Ça y est, ils y sont parvenus...pourrait-on aisément en déduire. Tant nous avons vu prospérer un acharnement politico-mediatico-judiciaire sans précédent depuis son premier sketch raté considéré comme antisémite sur TF1.
Ce fut véritablement le début d'une descente aux enfers, ponctuée d'une escalade antisémite puis d'infinis procès à l'appel, qui ont fini par l’empêcher pratiquement d'exercer son métier d'humoriste en France, car privé de salles de spectacles puis de diffuseurs dans les réseaux sociaux.
Vivement que tous les négrophobes, arabophobes, islamophobes et xénophobes notoires qui polluent encore l'espace public français, dont les médias généralistes, puissent connaître un sort similaire!!!
Nous donnerons alors plus de crédibilité au combat que certains d'entre-nous menons sans distinction d'origine ethnique ou de religion contre toutes les formes d'intolérance et de racisme en république; évitant notamment à nombre de ses victimes d'origine africaine et maghrébine de céder à la tentation du repli communautaire, ou pire encore à l'antisémitisme imbécile des cages d'escaliers.
Parce que celui-ci prospère d'abord - ayons l'honnêteté de le souligner - sur le déni officiel, mais aussi un profond sentiment d'injustice, puis cette perception d'un deux poids deux mesures devenu particulièrement insupportable dans une république voulue égalitaire et fraternelle.
Nous ne cesserons pas même sous la pression insidieuse de relever ces graves contradictions.
233.872 euros d'amendes en 15 ans, cela ressemble étrangement à une forme d'acharnement médiatique et judiciaire, qui ne s'assume évidemment pas...
Peut-être ses auteurs et plus farouches partisans finiront-ils par
convaincre y compris les plus sceptiques, les plus procéduriers, et les
plus précautionneux d'entre-nous... de l'instauration définitive d'une
liberté d'expression à géométrie variable dans notre douce France.
Car quand les Zemmour et autres Tesson sont protégés par leurs collègues
et s'en sortent généralement (pour ne pas dire exceptionnellement)
qu'avec quelques "blâmes" à connotation judiciaire, l'odieux M'Bala
M'Bala (dont je ne porte pas les pitreries dites antisionnistes en odeur
de sainteté) cumule lui les peines d'emprisonnement à n'en plus finir,
les amendes à l'appel, et les interdictions de spectacles au gré des
humeurs des élus locaux.
Que voulez-vous, diront ces censeurs bien pensants? M'Balla M'balla est un antisémite notoire
- comprenez bien: M'bala M'Bala en plus d'être d'origine camerounaise
(un Africain quoi!) est aussi notoirement antisémite. Là où les nôtres
"de souche", nos chers respectables confrères et compatriotes officiant
dans nos médias ne sont que racistes et ouvertement islamophobes.
Et le slogan "tolérance zéro envers le racisme et de
l'antisémitisme", qu'en faîtes-vous alors? Ah non, il s'agit d'abord
d'un discours officiel, car dans les faits c'est la Liberté d'expression
qui doit être à géométrie variable, selon l'origine du fautif, dans
notre belle patrie égalitaire des droits de l'Homme.
Chut, ne le dites surtout pas, au risque d'être immédiatement accusé de sympathie, voire de collusion avec le diable M'Bala M'Bala.
Les prétoires judiciaires sont
précisément les lieux d'explicitation de la pensée les mieux indiqués, y
compris lorsque cette dernière prête à controverse...Sans que cela ne
soit en permanence à l'origine d'autres procès d'intention, alimentant
eux-mêmes cette funeste théorie d'un complot officiel qui prospère dans
la France ségréguée.
Frapper l'humoriste au portefeuille: amende de 6 000 euros, 300 jours d'amende à 100 euros requis soit au total 30.000 euros...
Plus besoin d'être "Dieudonniste" pour
constater que l'effroyable projet désormais sous-jacent à tous ses procès consiste à "faire la peau" à M'BALA M'BALA, et en finir avec ses
"provocations" par toutes les voies institutionnelles. En effet pourvu
qu'il ne puisse plus jamais s'exprimer, qu'il ne puisse plus jamais
exercer son métier sur le sol français...Est-ce là un projet endossable
et défendable par les autorités de la république, par des Hommes de Loi,
par des acteurs de la société civile, par des journalistes, par des
démocrates? Assurément non...
Car l'embarras des esprits libres issus notamment de la grande diversité française tient d'abord en un constat navrant:
le lynchage médiatique déguisé dans un climat délètère de M'BALA
M'BALA, se conjugue avec une relative clémence envers tous les autres
instigateurs assumés de la haine raciale que compte la république
française Tesson, Zemmour, Finkielkraut, Houellebecq...Y compris le journaliste plaignant dans l'affaire querellée (Patrick Cohen, pour ne pas le citer), lorsqu'il peut traiter un contemporain de "cerveau malade"....et "décréter" son bannissement des médias voulus pluralistes de la République.
Visiblement les juges estimeraient que
cette injure personnelle, à connotation raciste - dans le contexte
racialisé ou ethnicisé du débat public en France - rentre (elle) dans
une certaine "normalité républicaine".
Dommage! Peut-être finiront-ils de la sorte, par nous convaincre
malgré toutes nos précautions d'usage, qu'effectivement dans la France
de 2015 la liberté d'expression est dorénavant à géométrie variable.
Toute la noblesse d'un état de droit dans cet arrêt du Conseil d'État..
Ainsi donc même le polémiste le plus controversé, voire le plus
détesté par certains, peut continuer de se prévaloir de ses droits et
libertés...voire obtenir parfois gain de cause.
Espérons enfin que ses partisans cesseront, eux, de voir le "complot"
ourdi par une certaine république derrière chaque décision de justice
qui réprime ses dérapages antisémites ou ses incitations à la haine de
ses compatriotes désignés.
Joël Didier Engo
Sur le même sujet: Procès Dieudonné : «C’était pour rire» par Dominique ALBERTINI, Libération.fr, 29 janvier 2015
Manifeste du « Collectif des Nègres Insoumis »
...Initiative justifiable dans le contexte racialisé ou ethnicisé du
débat public en France, mais très déplacée au moment où toute l'Humanité
doit commémorer le 70éme anniversaire de la déportation, dont celle
des Juifs.
Précisément parce que nous ne pouvons et ne devons pas hiérarchiser l'Horreur.
Au moins l'humoriste controversé et de talent français Dieudonné devra-t-il encore s'expliquer devant les tribunaux...sur cet
autre jeu de mots douteux:
« sachez que ce soir, en ce qui me concerne,
je me sens Charlie Coulibaly ».
Il ne viendra précisément jamais
à l'idée du ministre de l'intérieur de l'empêcher d'aller y expliquer
le fond de sa pensée, encore moins de lui ôter la vie; à l'instar du
sort que le terroriste Coulibaly a réservé à ses victimes jeudi (une policière municipale d'origine antillaise) et vendredi derniers (4 juifs français).
Bref un bien étrange mélange en guise d'hommage posthume entre, d'une part un ou des
terroriste(s) notoires, et d'autre part les défenseurs des libertés de
Charlie Hebdo.
Au nom de la Liberté d'expression, nous disent-ils... Les juges apprécieront.
Peut-être la République devra-t-elle réellement envisager d'apprendre à ses plus
jeunes ouailles la différence fondamentale entre la liberté d’expression
et l’apologie d’actes terroristes.
« Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que Charlie Hebdo peut faire des “unes” sur la religion » ? La question est revenue, lancinante, durant les dernières heures de notre suivi en direct de la tuerie à Charlie Hebdo et de ses conséquences. Elle correspond à une interrogation d'une partie de nos lecteurs : que recouvre la formule « liberté d'expression », et où s'arrête-t-elle ?
La liberté d'expression est un principe absolu en France et en Europe, consacré par plusieurs textes fondamentaux. « La
libre communication des pensées et des opinions est un des droits les
plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire,
imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les
cas déterminés par la loi », énonce l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789.
Le même principe est rappelé dans la convention européenne des droits de l'homme :
« Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce
droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de
communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir
ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. »
Cependant, elle précise :
« L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et
des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions,
restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des
mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité
nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la
défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la
santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits
d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou
pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire. »
La liberté d'expression n'est donc pas totale et illimitée, elle peut
être encadrée par la loi. Les principales limites à la liberté
d'expression en France relèvent de deux catégories : la diffamation et
l'injure, d'une part ; les propos appelant à la haine, qui rassemblent
notamment l'apologie de crimes contre l'humanité, les propos
antisémites, racistes ou homophobes, d'autre part.
Les mêmes textes encadrent ce qui est écrit sur le Web, dans un
journal ou un livre : l'auteur d'un propos homophobe peut être
théoriquement condamné de la même manière pour des propos écrits dans un
quotidien ou sur sa page Facebook. L'éditeur du livre ou le responsable
du service Web utilisé est également considéré comme responsable. En
pratique, les grandes plates-formes du Web, comme YouTube, Facebook,
Tumblr ou Twitter, disposent d'un régime spécifique, introduit par la
loi sur la confiance dans l'économie numérique : ils ne sont condamnés
que s'ils ne suppriment pas un contenu signalé comme contraire à la loi
dans un délai raisonnable.
C'est la loi du 29 juillet 1881, sur la liberté de la presse, qui est
le texte de référence sur la liberté d'expression. Son article 1 est
très clair : « L'imprimerie et la librairie sont libres », on
peut imprimer et éditer ce qu'on veut. Mais là encore, après le principe
viennent les exceptions. La première est l'injure (« X est un connard »)
et la diffamation, c'est-à-dire le fait d'imputer à quelqu'un des
actions qu'il n'a pas commises dans le but de lui faire du tort (« X a volé dans la caisse de l'entreprise »).
Les articles 23 et 24 de cette même loi expliquent que « seront
punis comme complices d'une action qualifiée de crime ou délit ceux qui,
soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou
réunions publics », et liste les propos qui peuvent faire l'objet d'une condamnation :
« - les atteintes volontaires à la vie, les atteintes
volontaires à l'intégrité de la personne et les agressions sexuelles,
définies par le livre II du code pénal ;
- les vols, les extorsions
et les destructions, dégradations et détériorations volontaires
dangereuses pour les personnes, définis par le livre III du code pénal ;
- l'un des crimes et délits portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ;
- l'apologie (…) des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes et délits de collaboration avec l'ennemi.
-
(Le fait d'inciter à des) actes de terrorisme prévus par le titre II du
livre IV du code pénal, ou qui en auront fait l'apologie.
- La provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers des personnes
“en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur
non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion
déterminée”, ou encore “leur oritentation sexuelle ou leur handicap” ».
En résumé,
la liberté d'expression ne permet pas d'appeler publiquement à la mort
d'autrui, ni de faire l'apologie de crimes de guerre, crimes contre
l'humanité, ni d'appeler à la haine contre un groupe ethnique ou
national donné. On ne peut pas non plus user de la liberté d'expression
pour appeler à la haine ou à la violence envers un sexe, une orientation
sexuelle ou un handicap.
Le droit d'expression est sous un régime « répressif » : on peut
réprimer les abus constatés, pas interdire par principe une expression
avant qu'elle ait eu lieu. Mais si une personne, une association ou
l'Etat estime qu'une personne a outrepassé sa liberté d'expression et
tombe dans un des cas prévus dans la loi, elle peut poursuivre en
justice. En clair, c'est aux juges qu'il revient d'apprécier ce qui
relève de la liberté d'expression et de ce qu'elle ne peut justifier. Il
n'y a donc pas de positionnement systématique, mais un avis de la
justice au cas par cas.
2. La particularité des réseaux sociaux
Le droit français s'applique aux propos tenus par des Français sur
Facebook ou Twitter. Mais ces services étant édités par des entreprises
américaines, ils ont le plus souvent été conçus sur le modèle américain
de la liberté d'expression, beaucoup plus libéral que le droit français.
Aux Etats-Unis, le premier amendement de la Constitution, qui protège
la liberté d'expression, est très large. De nombreux propos condamnés en
France sont légaux aux Etats-Unis.
Les services américains rechignent donc traditionnellement à
appliquer des modèles très restrictifs, mais se sont adaptés ces
dernières années au droit français. Twitter a ainsi longtemps refusé de
bloquer ou de censurer des mots-clés antisémites ou homophobes, avant de
nouer un partenariat avec des associations pour tenter de mieux
contrôler ces propos.
De son côté, Facebook applique une charte de modération plus
restrictive, mais les propos qui y sont contraires ne sont supprimés que
s'ils sont signalés par des internautes, et après examen par une équipe
de modérateurs.
3. Le cas complexe de l'humour
La liberté d'expression ne permet donc pas de professer le racisme,
qui est un délit, de même que l'antisémitisme. On ne peut donc pas
imprimer en « une » d'un journal « il faut tuer untel » ou « mort à tel groupe ethnique », ni tenir ce genre de propos publiquement. Néammoins, les cas de Dieudonné ou de Charlie Hebdo ont trait à un autre type de question, celle de l'humour et de ses limites.
La jurisprudence consacre en effet le droit à l'excès, à l'outrance
et à la parodie lorsqu'il s'agit de fins humoristiques. Ainsi, en 1992, le tribunal de grande instance de Paris estimait que la liberté d'expression « autorise un auteur à forcer les traits et à altérer la personnalité de celui qu'elle représente », et qu'il existe un « droit à l'irrespect et à l'insolence », rappelle une étude de l'avocat Basile Ader.
Néammoins, là encore, il appartient souvent aux juges de décider ce
qui relève de la liberté de caricature et du droit à la satire dans le
cadre de la liberté d'expression. Un cas récent est assez éclairant : le
fameux « casse-toi, pauv' con ! ». Après que Nicolas Sarkozy a
lancé cette formule à quelqu'un qui avait refusé de lui serrer la main,
un homme avait, en 2008, accueilli l'ancien chef de l'Etat avec une
pancarte portant la même expression.
Arrêté, il avait été condamné pour « offense au chef de l'Etat » (délit supprimé depuis). L'affaire était remontée jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme. En mars 2013, celle-ci avait condamné la France, jugeant la sanction disproportionnée et estimant qu'elle avait « un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d'intérêt général ».
Plus proche des événements de la semaine précédente, en 2007, Charlie Hebdo devait répondre devant la justice des caricatures de Mahomet qu'il avait publiées dans ses éditions. A l'issue d'un procès très médiatisé, où des personnalités s'étaient relayées à la barre pour défendre Charlie Hebdo, le tribunal avait jugé que l'hebdomadaire avait le droit de publier ces dessins :
« Attendu que le genre littéraire de la caricature, bien que
délibérément provocant, participe à ce titre à la liberté d'expression
et de communication des pensées et des opinions (…) ; attendu qu'ainsi,
en dépit du caractère choquant, voire blessant, de cette caricature pour
la sensibilité des musulmans, le contexte et les circonstances de sa
publication dans le journal “Charlie Hebdo”, apparaissent
exclusifs de toute volonté délibérée d'offenser directement et
gratuitement l'ensemble des musulmans ; que les limites admissibles de
la liberté d'expression n'ont donc pas été dépassées (…) »
On peut donc user du registre de la satire et de la caricature, dans
certaines limites. Dont l'une est de ne pas s'en prendre spécifiquement à
un groupe donné de manière gratuite et répétitive.
Autre époque, autre procès : en 2005, Dieudonné fait scandale en
apparaissant dans une émission de France 3 grimé en juif ultrareligieux.
Il s'était alors lancé dans une diatribe aux relents antisémites.
Poursuivi par plusieurs associations, il avait été relaxé en appel, le
tribunal estimant qu'il restait dans le registre de l'humour.
En résumé, la loi n'interdit pas de se moquer d'une religion, mais
elle interdit en revanche d'appeler à la haine contre les croyants d'une
religion, ou de faire l'apologie de crimes contre l'humanité – c'est
notamment pour cette raison que Dieudonné a régulièrement été condamné,
et Charlie Hebdo beaucoup moins.
4. « Charlie », habitué des procès
Il faut rappeler que Charlie Hebdo et son ancêtre Hara-Kiri ont déjà subi les foudres de la censure. Le 16 novembre 1970, à la suite de la mort du général de Gaulle, Hara-Kiri
titre : « Bal tragique à Colombey : 1 mort », une double référence à la
ville du Général et à un incendie qui avait fait 146 morts dans une
discothèque la semaine précédente. Quelques jours plus tard,
l'hebdomadaire est interdit par le ministère de l'intérieur,
officiellement à l'issue d'une procédure qui durait depuis quelque
temps. C'est ainsi que naîtra Charlie Hebdo, avec la même équipe aux commandes.
L'hebdomadaire satirique était régulièrement devant la justice à la suite à des plaintes quant à ses « unes » ou ses dessins : environ 50 procès entre 1992 et 2014, soit deux par an environ. Dont certains perdus.
Évolution du nombre des procès intentés à "Charlie Hebdo":
0
2
4
6
8
10
2
1992
2
1993
4
1994
5
1995
3
1996
6
1997
10
1998
2
1999
1
2000
0
2001
0
2002
1
2003
2
2004
2
2005
2
2006
0
2007
2
2008
0
2009
0
2010
1
2011
3
2012
1
2013
0
2014
5. Dieudonné, humour ou militantisme ?
Dans le cas de Dieudonné, la justice a été appelée à plusieurs
reprises à trancher. Et elle n'a pas systématiquement donné tort à
l'humoriste. Ainsi a-t-il été condamné à plusieurs reprises pour « diffamation, injure et provocation à la haine raciale » (novembre 2007, novembre 2012), ou pour « contestation de crimes contre l'humanité, diffamation raciale, provocation à la haine raciale et injure publique » (février 2014).
Lorsqu'en 2009 il fait venir le négationniste Robert Faurisson sur
scène pour un sketch où il lui faisait remettre un prix par un homme
déguisé en détenu de camp de concentration, il est condamné pour « injures antisémites ».
Mais dans d'autres cas, il a été relaxé : en 2004 d'une accusation
d'apologie de terrorisme, en 2007 pour un sketch intitulé « Isra-Heil ».
En 2012, la justice a refusé d'interdire un film du comique, malgré une
plainte de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).
En plaidant pour l'interdiction de ses spectacles fin 2013, le
gouvernement Ayrault avait cependant franchi une barrière symbolique, en
interdisant a priori une expression publique. Néanmoins, le Conseil
d'Etat, saisi après l'annulation d'une décision d'interdiction à Nantes,
lui avait finalement donné raison, considérant que « la mise en
place de forces de police ne [pouvait] suffire à prévenir des atteintes à
l'ordre public de la nature de celles, en cause en l'espèce, qui
consistent à provoquer à la haine et la discrimination raciales ».
« On se trompe en pensant qu'on va régler la question à partir d'interdictions strictement juridiques », estimait alors la Ligue des droits de l'homme.
On
voit fleurir ces dernières heures d'étranges et récurrentes
interrogations. Pourquoi Charlie Hebdo a le droit de faire des Unes avec
une caricature de Mahomet et pourquoi Dieudonné a été mis en garde à vue pour apologie de terrorisme?
Réponse: la liberté d'expression dans ce pays est respectée mais
encadrée. En effet, elle ne peut être invoquée pour ceux qui l'utilisent
aux fins de disséminer des idéologies de haine mettant en danger des
individus. C'est pourquoi nous rappelons cet encadrement face à des
individus qui expriment des idéologies racistes et antisémites (et non
simplement parce que nous trouverions tels ou tels propos, écrit ou
dessin désagréables).
Donc, Charlie Hebdo n'a jamais mis en danger
qui que ce soit en exerçant son droit à critiquer et à caricaturer les
religions, droit consubstantiel à l'existence d'un espace démocratique
(c'est à dire un espace dans lequel la libre discussion entre citoyens
rationnels n'est pas contrainte par l'imposition de dogmes que certains
tiennent pour sacrés).
Quant à Dieudonné, antisémite pathologique et
obsessionnel et donc maintenant apologiste du terrorisme, il développe
des idéologies de haine qui mettent effectivement en danger des
individus.
La différence est simple et limpide.
Il faut la répéter
sans cesse dans un but de pédagogie envers les plus jeunes qui ne
comprennent pas ce distinguo. Quant aux plus âgés qui font mine de ne
pas comprendre, je dirai qu'on ne fait pas boire un âne qui n'a pas
soif. Mais qu'au moins ces voix hypocrites et déstructurantes pour les
plus jeunes soient recouvertes par des voix qui se sont trop longtemps
tues par crainte de quelques effets de meute télématique.
"Menacer physiquement ou de mort"
un humoriste qui manie aussi ostensiblement "l’insulte et la
simplification intellectuelle" dans une querelle médiatique très
française – cette insulte et cette simplification intellectuelle qu’il
reproche précisément à ses contradicteurs ou détracteurs…Cela est non
seulement inadmissible pour la cohésion nationale, mais surtout
déshonorant pour celles et ceux qui s’estiment stigmatisés dans ces
chroniques et interviews (dont l’auteur nous dit être "de second degré").
De grâce abstenez-vous de toute forme de violence (orale ou
physique), et accordez à monsieur Bedos ce respect qu’il dénie à nombre
d’entre-vous, en vous rangeant Tou(te)s dans le camp dit des
"Dieudonnistes"!
Parce qu’il ne faut jamais répondre à l’incitation ou à la
provocation à la haine fortement connotée par la violence; mais par une
non-violence suffisamment articulée et argumentée, à même de juguler les
haines et les frustrations. La violence serait d’ailleurs tellement
contre-productive dans le cas d’espèce, parce qu’elle enfermerait
définitivement les auteurs dans tous ces clichés et préjugés véhiculés
dans les chroniques de Nicolas Bedos, alors qu’ils essayent si
péniblement d’en sortir au quotidien.
Peut-être Nicolas Bedos ne le sait pas ou fait mine de ne pas le savoir:
aujourd’hui dans la France de 2014 les clichés et préjugés racistes
sont vraisemblablement les pires barrières sociales (dans une
république), auxquelles se heurtent une partie non négligeable des
personnes issues de l’immigration africaine et maghrébine dans l’accès à
l’emploi, aux droits civils et politiques, ou bonnement dans les
simples actes du quotidien.
Alors affronter et combattre les propos antisémites de Dieudonné
Mbala Mbala, mille fois OUI, mais pas de cette manière monsieur!
Il faut maintenant espérer après cette déclaration de l'humoriste
controversé français, que ses détracteurs patentés au sein du
gouvernement notamment, se consacreront réellement à ce pourquoi ils ont
été élus: sortir la France du marasme économique.
À moins de considérer que la noble lutte sans merci à mener contre
l'antisémitisme en France doit nécessairement passer par une chasse à ce
"diable noir", dont certains se plaisent à rappeler le patronyme
camerounais "M' BALA M' BALA"
...comme pour d'une part décréter que ce monsieur ne saurait plus se
revendiquer «humoriste ou amuseur public», puis d'autre part marquer
l'aversion officielle qu'inspire son origine ethnique (africaine, et
singulièrement bantoue du Cameroun).
Les concernés l'auront parfaitement compris...
C'est l'occasion de rappeler qu'en République la lutte légitime et
sans concession à mener contre l'antisémitisme ne peut se faire par un racisme inversé; bien enrobé dans la défense de l'ordre public, et
depuis Jeudi 09 Janvier 2014 dans la dignité des personnes; y compris à
l'encontre d'un personnage présenté par certains comme le plus dangereux
qu'est connue la France depuis sa libération de l'occupation nazie en
1945!
Dans une démocratie Tous les Racismes doivent être combattus avec la même détermination et neutralité des autorités de l'État.
Il est grand temps que l'apaisement des esprits revienne!
Joël Didier Engo
VIDÉOS. Quenelles-merguez: Nicolas Bedos s'adresse à Dieudonné dans une chronique sur France 2
Cela confine désormais à "faire la guerre à un antisémitisme par un racisme inversé"...
Et ça ne fera certainement pas rire ceux (noirs, arabes, musulmans et
jeunes des banlieues...) qui sont stigmatisés en raison de leurs
origines sociales et ethinques dans
cette chronique voulue très "brillante" de Nicolas Bedos, au nom des
mêmes principes avec lesquels Dieudonne MMMM'BALA MMMMMMM'BALA...a été
empêché de se produire dans les salles de spectable et les studios de
télévison de France.
Hélas!
En effet"faire croire à la France qui regarde la télé tard que la banlieue n'est truffée que d’antisémites incultes, qui n’ont que les complots sur les
Juifs pour horizons", sur un plateau de la télévision publique française
(France 2), protégé évidemment par deux agents de sécurité "nègres"
(parce que les clichés racistes doivent évidemment demeurés intacts dans
notre belle république égalitaire!)....Est-ce bien cela l'humour "autorisé" dans cette république liberticide, dont le ministre de l'intérieur voudrait maintenir un autre humoriste controversé sous "une surveillance permanente"????
Finalement l'on entérinera sans nécessairement le vouloir que ce sont
peut-être la couleur de peau et le multirécidivisme biologique du second
qui justifient sa mise sous surveillance, lui empêchant de faire le même
humour de mauvais goût sur un autre crime contre l'humanité; là où le
rejeton de la bien-pensance s'en délecte avec joie, sans jamais être
inquiété pour le respect de la dignité de toutes celles et tous ceux à
qui il porte atteinte.
Affaire Dieudonné: le CRESPOL contre la démission de la pensée critique, par Thierry AMOUGOU,
Fondateur et animateur du CRESPOL http://cameroon-info.net/stories/0,56865,@,affaire-dieudonne-le-crespol-contre-la-demission-de-la-pensee-critique.html "Alors que nous étions habitués au seul prénom Dieudonné dans les médias français depuis des années, grande a été notre surprise de remarquer le matraquage du nom d’origine camerounaise Mbala Mbala dans cette affaire comme si la France voulait renvoyer son citoyen à ses références camerounaises, mieux africaines."
Celle essentiellement court-termiste;
ou l’Autre qui fut enseignée notamment aux filles et fils des indigènes
venus des anciennes colonies françaises, comme étant au-dessus des
considérations personnelles, politiciennes, identitaires, voire
communautaires?
Et au risque de subir aussi un bannissement politique, dans cette
chasse aux sorcières qui ne dit pas son nom, et qui tendrait à tous nous
assimiler à des soutiens de MBALA MBALA (pour lequel je n’éprouve la
moindre sympathie et condamne les pitreries antisémites)…il serait plus
juste de dire que nous avons assisté Jeudi 09 Janvier 2014 à la régression de l’État de Droit dans cette France voulue des Libertés et des Droit de l’Homme.
C’est en effet la première fois de triste mémoire qu’en un temps
record (approximativement trois ou quatre heures), la plus haute
juridiction administrative de ce pays a pu être saisie, puis rendre une
décision, contraire à celle qui venait d’être soutenue au Tribunal
administratif de Nantes. Cette république française (la nôtre aussi)
était-elle donc si en danger, si menacée par un homme dépeint en «diable noir»,
pour souiller à jamais ses principes fondamentaux; ceux-là mêmes avec
lesquels nous essayons péniblement d’extirper certains de nos
compatriotes (sans réelle fermeté des autorités françaises) des geôles
d’un tyran au Cameroun (pays d’origine, faut-il le rappeler, du père de
Dieudonné MBALA MBALA)?
Qui peut sérieusement le croire?
L’on se serait parfois cru en 1945, au soir et au lendemain de la
libération de la France de l’occupation Nazie. Pourtant l’antisémitisme,
le racisme, ou les discriminations au faciès…nombre d’entre-nous les
subissons et les combattons au quotidien; et ne pouvons imaginer un seul
instant qu’un homme politique, membre du parti socialiste, devenu
ministre de l’intérieur… qui a eu à se plaindre en d’autres temps et
d’autre lieu de ne pas voir assez de «blancos»dans
sa commune, ou perpétue la politique du chiffre en matière des
expulsions des étrangers…puisse devenir notre «Guide Suprême».
Car des «Guides suprêmes» nous en connaissons quelques uns dans nos
histoires respectives, suffisamment rompus à l’art de «l’escamotage»,
pour ne pas dire de «l’instrumentalisation» des ordres juridictionnels
et des audiences expéditives, pour ne surtout pas se solidariser à la"Victoire" éphémère de Manuel Valls …Paul BIYA du Cameroun est de ceux-là, et s’est curieusement souvent targué d’être je cite: "le meilleur élève de la France".
Concédons-le lui pour une fois, parce qu’il semble avoir
particulièrement appris et retenu de ses «maîtres français», les
rudiments de ce "rouleau compresseur administratif" aux apparences
faussement judiciaires, qui permet à tout «Guide Suprême» de mettre la
République à ses pieds.
C’est pourquoi cette République-là ne saurait être celle des combattants de la Liberté.
En démocratie le temps du Politique ne devrait pas être le même que celui du Juridique
Si Madame Daniele LOCHAK (Professeur émérite de Droit Public, Présidente d’Honneur du Gisti) a dû sortir de sa réserve habituelle…cela signifie effectivement que Manuel Valls
est entrain de déboussoler de nombreux praticiens du droit (y compris
ceux du syndicat de la magistrature, que personne ne peut
raisonnablement suspecter la moindre complaisance ou connivence avec des
thèses extrémistes)…
Se taire serait refuser délibérément d’éclairer le citoyen sur "le rôle politique du Juge administratif"
en France, notamment celui du Conseil d’État, qui n’est hélas pas un
magistrat de formation, mais un haut fonctionnaire généralement sorti de
l’École Nationale d’Administration (ENA); donc pas suffisamment à
l’abri des pressions dans des dossiers aussi sensibles comme celui-ci;
où les responsables de l’Exécutif (et pas des moindres) ont "pris des
risques" calculés et essentiellement court- termistes, sachant
pertinemment que la Cour Européenne des Droits de L’homme pourrait
logiquement ne pas suivre le Conseil d’État français.
Mais
les délais de procédure et d’audience entre le Conseil d’État et la
Cour Européenne des Droits de L’homme sont jugés suffisants par les
responsables politiques socialistes (en pointe sur cette polémique),
pour faire un matraquage médiatique à outrance sur la "victoire de leur
république", et limiter les dégâts dans les urnes (à voir!) aux
échéances électorales intermédiaires.
C’est l’occasion de dire et redire qu’en démocratie, le temps du politique ne devrait pas être le même que celui du Juridique.
En démocratie une circulaire ministérielle
est-elle la voie la plus efficace pour venir à bout d'un humoriste
controversé; à l'égard duquel toute interdiction préfectorale peut aussi
produire l'effet inverse, c'est-à-dire faire suffisamment la publicité
de ses spectacles auprès des nombreux indécis, qui y verraient une
tentative de limitation de leur propre liberté d'expression???
Simple question bien-sûr, pour peu qu'il soit encore autorisé d'en poser une, sur ce sujet devenu irrationnel, et qui déchaîne tant de passions en France....
Interroger en effet simplement la cohérence de la méthode
ministérielle , sans être suspecté d'une quelconque sympathie envers
Dieudonné Mbala Mbala (en raison de notre origine africaine, et
singulièrement camerounaise commune); ou pire encore, de relents
antisémites (ce qui serait un comble pour des bantous profondément
animistes, originaires d'une ancienne possession coloniale allemande
puis française, historiquement zone de départ de tant d'esclaves vers
l'occident).
Parce que l'on a fini par ne plus rien y comprendre à ce vacarme très politicien! notamment
comment un "nègre" (comme ils disent bien évidemment en off) de père bantou originaire d'une ancienne colonie
allemande (le Kamerun), aurait délibérément opté de répandre des thèses
antisémites dans ses spectacles...faisant de la dénonciation du "sionisme" son fond de
commerce.