and mistreated by their captors.
"If you look at most of the people here, if you check your bodies, you see the marks. They are beaten, mutilated."
When his funds ran out, Victory was sold as a day laborer by his smugglers, who told him that the profit made from the transactions would serve to reduce his debt. But after weeks of being forced to work, Victory was told the money he'd been bought for wasn't enough. He was returned to his smugglers, only to be re-sold several more times.
The smugglers also demanded ransom payments from Victory's family before eventually releasing him.

ESCLAVAGE DES MIGRANTS EN LIBYE, INDIGNONS-NOUS MAIS ÉVITONS LA CONCURRENCE DES MÉMOIRES

Bien triste constat que celui fait ici par le chroniqueur j. RÉMY NGONO, qui doit néanmoins nous prémunir contre toute mise en concurrence des mémoires. 

Parce que les victimes des attentats de Paris, et toutes les autres consécutives notamment aux crimes perpétrés par la Françafrique, ne supporteraient pas que nous les opposions, même indirectement, au nom de leur nombre ou de la compassion sélective pratiquée par les tyrans africains et leurs maîtres français.

Insurgeons-nous collectivement contre l'inhumanité et la cruauté de la Françafrique.

  Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER



ARRÊT SUR IMAGES

Il a fallu un reportage de la chaîne CNN pour que les Africains se lèvent pour manifester contre l'esclavage des Africains en Libye. C'est bien, mais c'est comme si c'est CNN qui vient de nous faire découvrir ce qui se passe en Libye , alors que tous les dirigeants africains le savent, et je le dénonce ici depuis la création de ma page Facebook. D'autres lanceurs d'alertes tels Abdelaziz Mounde, Modestine Carole Tchatchouang, Junior Zogo, Claudy Siarr, le font depuis des années, mais aucun dirigeant africain et leur syndicat de l' Union Africaine ne se sont jamais levés ne serait -ce que pour s' indigner auprès des représentations diplomatiques libyennes installées dans leur pays.

Pourtant, quand c'était un attentat de CHARLIE HEBDO à Paris, ils sont partis défiler en France et même dans certaines villes en Afrique. Yayi BONI a pleuré jusqu'à vouloir tomber évanoui. Macky SALL qui est de couleur noire ébène, était devenu rouge avec des yeux qui coulaient du sang derrière les binocles sombres. Faure GNASSINGBE qu'on ne voit jamais au Togo, était en tête de peloton sur les Champs Élysées. Le drapeau ivoirien était en berne et les larmes de OUATTARA se mélangeaient à sa morve...

Si les Africains prennent le chemin de l'esclavage en Libye et les camps de maltraitance raciste dans tous les pays du Maghreb , c'est parce qu'ils fuient l'esclavage qui sévit dans leurs pays respectifs où toutes les richesses et les pouvoirs sont concentrés entre les mains des colons noirs. Toute manifestation est réprimée par des tirs à balles réelles. Les journalistes et défenseurs des droits de l'homme sont jetés en prison. Les jeunes font les petits boulots esclavagistes. Les fillettes et les garçonnets subissent la pédophilie et la pédérastie pour pouvoir manger.

Entre un esclave africain maltraité par les passeurs en Libye et un esclave africain condamné à la misère à perpétuité et fusillé par les forces de sécurité de son propre pays, lequel faut-il plaindre?

J. REMY NGONO
REMY NGONO officiel a ajouté 8 photos.