Même si je m'efforce de taire cette triste réalité pour ne pas être accusé de "sombrer dans la victimisation" (comme ils disent), il m'est difficile de ne pas en parler quand elle touche une femme modeste d'origine africaine, habitante d'un quartier placé en politique de la ville (Belleville Saint-Maur - BSM), jusqu'ici seule et unique personne issue de la diversité siégeant au sein du bureau local de la Régie de Quartier (La Régie de Quartier de la Fontaine au Roi située au 1 Rue Robert Houdin, dans le Bas Belleville).
Mme Lucie Mustapha vient d'être arbitrairement exclue à la demande expresse d'un élu socialiste (dont je tais pour le moment le nom).
Pour parvenir à ses fins, cet adjoint au maire du onzième a littéralement noyauté l'assemblée avec ses camarades socialistes et ainsi obtenu le départ de la seule personne au sein du bureau de cette régie qui habite et vit réellement dans ce quartier populaire depuis des décennies, engagée au quotidien dans l'accompagnement des personnes en difficultés, médiatrice de terrain auprès d'une frange de jeunes déscolarisés et de parents désorientés, etc...
Elle est notre principale interlocutrice et partenaire au sein de ce quartier difficile; et fait aujourd'hui les frais d'un racisme endémique dans les rangs d'une certaine gauche française et parisienne, incapable d'envisager autre chose pour des personnes issues de l'immigration africaine ou maghrébine, que d'être des éternels faire-valoir et assistés d'un vieux discours misérabiliste.
Ce n'est simplement plus supportable!!!
Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER
http://www.noupasbouger.orgAssociation NOUS PAS BOUGER
Maison des Associations des Onzième
et Dix-huitième arrondissement de Paris
Boîte N° 143
8, rue du Général Renault
75011 Paris et 15 Passage Ramey 75018 Paris
N – W751202408À Madame Clotilde BREAUD
Présidente de la Régie de Quartier Fontaine au Roi
Objet : demande d'un droit de réponse envoyée par Mme Clotilde BREAUD à la suite de notre publication faisant état de racisme lors du renouvellement du Bureau de la Régie de Quartier Fontaine au Roi à Paris
Madame, Monsieur,
Nous accusons réception de la demande d'un droit de réponse envoyée par Mme Clotilde BREAUD à la suite de notre publication du 1er Juillet 2021 sous le titre "Plafond de Verre et Racisme endémique dans les rangs de la gauche parisienne", faisant notamment état de faits de racisme caractérisé lors du renouvellement du Bureau de la Régie de Quartier Fontaine au Roi dans le Onzième arrondissement de Paris.
https://www.nouspasbouger.org/plafond-de-verre-et-racisme-endemique-dans-les-rangs-de-la-gauche-parisienne/
Tout en nous engageant conformément à la loi à publier ledit droit de réponse, nous confirmons l'intégralité des faits mentionnés qui ne relèvent nullement d'une volonté délibérée de notre part de nuire ni de remettre inutilement en cause une structure de proximité à laquelle notre association est affiliée. Il s'agit ici de faits suffisamment graves et caractérisés qui ne relèvent pas d'une banale modification de la composition d'une régie de quartier, mais - comme nous l'avons écrit - de la mise à l'écart planifiée et politiquement orchestrée ciblant une femme noire d'origine africaine membre du bureau d'une structure d'où elle avait toute sa légitimité et représentativité, car seule française issue de la diversité et habitante de ce quartier classé en politique de la ville.
Vous pourrez tourner et retourner cette exclusion raciste dans tous les sens, y compris en vous abritant derrière les statuts et le logo régulièrement déclarés de la Régie de Quartier Fontaine au Roi, il en restera un racisme suffisamment caractérisé considéré comme un délit par la législation française, contre lequel notre organisation se tient prête à vous en porter la démonstration devant les instances judiciaires compétentes.
Dans le respect du pluralisme des opinions nous nous engageons néanmoins à publier votre droit de réponse, tout en précisant que nous ne céderons devant aucune menace, aucune injonction, ni chantage de nature organisationnelle ou politique, relativement à une indignation exprimée puis publiée dans le cadre de nos missions consistant notamment à lutter contre toutes les formes de discriminations, dont celle liée au faciès et aux origines ethniques ou étrangères des personnes.
Ces comportements sont simplement inacceptables en République, et surtout indignes de quelques élu et responsable de structures sociales, dans une commune et un quartier marqué par la richesse extraordinaire de la diversité de ses habitants.
Pour L'association Nous Pas Bouger
Le Président
Joël Didier Engo
http://www.nouspasbouger.org
envoyé : 22 juillet 2021 à 10:25
de : Clotilde BREAUD
à : info@nouspasbouger.org
objet : demande droit réponse
Madame, Monsieur,
Le bureau de la Régie FAR, souhaite qu’un droit de réponse soit publié, conformément à la loi, à effet immédiat sur le blog de l’association « Nous Pas Bouger » et à la prochaine publication de la newsletter « Chemins Verts du 11ème ».
Le bureau souhaite également le retrait immédiat de ces propos sur les sites ou pages numériques concernées.
Droit de réponse de la Régie de Quartier Fontaine au Roi
Des propos diffamatoires et non fondés ont été tenus mettant en cause le fonctionnement démocratique de notre AG du 25 Juin 2021 et portant atteinte à l’image et aux valeurs de la Régie de Quartier.
Ces propos ont été exprimés par le président de l’association « Nous Pas Bouger » sur son blog et ont été relayés par la newsletter « Chemins Verts du 11ème » publiée par le groupe écologiste EELV du 11ème et diffusée fin Juin.
Ces propos concernent l’un des points à l’ordre du jour de l’AG du 25 Juin portant sur le renouvellement des administrateurs dont le PV ainsi que les statuts l’association sont à disposition à la Régie de Quartier Fontaine au Roi.
La Régie de Quartier Fontaine au Roi, conformément à ses statuts s’interdit toute discrimination et veille au respect de ce principe.
Dans le cadre de ses activités, supports d’emplois et d’insertion professionnelle pour des habitants de son territoire en difficulté, elle valorise leur promotion sociale, quelles que soient leurs origines, leurs cultures ou leur nationalité, et participe à leur insertion dans la vie sociale et citoyenne.
Par ailleurs, l’utilisation du logo de la Régie de Quartier Fontaine au Roi à des fins diffamatoires n’est pas autorisée.
Le refus de publication de ce droit de réponse est susceptible d’entraîner des poursuites pénales.
Sincèrement
Clotilde BREAUD
Présidente de la Régie de Quartier Fontaine au Roi
Photo: Le Président Hollande au chevet de Théo à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois
C'est bien beau d'aller rendre visite sur son lit d'hôpital à un
jeune banlieusard après une "bavure" policière, puis de se rendre à Aubervilliers pour apaiser les tensions.
Mais quel est le bilan
de François Hollande en matière de lutte contre les discriminations
sociales à connotation raciale, de prévalence d'un plafond de verre du
même ordre (notamment chez les hommes noirs et arabes), ou de maintien des contrôles aux faciès? J'ai bien peur que
nous ne puissions poliment l'évoquer auprès de ces populations,
tellement elles auront été - une fois de plus - les dindons de la farce
électoraliste de 2012.
Alors autant s'abstenir d'aller les humilier à la fin d'un quinquennat qui ne leur aura été d'aucune avancée républicaine.
Joël Didier Engo, Président de NOUS PAS BOUGER
Les banlieues sous François Hollande : trois renoncements et deux échecs
François Hollande en déplacement à Aubervilliers (93), mardi 14 février 2017. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)
Alors
que des violences frappent plusieurs communes de Seine-Saint-Denis, le
chef de l'Etat s'est rendu à Aubervilliers mardi matin.
Sébastien Billard et Timothée Vilars
Entre
les banlieues et François Hollande, l'histoire avait d'abord bien
commencé. En 2012, c'est dans ces quartiers populaires que celui qui
n'était encore que le candidat socialiste à la présidentielle a réalisé parmi ses plus hauts scores,
bien aidé par la forte impopularité de son rival Nicolas Sarkozy. Mais
si sa victoire et le retour de la gauche ont pu laisser croire que la
donne allait changer, cinq ans après, le bilan apparaît modeste, et la
déception des habitants particulièrement forte. En octobre 2015,
c'est même sous quelques huées que le président Hollande s'était rendu à La Courneuve...
Cela faisait partie de ses "60 engagements" de 2012
: François Hollande avait promis la création d’une circulaire contre
les "délits de faciès" lors des contrôles d'identité, censée éviter les
violences policières. Elle n’a plus jamais été évoquée par la suite.
La promesse de lutte contre le délit au faciès a pris
la forme, sous l'égide du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, d'un
débat sur la remise de récépissés lors des contrôles. Concrètement, un
coupon que le policier remet au contrôlé avec la date, le lieu et la
raison du contrôle d’identité afin de pouvoir constater les
discriminations. Le 16 octobre 2012, dans son "rapport relatif aux relations police-citoyens et aux contrôles d'identité", le
Défenseur des droits Dominique Baudis estime que cette solution
réduirait "mécaniquement le nombre de contrôles abusifs", même si elle
ne réglerait pas le problème de fond des contrôles discriminatoires.
Pourtant,
Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, avait écarté cette option
dès août 2012 au motif qu’elle était, selon lui, "beaucoup trop
bureaucratique et lourde à gérer". Il lui préférera une simple révision
du code de déontologie des forces de l'ordre. Fin juin 2016, l'Assemblée
nationale enterre l'expérimentation du dispositif. "Dix
ans qu'on travaille sur le sujet" et "chacun sait qu'on ne trouvera pas
de dispositif plus innovant", critique alors Benoît Hamon. D'autres
solutions, comme la mise en place de petites caméras portées au niveau du torse et filmant les contrôles, sont envisagées. Mais il ne s'agit encore que d'expérimentations, et leur efficacité est contestée puisque ces mini-caméras sont gérées de manière unilatérale par le policier.
Autre de ses 60 engagements mis au placard : le droit de vote aux élections locales des étrangers
résidant légalement en France depuis 5 ans. Véritable serpent de mer de
la gauche – la proposition était déjà formulée par François Mitterrand
en 1981, la mesure a toujours été bloquée par les parlementaires.
Pendant sa campagne, François Hollande précise qu'il tentera de la faire passer
par une réforme constitutionnelle, mais qu'à défaut, "ce sera au peuple
français d'en décider". Le référendum ne viendra jamais. Le 17
septembre 2012, Manuel Valls affirme dans "le Monde" que le droit de
vote des étrangers n'est pas une revendication forte de la société. Le
mois suivant, le gouvernement, qui l'avait promis pour les élections municipales de 2014, recule.
Manuel
Valls, personnellement "favorable" à l'idée, rejettera à plusieurs
reprises l'idée d'un référendum, selon lui perdu d'avance et de nature à
alimenter la communication du Front national. Le 27 octobre 2015 : "Je
vous donne le résultat, c'est-à-dire massivement contre, et en plus nous
allons exacerber les tensions autour de cette question." Le 9 février
2016, il renchérit : "Je ne crois pas qu'aujourd'hui cet élément soit
une priorité ou une attente."
Dénigrée et supprimée par Nicolas Sarkozy en 2003 alors qu'il était ministre de l'Intérieur, la police de proximité n'a pas été rétablie au cours du quinquennat. Si la promesse d'un retour de celle-ci ne figurait pas en tant que telle dans le programme du socialiste, l'engagement n°27
annonçait néanmoins "le rétablissement d'une présence régulière des
services de police au contact des habitants dans les banlieues".
Surtout, tout au long de sa campagne, François Hollande s'était montré favorable à ce dispositif, revendiquant à plusieurs reprises l'héritage de Lionel Jospin. "La police de proximité, ça marche", avait-il notamment clamé lors d'un déplacement à Dijon...
La promesse d'un retour de la police de proximité enterrée, le gouvernement a préféré se focaliser sur la création de zones prioritaires de sécurité (ZSP) et la création de "1.000 postes supplémentaires pour la justice, la police et la gendarmerie"chaque année. Au risque de négliger l'amélioration des relations entre la population et la police. Des relations plus que jamais tendues dans certains quartiers en dépit de l'arrivée de la gauche...
- le principe de "plus de maîtres que de classes" (intervention de deux enseignants en classe)
Or,
sur les 3.000 postes annoncés sur le quinquennat pour la scolarisation
précoce, seuls 1.000 avaient été créés en 2016. Alors que l’objectif
était d’atteindre 30% d’enfants de 2 ans scolarisés dans les zones
défavorisées à l’horizon 2017, la proportion stagne à 20,6%. S’agissant
des maîtres surnuméraires, seuls 2.300 postes (sur les 7.000 prévus) ont
déjà été mis en place en 2016.
L'agenda pour l'école, présenté à
l'automne 2012, entendait également mettre fin à la labellisation ZEP
des établissements au profit d'"aides personnalisées aux
établissements". Or si l'appellation "ZEP" a été remplacée par les REP
(réseau d'éducation prioritaire) en 2014, le fonctionnement de ces
établissements n'a pas été profondément reconfiguré. L'école publique française est même globalement de plus en plus inégalitaire. Les
adolescents des quartiers en ZUS sont défavorisés dès leur entrée au
collège : leur taux de réussite au brevet n’est que de 75,6%, contre
86,1% dans le reste du pays.
Enfin,
le gouvernement promettait de n'affecter en zone difficile que "des
enseignants expérimentés sur la base du volontariat". Une mesure non
réalisée, puisque des jeunes enseignants sont toujours affectés en
éducation prioritaire.
Encore deux fois plus de chômage qu'ailleurs
Ce n'est pas à proprement parler un renoncement mais un échec, patent : le
chômage reste en effet deux fois et demi plus élevé dans les quartiers
prioritaires, selon la Cour des Comptes. Les jeunes de banlieue sont les
plus touchés avec un taux de chômage de 42,1% chez les moins de 25 ans,
contre 22,6% en moyenne en France. L’Observatoire national de la politique de la ville
dressait dans son dernier rapport un constat accablant de la situation
dans les 1.296 quartiers classés en Zone urbaine sensible (ZUS), où
vivent 4,8 millions de personnes :
"Depuis 2008, la crise y agit de façon plus brutale et plus profonde qu’ailleurs. Le chômage y a augmenté fortement, l’emploi a eu tendance à se précariser."
Depuis
2012, la création des emplois d’avenir se destine "en priorité" aux
quartiers populaires. Ces contrats aidés, en CDD longs voire en CDI,
concernent principalement le secteur non-marchand et s’appliquent
essentiellement aux jeunes âgés de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés.
Plus de 300.000 contrats en emploi d’avenir ont été signés depuis le
début du quinquennat, soit le double des contrats promis. Mais la
promesse d’assurer une formation complémentaire aux jeunes concernés est
loin d’être toujours respectée. Selon une note de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares)
fin 2016, un an après la signature de leur contrat, seuls "3 jeunes sur
4 en emploi d’avenir ont bénéficié d’une formation et 1 jeune sur 2
d’une formation certifiante".
Comment vit-on en France quand on est noir, arabe, asiatique...Français dit de "couleur" issu de l'immigration?
L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Les
personnages de ce documentaire ont tous en commun de vivre en France,
dans une peau dont la couleur reflète une origine lointaine. Noirs,
asiatiques, arabes, métis, ils sont onze. Laurence Petit-Jouvet les a
filmés, dans un décor qui leur est familier, lisant pour la caméra une
lettre dans laquelle ils évoquent chacun, qui en s’adressant à sa fille,
qui au président de la République, cette expérience intime qui les a
façonnés, depuis l’enfance, d’être regardés comme « non-Blancs ».
Respectueux
de ces personnages dont la parole s’épanouit pleinement dans le cadre,
dont la multiplicité donne l’image d’une France multiculturelle et
multiraciale, qui pourrait ressembler à une utopie si leurs témoignages
ne rappelaient pas à quel point cette réalité se paye de souffrance et
de relégations pour ceux qui l’incarnent, le film pâtit un peu de
l’univocité de son propos.
Effet catalogue
En
révélant des destins singuliers, les séquences ont le mérite de battre
en brèche à peu près tous les clichés liés aux populations immigrées,
mais l’effet catalogue les réduit en même temps à une problématique
unique, trop précisément définie. Ne subsiste au final qu’une
juxtaposition de situations édifiantes, qui peinent à émouvoir.