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samedi 8 février 2014

Immigration: duel à l'endroit entre Manuel Valls et Florian Philippot

Une confrontation ô combien intéressante sur l'immigration a opposé jeudi soir sur le plateau «Des Paroles et des Actes» (France2), Manuel Valls (Ministre de l'intérieur) et Floriant Phillipot (Vice Président du Front National).





Ce fut l'occasion de (re) découvrir un Manuel Valls plus pragmatique et visionnaire sur l'Afrique, «continent» a-t-il soutenu «d'avenir»....Une position qui tranchait singulièrement avec son image franchouillarde et «sécurocrate» construite dans les médias ces dernières années, notamment depuis son arrivée Place Beauvau, où il a souvent donné l'impression -fermeté sécuritaire oblige certainement! – de regarder l'Afrique uniquement sous le prisme des flux migratoires et de l'immigration illégale.

Concédons-le lui, il n'aura pas été le seul au sein de la classe politique française (de droite comme de gauche), littéralement transie de peur devant la menace électorale du Front National.

Néanmoins l'impression d'un Manuel Valls «digne héritier chez les socialistes» de Nicolas Sarkozy a fait bien du chemin au sein de l'opinion publique et ne paraît parfois pas déformée; notamment quand on observe au plus prêt ce qui se passe réellement dans certaines préfectures et sous-préfectures de la République. En effet une observation de manière détaillée des chiffres des régularisations des étrangers permet de constater une multiplication des rejets et refus presque systématiques des renouvellements et des premières demandes de titre de séjour pour raison de santé...Parfois l'on en vient, lorsqu'on traite de ces sujets, à regretter que la fermeté dictée par la politique dite du chiffre ne se focalisât pas d'abord sur les entrées illégales, sur les séjours clandestins,les réseaux  et filières qui les alimentent; voire également sur les autres types de demandeurs ...Et non sur des personnes souffrant de pathologies graves, confirmées et soignées par des chirurgiens spécialistes reconnus et assermentés, mais que les services de régularisation choisissent délibérément de plonger dans une précarité sanitaire et humanitaire.

Vu sous cet angle effectivement la reconversion «africaniste» et mondialiste de l'actuel ministre de l'intérieur a de quoi surprendre et rassurer. Elle permet d'espérer qu'un jour le débat sur l'immigration devienne plus apaisé,dépassionné, ou tout au moins formel et objectif en France...sans en permanence verser dans les clichés misérabilistes, les préjugés racistes, les stéréotypes ethniques et toutes ces fadaises alimentées par la fameuse théorie dite de «l'Appel d'air». Voir en effet un ministre de l'intérieur la veille des échéances électorales – précisément celui que les chroniqueurs politiques nous présentaient jusqu'ici comme le «Sarko de Gauche», digne héritier en matière d'expulsions des étrangers d'un Nicolas Sarkozy, d'un Brice Hortefeux, ou d'un Claude Guéant -aborder sa confrontation télévisée avec une valeur montante d'extrême droite sous l'angle de l'économie et du rayonnement international de la France à l'étranger (et singulièrement en Afrique)...ouvre de belles perspectives dans l'évolution des mentalités hexagonales, notamment sur le regard que les Français portent sur l'Afrique et les Africains.

De toute évidence je préfère de loin cette stature gouvernementale-là: celle de décideurs français, de gauche de surcroît, qui conscients des défis qui se posent à notre pays, assument sans complexe leurs convictions progressistes et humanistes...sans pour autant ressentir le besoin - sous la pression des forces réactionnaires- d'être ou dans une surenchère politicienne, ou dans un angélisme tiers-mondiste.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

vendredi 7 juin 2013

Métèque de trop, Immigré de trop...

Métèque de trop, Immigré de trop...
C'est quand même bizarre d'entendre depuis des décennies les mêmes Hommes politiques français répéter la même (vieille) antienne: "il y a trop d'immigrés en France".

Pourtant au point où évolue le monde, surtout son économie, bientôt "l'immigré" ne sera plus nécessairement celui que l'ancien Premier-Ministre François Fillon décrivait encore hier soir (jeudi 06 juin 2013) sur France 2 comme étant de "trop en France"; mais de plus en plus hélas, ce jeune diplômé français à qui l'Australien, le Brésilien, le Chinois, voire l'Africain de droite...reprochera de ne pas faire "suffisamment" d'efforts pour "s'intégrer" à son pays, pour le "mériter".

À moins que dans l'inconscient d'une certaine classe politique généralement de droite, toutes les personnes avec "des têtes de métèques" soient forcément des "immigrés de trop".

Vu effectivement sous cet angle conservateur et très réducteur, on sera toujours: ou le "métèque" de trop, ou "l'immigré de trop" de quelqu'un...quelque part sur cette immense planète intégrée et globalisée.

Vaste programme!

Joël Didier Engo


Reportage, France 2: "Chômage : émigrer au Maroc"
https://www.facebook.com/photo.php?v=573101956046714

20 Heures France 2

"Ironie de la crise... Le Maroc expulsera-t-il bientôt des Espagnols clandestins ? Et dire qu'"ils arrivaient ici en terrain conquis" il n'y a encore pas si longtemps... Salvador, de Malaga, raconte son exil. A la rencontre d'Espagnols venus chercher du travail au Maroc, avec Dorothée Oliéric et Jean-François Monier."


M. Peillon, il faut enseigner à nos élèves l'importance de l'immigration pour la France, Par 
Diplômée de l'ESC 3A Lyon, et Master Economie Sociale et Solidaire

mercredi 7 mars 2012

L'exclusion de l'étranger et la xénophobie d'État, un florilège de campagne Très Droite Française

Interview accordé à Celine Rastello, journaliste au «Nouvel Observateur», par trois membres du Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés), Stéphane Maugendre (président), Jean-Philippe Foegel (membre du groupe de travail sur les étudiants étrangers) et Antoine Math; à la suite des déclarations controversées du Président Nicolas SARKOZY sur l'immigration mardi 06 mars sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes" (Chaîne de télévision France 2).

On a entendu sur France 2 "un discours d'extrême-droite qu'on tente d'habiller de façon humaine", estime le Gisti.

"Nous avons trop d'étrangers sur notre territoire et nous n'arrivons plus à leur trouver un logement, un emploi, une école" 

- Stéphane Maugendre : "Ce n'est pas conforme à la réalité et correspond au 'bruit et l'odeur' de Chirac. C'est une manière déguisée et polie d'annoncer la préférence nationale et de tenir un discours d'extrême-droite qu'on tente d'habiller de façon humaine."

"S'agissant du regroupement familial et du visa quand on se marie avec un français ou une française (...) Désormais (...) nous mettrons des conditions de revenus".

- Stéphane Maugendre : "Faux, car les conditions de revenus existent depuis longtemps pour le regroupement familial. Les conditions de revenus et de logements ont certes été considérablement durcies, mais avec des effets pervers autant économiques qu'humains : de plus en plus de conjoints et d'enfants viennent clandestinement. Les chiffres officiels baissent, mais la réalité est différente. Créer des conditions de revenus pour les conjoints de Français amorce par ailleurs une véritable rupture égalitaire entre Français."

"Sur le quinquennat, je considère que pour relancer dans de bonnes conditions l'intégration, il faut diviser par deux le nombre de gens que nous accueillons..."

- Jean-Philippe Foegle : "On saisit assez mal le lien entre une réduction purement mécanique de l'immigration et l'intégration. La conséquence directe d'une réduction du nombre d'immigrés légaux est la multiplication du nombre de personnes toujours sur le territoire national, mais en situation irrégulière. On multiple le nombre de personnes qui seront marginalisées, exclues du monde du travail et des chaînes de solidarité. On ne peut pas d'un côté favoriser l'intégration des étrangers, et d'un autre maintenir un nombre de plus en plus important de personnes socialement marginalisées. A moins de considérer que les personnes sans titre de séjour ne font pas partie de l'humanité."

..."c'est-à-dire passer de 180.000 aux alentours de 100.000"

- Jean-Philippe Foegle : "On ne sait pas d'où sort ce chiffre de 180.000. Vouloir réduire de moitié l'immigration légale paraît difficilement réalisable, voire fantaisiste, car on voit mal à partir de quelle catégorie le gouvernement peut encore réduire le nombre d'immigrés légaux. Il a déjà essayé de réduire fortement l'immigration familiale, qui représente environ 80% de l'immigration totale, mais il a du mal car elle est protégée par des textes internationaux. Si le gouvernement veut continuer à réduire l'immigration, il risque donc de s'attaquer aux catégories moins protégées, comme l'immigration choisie des étudiants et des travailleurs dont les règles de séjour sont plus précaires. Cette politique est incohérente. En 2006, Nicolas Sarkozy s'est fait élire avec l'immigration choisie. Aujourd'hui, il semble que ces mêmes personnes soient devenues ses premières cibles."

"165.000 étrangers bénéficient du RSA, 20.000 du minimum vieillesse. Nous allons mettre pour les deux des conditions de présence sur le territoire et d'activité, de travail : 10 ans de présence sur le territoire et 5 ans d'activité"

- Antoine Math : "Les conditions d'obtention de ces prestations ont été fortement durcies depuis quelques années. Mais elles sont contestables et contestées d'un point de vue légal, car en violation avec des textes internationaux. Pour le minimum vieillesse, depuis 2006, la condition d'antériorité de résidence est de 5 ans, ce qui est considéré comme discriminatoire par la Halde et le défenseur des droits, entre autres. Depuis la loi de financement de la sécurité sociale de décembre 2011, on est passés à 10 ans de résidence, avec les conditions suivantes : être en situation régulière et avoir le droit au travail.

Pour le RSA, l'antériorité a d'abord été de 3 ans, durcie à 5 ans en 2004, puis, quand le RMI est devenu RSA en 2009, cette condition a été étendue au conjoint, concubin ou partenaire. En proposant 10 ans pour les deux et 5 ans de travail, le président va encore plus loin. On est dans la surenchère, pour s'aligner encore plus sur l'exclusion de l'étranger, la xénophobie d'Etat et le Front National. Or, depuis quelques années, on constate déjà les effets du durcissement, avec de plus en plus d'étrangers en situation régulière exclus des prestations."

"S'agissant de la Couverture médicale universelle (CMU) et de l'aide médicale d'Etat (AME) accordée aux sans-papiers, la tradition de la France c'est de soigner quelle que soit la nationalité. Je ne souhaite pas qu'on remette en cause cette générosité française."

- Antoine Math : "Il sait surtout très bien que c'est difficilement réalisable au regard des normes internationales. En 2005, la France a été condamnée par le comité des droits sociaux de la charte sociale du conseil de l'Europe pour avoir durci l'accès à l'AME concernant les enfants."

"Est-il normal que quelqu'un qui vient à partir de 60 ans en France ait un minimum vieillesse plus grand que la veuve d'un agriculteur qui a cotisé toute sa vie et qui a une petite retraite ? Ce n'est pas normal"

- Antoine Math : "Mensonge absolu. Le minimum vieillesse est un revenu différencié calculé à partir des ressources. Son montant, aux alentours de 700 euros, est le même pour tous. Si, par exemple, cette veuve touche une petite retraite de 300 euros, elle recevra 400 euros au titre du minimum vieillesse. Personne ne pourra avoir plus ! Ce n'est pas en supprimant à plus d'étrangers le droit au minimum vieillesse qu'on améliore la situation des autres. Par ailleurs, si le président estime que le minimum vieillesse n'est pas suffisant, c'est peut-être à lui de l'augmenter."

"Je veux une immigration pour que les étrangers viennent en France parce qu'ils aiment la France, qu'ils veulent construire une vie en France, et pas parce qu'en France il y a un système de protection sociale plus favorable que chez nos voisins"

- Antoine Math : "C'est un peu faux. Le RSA et le minimum vieillesse français sont parmi les dispositifs les moins généreux des pays en développement comparables de l'Union européenne. Les études menées auprès des migrants montrent qu'ils n'évoquent quasiment jamais les systèmes de prestations sociales des pays car ils les ignorent. Mais il est plus facile de stigmatiser les étrangers que de s'attaquer aux vraies problématiques."

Source: nouvelobs.com

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Directeur du Nouvel Observateur