Affichage des articles dont le libellé est Christiane Taubira. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christiane Taubira. Afficher tous les articles

jeudi 5 mars 2015

"Christiane Taubira, tract ambulant pour le Front National": expression d'un racisme très bon teint-bon genre.


303897652_1008268-gerald-dar-501bdb42_2.
Photo: le député UMP Gérald Darmanin

Le racisme bon teint-bon genre a cette particularité de se noyer systématiquement dans la critique politique et partisane; en renvoyant la faute d'intention initiale, puis la charge de la preuve...à la personne visée ou ciblée, sa victime. Alors que précisément dans la plupart des cas, les propos incriminés ne prêtent à aucune mauvaise interprétation.

En effet traiter une ministre de la république, en l’occurrence Mme Christiane Taubira, de "tract ambulant pour le Front National"....constitue un appel du pied politicien clair; un code de langage facilement identifiable et reconnaissable par une certaine clientèle politique.

Mais non, comment est-ce donc possible???

Les fautifs s'en offusqueront aussitôt de la "propension jugée insupportable" des organisations anti-racistes et de la "gauche dite morale" à voir le "racisme partout". Au moins pourraient-ils, eux, arrêter de cacher leur racisme bon teint-bon genre derrière des oppositions et des divergences de fond somme toute normales et naturelles (en démocratie), relativement aux politiques menées par les majorités successives au pouvoir.

La république en sortirait largement gagnante contre le racisme.

Joël Didier Engo

lundi 18 novembre 2013

Jean-Marie Lepen: "le dérapage ou la singerie" de plus ou de trop?

Jean-Marie Lepen: "le dérapage ou la singerie" de plus ou de trop?

https://soundcloud.com/francetv-info/jean-marie-le-pen-christiane

Nous ne passerons quand même pas nos existences respectives, en pleine mondialisation, à réagir indéfiniment (voire à sur-réagir) aux "dérapages et autres singeries" racistes d'imbéciles qui ramènent la France à la préhistoire de l'Humanité.
Si ce grand et respectable pays n'a pas été capable de générer une classe politique contemporaine à la hauteur de son Histoire (notamment celle que nous avons tous en commun), de sa culture, et de son prestige d'antan... il ne doit s'en prendre qu'à lui-même.

Pas à ces femmes ou à ces hommes de valeur qui, comme Christiane Taubira, sont venu(e)s bien malgré eux de ces lointaines ex-colonies et actuels territoires d'outre-mer; lui apportent encore ce zeste de grandeur et de rayonnement auquel il ne pourrait raisonnablement plus prétendre avec ou à cause de tristes personnages comme Jean-Marie Lepen et consorts.

"Merde à la fin"! (comme on dit trivialement dans la belle France profonde)

Joël Didier Engo



« Ma colère », Yannick Noah  (2014) : Misère de l’antiracisme, par Thomas J, 21 août 2014, http://www.lecinemaestpolitique.fr

mercredi 13 novembre 2013

Nous sommes tous des Christiane Taubira


Par Nacira Guénif

Voilà une femme qui par la force de ses convictions et de sa personnalité s’est hissée à hauteur d’une république qu’elle conçoit comme son horizon politique. Mue par une intégrité sans faille, elle consacre depuis longtemps toute son énergie à rendre accessible cet horizon à tous et toutes, sans distinction de sexe, de race, d’origine ou de religion. Elle n’a pas attendu les soubresauts identitaires de partisans d’une France qui veut demeurer blanche et straight pour œuvrer au bien commun. Elle n’en attendait sans doute pas tant de leur part: pourquoi tant de haine?
Voilà qu’une ministre est ravalée à la rhétorique la plus abjecte qui, parcourant la surface de sa peau, entend l’avilir au plus profond d’elle-même, en tant que femme et en tant que noire. Comme s’il fallait étouffer en elle toute fierté d’être l’une et l’autre.
Pendant que l’on se repassait de détails croustillants sur les slogans bestialisant la garde des sceaux, dont, par décence, il faudrait cesser de faire la publicité, le silence a régné au plus haut niveau de l’État. Un silence indécemment long. Comme si dans les esprits grinçait cette ritournelle selon laquelle elle l’aurait bien cherché.
Que le silence ait pu persister dans les Palais de la république ne devrait pas nous étonner plus que cela et pour tout dire, ne requiert déjà plus notre attention. Il est urgent de nous tourner vers la seule question qui vaille: serons-nous capable de résister au racisme qui prospère et de lutter pour qu’enfin sa matrice soit démantelée et ses exploiteurs démasqués?
Voilà des années de trop, que le balancier oscillant de la haine de soi à la haine de l’autre fauche les maigres espoirs d’une France réconciliée avec elle-même. Elle prenait des couleurs pour le meilleur, croyait-on, puis le pire est redevenu notre seul horizon et il vient de se refermer sur elle et sur nous.
Désormais, il est trop confortable de se contenter d'accuser la droite extrême, restée assise à l’assemblée, pour avoir bonne conscience et croire s’être ainsi dédouané de toute forme de racisme. Ce sont les mêmes qui hier jetaient de l’huile sur le feu en désignant les coupables à la vindicte populaire et à l’audimat, par viennoiserie interposée, et qui aujourd’hui appellent à rompre avec les scélérats à leur droite toute, en persistant à ignorer qu’ils ne font plus qu’un. Car leur union est déjà scellée par ce déni partagé: la France est raciste par leur faute. Chaque jour, ils misent un peu plus sur l’exacerbation des propos et des actes de haine qui la mettent à genou.
Mais la gauche n’est pas en reste. Elle n’est plus immunisée, à supposer qu’elle l’ait jamais été. Qu’elle s’installe au pouvoir, ou qu’elle veuille résister à cet exercice corrupteur, elle s’est dissoute au contact corrosif de dissensions et divisions qui laissent la voie libre au grand dérangement raciste. Jusqu’à ses figures consensuelles qui n’ont pas hésité à exploiter le filon de l’aversion contres les nouveaux français, trop basanés, trop musulmans, dont il est temps de dénoncer le jeu dangereux.
Entendons-nous: dire la France est raciste, n’est pas dire tous ses habitants le sont. C’est dire que la xénophobie d’État est bien là, installée dans ses quartiers, qu’ils soient rupins, protégés ou relégués et qu’elle expose toute sa population au passage à l’acte et à la parole racistes. La xénophobie expose à l’ensauvagement. Que ce soit sous les ors de la république, dans les centres ville préservés ou dans les ornières de périphéries oubliées, le racisme bat son plein, et ce depuis longtemps. C’est donc rappeler que cela ne date pas d’hier et qu’en vérité cela n’a jamais cessé. Certains ont cru, qu’une fois révolues la collaboration et la colonisation, leur pays était tiré d’affaire, guéri d’un désir lancinant de supériorité. Alors qu’il n’était qu’en rémission. Et encore, elle fut bien brève. Tant dans ses tréfonds administratifs, à ses guichets, dans ses dossiers en bas de piles inamovibles, dans ses évictions de postes privilèges réservés, et à chacune de ses brimades, entre dévoilement, expulsion, contrôle au faciès et fouille au corps, s’active un racisme routinier, de basse intensité, sans panache, sans grade, mais bien réel.
Il atteint sans hésiter tout ce qui compte, et ils sont nombreux, de métèques et de parias. Devenu disponible, comme une substance psycho active dont on ne parvient plus à se défaire, objet de transactions à découvert, le racisme peut avoir le visage de chacun d’entre nous, sans exception. Mais, si pour certains, il est insu, ayant infusé face au désastre, pour d’autres il est devenu une vertu, l’ultime rempart d’un patriotisme désastreux.
Il révèle les alliages les plus improbables. Comme les partisans d’un antisexisme patriarcal, s’accommodant d’un racisme aveugle à lui-même, passager clandestin d’un cortège convaincu de cheminer glorieusement vers la liberté et l’égalité pour toutes. Ou ces croisés d’une laïcité dévoyée, tardivement unie à un féminisme intolérant et sélectif, qui marmonnent des formules magiques censées faire fuir les ennemis de l’intérieur qu’ils se sont inventés pour plus de vraisemblance.
Racisme des puissants comme des faibles, l’ironie veut que nous soyons tous égaux face à lui: il corrompt tous ceux qu’il atteint et les avilit bien plus que les cibles qu’il se désigne. Même lorsqu’il nous traverse, il ne nous laisse pas indemne, il se métabolise et s’installe dans les replis de notre être. Ce racisme, dont les effets délétères dissolvent les individus et désagrègent le bien commun, est devenu notre double.
Partout le rictus est sur le point de tordre les bouches et la haine prompte à empoisonner les esprits. Il est temps de les regarder en face.
Faut-il comprendre que répondre à l’abject n’est pas à l’ordre du jour? Dans ce cas, comment ne pas voir dans le silence qui pèse sur la France une complicité de fait?
Qui sème le vent récolte la tempête. Qui ne dit mot consent. Ce sont plus que des adages, des alertes qu’il importe désormais d’entendre.
Et qu’enfin, on comprenne que l’intégration n’est plus une réponse, mais le sauf-conduit qui autorise, étalonne et absout toutes les discriminations. Car tenus comptable d’une impossible intégration, les mis en échec subissent la sanction légitimée du racisme et des discriminations. La rhétorique de l’intégration est le plus sûr vecteur de racialisation d’une France qui n’en finit pas d’être hantée par ses spectres coloniaux et raciaux. Ces vestiges survivent au cœur de la république: celles et ceux qui la chérissent devront aller les en extirper.
Voilà pourquoi le silence et l’inaction sont pires que tout, parce qu’ils signent notre capitulation collective devant l’abject. Hormis reconnaître l’étendu du désastre et conjurer la tentation d’une reddition face au raciste pour en venir à bout, aucune autre alternative n’est viable.
La France ressemble déjà à ce qu’elle sera demain, sans retour et sans regret. Il faudra bien qu’enfin ses habitants apprennent, comme y invite la maturité démocratique, à réguler l’aversion qui les étreint encore trop souvent à la vue et au contact d’une altérité devenue intérieure à notre monde commun. L’État doit être le garant du droit à exister avec ses singularités et ses capacités afin d’en faire le multiplicateur des possibles. Il doit mettre un terme à l’aggravation des tensions qui sapent des existences devenues des rebus parce qu’elles sont marquées, à leur corps défendant, du verdict du rejet.
Voilà pourquoi nous sommes tous des Christiane Taubira. Nous, les arabes, les noirs, les roms, les musulmans, les juifs, les migrants, les minoritaires, les étrangers, les indigénisés, les femmes subalternes, les queers, les expulsés, les expulsables, les contrôlés, les contrôlables, les dé/voilées, les percutés au plafond de verre, les exilés forcés, les évincés, les double-peines, les sans droit de vote, les sans papiers, les sans logis, les sans travail. Car elle est comme nous, notre égale, notre semblable, entrée comme nous en résistance face au racisme et à ses pratiquants. Tout ce qui l’atteint nous affecte, tout ce qui lui est ôté nous ampute. Et vice-versa. Bienvenue au club à toutes celles et ceux qui nous rejoindront! En attendant de manifester, manifestons (nous) sur la toile!
Source: Mediapart.fr


dimanche 3 novembre 2013

France, ressaisis-toi !


Par Steevy GUSTAVE (adjoint au maire de Brétigny-sur-Orge), Josiane Balasko, Jane Birkin, Jeanne Moreau… 

«C’est pour qui la banane ? C’est pour la guenon.» C’est par ces mots qu’une fillette de 12 ans a brandi il y a quelques jours à Angers une peau de banane à l’endroit de Christiane Taubira. Après la comparaison simiesque dont notre ministre de la Justice fut la cible quelques jours plus tôt par une candidate du Front national, ce sont des mots qui ne peuvent être tenus pour des «dérapages» comme la presse les qualifie avec une pudeur de violette. Ils sont tout au contraire le signe qu’une gangrène purulente est en train, sous nos yeux, d’infecter le pacte républicain.


Le mal semble tellement avancé que ce sont donc des parents qui, le temps d’une manifestation, montrent avec fierté à quel point leur fille a été élevée dans la haine. Le mal semble tellement avancé que c’est avec stupéfaction que nous constatâmes la quasi-absence de réactions face à des propos aussi violents qu’intolérables. Le mal semble tellement avancé que toutes les excuses sont trouvées aux expressions de racisme tandis que la lutte contre ce fléau est disséquée, vilipendée, critiquée, moquée.


En dépit - ou en raison - de ce contexte, nous tenons à réaffirmer les valeurs de notre République, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous tenons également à réaffirmer notre attachement à ce que notre pays, ses habitants et son histoire ne soient pas insultés ainsi quotidiennement par des dealers de haine.


Car ces propos sont autant d’insultes aux anciens combattants de toutes origines qui se sont battus pour que nous puissions vivre ensemble face à l’obscurantisme. Autant d’insultes aux Grands Hommes qui ont contribué à la richesse et au rayonnement de la France. Il n’est qu’à penser, pour n’en citer que quelques-uns, à Alexandre Dumas, Raymond Kopa, Marie Curie, Yves Montand, Aimé Césaire, Samuel Beckett, Léon Blum, Félix Eboué, Gaston Monnerville et plus récemment à Georges Charpak, Haroun Tazieff, Yannick Noah, Omar Sy, Jacques Martial ou Zinédine Zidane. Noirs, Arabes, Juifs, étrangers ou fils d’immigrés : ils sont tous une partie constituante de la Nation. Une Nation dans laquelle il devrait pouvoir être affirmé comme la dernière des banalités que «nous sommes tous la France».


Cet appel est un appel républicain car, loin des querelles partisanes, chaque personne, soucieuse de la beauté et de l’avenir de notre pays, doit dire que le racisme, la xénophobie, le harcèlement et plus généralement la haine de l’Autre sont des fléaux qui mettent à mal notre socle commun. C’est donc le devoir de chaque citoyen de participer à un sursaut afin d’arrêter de trouver chez l’Autre la justification de nos fantasmes mauvais et de nos maux du moment.

Signataires de cet appel, c’est par amour de notre pays que nous affirmons les positions suivantes : nous refusons cette société qui se replie sur elle-même. Nous refusons la normalisation de la parole raciste. Nous refusons l’instrumentalisation de nos valeurs à des fins politiques. Nous demandons que toutes formes de racisme soient fortement condamnées. Nous demandons que la haine ne mutile plus le corps de la liberté, l’âme de l’égalité et le cœur de la fraternité. Au nom de nos valeurs, c’est au contraire dans l’union des citoyens que nous devons construire notre pays, préparer son avenir et retrouver la fierté d’une Nation qui ne saurait se nicher dans les ratiocinations, pas davantage que dans la glorification des mauvaises passions.

Signer la pétition: http://franceressaisistoi.wesign.it/fr

Christiane Taubira - crédits : MJ/DICOM/Caroline Montagné

Christiane Taubira : «Ces attaques racistes sont une attaque au cœur de la République»

Le journaliste Harry Roselmack.

Harry Roselmack : "La France raciste est de retour" 

 

Chère Christiane Taubira

Image de Christine AngotPar Christine Angot Ecrivaine 6 novembre 2013, Libération.fr

 

 



jeudi 31 octobre 2013

Insultes envers Taubira : «C’est un racisme pur et dur»

Christiane Taubira
Christiane Taubira, Ministre de la Justice Garde des Sceaux
Ce qu'il faut malheureusement préciser dans l'«interdit raciste» qui vient publiquement de sauter avec des injures envers la personne d'une Ministre de la République, que c'est la France (malgré notre histoire commune) qui est en réalité traversée par tous ces poncifs et préjugés racistes (notamment sur les noirs), quels que soient les milieux et les formations politiques...

Il serait malhonnête de prétendre que ces injures surgissent comme cela un beau jour à l'encontre d'une ministre emblématique de la diversité, parce que nous serions effectivement en crise économique et identitaire; et devrions faire face à une montée sans précédent des thèses d'extrême droite.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

INTERVIEW
Par Sonya FAURE, Libération, 29 octobre 2013

L’historien Pascal Blanchard revient sur les attaques dont la ministre est victime.

Des cris de singe, des bananes brandies, des dessins de guenon. «Je n’ai rien à dire à des personnes qui profèrent de telles paroles, qui sont je le rappelle, un délit.» Hier encore, interpellée sur les insultes racistes qu’elle essuie régulièrement, Christiane Taubira a rappelé sa ligne : ne pas surréagir sur les attaques à sa personne, mais s’inquiéter des paroles racistes proférées avec une impunité de plus en plus grande. Pascal Blanchard est historien, il a notamment codirigé la France noire en 2011 et la France arabo-orientale, qui vient de sortir aux Editions La Découverte.
Christiane Taubira est la cible d’insultes racistes de plus en plus brutales. Pourquoi ?
L’erreur serait de penser que cette brutalité n’existait pas avant. En réalité ce qui était invisible est rendu visible, un interdit a sauté. Des mots qui étaient il y a peu de l’ordre du scandale ou de l’interdit surgissent sur la scène publique : lors de manifestations ou dans les reportages télévisés. Ce qu’on entendait jusqu’alors dans les stades de foot - des cris de singe à l’entrée des joueurs sur le terrain, des phrases comme «il y a trop de Noirs dans l’équipe de France» - est dit désormais tout à fait ouvertement contre une ministre.
Pourquoi ces personnes qui profèrent des injures racistes osent-elles ?
Elles ont l’impression que leur opinion est devenue la norme. Que la majorité des Français les soutiennent. Des intellectuels tiennent des propos islamophobes, des magazines font des unes du même acabit, pourquoi le citoyen lambda n’aurait pas le droit lui aussi de tenir de tels propos ? Les barrages ont sauté les uns après les autres depuis dix/quinze ans. Ceux qui profèrent des propos racistes à l’encontre de Christiane Taubira lui reprochent d’être illégitime à son poste, non pas pour des questions de compétence, mais au nom de sa «race», qui serait inférieure et ne pourrait participer à la société politique. C’est un racisme pur et dur, un racisme de peau, qui fait penser à l’Amérique des années 30 ou à la France coloniale. Pour les racistes, Christiane Taubira est devenue l’ennemie. Ça n’est malheureusement pas fini, elle va focaliser désormais cette violence.
Pourquoi ça va continuer ?
Elle cumule quatre points de fixation forts et indélébiles. C’est une femme : elle ne serait pas légitime à son poste. Elle vient de l’outre-mer : depuis quand ceux-là viennent dire à la métropole ce qu’elle doit faire ? Elle est noire : et elle ose représenter la Justice ? Enfin, elle a porté deux textes emblématiques : le premier, lorsqu’elle était députée, sur la mémoire de l’esclavage, symbole de la repentance pour les racistes et les néocolonialistes, le second sur le mariage pour tous. Elle est la démonstration parfaite - en tout cas c’est celle que faisaient Charles Maurras ou Maurice Barrès au début du XXe siècle - que si une personne noire entre dans le système, elle le détruit de l’intérieur. C’est bien pourquoi au temps des colonies, le système refuse le droit de vote aux colonisés. Ajoutons qu’elle a de l’argumentaire et de la conviction politique, qu'elle n’a besoin de personne pour se défendre : l’abattre politiquement, c’est abattre tous ceux qui voudraient suivre son exemple. C’est tuer un symbole.
Pensez-vous que la réaction politique, associative ou médiatique a été à la hauteur de la violence des attaques ?
Non. Il y a tant d’attaques en ce moment, qu’il faudrait passer son temps à y répondre… Les intellectuels, les hommes politiques ou les médias, n’arrivent plus à mobiliser. A une époque d’angoisse identitaire, de crise et de doutes face à notre politique migratoire, le premier réflexe est désormais souvent : «Ah non on ne va pas encore parler de ça…» Encore une fois, ce n’est pas parce que la loi Gayssot a interdit l’expression d’opinions racistes qu’elles n’existaient plus. L’interdit sur ces mots-là est levé moralement aujourd’hui, ces cris de singe et ces bananes sont devenus un langage, des codes qui sont parfaitement compris dans l’espace public, et les élites ne savent plus comment y répondre. Il va falloir éduquer et agir autrement et décoloniser ces imaginaires qui irriguent encore la société française.


 

Pétition Respect pour Christianne Taubira

mardi 5 février 2013

Le mariage homosexuel et ses revendications, comme un choc culturel!


 Force est de constater avec regret dans ce débat qui n'en a finalement pas été un (puisque la sentence législative paraissait écrite et connue à l'avance), que curieusement à court d'arguments, certains responsables de la majorité actuelle ont eu recours à la culpabilisation systématique sur l'homophobie (qui existe!), ou à des raccourcis les plus odieux d'un point de vue historique (dixit "triangle jaune")...pour défendre la réforme sur le mariage homosexuel, pourtant approuvée par la majorité des français.

Peut-être pourront-ils s’abstenir de tout amalgame, de tout anathème, voire de tout procès d'intention pour la Procréation Médicale Assistée (PMA) et la Gestation Pour Autrui (GPA)?

Parce que certaines minorités d'origine étrangère sont en droit d'exprimer des réserves, mais aussi une opposition de principe à ces propositions récurrentes et pressantes (PMA et GPA)...qui ont l'art de venir réveiller les mauvais démons de l'esclavage, du colonialisme, du risque réel de marchandisation du corps des femmes, ou des adoptions clandestines et tarifées d'enfants d'Afrique, des Caraïbes, d'Asie ou d'Amérique latine par les couples (notamment de même sexe) venus d'occident.

Il s'agit là de craintes légitimes qui ne peuvent être balayées d'un revers de la main à l'Assemblée nationale française, et qui expriment en filigrane des inquiétudes devant la juxtaposition de différents modèles de familles: 
un père = une mère, une mère seule = un père absent ou inconnu; un père seul = une mère absente ou inconnue; deux pères officiels ou deux grands parents officiels = un père et/ou une mère absents ou inconnus; un père officiel + un père officiel = une mère absente ou inconnue; une mère officielle + une mère officielle = un père absent ou inconnu...et ainsi de suite.

Il n'y a évidemment pas de modèle parfait en matière de famille.
Mais il faut reconnaître que dans certaines sociétés, certains modèles peuvent paraître aux antipodes les uns des autres, notamment dans les cultures africaines, caraïbiennes, maghrébines ou asiatiques; où l'enfant est d'abord le fruit d'une relation entre un homme et une femme, auxquels vient se joindre la famille élargie (qui peut les suppléer pendant les moments de carence ou de défaillance, mais sans jamais donner ou laisser l'impression que les parents biologiques n'existent pas ou n'ont jamais exister). C'est pourquoi, pour de nombreuses minorités ethniques, y compris quand elles vivent de longue date en France, certaines revendications avancées pendant les discussions sur le projet de loi sur le "Mariage pour Tous" agissent...presque comme un "choc culturel".

Peuvent-ils seulement l'exprimer sans être suspectés de communautarisme?

Joël Didier Engo