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lundi 13 février 2017

Contrôles d’identité : les jeunes 7 fois plus contrôlés que le reste de la population

 Un contrôle d’identité par la Brigade des réseaux ferrés à Paris, le 2 novembre 2016.

Selon une étude réalisée par le Défenseur des droits, 80 % des jeunes se disant noirs ou arabes ont été contrôlés lors des cinq dernières années.

LE MONDE | | Par

« Nous ne sommes pas en face d’un fait divers, nous ne sommes pas en face d’une affaire judiciaire, c’est un fait de société » : le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a réagi lundi 13 février à l’affaire d’Aulnay-sous-Bois, dont il a été saisi dès le 3 février.

Selon l’ancien ministre de la justice, l’interpellation violente, un jour plus tôt, de Théo L., 22 ans, grièvement blessé par des policiers à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) « illustre les conflits qui naissent parfois des contrôles d’identité ». L’autorité indépendante a consacré deux rapports, en octobre 2012 et en janvier 2017, à cette question. A chaque fois, elle se heurte à un problème de taille : il n’existe aucune statistique donnant le nombre, le lieu, la date ou encore le motif des contrôles d’identité en France.

Les jeunes « perçus comme noirs ou arabes » plus souvent contrôlés

Menée auprès de 5 117 personnes, la dernière étude du Défenseur des droits montre que 84 % des personnes interrogées déclarent ne jamais avoir été contrôlées lors des cinq dernières années. Les personnes contrôlées ne constatent généralement pas de « comportements en contradiction avec la déontologie des forces de sécurité », mais soulignent (à 59 %) le manque d’explications sur les raisons du contrôle.
80 % de contrôles chez les 18-25 ans
 
Ces estimations varient fortement chez les 18-25 ans, sept fois plus contrôlés que l’ensemble de la population. Parmi les jeunes hommes, les participants à l’étude « perçus comme noirs ou arabes/maghrébins » (sous-échantillon de 268 et 297 personnes, voir la méthodologie en fin d’article) déclarent à 80 % avoir été contrôlés dans les cinq dernières années. « Ils rapportent des relations conflictuelles, altérées », déplore Jacques Toubon sur France Inter, décrivant « une réalité connue depuis trente ou quarante ans ».

Contrôles d’identité selon le fait d’être perçu comme arabe/maghrébin, blanc ou noir
Réponse à la question : "au cours des 5 dernières années, combien de fois avez-vous eu personnellement un contrôle d’identité par la police ou la gendarmerie ?". Échantillon d'hommes.
 
Contrôles d’identité selon le fait d’être perçu comme arabe/maghrébin, blanc ou noir
Réponse à la question : "au cours des 5 dernières années, combien de fois avez-vous eu personnellement un contrôle d’identité par la police ou la gendarmerie ?". Échantillon d'hommes.
0 20 40 60 80 100 JamaisDe 1 à 5 foisPlus de 5 foisPerçu comme arabePerçu comme noirPerçu comme blancTotal
Perçu comme blanc
● Jamais: 82,60 %
● De 1 à 5 fois: 15,50 %
● Plus de 5 fois: 2,00 %

29,5 % des 18-24 ans rapportent un tutoiement

Les rapports avec les policiers lors de contrôles d’identité semblent relatifs aux caractéristiques sociales des personnes interrogées : les femmes, moins souvent contrôlées, déclarent par exemple avoir « plus souvent bénéficié d’explications que les hommes » sur les motifs justifiant le contrôle.

Les jeunes sont eux plus nombreux à faire état de comportements brutaux, d’insultes ou de tutoiement lors de contrôles. Ainsi, par exemple, 29,5 % des 18-24 ans constatent un tutoiement, contre 16,4 % de l’ensemble de la population.

L’écart est également important entre les personnes perçues comme arabes et celles perçues comme blanches : les premières décrivent des policiers polis à 54,7 %, contre 75,7 % pour les secondes.

Le Défenseur des droits constate aussi que 82 % de l’échantillon total (dont 84 % des interrogés n’ont pas connu de contrôle d’identité depuis cinq ans) dit « faire confiance » à la police.

Personnes contrôlées qualifiant les policiers de polis lors du dernier contrôle d’identité
 
Question posée à l'ensemble de la population d’enquête déclarant avoir été contrôlée au moins une fois dans les cinq dernières années (n= 753)
0 20 40 60 80 100 HommesFemmes18-24 ans55-64 ansParisZone ruralePerçu.e.s comme arabesPerçu.e.s comme blanc.he.s
Perçu.e.s comme blanc.he.s
● Réponse positive: 75,70 %

Conserver « une trace » des contrôles

François Hollande l’avait pourtant promis en 2012 : la mise en place d’un récépissé lors des contrôles d’identité n’a « pas été faite », constate Jacques Toubon. Le Défenseur des droits se fonde sur l’une des propositions présentes dans le rapport de son prédécesseur, Dominique Baudis, pour préconiser un dispositif « d’attestation nominative enregistrée, pour la personne, avec un double anonyme pour le policier ».
Une mesure qui « apporterait une comptabilité » ainsi que des indications sur les lieux et les motifs de contrôle, ce qui « permettrait des recours » selon Jacques Toubon. Le contrôle ne serait alors « pas une confrontation, mais un rapport normal entre la police et la population », soutient le Défenseur des droits.

 
Chaque année, l’institution traite environ 1 000 dossiers de déontologie de la sécurité – dont la moitié concerne la police nationale. Selon Jacques Toubon, moins de 10 % de ces dossiers donnent lieu à la déclaration d’un manquement déontologique.

mercredi 18 juin 2014

Refuser toute selection en équipe de France à cause du racisme?


Assou
Le Franco-Camerounais Benoît Assou-Ekotto, joueur de l'équipe nationale de football du Cameroun: «Quand l'équipe nationale obtient de mauvais résultats, les gens commencent à dire qu'il y a trop de noirs ou de musulmans. Je n'aime pas ça. (...)

Aucun joueur, fût-il le plus talentueux, n'est évidemment indispensable à une équipe nationale de football, encore moins à un pays. Mais force est de constater que Benoît Assou-Ekotto exprime ici un sentiment assez répandu chez les Français d'origine étrangère, et singulièrement lorsqu'ils sont noirs ou arabes.

Certains grands esprits laissent parfois entendre que des êtres humains, à force de subir le racisme dit ordinaire (y compris dès leur tendre enfance), finissent par s'en accoutumer.

Non le racisme n'est pas "assimilable" à toute autre forme de discrimination!


Photo

Cameroun, un sevrage brutal du football vivement recommandé!

Le miracle n'a pas eu lieu au Brésil mercredi soir (un 18 juin!), le Cameroun a effectivement été lamentablement éliminé.

Et oui, il n'y a pas que le Football dans la vie...Les Brésiliens ont compris, bien avant les Camerounais, qu'on a jamais développé un pays avec le Football. Et la Fifa elle, se fait évidemment une bonne affaire avec "son Mondial", mais généralement sur le dos des États littéralement saignés à blanc!

Selon les premières informations recueillies aux aurores ce matin, les téléspectateurs ont malheureusement assisté médusés en mondovision au naufrage d'une dictature arque-boutée sur son équipe nationale, qui estime avoir toujours raison sur tout et sur tous...au Cameroun comme ailleurs.

Au moins -peut-on espérer - que ce brutal sevrage de l'opium football, ramènera le peuple du Cameroun et nombre de ses ressortissants à porter un regard sans concession sur l'état de délitement avancé de "leur société".

Il n'est jamais trop tard! On peut toujours bien reconstruire sur des décombres...Y compris au Cameroun.


Joël Didier Engo



lundi 15 avril 2013

Tous des antisémites en puissance ou notoires, les noirs et arabes de France???......Tiens donc.


Ainsi donc être " noir ou arabe"en France ferait d'office de vous un musulman et un antisémite en puissance ou notoire.



Et peu importe finalement, si le Français noir ou arabe concerné serait lui-même juif de confession, ou si son cercle immédiat - son épouse, sa compagne, ses collègues, ses amis proches – serait constitué de Juifs de naissance. Le noir ou l'arabe de France devrait obligatoirement être ou un musulman, ou un antisémite en puissance ou notoire. La quintessence suprême étant, de préférence, les deux à la fois: musulman et antisémite.

Dans cette France au communautarisme exacerbé, chaque homme de couleur se voit ainsi ramener à une case ethno-religieuse (pour ne pas dire à une cage ethno-religieuse); celle à laquelle lui assignerait ou lui prédestinerait une certaine bien-pensance identitaire.

L'incident du «tri ethnique et religieux», auquel aurait eu recours la SNCF parmi ses salariés - à l'occasion de la visite du président israélien Shimon Peres à Paris le 8 mars 2013 (qui n'en demandait sûrement pas tant) - en dit long sur l'ampleur du phénomène d'exclusion identitaire qui touche les noirs et les arabes dans la société française. Cette exclusion alimentée par les préjugés les plus défavorables et dégradants, fluctue évidemment selon les circonstances. Il va des motifs les plus répugnants comme la résidence présumée dans les banlieues ou quartiers dits difficiles, aux présupposés les plus intolérants comme l'antisémitisme (qui est d'abord un délit en France, condamnable et punissable sous toutes ses formes).

Qu'en dire de plus? Si ce n'est demander encore une fois à qui profite le crime?...pas vraiment à la République.

vendredi 22 mars 2013

France: Peur de la mondialisation, de l'arabe, du musulman, du noir, du juif, ou de tous à la fois?


On finit par s'habituer du racisme en France! c'est le plus grave...vraisemblablement le plus inquiétant.

Parce que le racisme surgit souvent où et quand l'on s'y attend le moins. Y compris dans des cercles autorisés où les clichés racistes longtemps ressassés et recyclés servent à entretenir un semblant d'intégration, de lien social, de vivre-ensemble.

Les victimes désignées ne passeront quand même pas leurs existences à se plaindre ou à pleurnicher auprès d'une puissance publique qui ne veut pas prendre toute la mesure du problème, sous le prétexte que c'est la France et qu'il serait légitime que les français puissent exprimer leur peur des "musulmans", des "noirs", ou des "juifs"... parce que "la France a peur". Mais la France aurait-t-elle aujourd'hui plus peur de la mondialisation, de l'arabe, du musulman, du noir, ou du juif? ou de tous à la fois?

Les ressorts sociologiques et psychologiques du racisme resteront à jamais impénétrables pour les populations ciblées. Heureusement pour elles, leurs référents culturels ne se réduisent pas aux stéréotypes racistes généralement répandus dans la société française sur les noirs, les arabes, les musulmans et les juifs. .
Il faudrait plutôt plaindre l'inculture parfois crasse de celles et ceux qui les véhiculent, face à un reste du monde plus intégré et multiculturel que jamais, qui n'attendra pas que la France veuille bien mener une lutte sans merci contre le racisme.

Joël Didier Engo

vendredi 14 janvier 2011

Affaire ZEMMOUR ou la persistance d'un arrière-fond ethniciste


Lorsqu’un haut magistrat de la république française comme Philippe BILGER (avocat général à la cour d’appel de Paris), plaide aussi explicitement sur son blog en faveur des statistiques ethniques, pour soutenir le journaliste Eric ZEMMOUR accusé d’avoir tenu des propos racistes sur les noirs, les arabes, et les français issus de l’immigration. Le moment venu, on aimerait aussi qu’il(s) ne s’étonne(nt) pas, lorsque les organisations communautaires s’empareront à nouveau du même argument, pour revendiquer la reconnaissance des statistiques ethniques, afin de faire valoir (et soit-disant mieux combattre) les injustices ou inégalités devant la loi dont les noirs, les arabes et les français issus de l’immigration sont ou se disent les premières ou principales victimes en France.

Car on ne peut pas d’un côté, arguer des statistiques ethniques pour défendre un journaliste pris en flagrant délit de stigmatisation raciale ou ethnique; et de l’autre, rejeter leur application en droit positif, au nom d’une incohérence ou non conformité (réelle) avec les principes et valeurs de la République française.

Le déni d'égalité n’est plus très éloigné!

Fondamentalement opposé aux statistiques ethniques

A titre personnel, je suis fondamentalement opposé aux statistiques ethniques qui ne concourent pas à combattre efficacement les injustices sociales. Bien au contraire….

Mon expérience aux Etats-Unis d’Amérique m’a appris que les injustices sociales touchent indifféremment les personnes issues des milieux populaires dans un contexte dérégulé, où les économies sont de moins en moins «redistributrices» (indépendamment des origines ethniques). Ces inégalités ont même tendance à s’accentuer à mesure que les milieux populaires s’enferment (eux-mêmes) dans des logiques ou ghettos communautaires.

Cependant, affirmer que "les prisons de France sont de plus en plus peuplées de noirs, d’arabes et des français issus de l’immigration" (qui ne sont pas systématiquement les délinquants multi-récidivistes ou les trafiquants de drogue qu’on veut nous faire croire), ne concoure pas à faire toute la lumière sur la précarité économique et sociale qui frappe majoritairement cette frange de la population française.

Si Philippe Bilger et les autres officiels français qui soutiennent Eric Zemmour essayent ainsi de nous dire que leur constat factuel appelle une réflexion profonde sur l'échec relatif du modèle social, voire la crise de l'intégration à la française, je suis preneur.

Mais s’il s’agit simplement de stigmatiser sur le terrain médiatique, juridique, politique et judiciaire... certains français en fonction de leur origine raciale ou ethnique, de leur religion (Islam), de leur lieu de résidence (zones urbaines sensibles)…; alors je pense que ce haut magistrat et les autres élus français fleurtent dangereusement avec une utilisation malsaine des statistiques ethniques, inconcevable et surtout incompatible avec la République (à laquelle certains se réclament et se revendiquent pourtant).

Je vous remercie


Joël Didier Engo

jeudi 13 janvier 2011

Ras-le-bol du Monoculturalisme identitaire!!!

C’est la réaction immédiate que provoquent toutes ces études, tous ces articles, ouvrages, déclarations et commentaires à profusion sur l’immigration, les étrangers, les descendants et ascendants d’immigrés…qui alimentent l’actualité quotidienne en France.


Mesdames, Messieurs, laissez-nous vivre en paix!!!

Nous ne nous levons pas tous les matins hantés par la couleur de notre peau , le statut indigène de nos ancêtres, voire la bonne ou mauvaise identité française de nos enfants…

Cette préoccupation est d’abord et essentiellement la vôtre. Car nombre d’entre-nous ont parfaitement intégré le multiculturalisme et la (longue) marche ininterrompue des peuples de ce monde (et de France) vers la mondialisation. C’est un mouvement irréversible que nous n’appréhendons pas (ou plus), contrairement à vous… et là réside certainement toute la différence.

Nous nous levons ainsi tous les matins (malgré les obstacles), d’abord sinon uniquement concentrés sur la dégradation du tissus économique, professionnel et social en France (dont le risque de déclassement/précarisation qui nous touche plus que d’autres); la persistance de la crise économique mondiale (avec sa cohorte des plans de rigueur en Europe notamment), l’avenir de nos enfants, et le retour en force d’une stigmatisation raciale que nous pensions (à tort) inconcevable dans une République française qui se voulait laïque, fraternelle et égalitaire.

Nos préoccupations sont celles-là, et ne seraient donc pas fondamentalement différentes des vôtres, si vous ne faisiez pas un si grand cas de notre couleur de peau, de celle de nos ancêtres, de leurs pays d’origine, voire de la bonne ou mauvaise identité française de nos enfants… …

De grâce laissez-nous vivre en paix!

Serait-ce nier «les tensions générées par le multiculturalisme», refuser délibérément de les résoudre? Assurément pas

Nous avons d’ailleurs la faiblesse de souhaiter de tous nos vœux que les supposées tensions générées par le multiculturalisme dans la vieille Europe et en France soient (ENFIN) aplanies et résolues, afin que nous passions ensemble très rapidement à autre chose, c’est-à-dire à la reconstruction d’un réel vivre-ensemble.

Mais permettez-nous de douter des possibilités réelles d’ y parvenir, en optant systématiquement comme le font les conservateurs en Europe en faveur d’une stigmatisation d’autres citoyens français, allemands …sur le seul fondement de leur religion d’origine (islam ), de leur couleur de peau (noir, arabe, maghrébin, turc…), depuis peu de la zone géographique d’origine de leurs parents (Afrique sahélienne, Turquie, monde arado-musulman…).

Toutes celles et tous ceux qui osent exprimer des réserves ou des doutes sur cette méthode obscène sont immédiatement accusés de “nier les tensions“.

Ces tensions dont on fait état dans tous les Journaux télévisés ne sont point le monopole des sociétés dites multiculturelles. Elles existent d’abord en France, Allemagne…sinon exclusivement parce que le regard que les gouvernants portent sur ces femmes et ces hommes est effectivement celui “d’un multiculturalisme qui a échoué” , alors qu’il y a belle lurette que nombre d’entre-eux ne s’en posent pas la question, vivent le multiculturalisme comme une émancipation culturelle, et aspirent simplement à vivre (ni plus ni moins que les autres français et allemands…) dans la sûreté offerte par ces sociétés occidentales dites civilisées, les seules qu’ils connaissent bien souvent depuis leur naissance, leur tendre enfance.

C’est cela la France, l’Allemagne, l’Europe… multiculturelle qu’un certain conservatisme refuse obstinément de voir, et qui lui reviendra inévitablement comme un échec (voire comme un boomerang) tant qu’il lui déniera (en jouant toujours sur les peurs, les amalgames simplistes…) ce droit élémentaire de vivre en paix, et d’être traité (sans aucune concession) sur un même pied d’égalité que tous les autres citoyens français, allemands, européens….dits de souche.

Je vous remercie

Joël Didier ENGO

Le «multiculturalisme», tête de Turc de Guéant