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mardi 23 avril 2013

De l’importance d’un droit à la différence pour Tous!

De l'importance d'un droit à la différence pour Tous!
Ah le «mariage pour Tous», manière politiquement correcte pour ne pas dire «le mariage homosexuel» en France, c’est-à-dire l’union civile entre deux hommes ou entre deux femmes qui s’aiment certainement, parfois indéniablement; et qui sont homosexuel(le)s parce qu’elles ou ils sont ainsi constitué(e)s…qu’elles ou ils sont ainsi fait(e)s.

Oui c’est comme ça, on ne saurait les changer! Nos amis, camarades, proches, parents, enfants… ne sont ni des déviants, ni des pervers!

Pourtant comment saurais-je en parler plus sereinement avec mes sœurs et frères bantous…sans leur donner la fausse impression, ou d’avoir personnellement virer ma cuti, ou de leur plaquer encore une fois un «modèle importé», sur leurs vieilles civilisations ancestrales, séculaires et solidaires… articulées autour de la cohésion (familiale) d’un groupe, au sein duquel le père et la mère sont le socle, y compris pour les mères seules ou les pères seuls dont les enfants trouvent toujours ici un oncle ou un grand-père, là une tante ou une grand-mère, pour assumer le rôle du père ou de la mère défaillant(e)?

Cette différence entre les référents culturels d’occident et d’Afrique* ne peut évidemment justifier l’intolérance grandissante à l’égard des homosexuels (en occident et en Afrique), pas plus d’ailleurs qu’elle devrait autoriser les traitements inhumains infligés à des personnes par rapport à l’orientation sexuelle qui leur est prêtée (celle-ci relevant en Afrique d’abord de l’intimité et de la vie privée de chacun).

Ceci étant dit, je ne saurais occulter le sentiment d’écartèlement entre deux mondes (en l’occurrence la France et le Cameroun), que je vis un jour historique comme celui-ci (le mardi 23 avril 2013). Parce que je dois entériner, et pas nécessairement opposer, la réalité de deux creusets culturels différents, entre lesquels le «mariage pour tous» constitue un de ces sujets dits sensibles, qui sont de nature ou à accentuer l’incompréhension , ou à conforter l’entente mutuelle.

D’où l’importance de reconnaître et respecter le droit à la différence pour Tous!

Joël Didier Engo

 * L’Afrique du Sud est pour le moment le seul pays du continent africain, où  le mariage homosexuel est devenu légal le 30 novembre 2006


 

 Quels autres pays autorisent le mariage homosexuel?, Source Ilga (International lesbian, gay, bisexual, trans and intersex association)

mardi 5 février 2013

Le mariage homosexuel et ses revendications, comme un choc culturel!


 Force est de constater avec regret dans ce débat qui n'en a finalement pas été un (puisque la sentence législative paraissait écrite et connue à l'avance), que curieusement à court d'arguments, certains responsables de la majorité actuelle ont eu recours à la culpabilisation systématique sur l'homophobie (qui existe!), ou à des raccourcis les plus odieux d'un point de vue historique (dixit "triangle jaune")...pour défendre la réforme sur le mariage homosexuel, pourtant approuvée par la majorité des français.

Peut-être pourront-ils s’abstenir de tout amalgame, de tout anathème, voire de tout procès d'intention pour la Procréation Médicale Assistée (PMA) et la Gestation Pour Autrui (GPA)?

Parce que certaines minorités d'origine étrangère sont en droit d'exprimer des réserves, mais aussi une opposition de principe à ces propositions récurrentes et pressantes (PMA et GPA)...qui ont l'art de venir réveiller les mauvais démons de l'esclavage, du colonialisme, du risque réel de marchandisation du corps des femmes, ou des adoptions clandestines et tarifées d'enfants d'Afrique, des Caraïbes, d'Asie ou d'Amérique latine par les couples (notamment de même sexe) venus d'occident.

Il s'agit là de craintes légitimes qui ne peuvent être balayées d'un revers de la main à l'Assemblée nationale française, et qui expriment en filigrane des inquiétudes devant la juxtaposition de différents modèles de familles: 
un père = une mère, une mère seule = un père absent ou inconnu; un père seul = une mère absente ou inconnue; deux pères officiels ou deux grands parents officiels = un père et/ou une mère absents ou inconnus; un père officiel + un père officiel = une mère absente ou inconnue; une mère officielle + une mère officielle = un père absent ou inconnu...et ainsi de suite.

Il n'y a évidemment pas de modèle parfait en matière de famille.
Mais il faut reconnaître que dans certaines sociétés, certains modèles peuvent paraître aux antipodes les uns des autres, notamment dans les cultures africaines, caraïbiennes, maghrébines ou asiatiques; où l'enfant est d'abord le fruit d'une relation entre un homme et une femme, auxquels vient se joindre la famille élargie (qui peut les suppléer pendant les moments de carence ou de défaillance, mais sans jamais donner ou laisser l'impression que les parents biologiques n'existent pas ou n'ont jamais exister). C'est pourquoi, pour de nombreuses minorités ethniques, y compris quand elles vivent de longue date en France, certaines revendications avancées pendant les discussions sur le projet de loi sur le "Mariage pour Tous" agissent...presque comme un "choc culturel".

Peuvent-ils seulement l'exprimer sans être suspectés de communautarisme?

Joël Didier Engo