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vendredi 18 mars 2022

GUERRE EN UKRAINE ET TRI RACIAL DES RÉFUGIÉS EN EUROPE, NOTAMMENT EN FRANCE

 


Conformément au droit international et aux conventions de Genève ratifiées par les différents pays membres de l'Union Européenne (UE), les non-Ukrainiens fuyant la guerre en Ukraine sont aussi des réfugiés de guerre, qui ne peuvent pas être discriminés dans les différents pays d'accueil ou de transit, DONT LA FRANCE, en fonction de leur origine raciale ou de leur nationalité
 
Tou-te-s doivent bénéficier au moins d'une protection temporaire. 



 
STOP AU TRI RACIAL DES RÉFUGIÉS EN EUROPE!!!
 

 
 
Association NOUS PAS BOUGER
Tel. 06 41 30 95 46 / 06 41 40 06 23

dimanche 13 juin 2021

Migrations et conditions de vie et d'accès au droit des migrants

Médiapart 12 juin 2021 Par Sebastien Nadot Blog : Le blog de Sebastien Nadot Commission d’enquête sur les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès au droit des migrants, réfugiés et apatrides en regard des engagements nationaux, européens et internationaux de la France. Assemblée nationale - Exposé des motifs. Conséquences de la guerre, de la répression politique, de la pauvreté, de la faim, de la dégradation de l’environnement ou de crises sanitaires, les migrations sont un sujet d’urgence, d’actualité et d’avenir : un sujet majeur pour nos sociétés du XXIe siècle, à commencer par la France. Les migrations et les conditions de vie des migrants renvoient immanquablement au respect du droit, c’est‑à‑dire aux engagements qu’une société prend vis‑à‑vis d’elle‑même concernant les valeurs et les principes d’humanité qu’elle souhaite honorer. Elles nous confrontent à la mise en œuvre effective des traités internationaux, des règles européennes et des lois nationales. Et il y a peu de domaines où le sentiment d’un écart entre les textes et la réalité vécue n’est aussi grand. Une multitude d’acteurs agissent dans la cacophonie avec une évidente dilution des responsabilités : acteurs étatiques, collectivités territoriales, institutions internationales et européennes, organisations non‑gouvernementales, mais également associations locales dans les pays de départ et d’arrivée. Il y a peu de sujets qui croisent avec autant d’intensité la dimension internationale et la dimension nationale, qui articulent autant géographie, économie, relations internationales – et maintenant biosphère – avec la complexité de la société française et de son histoire. La problématique des migrations nourrit depuis des décennies un nombre vertigineux de travaux de recherche, de rapports d’expertise, de résolutions et de projets de loi. Pour autant, les questions migratoires sont de plus en plus abordées avec de mauvais reflexes, qui en font aujourd’hui un sujet polémique quasi permanent. La crise de l’accueil des migrants, des réfugiés et des apatrides en France est devenue une crise de la dignité humaine. Et l’urgence se fait plus pressante chaque jour, alors que les problèmes ne datent pas d’hier. La crise sanitaire du Covid‑19 complique encore les difficultés rencontrées par les migrants, jusque dans ce qui devrait être de simples démarches administratives. Or, une société ne peut détourner indéfiniment son regard des atteintes à la dignité humaine sans en subir directement ou insidieusement les maux. Il ne s’agit pas seulement de coût économique, social ou sécuritaire, mais également d’un prix moral, aux conséquences plus profondes (page de la Commission d'enquête ici). La loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie visait un triple objectif de réduction des délais d’instruction de la demande d’asile, de renforcement de la lutte contre l’immigration irrégulière et d’amélioration de l’accueil des étrangers admis au séjour pour leurs compétences et leurs talents. Aujourd’hui, pour cette loi comme pour les autres textes, la réalité semble contredire le droit. Confronter l’état de notre droit à la réalité vécue par les migrants, les réfugiés et les apatrides en France suppose de donner la parole aux principaux intéressés, non pas seulement au travers de documentaires ou de reportages, mais dans le cadre de notre démocratie parlementaire et de ses institutions. Il s’agit de retracer la réalité du parcours des migrants au temps du Covid‑19, d’ouvrir un espace d’accueil de la parole des migrants et de la confronter à notre politique migratoire, avec cette question : quel est l’état de l’accès au droit sur notre territoire pour un étranger ? De Calais à Menton, de Briançon aux Pyrénées jusqu’à Mayotte, quelles sont les premières confrontations directes des migrants avec l’état de notre droit ? Dans quelles conditions les personnes venues de l’étranger sont‑elles prises en charge par notre administration une fois sur le sol français ? L’Union européenne (UE), son action au travers de l’agence Frontex en particulier, doit également être questionnée. Comment se fait‑il que seuls des bateaux d’organisations non‑gouvernementales sillonnent la Méditerranée quand le sauvetage des migrants en mer devrait être assuré par l’UE ? Le jeu de la France au sein des institutions européennes constitue une dimension essentielle du questionnement en matière de règles intra‑communautaires et d’actions européennes relatives aux chemins des migrations et des principales voies et portes d’accès à l’Europe. Par ailleurs, nos choix démocratiques ne peuvent s’exonérer d’analyser les facteurs générateurs des migrations. L’action ou l’inaction de la France dans les pays d’émigration contribue à résorber ou au contraire amplifie les phénomènes migratoires. Prenons le seul exemple de la Guinée, où la démocratie et l’État de droit sombrent : elle figure comme le premier pays d’origine des mineurs étrangers isolés en France. Il s’agit là d’aborder l’action de la France et de l’Union européenne au regard des épicentres des phénomènes migratoires : accords internationaux contractés par la France et l’Union européenne vis‑à‑vis des pays d’origine des migrations et leurs conséquences (accords migratoires spécifiques, bilatéraux et tout autre accord incluant des clauses sur l’immigration). Il s’agit également de mesurer les conséquences réelles de la politique d’aide publique au développement de la France dans ces pays de départ, et d’interroger par exemple la définition et l’application de la notion de pays sûr. Enfin, une attention particulière doit être portée aux causes écologiques des migrations, avec l’enjeu de la concrétisation de la déclaration du Président de la République français aux Nations unies du 23 février 2021 à Paris sur la question climatique et les relations internationales. De même, un suivi des travaux de la France relatifs au chapitre spécifique dédié aux migrations en relation avec les changements environnementaux dans le cadre de la COP26 qui se tiendra à Glasgow du 1er au 12 novembre 2021 est nécessaire. RÉSOLUTION : Article unique En application des articles 137 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, il est créé une commission d’enquête de trente membres sur les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès au droit des migrants, des réfugiés et des apatrides en regard des engagements nationaux, européens et internationaux de la France. Cette commission d’enquête : A pour mission d’évaluer, en retraçant le parcours des migrants, la réalité des conditions d’accueil et d’accès au droit, notamment à nos frontières, des migrants, réfugiés et apatrides en France au regard du droit international, européen et national. Examine l’action de la France et de l’Union européenne quant aux chemins des migrations. Examine l’action de la France et de l’Union européenne dans les pays d’origine des migrations, en matière d’accords internationaux comme de politique d’aide au développement.

vendredi 29 juin 2018

POUR UN DROIT UNIVERSEL À LA MOBILITÉ INTERNATIONALE

Lire la publication ci-dessous d'Achille Mbembe pour comprendre pourquoi nous militons à NOUS PAS BOUGER en faveur d'un droit universel à la mobilité internationale, et le considère comme la marque du nouveau déséquilibre et de la plus grande injustice dans les rapports Nord-Sud du monde d'aujourd'hui.

Ça doit devenir la première revendication portée par les pays africains au sein de l'Union africaine(UA) et dans leurs relations bilatérales, comme a pu l'être le droit à l’autodétermination des anciennes colonies.


Achille Mbembe 

L’OBJECTIF FINAL DE LA POLITIQUE MIGRATOIRE EUROPÉENNE EST DE FAIRE DE L’AFRIQUE UN IMMENSE BANTOUSTAN

Nous évoquions tantôt les 13,000 Nègres-migrants abandonnés dans le désert du Sahara comme des déchets par le gouvernement algérien. 

Il faudrait y ajouter tous ceux et toutes celles qui ont succombé lors de la traversée du désert ou lors des innombrables opérations de refoulement-déportation-abandon engagées par les autorités marocaines; le chiffre (inconnu) de ceux et celles qui ont été vendu(e)s à l’encan sur les anciens-nouveaux marchés d’esclaves en Libye. Et celui de tous ceux et toutes celles qui sont parque(e)s dans des camps de fortune ou dans les prisons de maints États maghrébins.

Aujourd'hui, ce n’est pas en Méditerranée que se trouvent les frontières de l’Europe. C’est dans le Sahara. C’est au Niger. Au Burkina. À Gorée du Sénégal.
Et bientôt, qui sait où? 

Des puissances européennes (dont la France, mais elle n’est pas seule) y installent de nouveaux ‘postes’ ou ‘comptoirs’ ou l’on pèse des vies humaines, ou on les classifie, ou on sélectionne celles qu’il vaut la peine de protéger et ou on décide de celles qui sont jugées superflues.

Nous avons laissé faire. De quoi s’agit-il sinon d’un abandon de souveraineté? En retour de quoi sinon, comme il n’y a pas longtemps, de la quincaillerie?

Or l’Europe, elle sait de quoi il est question. L’idée, son idée à elle est de faire de chaque Nègre-migrant-potentiel un poste frontalier en soi. Une frontière portable. Mobile.

Que l’on ne se méprenne point sur ce qui est en jeu - la mise en place d’une nouvelle loi du monde, une nouvelle répartition de la Terre sur la base de la race.

L’idée est de faire en sorte que la frontière de l’Europe devienne pliable, plastique, élastique, collée au plus près du corps du migrant potentiel dont on s’efforce de bloquer le mouvement et d’empêcher ce que j’appelle ‘les circulations’.

Dans ce funeste projet sont enrôlés, comme cela a souvent été le cas dans notre histoire, des satrapies africaines - la longue histoire des collaborations de tout genre, à chaque épisode de notre asservissement, qu’il s’agisse de l’esclavage, de la colonisation ou de l’apartheid!

Il s’agit, de part en part, de faire de l’Afrique un immense ‘bantoustan’, une immense prison à ciel ouvert, comme il en existe d’ores et déjà ailleurs.

On veut ses richesses. Mais on ne veut surtout pas de ses gens, de “ces” gens-là!
L’idée est de reprendre, la ou on l’avait laissé, la logique coloniale du confinement, de l’enclavement des populations indésirables, de leur relégation dans des réserves, toutes sortes de hors-lieux, ou l’on peut expérimenter, à l’abri de tout regard et de tout jugement, les techniques d’effacement. 

Double prison donc, pour une terre non d’hommes et de femmes libres, mais de captifs. Fermeture du dehors, combinant le recours aux dernières technologies biométriques et militaires, et dont le terminus est la Méditerranée.

Et fermeture du-dedans, que symbolise bien l’immense dépotoir qu’est devenue le Sahara, l’enfer vivant ou d’innombrables vies laissées à l’abandon sont calcinées. 

Fermeture du-dedans, aussi, dont témoigne la cristallisation des frontières héritées de la colonisation, et dont nous avons ratifié, à nos propres dépens, l’intangibilité.

Or, nous le savons tous, cela ne peut pas tenir. 

Cela ne tiendra pas. 

D’ici le milieu de ce siècle, une très grande partie des habitants de la Terre sera composée d’Africains. On ne pourra tout simplement pas les parquer, tous, dans ces oripeaux de misère que sont nombre de nos États-bidons.

Il faudra ouvrir.

Il faut ouvrir l’Afrique de l’intérieur, du dedans. Afin qu’aucun Africain ne soit traité comme un étranger en Afrique.

Il faudra ouvrir l’Afrique - et avec elle l’ensemble de la Planète - à tous ses habitants.

Achille Mbembe

Un sommet européen (impromptu) a eu lieu jeudi 28 juin. Il se confirme que l'Europe entend utiliser les États maghrébins (Maroc, Tunisie, Libye, Algérie) ainsi que l’Égypte comme les gardes-chiourmes de sa politique anti-migratoire.

Avec la Turquie (pour le front oriental), le Maroc en particulier recevra un peu plus d'argent (sommes non spécifiées) pour refouler vers le sud (c'est-a-dire rejeter dans le désert du Sahara) les candidats (en gros subsahariens) à la migration.

Des postes de contrôlés seront érigés dans ces pays, ainsi qu'au Niger, dont la fonction sera d’opérer tris et autres sélections.

La guerre contre la mobilité se poursuit...

 

Migrants : ce que contient l’accord européen arraché à Bruxelles

Création de centres de contrôle, aides financières aux pays de départ. De fortes mesures sont annoncées mais leurs modalités d’application restent floues.

Par Maïlys Khider
Au terme d'une longue nuit de négociations à Bruxelles, les 28 dirigeants de l'Union européenne sont arrivés à un accord sur l'accueil des migrants. A 4h30 dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 juin, les discussions étaient bouclées, comme l'a annoncé Donald Tusk, président du Conseil européen.

Par voie de communiqué, le Conseil s'est dit "déterminé à poursuivre et à renforcer cette politique pour empêcher que ne se reproduisent les flux incontrôlés de 2015" et à endiguer les migrations illégales.

Emmanuel Macron s'est montré satisfait à la sortie du sommet en soutenant que cet accord était "d'abord le fruit d'un travail commun" et que la coopération européenne l'avait "emporté sur le choix d'un non-accord ou de décisions nationales qui n'auraient été ni efficaces ni durables". Voici ce que prévoit cet accord salué par l'ensemble des chefs d'Etats européens.
  • Création de plateformes de débarquement sur les côtes africaines
L'Union européenne s'est accordée pour créer des plateformes de débarquement des migrants hors de ses frontières pour ceux qui seront secourus en mer, ce afin de "mettre fin définitivement au modèle économique des passeurs" énoncent les conclusions du Conseil.

Débarquer les migrants doit éviter les querelles quant à l'accueil des bateaux qui arrivent au large des côtes européennes et demandent à accoster. Il s'agit "de supprimer l'incitation à entreprendre des voyages périlleux". Emmanuel Macron s'est exprimé en fin de matinée pour préciser que les centres de débarquement n'étaient pas "la panacée" mais que l'Europe devait continuer sa "coopération avec la Libye".
  • Renforcement de la coopération avec des pays tiers
Les pays membres de l'UE misent sur un renforcement des accords avec des pays tiers pour faire diminuer le nombre d'arrivants. L'accord avec la Turquie passé en 2016 devrait être renforcé. "Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour mettre en œuvre pleinement la déclaration UE-Turquie, prévenir de nouveaux franchissements à partir de la Turquie et mettre un terme au flux."

Un soutien financier devrait aussi aller à des pays d'émigration comme le Maroc, pour prévenir les départs illégaux. L'UE souhaite "mettre en place un partenariat avec l'Afrique visant une transformation substantielle sur continent" notamment en matière de développement. Les modalités des ces aides devraient être précisées "dans les semaines à venir" selon Emmanuel Macron.
  • Centres de contrôle en Europe 
Une mise en place de centres de "contrôle" sur le territoire de l'UE pour différencier rapidement "demandeurs d'asile et migrants en situation irrégulière" est prévue. Ces centres seraient installés "sur la base du volontariat". Pour l'heure, aucun Etat ne s'est porté volontaire pour accueillir ces "hot spots" sur son territoire.

Ce système doit permettre de gérer les bateaux humanitaires qui arrivent en leur évitant de stagner en Méditerranée durant des jours, comme cela a été le cas pour l'"Aquarius", bateau arrivé avec 630 passagers et refusé par la France, l'Italie et Malte avant de rejoindre l'Espagne. Emmanuel Macron a maintenu que "c'est le pays le plus proche qui doit être le port d'arrivée. Pour les pays d'arrivée, nous devons être plus solidaires et assurer une prise en charge européenne dès le premier jour."
  • Eviter les déplacements entre pays européens 
L'accord appelle à "prendre toutes les mesures" internes nécessaires pour éviter que les migrants ne se déplacent entre pays de l'UE, qui comptent "prendre toutes les mesures législatives et administratives internes nécessaires pour enrayer ces mouvements et coopérer étroitement à cette fin."

Pour mettre un terme à ces mouvements secondaires, "un consensus doit être trouvé au sujet du règlement de Dublin afin de le réformer sur la base d'un équilibre entre responsabilités et solidarité". Le règlement de Dublin prévoit que les arrivants doivent déposer leur demande d'asile dans leur pays d'arrivée, exerçant une pression considérable sur l'Italie et la Grèce.

La Commission européenne propose de déroger à ce texte en répartissant les demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivé. L'Italie demande l'abandon simple de ce point du règlement de Dublin.

  • L'Italie satisfaite
Giuseppe Conte, président du Conseil italien, s'est dit soulagé que Rome ne soit plus "seule". Mais n'a pas encore décidé si l'Italie créerait des centres de contrôle et d'accueil. Son ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, a prudemment salué l'accord, tout en disant attendre des "engagements concrets".
L'Italie menaçait depuis jeudi soir de bloquer l'adoption des déclarations communes si elle n'obtenait pas de réponses sur les migrants. "C'était une longue négociation mais nous sommes satisfaits" a affirmé Matteo Salvini devant les journalistes présents à la sortie du Conseil.
Angela Merkel salue un texte positif mais des divergences persistent au sein de l'Union européenne. 

Maïlys Khider

jeudi 16 novembre 2017

Libye : des migrants vendus sur des marchés aux esclaves

L'indignation de l'animateur Claudy SIAR de RFI

 




Crimes

Esclavage en Libye : Tripoli ouvre une enquête sur des actes «inhumains»

Par AFP






Un responsable du ministère libyen des Affaires étrangères, Salah Abou-Raguigah (C), lit un communiqué lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 19 novembre 2017 Photo MAHMUD TURKIA. AFP
Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d’un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d’actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen», «font l’objet d’une enquête», a-t-on poursuivi.
«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L’idée d’installer des centres d’accueil en Libye avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d’union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli».

Metig avait indiqué qu’il chargerait «une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700...» avant que la journaliste n’explique: «ces hommes sont vendus pour 1 200 dinars libyens -- 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d’esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3 000 sont morts en tentant la traversée.

VIDÉO. CNN publie des images d'une vente aux enchères d'êtres humains en Libye. Une dérive glaçante de la crise migratoire qui secoue l'Afrique.

Modifié le | Le Point.fr






La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye. 
La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye.  © Capture d'écran de la vidéo de CNN / CNN







Tout est parti d'une vidéo, envoyée à CNN. « 900, 1000 » ? « Des hommes forts pour le travail à la ferme »… On y découvre des migrants vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. À partir de ces images glaçantes, deux journalistes de la chaîne américaine ont enquêté en se rendant à Tripoli. Ils y ont découvert que des marchés comme celui dont les images leur ont été envoyées se tenaient une à deux fois par mois. À l'aide de caméras cachées, ils ont réussi à filmer l'une de ces ventes, organisée la nuit dans un village en dehors de la capitale libyenne.

Les preuves de ces ventes aux enchères ont été transmises aux autorités libyennes qui ont promis de lancer une enquête sur ces agissements. Interrogé, Naser Hazam, le premier lieutenant de l'agence anti-immigration clandestine du gouvernement reconnaît que des gangs ont bien la main sur des réseaux de passeurs dans le pays. Il affirme toutefois n'avoir jamais assisté à de tels marchés.

La crise migratoire en toile de fond

À l'origine de ce trafic, il y a la crise migratoire, expliquent les journalistes. Les milliers de personnes qui tentent de fuir le continent africain pour l'Europe passent chaque année par la frontière libyenne. Mais les contrôles renforcés au large des côtes limitent désormais le nombre de bateaux qui peuvent tenter la traversée.

Sans un sou (tout ce qu'ils avaient ayant été donné aux passeurs) et coincés en Libye, les migrants deviennent alors des esclaves, les passeurs des maîtres. À l'intérieur des centres de détention pour migrants, de nombreux témoignages se font l'écho de ces pratiques moyenâgeuses. Leurs corps mutilés en disent long sur le traitement qui leur a été infligé.



LIBYA-EUROPE-MIGRANTS ©  MAHMUD TURKIA / AFP
Des migrants, qui tentent de rallier l'Europe via la Libye, marchent vers un centre de détention sur la ville côtière de Guarabouli, à 60 km à l'est de Tripoli.  © MAHMUD TURKIA / AFP

40 millions d'esclaves dans le monde

En mai 2017, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait recueilli des témoignages similaires. À l'époque, les propos rapportés faisaient état de travail forcé dans l'agriculture ou le bâtiment pour les hommes et de cas de viols et de prostitution forcée pour les femmes. Un « trafic souterrain à ciel ouvert », avait alors commenté Marwa Mohamed, chercheuse pour Amnesty International, dans les colonnes du Figaro, qui expliquait que ces trafics se tenaient dans des zones où l'autorité du pouvoir central était inexistante. La situation économique catastrophique et l'instabilité politique de la région favorisaient, selon elle, le développement de trafic en tous genres.

La Libye est loin d'être le seul pays ou ce genre de pratiques est observé. Aujourd'hui dans le monde, l'Organisation internationale du travail à l'Assemblée générale de l'ONU estime à plus de 40 millions le nombre de personnes victimes d'esclavage.

People for sale
Where lives are auctioned for $400
Exclusive: Migrants being sold as 'slaves'

Tripoli, Libya (CNN) -- "Eight hundred," says the auctioneer. "900 ... 1,000 ... 1,100 ..." Sold. For 1,200 Libyan dinars -- the equivalent of $800.
Not a used car, a piece of land, or an item of furniture. Not "merchandise" at all, but two human beings. 
One of the unidentified men being sold in the grainy cell phone video obtained by CNN is Nigerian. He appears to be in his twenties and is wearing a pale shirt and sweatpants.
He has been offered up for sale as one of a group of "big strong boys for farm work," according to the auctioneer, who remains off camera. Only his hand -- resting proprietorially on the man's shoulder -- is visible in the brief clip.
After seeing footage of this slave auction, CNN worked to verify its authenticity and traveled to Libya to investigate further. 
Carrying concealed cameras into a property outside the capital of Tripoli last month, we witness a dozen people go "under the hammer" in the space of six or seven minutes. 
"Does anybody need a digger? This is a digger, a big strong man, he'll dig," the salesman, dressed in camouflage gear, says. "What am I bid, what am I bid?"
Buyers raise their hands as the price rises, "500, 550, 600, 650 ..." Within minutes it is all over and the men, utterly resigned to their fate, are being handed over to their new "masters."
After the auction, we met two of the men who had been sold. They were so traumatized by what they'd been through that they could not speak, and so scared that they were suspicious of everyone they met.

Crackdown on smugglers

Each year, tens of thousands of people pour across Libya's borders. They're refugees fleeing conflict or economic migrants in search of better opportunities in Europe.
Most have sold everything they own to finance the journey through Libya to the coast and the gateway to the Mediterranean.
But a recent clampdown by the Libyan coastguard means fewer boats are making it out to sea, leaving the smugglers with a backlog of would-be passengers on their hands.
So the smugglers become masters, the migrants and refugees become slaves.
Migrants rescued from the Mediterranean arrive at a naval base in Tripoli in October.
The evidence filmed by CNN has now been handed over to the Libyan authorities, who have promised to launch an investigation.
First Lieutenant Naser Hazam of the government's Anti-Illegal Immigration Agency in Tripoli told CNN that although he had not witnessed a slave auction, he acknowledged that organized gangs are operating smuggling rings in the country.
"They fill a boat with 100 people, those people may or may not make it," Hazam says. "(The smuggler) does not care as long as he gets the money, and the migrant may get to Europe or die at sea."
"The situation is dire," Mohammed Abdiker, the director of operation and emergencies for the International Organization for Migration, said in a statement after returning from Tripoli in April. "Some reports are truly horrifying and the latest reports of 'slave markets' for migrants can be added to a long list of outrages."
The auctions take place in a seemingly normal town in Libya filled with people leading regular lives. Children play in the street; people go to work, talk to friends and cook dinners for their families.
But inside the slave auctions it's like we've stepped back in time. The only thing missing is the shackles around the migrants' wrists and ankles.

Deportation 'back to square one'

Anes Alazabi is a supervisor at a detention center in Tripoli for migrants that are due to be deported. He says he's heard "a lot of stories" about the abuse carried out by smugglers.
The Treeq Alsika Migrant Detention Center in Tripoli, where some migrants are held by Libyan authorities before they are repatriated.
"I'm suffering for them. What I have seen here daily, believe me, it makes me feel pain for them," he says. "Every day I can hear a new story from people. You have to listen to all of them. It's their right to deliver their voices."
One of the detained migrants, a young man named Victory, says he was sold at a slave auction. Tired of the rampant corruption in Nigeria's Edo state, the 21-year-old fled home and spent a year and four months -- and his life savings -- trying to reach Europe.
He made it as far as Libya, where he says he and other would-be migrants were held in grim living conditions, deprived of food, abused and mistreated by their captors.
"If you look at most of the people here, if you check your bodies, you see the marks. They are beaten, mutilated."
When his funds ran out, Victory was sold as a day laborer by his smugglers, who told him that the profit made from the transactions would serve to reduce his debt. But after weeks of being forced to work, Victory was told the money he'd been bought for wasn't enough. He was returned to his smugglers, only to be re-sold several more times.
The smugglers also demanded ransom payments from Victory's family before eventually releasing him.

ESCLAVAGE DES MIGRANTS EN LIBYE, INDIGNONS-NOUS MAIS ÉVITONS LA CONCURRENCE DES MÉMOIRES

Bien triste constat que celui fait ici par le chroniqueur j. RÉMY NGONO, qui doit néanmoins nous prémunir contre toute mise en concurrence des mémoires. 

Parce que les victimes des attentats de Paris, et toutes les autres consécutives notamment aux crimes perpétrés par la Françafrique, ne supporteraient pas que nous les opposions, même indirectement, au nom de leur nombre ou de la compassion sélective pratiquée par les tyrans africains et leurs maîtres français.

Insurgeons-nous collectivement contre l'inhumanité et la cruauté de la Françafrique.

  Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER



ARRÊT SUR IMAGES

Il a fallu un reportage de la chaîne CNN pour que les Africains se lèvent pour manifester contre l'esclavage des Africains en Libye. C'est bien, mais c'est comme si c'est CNN qui vient de nous faire découvrir ce qui se passe en Libye , alors que tous les dirigeants africains le savent, et je le dénonce ici depuis la création de ma page Facebook. D'autres lanceurs d'alertes tels Abdelaziz Mounde, Modestine Carole Tchatchouang, Junior Zogo, Claudy Siarr, le font depuis des années, mais aucun dirigeant africain et leur syndicat de l' Union Africaine ne se sont jamais levés ne serait -ce que pour s' indigner auprès des représentations diplomatiques libyennes installées dans leur pays.

Pourtant, quand c'était un attentat de CHARLIE HEBDO à Paris, ils sont partis défiler en France et même dans certaines villes en Afrique. Yayi BONI a pleuré jusqu'à vouloir tomber évanoui. Macky SALL qui est de couleur noire ébène, était devenu rouge avec des yeux qui coulaient du sang derrière les binocles sombres. Faure GNASSINGBE qu'on ne voit jamais au Togo, était en tête de peloton sur les Champs Élysées. Le drapeau ivoirien était en berne et les larmes de OUATTARA se mélangeaient à sa morve...

Si les Africains prennent le chemin de l'esclavage en Libye et les camps de maltraitance raciste dans tous les pays du Maghreb , c'est parce qu'ils fuient l'esclavage qui sévit dans leurs pays respectifs où toutes les richesses et les pouvoirs sont concentrés entre les mains des colons noirs. Toute manifestation est réprimée par des tirs à balles réelles. Les journalistes et défenseurs des droits de l'homme sont jetés en prison. Les jeunes font les petits boulots esclavagistes. Les fillettes et les garçonnets subissent la pédophilie et la pédérastie pour pouvoir manger.

Entre un esclave africain maltraité par les passeurs en Libye et un esclave africain condamné à la misère à perpétuité et fusillé par les forces de sécurité de son propre pays, lequel faut-il plaindre?

J. REMY NGONO
REMY NGONO officiel a ajouté 8 photos.

mardi 22 septembre 2015

L'Union Européenne s'ouvre à 120.000 migrants, sans quotas

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Par Christian Lemenestrel, Le Figaro Prémium 22 septembre 2015

Les ministres européens de l'Intérieur ont voté mardi, à une large majorité, un plan de répartition qui se fera de manière volontaire.

Accusés d'égoïsme face au drame des réfugiés syriens, les Européens ont finalement fait montre mardi d'un minimum de solidarité et se sont répartis la prise en charge de 120.000 demandeurs d'asile débarqués en Italie et en Grèce, afin de soulager ces deux pays. Cela n'a pas été sans mal. Près de trois jours de tractations et un vote ont été nécessaires pour contourner l'opposition de la Hongrie, de la République tchèque, de la Roumanie ainsi que de la Slovaquie, et pour boucler l'accord adopté par les ministres de l'Intérieur de l'UE.

La solution est ponctuelle. Elle évacue le problème avant la réunion des chefs d'État et de gouvernement de l'UE mercredi soir à Bruxelles, mais ne donne pas les moyens de gérer une crise humanitaire qui s'annonce longue. «Il faut empêcher que d'autres n'arrivent», a insisté le ministre allemand Thomas de Maizière. «Nous ne devons pas envoyer le signal que nous pouvons accueillir tout le monde, tout de suite. Ce ne serait pas responsable», enchaîne son homologue français, Bernard Cazeneuve. 

L'annonce par Angela Merkel que l'Allemagne ne renverrait plus les demandeurs d'asile syriens arrivés sur son territoire a en effet créé «un effet d'appel considérable», déplore un diplomate européen de haut rang. Au sommet, ce mercredi, la chancelière «ne devra pas s'étonner de devoir répondre à des questions désagréables», avance un autre. L'accord a éliminé toute idée de quotas. «Personne ne veut créer un mécanisme permanent de répartition», a expliqué un des négociateurs. L'opposition des pays d'Europe centrale a tué la proposition défendue par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Pour les réfugiés bénéficiaires du nouveau système, il ne sera pas question de choisir la destination
La répartition se fera de manière volontaire et en deux temps: d'abord 66.000 demandeurs - 50.400 venus de Grèce et 15 600 d'Italie - vont se voir proposer un pays d'accueil, pour soumettre leur demande d'asile. Arithmétiquement, ils viennent s'ajouter au chiffre de 60.000 demandeurs déjà accepté par l'UE en juin (40.000 venus de Grèce et d'Italie, avec 20.000 proposés hors d'Europe par le Haut Commissariat aux réfugiés). Une deuxième offre de 54.600 places reste en réserve. La Hongrie, braquée dans son opposition de principe, a en effet refusé d'être soulagée de son contingent initial.

Pour les réfugiés bénéficiaires du nouveau système, il ne sera pas question de choisir la destination. Certes, 17.036 iront en Allemagne, terre de leurs rêves. Mais les autres iront ailleurs, y compris en Hongrie (1294), l'un des pays les plus hostiles à leur arrivée. Pas question non plus de refuser de se faire enregistrer. La sanction serait immédiate: considérés comme des migrants économiques, les récalcitrants seront condamnés au retour de l'autre côté de la Méditerranée. La solidarité européenne impose aux pays de première entrée de prendre leurs responsabilités  en enregistrant les arrivants. Ce sera le rôle des centres de tri - les hotspots - créés et gérés par l'Union européenne en Italie et en Grèce. Ils vont permettre d'identifier les arrivants et de faire une sélection entre ceux qui peuvent bénéficier d'une protection et ceux qui, considérés comme des migrants économiques, sont voués au retour. La France s'est beaucoup investie pour la création de ces centres et en a fait une condition à sa solidarité.

Migrations : le Tchadien Idriss Deby Itno accuse l’Europe 

Le chef de l'Etat tchadien  a estimé lors de son séjourau Niger que l'Europe est seule responsable de la crise migratoire qui prévaut actuellement avec ses cortèges de morts et de tristesse.

Idriss Deby Itno dénonce notamment la déstabilisation des pays africains et du Moyen-Orient et l'exploitation des matières premières du continent africain qui seraient les principales causes du départ massif des jeunes vers l'Europe.

"La pauvreté nourrit le terrorisme" l’Europe doit repenser sa politique vis à vis de l'Afrique estime le président Idriss Deby Itno qui trouve inacceptable que l'Europe refuse d'accueillir les réfugiés.

S'exprimant sur BBC Afrique, le dirigeant tchadien a indiqué que l'afflux des réfugiés du Moyen-Orient vers l’Europe conjugué à ce qui se passe depuis quelques années en Afrique au sud du Sahara doivent faire réfléchir les européens.

La gouvernance mondiale doit arrêter le désordre non pas par la mise en place de mur de barbelé mais par des actions concrètes de développement notamment en arrêtant de créer des désordres.
À en croire le chef de l’État tchadien ce sont des pays fragiles comme le Niger et le Tchad qui sont les premiers à en subir les conséquences.

BBC AFRIQUE


dimanche 12 août 2012

Expulsions des Roms: Manuel Valls perpétue un drame européen...

Comment exprimer décemment un réel malaise sans sombrer dans une polémique politicienne? bien difficile, face à la problématique d'intégration sociale d'un peuple européen, que les dirigeants successifs se refilent depuis des décennies comme une patate chaude....
Manuel Valls perpétue malheureusement un vieux drame humain!
Dans le consensus sécuritaire aux forts relents xénophobes et parfois racistes qui sous-tend les démonstrations de force (dite de fermeté) du ministre de l'intérieur, pourra-t-on encore questionner le sens politique et social donné aux expulsions de ROMS dont l'objectif affiché est de cacher la misère en cassant "les bidonvilles" autour des agglomérations françaises; et nullement d'endiguer durablement l’errance de ces populations européennes (qui ne sont pas des populations nomades) par des solutions pérennes?

Il y a de quoi s'inquiéter.

Joël Didier Engo

Lire également: Le gouvernement se défend de toute stigmatisation des Roms, AFP

Le gouvernement assouplit le dispositif limitant l'accès des Roms à l'emploi, AFP

Non, les Roms ne sont pas nomades... et autres clichés, Par CORDÉLIA BONAL, Liberation.fr

A Evry, les Roms expulsés se retrouvent devant la mairie,
Camille Polloni | JournalisteRue89

Roms : les Nations Unies gardent un oeil sur la France, (AFP)

Pourquoi nous avons aidé les Roms en bas de chez nous, à Echirolles, par
Cheryl Pereira | Habitante d'Echirolles(Rue 89)






mercredi 23 novembre 2011

Pitié! la Droite nous ressort son vieux marronnier des «étrangers» mal ou peu intégrés...à la France

Photo tirée de l'exposition « Parisiens d’ailleurs, citoyens d’ici » © Marion Poussier

Sondage: 61% des Français pour le droit de vote des étrangers

Alors vous avez dit «RUPTURE» à Droite? Mais comment ça? Pas sur la peur qu'inspire l'étranger en tous cas...


Car comme à chaque veille d'élection présidentielle , la droite française (dite populaire de nos jours) nous ressort son vieux marronnier sur ses étrangers (qu'elle voit forcément partout, y compris lorsqu'ils ne le sont plus qu'en apparence).


Ainsi donc, après "l'identité nationale" qu'elle déniait à leurs enfants et petits-enfants; c'est le droit de vote aux élections locales qu'elle refuse obstinément à ces femmes et hommes, souvent résidents, travaillant en France depuis des décennies; où la plupart choisissent d’ailleurs d'y mener des retraites de paisibles et honnêtes papys et mammys.


Mais non, ils seront à vie des délinquants potentiels, indignes d'incarner les "Valeurs de la France".


Et au rythme où prospèrent toutes ces polémiques malsaines sur les étrangers de France, feu Omar BONGO* (qui aurait inondé les campagnes présidentielles avec de l' argent mal acquis) restera pour nombre d'officiels de Droite, la figure emblématique d'une "intégration réussie" à la Française.


En effet jamais dans le contexte passionné et passionnel des questions migratoires en France, les pauvres résidents étrangers (notamment ceux venus d'Afrique noire ou du Maghreb) trouveront grâce aux yeux d'une certaine frange réactionnaire de l'UMP. Le sésame de «l'intégration réussie», malgré des décennies de résidence et les liens qu'ils ont su tisser par le travail ou le mariage en France, ne leur sera pas décerné.


Étrangers de France, Mauvais-Gaulois vous êtes, Mauvais-Gaulois vous resterez!


Ainsi soit-il.


Joël Didier Engo

Lire également: « Il faut abolir la peine de mort citoyenne ! » Nordeclair.fr

* Financement de la campagne de Sarkozy : la fille d'Omar Bongo dément les accusations AFP

mercredi 28 septembre 2011

La face cachée de la coopération Euro-Libyenne en matière de lutte contre l'immigration

Documentaire à voir absolument, pour mieux comprendre les articulations politiques et économiques de la coopération entre l'Union Européenne et les régimes libyens en matière de lutte contre l'immigration (noire) africaine en Europe.














“Le Piège”, ou l'errance sans fin des migrants africains

"Exploités par Kadhafi, rejetés par l'Europe. Le documentaire exceptionnel “Le Piège” d'Alexandre Dereims montre le tragique destin des migrants africains


«Un convoi perdu dans l'immensité du Ténéré. Les camions surchargés peinent sous un soleil de plomb. Au sommet des remorques, cramponnés aux cordes qui retiennent leurs bagages, des centaines de migrants traversent le désert. Ils rêvent d'Europe, d'une autre vie pleine de promesses. Ils sont prêts à braver la soif et la mort pour y arriver.

En Libye, Kadhafi leur avait promis la fortune. Mais là-bas, ils ont connu l'enfer des centres d'internement. Dans le cadre d'un accord entre la Libye et l'Italie, les migrants, éternels clandestins, vivaient sans cesse dans la peur d'être raflés par la police.

Kadhafi se livrait alors à un odieux chantage avec l'Europe, en organisant en sous-main, l'embarquement des migrants vers l'Italie. Aujourd'hui, leurs vaisseaux de fortune viennent se briser sur les rochers de Lampédusa.

Une fois arrivés en Europe, les migrants errent entre ''jungles'' et centres de rétention, sans jamais obtenir de papiers, perdus dans le labyrinthe des lois européennes. Ils butent contre tout, partout, tout le temps.

Ils sont... pris au piège. Malgré cela, ils se débattent, de toutes leurs forces pour avoir le droit de vivre heureux. A l'heure où l'Europe ferme ses portes, leur rêve ne se réalisera pas, ou alors au prix fort..."


Enquête au Niger, en Libye, en Tunisie, en Grèce et en Italie avec les migrants africains en route vers l'Europe.»

Documentaire
Durée 75’
Auteur-réalisateur Alexandre Dereims
Sur une idée originale de Alexandre Dereims et Claire Beilvert
Production France Télévisions / Première Nouvelle / Maha Productions
Année 2011


Entretien avec Alexandre Dereims



Comment est né ce documentaire ? 

Alexandre Dereims :
En parlant avec Pablo, un jeune Camerounais qui m’a raconté son histoire. Lui, tout comme les autres migrants, est passé par l’enfer avant d’arriver en Europe. Il a vraiment payé le prix fort pour atteindre l’Hexagone. Alors que l’immigration est un sujet d’inquiétude en France, que l’idée d’« invasion » fait depuis quelque temps des ravages dans notre pays, que de nombreux Français ont peur des Africains qui « viennent leur piquer leur boulot et leurs allocs », je voulais, en suivant ces hommes, qu’on comprenne d’où ils viennent, quel périple ils avaient dû faire pour monter jusqu’en Europe, les difficultés qu’ils avaient rencontrées. Je souhaite qu’on sache ce qu’ils ont vécu. Dans le détail.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ces hommes ?
A. D. : Ce sont des hommes qui estiment ne pas avoir le choix. Ils rêvent tous d’une autre vie. Ils se voient comme des aventuriers, pas comme des clandestins ou des mendiants. Aujourd’hui, quand un Français part à Londres pour trouver le boulot qu’il n’a pas chez lui, on le félicite, on salue son esprit d’initiative. Pourquoi un Africain n’aurait pas le droit de vouloir s’en sortir ? Ces hommes ont été pris dans le piège que leur a tendu Kadhafi : ils ont été des outils de chantage pour faire ployer une Union européenne qui ne voulait décidément pas d’eux. Leur histoire est bouleversante.

Vous avez pris beaucoup de risques pour réaliser ce documentaire…
A. D. : Nous avons réussi à obtenir une autorisation de tournage au Niger, mais il nous a malgré tout été difficile, à Claire Beilvert et à moi, de réaliser ce film. Tout d’abord parce que la région n’est pas sûre : quelques mois après notre venue, des salariés d’Areva ont été enlevés, Aqmi a étendu son action au nord d’Agadez. Nous avons dû nous déplacer sous escorte militaire. Ensuite, l’armée nigérienne ne voulait pas que l’on connaisse l’ampleur du trafic que génère le transport des migrants. Elle nous a empêchés de travailler et nous a même menacés de mort. Les chefs de ghetto que nous voulions approcher refusaient pour la plupart de nous parler et montaient les migrants contre nous. Les officiels, la préfecture, la police nous ont rackettés pour que l’on puisse tourner. A Dirkou, on nous a fait dormir dans une décharge pour nous faire renoncer. Nous nous sommes ensuite rendus en Libye quand la guerre a éclaté. Nous étions là au plus fort des affrontements, auprès des rebelles. Là aussi c’était très dangereux.

Quelles conséquences, selon vous, aura la chute du régime de Kadhafi ?
A. D. : Je suis très inquiet pour l’Afrique. Les immigrés qui réussissaient à atteindre la Libye et l’Europe envoyaient de l’argent chez eux et dynamisaient ainsi l’économie de leur pays. Sans cet argent, que va-t-il se passer ? Je crains de graves troubles sociaux dans les mois à venir…

Propos recueillis par Isabelle Ducrocq
LE MAG, France 5

Libye - L'Italie condamné pour avoir refoulé les immigrés entre les mains de Kadhafi, Slateafrique.com

Site internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org