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jeudi 6 octobre 2022

L'Italie n'a pas le monopole du repli identitaire et du vote fasciste

 


En réalité le repli identitaire au relent xénophobe et raciste touche différentes parties du globe..avec une lame de fond néo-conservatrice, suprématiste aux accents voulus patriotiques et nationalistes.
 
Toutes les populations du monde sont ainsi successivement gagnées, y compris les franges que l'on aurait pu penser peu exposées voire affranchies définitivement par cette tentation, en raison de leur histoire coloniale particulièrement douloureuse, puis de leur migration souvent économique dans les zones les plus développées de la planète ...
 
À l'observation, je découvre que certains Africains frustrés peuvent de manière complètement décomplexée se révéler encore plus racistes et xénophobes dans une posture essentiellement victimaire, que le seraient des Italiens, des Français, ou des Américains soumis à des législations régissant fermement l'incitation à la haine ethno-raciale. 
 
En effet au sein de certaines diasporas africaines le mot d'ordre semble "Être et Rester entre soi" en profitant au maximum des opportunités offertes par certains pays développés, plus particulièrement l'Occident. Quiconque s’écarte de ce schéma communautaire sur un plan affectif, citoyen, culturel, social, économique ou politique... est aussitôt assimilé sans le dire à un paria et même à un "traître vendu" aux blancs et impérialistes occidentaux, qu'il faut parfois sévèrement tancer, brocarder sur les plate-formes et réseaux sociaux, puis ostraciser.
 
Je constate ainsi chaque jour avec ces extrémistes identitaires très cyniques et opportunistes, la difficulté que nous aurons désormais dans nos organisations de la société civile à convaincre les pouvoirs politiques (quels qu'ils soient) d'accorder encore plus de moyens à l’intégration de certains migrants, puis à la mixité sociale par exemple en France et en Europe...Alors que nombre d'étrangers sub-sahariens se sont extrêmement fermés sur eux-mêmes sous l'emprise des nouveaux gourous dits panafricanistes et communautaristes, refusant catégoriquement toute forme de multiculturalisme, portant un regard très négatif sur les modèles républicain et démocratique, voyant en leurs pays d'accueil uniquement des prédateurs et bourreaux coloniaux (à l'image du climat particulièrement délétère qui règne au sein des diasporas africaines de Paris autour de la relation tendue entre la France et le Mali, les régimes militaires d'Afrique de l'ouest, puis les dictatures vieillissantes du continent).
 
Autant dire que notre combat pour une meilleure intégration et mixité sociale s'est singulièrement compliqué, au point de devenir pratiquement impossible auprès de personnes foncièrement intolérantes et haineuses.
 
Joël Didier Engo 

 

mercredi 12 juin 2019

Migrations : les Africains optent de plus en plus pour d’autres destinations que la France

Selon la dernière note de l’OCDE consacrée aux migrations africaines vers les pays développés entre 2001 et 2016, l’attractivité de l’Hexagone décroît sensiblement. 

Par , Le Monde
Un groupe de migrants dans le nord du Niger, en route pour la Libye, en janvier 2019.
Un groupe de migrants dans le nord du Niger, en route pour la Libye, en janvier 2019. SOULEMAINE AG ANARA / AFP
Les tenants de la théorie du grand remplacement ou les agitateurs du spectre de la ruée africaine – vers l’Europe en général et la France en particulier – n’apprécieront sans doute pas la lecture de la dernière note de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) consacrée aux évolutions des migrations africaines vers les pays développés entre 2001 et 2016.

On y lit en effet que « représentant un immigré sur dix, la migration africaine vers les pays de l’OCDE a vu son poids légèrement augmenter au cours des dernières années ; elle demeure toutefois faible par rapport à la part de l’Afrique dans la population mondiale […]. La France est toujours la principale destination, mais sa part se réduit. »

Ces conclusions découlent de la dernière actualisation de la base de données développée depuis plusieurs années par l’OCDE, en coopération avec l’Agence française de développement (AFD), sur les immigrés dans les pays développés. Celle-ci compile des statistiques, par pays de naissance, des migrants internationaux, « définis comme les personnes [âgées de plus de 15 ans] résidant dans un pays autre que celui de leur naissance » sans tenir compte de leur « statut légal ou de la catégorie de migration. »

« Pas de raz-de-marée annoncé »

Ces données couvrent non seulement les effectifs d’immigrés par âge, sexe et niveau d’éducation, mais également des variables clés de l’analyse des migrations internationales et de l’intégration comme la nationalité, la durée de séjour, le statut dans l’emploi et la profession.

Passées ces quelques précisions d’ordre méthodologique, il ressort de cette étude que « la part de la population originaire d’Afrique vivant dans un pays de l’OCDE a augmenté au cours des quinze dernières années, mais reste très modeste ». Le nombre de migrants africains y est en effet passé de 7,2 millions en 2000 à 12,5 millions en 2016. Mais ils ne représentent encore que 10,4 % des 121 millions de migrants répertoriés dans les pays développés, contre 9,2 % en 2000. A titre de comparaison, le nombre total de migrants venus du Mexique – pays classé en tête de liste des pays d’origine devant l’Inde et la Chine – s’établissait à 11,7 millions en 2016.
Infographie Le Monde
L’OCDE remarque ainsi que « la croissance démographique africaine est encore loin de se traduire en un accroissement équivalent de la migration vers les pays de l’OCDE. » En marge de la polémique née de la publication en 2018 du livre de Stephen Smith – La Ruée vers l’Europe (éd. Grasset) –, le démographe François Héran remarquait également que « les projections démographiques de l’ONU actualisées tous les deux ans ont beau annoncer un peu plus qu’un doublement de la population subsaharienne d’ici à 2050 (elle passerait de 900 millions à 2,2 milliards dans le scénario médian), cela ne suffira pas à déclencher le raz-de-marée annoncé ». « Il n’existe pas de lien mécanique entre la croissance démographique et celle du taux de migration », ajoute Jean-Christophe Dumont, chef du département des migrations internationales à l’OCDE.

Féminisation et hausse du niveau d’éducation

Et si la France demeure le principal pays de destination, « sa part s’est considérablement réduite, passant de 38 % des migrants africains installés dans les pays de l’OCDE en 2001 à 30 % en 2016 ». La part des immigrés dans la population totale (14 %), toutes origines confondues, a légèrement augmenté sur cette même période (environ 2 %), est supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (12 %), mais demeure très inférieure à celle de pays comme la Suède, l’Irlande ou l’Autriche (20 %).

La « préférence » française s’explique en partie par l’origine géographique des migrants africains. En effet, 54 % d’entre eux provenaient d’un pays francophone, notent les auteurs, or « les liens historiques et linguistiques restent des déterminants clés des migrations africaines ». Dans cet espace continental, les pays d’Afrique du Nord demeurent, de loin, les premiers pays d’origine (46 % de l’ensemble des migrants africains en 2016 contre 54 % en 2000). Le Maroc devançant tous les autres, étant « le pays de naissance de près d’un migrant africain sur quatre, devant l’Algérie (1 sur 8) ». Si la part de la France demeure prééminente, la surprise vient des Etats-Unis, dont la part est « en forte augmentation » avec l’accueil de 16 % des migrants africains en 2016 – notamment éthiopiens et nigérians – contre 12 % seize ans plus tôt. Les Etats-unis sont ainsi la deuxième destination devant le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, le Canada et l’Allemagne.
Infographie Le Monde
Si la jeunesse des migrants africains par rapport aux autres continents d’origine demeure une constante, les évolutions de deux autres données sont plus notables : la féminisation et le niveau d’éducation. Concernant ce dernier point, plus de 60 % des migrants ont au moins un niveau de 2e cycle du secondaire (lycée), dont la moitié (30 %) sont diplômés de l’enseignement supérieur (contre 24 % en 2000). « Cette évolution s’explique en partie par la conjugaison de deux facteurs, note Jean-Christophe Dumont. D’une part, la compétition entre pays de l’OCDE pour attirer les talents. D’autre part, la baisse des besoins de main-d’œuvre non qualifiée dans les économies des pays développées ».

La part des femmes augmente également sensiblement. Alors que celles-ci représentaient 46,7 % des migrants africains en 2000, elles étaient 48,2 % en 2016. « Dans des pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Irlande, le Portugal, Israël, le Luxembourg ou encore l’Australie, les femmes sont même devenues majoritaires dans les diasporas africaines », note l’OCDE.

Enfin, si la recherche d’un emploi et d’une vie meilleure figure parmi les motivations des candidats à l’émigration, cette quête s’avère difficile. « Sur le marché de l’emploi des pays de l’OCDE, les migrants africains sont fortement touchés par le chômage (13 %) et l’inactivité (28 %). » Surtout, une grande part de ceux qui trouvent un emploi doivent accepter une forme de relégation par rapport à leur niveau d’études. Le taux de déclassement professionnel était ainsi de 35 % en 2016. Concernant les raisons, l’OCDE se montre prudente : « Cette situation peut être due à une discrimination sur le marché du travail, mais aussi à des questions de qualité et de reconnaissance des diplômes. »

L’obsession démographique, une histoire française

Les dynamiques démographiques ont souvent modifié l’histoire et les rapports de forces politiques. Pourquoi la France craint-elle l’influence politique d’une Afrique plus peuplée ?

Tribune. Il y a quelques semaines, l’écrivain français Renaud Camus, théoricien du «grand remplacement», s’est fendu d’un tweet qui a provoqué la colère de nombreux Africains, l’extase de nombre de ses partisans, et la condamnation d’associations antiracistes françaises : «Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés en moins en Méditerranée, 100 000 euros d’économie pour la CAF, deux cellules de prisons libérées et trois centimètres de banquise préservée.»

Le racisme de ce tweet le rend dérisoire. Pour autant, l’obsession de la démographie africaine qu’il incarne est partagée par les élites françaises, dont Emmanuel Macron, qui s’est exprimé à plusieurs reprises sur le sujet. Que cache-t-elle ?

En réalité, comme d’autres grandes puissances européennes, les élites françaises ont toujours considéré la démographie comme un instrument politique, un vecteur de puissance. Jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, avec ses 25 millions d’habitants, la France était la principale puissance de l’Europe. Par la suite le pays connaîtra une période de glaciation démographique qui ouvrira - et précipitera - une phase de déclin relatif sur la scène internationale, au profit d’abord de l’Angleterre, puis de l’Allemagne.

Dans son livre, The Human Tide[«la vague humaine», Public Affairs, 2019, ndlr], le chercheur britannique du Birkbeck College de l’Université de Londres, Paul Morland, fait remonter ce qu’il appelle la «paranoïa» française sur la question démographique à la fameuse défaite française face à la Prusse de Bismarck en 1870, qui conduira à l’unification de l’Allemagne. Quoi qu’il en soit, cette obsession démographique, qui a donc accompagné un sentiment de déclassement géopolitique, a imprégné la politique française tout au long du XXe siècle. Ainsi, au plus fort de la guerre d’Algérie, le général de Gaulle exprimait à haute voix, devant l’écrivain et homme politique Alain Peyrefitte, ses doutes quant à la pertinence de l’idée d’une Algérie française, dès lors que «les Arabes se multiplieront par cinq, puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire…». Mais les élites françaises n’ont pas tort : la démographie détermine fondamentalement l’histoire. Ainsi que le rappelle Paul Morland, à la naissance de Nelson Mandela, plus d’un Sud-Africain sur cinq était blanc ; au moment de sa mort, il n’en restait plus qu’un sur dix. Compte tenu de la démographie des Sud-Africains noirs, l’apartheid était donc voué à l’échec. Les colons européens avaient donc peu de chance de reproduire en Afrique du Sud «le génocide par substitution», dont ironiquement Renaud Camus accuse aujourd’hui l’immigration arabo-africaine en France, qu’ils avaient déjà brillamment appliquée en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Canada où la fameuse fécondité des Franco-Canadiens était interprétée comme une «revanche du berceau» sur une Angleterre qui avait défait la France au Canada. Les dynamiques démographiques de l’époque ont influencé l’issue et même, d’un certain point de vue, les causes de la Première Guerre mondiale. Tout comme l’influence de la démographie sur «les printemps arabes» fait aujourd’hui consensus.

Selon Stephen Smith, «si les Africains suivent l’exemple d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle». La crainte de la mouvance française des «remplacistes» est que «l’identité française» se dissolve, et, plus tard, disparaisse, sous le poids des flux migratoires en provenance d’Afrique. Mais il y a autre chose : une France démographiquement dépendante de l’Afrique présenterait de fait un visage différent au plan politique. Il est difficile d’imaginer que l’autisme dont fait preuve la France officielle sur des sujets comme le franc CFA ou la reconnaissance des crimes commis par l’Empire colonial en Afrique persiste, ou dans le contexte d’un électorat majoritairement constitué d’Afro-Français. Cela est d’autant plus vrai que dans l’ensemble l’image de la France est plutôt dégradée au sein d’une jeunesse africaine qui considère que l’ex-colonisateur continue d’exercer une influence néfaste sur ses ex-colonies.

Fondamentalement, au-delà des préoccupations migratoires, l’obsession démographique des élites politiques et intellectuelles française cache la crainte de l’influence politique que l’Afrique pourrait jouer en France (et au-delà en Europe) dans les prochaines décennies. De ce point de vue, le pire pour ces élites serait que les pays africains sortent de leur interminable nuit, mettent de l’ordre dans leurs affaires et se mettent, eux aussi, à rêver de puissance. Autant de «bonnes» raisons de faire de l’utérus des femmes africaines un des enjeux de notre époque. C’est donc logique qu’en pleine campagne pour les européennes, le candidat Nicolas Dupont-Aignan ait préconisé un «contrôle des naissances en Afrique comme l’a fait en son temps la Chine» pour faire face au «défi géopolitique» posé à l’Europe. Les Africains sont prévenus : la bataille pour le contrôle de l’utérus des femmes du continent n’est pas près de s’arrêter.

Yann Gwet est l'auteur de : Vous avez dit retour ?
Editions Présence africaine, 2019.

Yann Gwet journaliste, écrivain , auteur de: «Vous avez dit “retour”?» éditions Présence africaine, 2019

 

lundi 10 décembre 2018

POURQUOI LE MOUVEMENT DES GILETS ROUGES, POUR EMBOÎTER LE PAS AUX GILETS JAUNES???




Précisément parce que certains d’entre-nous ont parfaitement senti venir le risque décrit ci-dessous par Dominique Sopo, consistant une fois de plus « à jeter les immigrés en pâture des frustrations sociales, économiques, et politiques » assez justement révélées par la révolte populaire des Gilets jaunes, en occultant comme toujours la principale raison de cette saignée d’un continent riche de son sous-sol et de ses populations prises littéralement en étau, contraintes de prendre la route ô combien dangereuse et déshumanisante de la migration en Europe et en France.

Autant dire que nous refusons de nous taire en subissant le vieux discours des « africains qui viendraient voler le pain des Français »



REJOIGNEZ-NOUS!

Première manifestation à Paris le 22 décembre entre la porte de clignancourt et la place de la république, précédée d’une réunion préparatoire vendredi 14 décembre à partir de 19h au numéro 20-24 de la rue Robert houdin 75011 Paris, Métro Belleville

Vidéo: https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=964281223770221&id=100005650578481

Dominique Sopo, Président de SOS Racisme:

« Suite à l’allocution prononcée par Emmanuel Macron ce lundi 10 décembre, je suis plus que perplexe sur les propos relatifs à l’immigration qui appellent à ce qu’un grand débat s’ouvre à ce sujet en raison d’inquiétudes liées au phénomène migratoire.

Les propos avaient beau être le plus elliptiques possibles, chacun comprendra qu’ils n’augurent rien de bon.

Que les choses soient claires: toute tentative consistant à jeter les immigrés en pâture des frustrations sociales sera combattue sans relâche par SOS Racisme.
Les questions posées étaient notamment celles de la répartition des richesses et des attentes de la jeunesse lycéenne. Vouloir y répondre en troquant ces attentes contre le traitement digne des immigrés, ce serait faire preuve d’un décalage vis-à-vis de ces attentes, en plus de faire preuve d’un cynisme inadmissible. »

Joël  Didier Engo , Président de l’Association Nous Pas Bouger

vendredi 29 juin 2018

POUR UN DROIT UNIVERSEL À LA MOBILITÉ INTERNATIONALE

Lire la publication ci-dessous d'Achille Mbembe pour comprendre pourquoi nous militons à NOUS PAS BOUGER en faveur d'un droit universel à la mobilité internationale, et le considère comme la marque du nouveau déséquilibre et de la plus grande injustice dans les rapports Nord-Sud du monde d'aujourd'hui.

Ça doit devenir la première revendication portée par les pays africains au sein de l'Union africaine(UA) et dans leurs relations bilatérales, comme a pu l'être le droit à l’autodétermination des anciennes colonies.


Achille Mbembe 

L’OBJECTIF FINAL DE LA POLITIQUE MIGRATOIRE EUROPÉENNE EST DE FAIRE DE L’AFRIQUE UN IMMENSE BANTOUSTAN

Nous évoquions tantôt les 13,000 Nègres-migrants abandonnés dans le désert du Sahara comme des déchets par le gouvernement algérien. 

Il faudrait y ajouter tous ceux et toutes celles qui ont succombé lors de la traversée du désert ou lors des innombrables opérations de refoulement-déportation-abandon engagées par les autorités marocaines; le chiffre (inconnu) de ceux et celles qui ont été vendu(e)s à l’encan sur les anciens-nouveaux marchés d’esclaves en Libye. Et celui de tous ceux et toutes celles qui sont parque(e)s dans des camps de fortune ou dans les prisons de maints États maghrébins.

Aujourd'hui, ce n’est pas en Méditerranée que se trouvent les frontières de l’Europe. C’est dans le Sahara. C’est au Niger. Au Burkina. À Gorée du Sénégal.
Et bientôt, qui sait où? 

Des puissances européennes (dont la France, mais elle n’est pas seule) y installent de nouveaux ‘postes’ ou ‘comptoirs’ ou l’on pèse des vies humaines, ou on les classifie, ou on sélectionne celles qu’il vaut la peine de protéger et ou on décide de celles qui sont jugées superflues.

Nous avons laissé faire. De quoi s’agit-il sinon d’un abandon de souveraineté? En retour de quoi sinon, comme il n’y a pas longtemps, de la quincaillerie?

Or l’Europe, elle sait de quoi il est question. L’idée, son idée à elle est de faire de chaque Nègre-migrant-potentiel un poste frontalier en soi. Une frontière portable. Mobile.

Que l’on ne se méprenne point sur ce qui est en jeu - la mise en place d’une nouvelle loi du monde, une nouvelle répartition de la Terre sur la base de la race.

L’idée est de faire en sorte que la frontière de l’Europe devienne pliable, plastique, élastique, collée au plus près du corps du migrant potentiel dont on s’efforce de bloquer le mouvement et d’empêcher ce que j’appelle ‘les circulations’.

Dans ce funeste projet sont enrôlés, comme cela a souvent été le cas dans notre histoire, des satrapies africaines - la longue histoire des collaborations de tout genre, à chaque épisode de notre asservissement, qu’il s’agisse de l’esclavage, de la colonisation ou de l’apartheid!

Il s’agit, de part en part, de faire de l’Afrique un immense ‘bantoustan’, une immense prison à ciel ouvert, comme il en existe d’ores et déjà ailleurs.

On veut ses richesses. Mais on ne veut surtout pas de ses gens, de “ces” gens-là!
L’idée est de reprendre, la ou on l’avait laissé, la logique coloniale du confinement, de l’enclavement des populations indésirables, de leur relégation dans des réserves, toutes sortes de hors-lieux, ou l’on peut expérimenter, à l’abri de tout regard et de tout jugement, les techniques d’effacement. 

Double prison donc, pour une terre non d’hommes et de femmes libres, mais de captifs. Fermeture du dehors, combinant le recours aux dernières technologies biométriques et militaires, et dont le terminus est la Méditerranée.

Et fermeture du-dedans, que symbolise bien l’immense dépotoir qu’est devenue le Sahara, l’enfer vivant ou d’innombrables vies laissées à l’abandon sont calcinées. 

Fermeture du-dedans, aussi, dont témoigne la cristallisation des frontières héritées de la colonisation, et dont nous avons ratifié, à nos propres dépens, l’intangibilité.

Or, nous le savons tous, cela ne peut pas tenir. 

Cela ne tiendra pas. 

D’ici le milieu de ce siècle, une très grande partie des habitants de la Terre sera composée d’Africains. On ne pourra tout simplement pas les parquer, tous, dans ces oripeaux de misère que sont nombre de nos États-bidons.

Il faudra ouvrir.

Il faut ouvrir l’Afrique de l’intérieur, du dedans. Afin qu’aucun Africain ne soit traité comme un étranger en Afrique.

Il faudra ouvrir l’Afrique - et avec elle l’ensemble de la Planète - à tous ses habitants.

Achille Mbembe

Un sommet européen (impromptu) a eu lieu jeudi 28 juin. Il se confirme que l'Europe entend utiliser les États maghrébins (Maroc, Tunisie, Libye, Algérie) ainsi que l’Égypte comme les gardes-chiourmes de sa politique anti-migratoire.

Avec la Turquie (pour le front oriental), le Maroc en particulier recevra un peu plus d'argent (sommes non spécifiées) pour refouler vers le sud (c'est-a-dire rejeter dans le désert du Sahara) les candidats (en gros subsahariens) à la migration.

Des postes de contrôlés seront érigés dans ces pays, ainsi qu'au Niger, dont la fonction sera d’opérer tris et autres sélections.

La guerre contre la mobilité se poursuit...

 

Migrants : ce que contient l’accord européen arraché à Bruxelles

Création de centres de contrôle, aides financières aux pays de départ. De fortes mesures sont annoncées mais leurs modalités d’application restent floues.

Par Maïlys Khider
Au terme d'une longue nuit de négociations à Bruxelles, les 28 dirigeants de l'Union européenne sont arrivés à un accord sur l'accueil des migrants. A 4h30 dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 juin, les discussions étaient bouclées, comme l'a annoncé Donald Tusk, président du Conseil européen.

Par voie de communiqué, le Conseil s'est dit "déterminé à poursuivre et à renforcer cette politique pour empêcher que ne se reproduisent les flux incontrôlés de 2015" et à endiguer les migrations illégales.

Emmanuel Macron s'est montré satisfait à la sortie du sommet en soutenant que cet accord était "d'abord le fruit d'un travail commun" et que la coopération européenne l'avait "emporté sur le choix d'un non-accord ou de décisions nationales qui n'auraient été ni efficaces ni durables". Voici ce que prévoit cet accord salué par l'ensemble des chefs d'Etats européens.
  • Création de plateformes de débarquement sur les côtes africaines
L'Union européenne s'est accordée pour créer des plateformes de débarquement des migrants hors de ses frontières pour ceux qui seront secourus en mer, ce afin de "mettre fin définitivement au modèle économique des passeurs" énoncent les conclusions du Conseil.

Débarquer les migrants doit éviter les querelles quant à l'accueil des bateaux qui arrivent au large des côtes européennes et demandent à accoster. Il s'agit "de supprimer l'incitation à entreprendre des voyages périlleux". Emmanuel Macron s'est exprimé en fin de matinée pour préciser que les centres de débarquement n'étaient pas "la panacée" mais que l'Europe devait continuer sa "coopération avec la Libye".
  • Renforcement de la coopération avec des pays tiers
Les pays membres de l'UE misent sur un renforcement des accords avec des pays tiers pour faire diminuer le nombre d'arrivants. L'accord avec la Turquie passé en 2016 devrait être renforcé. "Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour mettre en œuvre pleinement la déclaration UE-Turquie, prévenir de nouveaux franchissements à partir de la Turquie et mettre un terme au flux."

Un soutien financier devrait aussi aller à des pays d'émigration comme le Maroc, pour prévenir les départs illégaux. L'UE souhaite "mettre en place un partenariat avec l'Afrique visant une transformation substantielle sur continent" notamment en matière de développement. Les modalités des ces aides devraient être précisées "dans les semaines à venir" selon Emmanuel Macron.
  • Centres de contrôle en Europe 
Une mise en place de centres de "contrôle" sur le territoire de l'UE pour différencier rapidement "demandeurs d'asile et migrants en situation irrégulière" est prévue. Ces centres seraient installés "sur la base du volontariat". Pour l'heure, aucun Etat ne s'est porté volontaire pour accueillir ces "hot spots" sur son territoire.

Ce système doit permettre de gérer les bateaux humanitaires qui arrivent en leur évitant de stagner en Méditerranée durant des jours, comme cela a été le cas pour l'"Aquarius", bateau arrivé avec 630 passagers et refusé par la France, l'Italie et Malte avant de rejoindre l'Espagne. Emmanuel Macron a maintenu que "c'est le pays le plus proche qui doit être le port d'arrivée. Pour les pays d'arrivée, nous devons être plus solidaires et assurer une prise en charge européenne dès le premier jour."
  • Eviter les déplacements entre pays européens 
L'accord appelle à "prendre toutes les mesures" internes nécessaires pour éviter que les migrants ne se déplacent entre pays de l'UE, qui comptent "prendre toutes les mesures législatives et administratives internes nécessaires pour enrayer ces mouvements et coopérer étroitement à cette fin."

Pour mettre un terme à ces mouvements secondaires, "un consensus doit être trouvé au sujet du règlement de Dublin afin de le réformer sur la base d'un équilibre entre responsabilités et solidarité". Le règlement de Dublin prévoit que les arrivants doivent déposer leur demande d'asile dans leur pays d'arrivée, exerçant une pression considérable sur l'Italie et la Grèce.

La Commission européenne propose de déroger à ce texte en répartissant les demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivé. L'Italie demande l'abandon simple de ce point du règlement de Dublin.

  • L'Italie satisfaite
Giuseppe Conte, président du Conseil italien, s'est dit soulagé que Rome ne soit plus "seule". Mais n'a pas encore décidé si l'Italie créerait des centres de contrôle et d'accueil. Son ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, a prudemment salué l'accord, tout en disant attendre des "engagements concrets".
L'Italie menaçait depuis jeudi soir de bloquer l'adoption des déclarations communes si elle n'obtenait pas de réponses sur les migrants. "C'était une longue négociation mais nous sommes satisfaits" a affirmé Matteo Salvini devant les journalistes présents à la sortie du Conseil.
Angela Merkel salue un texte positif mais des divergences persistent au sein de l'Union européenne. 

Maïlys Khider

jeudi 16 novembre 2017

Libye : des migrants vendus sur des marchés aux esclaves

L'indignation de l'animateur Claudy SIAR de RFI

 




Crimes

Esclavage en Libye : Tripoli ouvre une enquête sur des actes «inhumains»

Par AFP






Un responsable du ministère libyen des Affaires étrangères, Salah Abou-Raguigah (C), lit un communiqué lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 19 novembre 2017 Photo MAHMUD TURKIA. AFP
Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d’un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d’actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen», «font l’objet d’une enquête», a-t-on poursuivi.
«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L’idée d’installer des centres d’accueil en Libye avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d’union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli».

Metig avait indiqué qu’il chargerait «une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700...» avant que la journaliste n’explique: «ces hommes sont vendus pour 1 200 dinars libyens -- 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d’esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3 000 sont morts en tentant la traversée.

VIDÉO. CNN publie des images d'une vente aux enchères d'êtres humains en Libye. Une dérive glaçante de la crise migratoire qui secoue l'Afrique.

Modifié le | Le Point.fr






La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye. 
La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye.  © Capture d'écran de la vidéo de CNN / CNN







Tout est parti d'une vidéo, envoyée à CNN. « 900, 1000 » ? « Des hommes forts pour le travail à la ferme »… On y découvre des migrants vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. À partir de ces images glaçantes, deux journalistes de la chaîne américaine ont enquêté en se rendant à Tripoli. Ils y ont découvert que des marchés comme celui dont les images leur ont été envoyées se tenaient une à deux fois par mois. À l'aide de caméras cachées, ils ont réussi à filmer l'une de ces ventes, organisée la nuit dans un village en dehors de la capitale libyenne.

Les preuves de ces ventes aux enchères ont été transmises aux autorités libyennes qui ont promis de lancer une enquête sur ces agissements. Interrogé, Naser Hazam, le premier lieutenant de l'agence anti-immigration clandestine du gouvernement reconnaît que des gangs ont bien la main sur des réseaux de passeurs dans le pays. Il affirme toutefois n'avoir jamais assisté à de tels marchés.

La crise migratoire en toile de fond

À l'origine de ce trafic, il y a la crise migratoire, expliquent les journalistes. Les milliers de personnes qui tentent de fuir le continent africain pour l'Europe passent chaque année par la frontière libyenne. Mais les contrôles renforcés au large des côtes limitent désormais le nombre de bateaux qui peuvent tenter la traversée.

Sans un sou (tout ce qu'ils avaient ayant été donné aux passeurs) et coincés en Libye, les migrants deviennent alors des esclaves, les passeurs des maîtres. À l'intérieur des centres de détention pour migrants, de nombreux témoignages se font l'écho de ces pratiques moyenâgeuses. Leurs corps mutilés en disent long sur le traitement qui leur a été infligé.



LIBYA-EUROPE-MIGRANTS ©  MAHMUD TURKIA / AFP
Des migrants, qui tentent de rallier l'Europe via la Libye, marchent vers un centre de détention sur la ville côtière de Guarabouli, à 60 km à l'est de Tripoli.  © MAHMUD TURKIA / AFP

40 millions d'esclaves dans le monde

En mai 2017, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait recueilli des témoignages similaires. À l'époque, les propos rapportés faisaient état de travail forcé dans l'agriculture ou le bâtiment pour les hommes et de cas de viols et de prostitution forcée pour les femmes. Un « trafic souterrain à ciel ouvert », avait alors commenté Marwa Mohamed, chercheuse pour Amnesty International, dans les colonnes du Figaro, qui expliquait que ces trafics se tenaient dans des zones où l'autorité du pouvoir central était inexistante. La situation économique catastrophique et l'instabilité politique de la région favorisaient, selon elle, le développement de trafic en tous genres.

La Libye est loin d'être le seul pays ou ce genre de pratiques est observé. Aujourd'hui dans le monde, l'Organisation internationale du travail à l'Assemblée générale de l'ONU estime à plus de 40 millions le nombre de personnes victimes d'esclavage.

People for sale
Where lives are auctioned for $400
Exclusive: Migrants being sold as 'slaves'

Tripoli, Libya (CNN) -- "Eight hundred," says the auctioneer. "900 ... 1,000 ... 1,100 ..." Sold. For 1,200 Libyan dinars -- the equivalent of $800.
Not a used car, a piece of land, or an item of furniture. Not "merchandise" at all, but two human beings. 
One of the unidentified men being sold in the grainy cell phone video obtained by CNN is Nigerian. He appears to be in his twenties and is wearing a pale shirt and sweatpants.
He has been offered up for sale as one of a group of "big strong boys for farm work," according to the auctioneer, who remains off camera. Only his hand -- resting proprietorially on the man's shoulder -- is visible in the brief clip.
After seeing footage of this slave auction, CNN worked to verify its authenticity and traveled to Libya to investigate further. 
Carrying concealed cameras into a property outside the capital of Tripoli last month, we witness a dozen people go "under the hammer" in the space of six or seven minutes. 
"Does anybody need a digger? This is a digger, a big strong man, he'll dig," the salesman, dressed in camouflage gear, says. "What am I bid, what am I bid?"
Buyers raise their hands as the price rises, "500, 550, 600, 650 ..." Within minutes it is all over and the men, utterly resigned to their fate, are being handed over to their new "masters."
After the auction, we met two of the men who had been sold. They were so traumatized by what they'd been through that they could not speak, and so scared that they were suspicious of everyone they met.

Crackdown on smugglers

Each year, tens of thousands of people pour across Libya's borders. They're refugees fleeing conflict or economic migrants in search of better opportunities in Europe.
Most have sold everything they own to finance the journey through Libya to the coast and the gateway to the Mediterranean.
But a recent clampdown by the Libyan coastguard means fewer boats are making it out to sea, leaving the smugglers with a backlog of would-be passengers on their hands.
So the smugglers become masters, the migrants and refugees become slaves.
Migrants rescued from the Mediterranean arrive at a naval base in Tripoli in October.
The evidence filmed by CNN has now been handed over to the Libyan authorities, who have promised to launch an investigation.
First Lieutenant Naser Hazam of the government's Anti-Illegal Immigration Agency in Tripoli told CNN that although he had not witnessed a slave auction, he acknowledged that organized gangs are operating smuggling rings in the country.
"They fill a boat with 100 people, those people may or may not make it," Hazam says. "(The smuggler) does not care as long as he gets the money, and the migrant may get to Europe or die at sea."
"The situation is dire," Mohammed Abdiker, the director of operation and emergencies for the International Organization for Migration, said in a statement after returning from Tripoli in April. "Some reports are truly horrifying and the latest reports of 'slave markets' for migrants can be added to a long list of outrages."
The auctions take place in a seemingly normal town in Libya filled with people leading regular lives. Children play in the street; people go to work, talk to friends and cook dinners for their families.
But inside the slave auctions it's like we've stepped back in time. The only thing missing is the shackles around the migrants' wrists and ankles.

Deportation 'back to square one'

Anes Alazabi is a supervisor at a detention center in Tripoli for migrants that are due to be deported. He says he's heard "a lot of stories" about the abuse carried out by smugglers.
The Treeq Alsika Migrant Detention Center in Tripoli, where some migrants are held by Libyan authorities before they are repatriated.
"I'm suffering for them. What I have seen here daily, believe me, it makes me feel pain for them," he says. "Every day I can hear a new story from people. You have to listen to all of them. It's their right to deliver their voices."
One of the detained migrants, a young man named Victory, says he was sold at a slave auction. Tired of the rampant corruption in Nigeria's Edo state, the 21-year-old fled home and spent a year and four months -- and his life savings -- trying to reach Europe.
He made it as far as Libya, where he says he and other would-be migrants were held in grim living conditions, deprived of food, abused and mistreated by their captors.
"If you look at most of the people here, if you check your bodies, you see the marks. They are beaten, mutilated."
When his funds ran out, Victory was sold as a day laborer by his smugglers, who told him that the profit made from the transactions would serve to reduce his debt. But after weeks of being forced to work, Victory was told the money he'd been bought for wasn't enough. He was returned to his smugglers, only to be re-sold several more times.
The smugglers also demanded ransom payments from Victory's family before eventually releasing him.

ESCLAVAGE DES MIGRANTS EN LIBYE, INDIGNONS-NOUS MAIS ÉVITONS LA CONCURRENCE DES MÉMOIRES

Bien triste constat que celui fait ici par le chroniqueur j. RÉMY NGONO, qui doit néanmoins nous prémunir contre toute mise en concurrence des mémoires. 

Parce que les victimes des attentats de Paris, et toutes les autres consécutives notamment aux crimes perpétrés par la Françafrique, ne supporteraient pas que nous les opposions, même indirectement, au nom de leur nombre ou de la compassion sélective pratiquée par les tyrans africains et leurs maîtres français.

Insurgeons-nous collectivement contre l'inhumanité et la cruauté de la Françafrique.

  Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER



ARRÊT SUR IMAGES

Il a fallu un reportage de la chaîne CNN pour que les Africains se lèvent pour manifester contre l'esclavage des Africains en Libye. C'est bien, mais c'est comme si c'est CNN qui vient de nous faire découvrir ce qui se passe en Libye , alors que tous les dirigeants africains le savent, et je le dénonce ici depuis la création de ma page Facebook. D'autres lanceurs d'alertes tels Abdelaziz Mounde, Modestine Carole Tchatchouang, Junior Zogo, Claudy Siarr, le font depuis des années, mais aucun dirigeant africain et leur syndicat de l' Union Africaine ne se sont jamais levés ne serait -ce que pour s' indigner auprès des représentations diplomatiques libyennes installées dans leur pays.

Pourtant, quand c'était un attentat de CHARLIE HEBDO à Paris, ils sont partis défiler en France et même dans certaines villes en Afrique. Yayi BONI a pleuré jusqu'à vouloir tomber évanoui. Macky SALL qui est de couleur noire ébène, était devenu rouge avec des yeux qui coulaient du sang derrière les binocles sombres. Faure GNASSINGBE qu'on ne voit jamais au Togo, était en tête de peloton sur les Champs Élysées. Le drapeau ivoirien était en berne et les larmes de OUATTARA se mélangeaient à sa morve...

Si les Africains prennent le chemin de l'esclavage en Libye et les camps de maltraitance raciste dans tous les pays du Maghreb , c'est parce qu'ils fuient l'esclavage qui sévit dans leurs pays respectifs où toutes les richesses et les pouvoirs sont concentrés entre les mains des colons noirs. Toute manifestation est réprimée par des tirs à balles réelles. Les journalistes et défenseurs des droits de l'homme sont jetés en prison. Les jeunes font les petits boulots esclavagistes. Les fillettes et les garçonnets subissent la pédophilie et la pédérastie pour pouvoir manger.

Entre un esclave africain maltraité par les passeurs en Libye et un esclave africain condamné à la misère à perpétuité et fusillé par les forces de sécurité de son propre pays, lequel faut-il plaindre?

J. REMY NGONO
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dimanche 12 mars 2017

À ce frère inconnu mort en voulant vivre…

 
Par Becca Tickle
Il a quitté son village avec le sourire et ses parents avec les larmes. Sa mère l’a serré fort et lui a dit : « sois fort mon fils, tu sais comme je t’aime, reviens-moi vite… ».

Puis il est parti vers l’inconnu, vers une terre qu’on disait riche d’humanité et de progrès ; il voulait fuir la misère pour revenir aux siens avec un peu plus de lumière.

 Puis il est parti, vers l’inconnu… il pensait emprunter les routes du paradis, il a atterri en enfer. Il s’est embarqué avec des inconnus, il a payé le prix cher pour traverser ; il pensait acheter un ticket pour le bonheur et il s'est embarqué dans le train de la mort. Enfant de la chaleur, il ne connaissait pas le froid, enfant du désert, il ne connaissait pas la mer, enfant des terres, il ne savait pas nager.

Piégé entre ciel et mer, il y a eu une terrible vague, et la barque a basculé, il est tombé dans les eaux profondes. Enfant des plaines, il ne savait pas nager. Dans son angoisse, en se débattant désespéré, il a pensé à son village, à ses frères et sœurs, à ses amis, à son père et surtout à sa mère. Dans son ultime souffle, il a eu quelques larmes, et il a dit en s’étouffant : «pardonne-moi maman, je n’ai pas réussi à vous aider, et je meurs sans t’avoir revue.» Le pauvre… c’était plus difficile qu’il ne croyait, la forteresse Europe était inaccessible. Quel destin ! il est né dans les terres sèches et il est mort en pleine mer.

Il est mort à cause d’un monde impitoyable, il est mort à cause d’un système meurtrier, il est mort en voulant vivre…

Hommage à toi, héros inconnu des temps modernes.
Becca Tickle

dimanche 2 octobre 2016

À PERENCO CAMEROUN: NATIONAUX ABONNÉS AUX DÉCLASSEMENTS, HARCÈLEMENTS, LICENCIEMENTS (2)


Re-plongée bien malgré nous dans l'esclavagisme capitalistique à PERENCO-CAMEROUN. Après notre publication du 27 juin 2016 reproduisant la lettre* envoyée par les employés camerounais de cette entreprise pétrolière franco-britannique à leur Directeur Général, dans laquelle ils faisaient état de phénomènes récurrents de déclassement professionnel, harcèlement physique et moral, et parfois sexuel...Loin de l'apaisement souhaité et espéré, l'entreprise semble avoir choisi de réprimer systématiquement et en vase clos, en flagrante violation de la réglementation nationale et internationale du Travail. Comment pouvait-il en être autrement au Cameroun?


Combien sont-elles les filiales de grands groupes internationaux en Afrique noire, et particulièrement au Cameroun, où les nationaux sont ainsi soumis - comme à PERENCO CAMEROUN - aux vexations quotidiennes, et surtout aux discriminations sociales ou professionnelles liées à leur couleur de peau? Dans cette filiale camerounaise il semble ainsi parfaitement normal de déclasser de trois niveaux un ingénieur instrumentation camerounais sorti d'une grande école européenne, quand ses collègues expatriés arrivés comme ingénieurs production sont promus chef de site en l'espace d'une, deux, ou trois années. Puis de le soumettre à une pression professionnelle et morale sans arrêt, avec mise en congés forcés de trois (03) mois, fermeture de tout accès au réseau interne, licenciement pour «perte de confiance».
La persistance de cette ségrégation qui ne dit pas son nom, au relent colonial, dans une entreprise étrangère partenaire de la puissante Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) du Cameroun, semble apparemment ne gêner personne dans ce pays, où le moins que l'on puisse dire est que PERENCO est en terre conquise.

Petit florilège des incidents à PERENCO CAMEROUN depuis la publication de la lettre* de ses employés camerounais à leur directeur général, Eric DARGENTRE le 27 juin 2016:
  • Juillet 2016: un villageois camerounais a la jambe broyée par un surfer en mer à Kribi, à cause d'une opération effectuée sans l'éclairage requis.

  • Août 2016: décès par noyade en mer de M. Christian IKANG, électricien, à cause de la rupture d'une rambarde rouillée du fait d'un manque flagrant de maintenance du matériel.

  • Toujours en août 2016: fuites et épandages de brut en mer aux larges de Kribi 

  • Septembre 2016: licenciement pour «perte de confiance» après plus de deux (02) décennies de loyaux et bons services, de l' ingénieur instrumentation camerounais Yves BASSONG.
Bonjour l'ambiance!

L'association NOUS PAS BOUGER
Le 02 octobre 2016

 
*Ci-dessous dans son intégralité la lettre de protestation adressée par les employés camerounais de PERENCO à leur directeur général Eric DARGENTRE:

À l'attention de Monsieur Eric DARGENTRE, Directeur Général de PERENCO AU CAMEROUN
Monsieur DARGENTRE,
Par la présente, nous venons vous informer du climat social malsain qui prévaut dans notre entreprise, du fait des harcèlements, injustices, et pressions psychologiques que subissent les employés Camerounais de la structure dont vous avez la responsabilité.
1- Sur la question du harcèlement 
Certains collègues sont sujets au harcèlement moral de la part de leur hiérarchie. Ce phénomène est récurrent à la Direction Production sur du personnel rotationnel ou du personnel à terre.
Nous prendrons ici l’exemple de M. Yves BASSONG qui subit depuis des mois, une pression foudroyante de la part du Directeur Production, M. Yves POSTEC. À ce jour, l’intéressé a été affecté sous le couvert d'un mail, au poste d’aide instrumentiste. Pour une personne, Ingénieur de formation dans une école de renom en Europe, qui a été responsable de la section instrumentation depuis des années avant Jean Marc BALCON, admettez qu’il y a tout de même un problème…
Sur les sites, le personnel est littéralement bâillonné, traumatisé par la hiérarchie, et vivant au quotidien sous une pression inhumaine de la part des responsables en mer; Pour ces hommes qui font notre fierté à tous, nous pensons qu’ils méritent d’être mieux traités, avec du respect tout au moins.
Le Drh M. Minsili Kissinger fait l'objet d'accusations pour harcèlement sexuel avéré. Cette faute lourde de la part d'un responsable du top management est restée impunie à hauteur de la gravité de cet acte.
2- Sur la question des injustices
La convention collective est bafouée, à l'initiative du Drh qui a par ailleurs pris part aux ateliers de mise à jour de ladite convention et l'a ratifiée en sa qualité de représentant de l'employeur. À ce jour, il a réussi à faire du top management de Perenco des "hors la loi" dans la mesure où il vous a convaincu M. DARGENTRE que l'avancement automatique triennal, peut tout de même faire l'objet d'un arbitrage par l'employeur, ce qui est contre le principe et la raison d’être de cet article dans la convention collective.
Est-ce à dire que la Société Perenco au Cameroun a un pouvoir discrétionnaire pour ce qui est du code du travail et de la convention collective des industries pétrolières? Nous sommes sûrs que non. Alors pourquoi un seul homme doit traîner des masses à la perdition? Au point de violer la réglementation.
Dans les fonctions supports aux opérations, si les promotions professionnelles se font rares, les augmentations de salaire même conventionnelles, ne sont aucunement garanties. Dans la direction supply chain ou encore finance, des employés gardent la casquette de temporaires pendant des années, alors que l'organisation reconnaît la valeur qu'ils apportent au business, sans pour autant régulariser leurs fonctions en agents permanents.
Le personnel camerounais est sujet à de nombreuses difficultés, en mer en particulier. La restauration sur site est devenue plus un danger qu'un acte vital. Les mets sont apprêtés dans la nuit pour être consommés le lendemain. Résultat des courses, les salades, sauces, et riz parviennent gluants le lendemain midi, donc en début de putréfaction sur les plate-formes où travaillent les équipes. Ceux qui l'ont décrié ont été accusés d'incitation à la révolte par certains chefs de site sur le champ Rio delrey. Pendant ce temps, les plats sont de meilleures qualités dans les quartiers vie. Sur nos sites également, le personnel expatrié a un traitement de faveur sur l'attribution et l'entretien des logements, la qualité des repas, tandis que les locaux Camerounais passent toujours au second rang.
Le peuple Camerounais a une réputation d’hospitalité , mais pas au détriment de son propre épanouissement.
3- Sur la question des pressions psychologiques.
De nombreux cadres, ayant déjà travaillé plusieurs années au sein de Perenco, sont relégués à des fonctions inférieures de manœuvres, aide technicien ou d'agent de bureaux pour les administratifs, au bénéfice d'employés expatriés. Nous citerons ici les cas pour la Direction Opérations de: Mongo Trésor Ingenieur géosciences, Henri Mbenda Ingenieur Mécanicien qui ont été affectés à des postes d'opérateurs sur plate-forme, quand nous savons que ces fonctions sont des postes pour formation niveau avant Baccalauréat, Baccalauréat ou BTS, DUT. Roland Bissai ingénieur généraliste IST-AC, est parti comme chef opérateur alors qu'il a été ingénieur travaux puis ingénieur production. M Yves Bassong a été ingénieur instrumentation au sein du département maintenance pendant des années, aujourd'hui, on veut en faire un technicien instrumentation, soit 3 niveaux en dessous de son ancien poste, tout en expliquant a l’intéressé que ce n’est pas une sanction. Voilà à quoi ressemble la carrière de jeunes cadres camerounais chez Perenco Cameroun aujourd’hui pendant que les ingénieurs expatriés arrivent comme ingénieurs production puis sont promus en toute logique habituelle, chef de site au bout de 1, 2 ou 3 ans maximum.
Les pressions hiérarchiques sont notre quotidien, "je vais te virer" est une expression presque aussi courante que le bonjour au sein de nos départements.
Les délégués du personnel font l'objet de grosses pressions en commençant par celle du DRH. M. Minsili qui fait du matraquage des esprits du personnel, son principal cheval de bataille. Zéro communication interne, zéro revendications de notre part, zéro gestion des compétences, zéro équité entre les employés, zéro objectivité, zéro plans de carrière, premier détracteur des supports normatifs camerounais en matière des droits des travailleurs et de surcroît accuse de falsification des dossiers du personnel.
Est-ce là l’image que Perenco veut donner au Cameroun? Nous sommes certains que Non M. Le Directeur General.
Si nous devions énumérer tous les traitements extrêmes que subissent les employés, vous en seriez outrés M. DARGENTRE. Nous faisons confiance a votre subtilité et votre sagesse pour clarifier ces écarts qui sont contre les valeurs fondamentales de Perenco.
Bien entendu si vous posez des questions directes au personnel, personne n’y répondra clairement par peur des représailles, mais Nous savons que vous saurez y faire.
M. DARGENTRE,
Nous confions à votre autorité, cette requête afin que le mal soit traité dès sa racine.
- Nous voulons que le traitement social des employés, en particulier le personnel opérationnel soit identique. Nous sommes dans un même bateau en 2016: nous sommes suffisamment tributaires de la sécurité des uns et des autres, pour que nous soyons considérés sur le même pied d’égalité. Nous ne voulons plus d’hiérarchisation des employés, du fait de leur statut (expatrié ou local).
- Nous voulons également que les pressions par nos hiérarchies de 1er rang et plus haut, soient bannies. Nous travaillons avec beaucoup d'amour et de passion. Il n'est pas nécessaire que nos supérieurs nous brandissent le licenciement à la moindre occasion. Cela constitue un harcèlement moral au travail qui est réprimandé par la Loi Camerounaise et les règles universelles du Travail dont l’OIT est Garant.
- Nous voulons au minimum que le code du travail et la convention collective nationale des entreprises pétrolières soient respectés et que nos droits relatifs à l'échelon automatique triennal nous soient restitués.
- Nous voulons enfin, avec un accent particulier que les ressources camerounaises soient valorisées, que leurs compétences soient reconnues par le Management Perenco et mises à profit pour le bien de Perenco et du partenaire national SNH. Plus que dans d'autres filiales, vous savez M. DARGENTRE, quel est le potentiel intellectuel au Cameroun. C'est aussi à ces hommes et à ces femmes que Perenco doit son succès au Cameroun. Nous avons fait partie de cette aventure depuis le début, nous souhaitons que vous le reconnaissez au travers de l'épanouissement professionnel de toutes les équipes qui y travaillent au quotidien : ouvriers, agents de maîtrise, et cadres.
Bien cordialement
J.A.C

 
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