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samedi 23 septembre 2023

 


Assurer le respect des droits et devoirs des étrangers, c'est cela notre mission
 
Nous sommes ainsi les premiers à ne pas entretenir une vision paradisiaque de l'Europe auprès des Africains, en encourageant autant que nous pouvons leur émancipation économique et sociale dans leurs pays d'origine. 
 
Pour autant nous avons aussi l'obligation de veiller aux respects des droits et devoirs de étrangers en France, singulièrement ceux originaires d'Afrique, notamment lorsqu'ils contribuent à l'effort national.
 
L’indécrottable tropisme xénophobe et nombriliste d’une certaine classe politique française sur la migration internationale…
 
Non tous les femmes et les hommes qui migrent sur la planète n’ambitionnent pas de venir en France pour y vivre des minima sociaux.
 
Ils sont parfaitement renseignés et informés sur le rejet organisé des étrangers qui y prévaut, et l’extrême difficulté pour eux d’y vivre dignement du fruit de leur travail.
 
Il faut une fois pour toute arrêter d’entretenir ce mensonge officiel sur une supposée meilleure attractivité économique et sociale de la France auprès du reste du monde.
 
Ça suffit!!!
 
Joël Didier Engo, Association NOUS PAS BOUGER

 
 
 
 
CheckNews

Lampedusa : les contrevérités de Gérald Darmanin sur le profil des migrants et leur droit à l’asile

Migrants, réfugiés... face à l'exodedossier
Après avoir épuisé tous les recours sur leur non-prise en charge, une soixantaine de jeunes à la rue ont été accueillis par un prêtre jeudi soir. Dès aujourd’hui, jour de la venue de François dans la ville, ils sont logés un centre.

Le ministre de l’Intérieur persiste à dire, contre la réalité du droit et des chiffres, que la majorité des migrants arrivés en Italie la semaine dernière ne peuvent prétendre à l’asile.
par Emma Donada
publié le 22 septembre 2023, Libération

A en croire Gérald Darmanin, presque aucune des milliers de personnes débarquées sur les rives de l’île italienne de Lampedusa depuis plus d’une semaine ne mériterait d’être accueillie par la France. La raison ? D’un côté, affirme le ministre de l’Intérieur, il y aurait les «réfugiés» fuyant des persécutions politiques ou religieuses, et que la France se ferait un honneur d’accueillir. «Et puis, il y a les migrants», «des personnes irrégulières» qui devraient être renvoyées dans leur pays d’origine le plus rapidement possible, a-t-il distingué, jeudi 22 septembre sur BFMTV.

«S’il s’agit de prendre les migrants tels qu’ils sont : 60 % d’entre eux viennent de pays tels que la Côte d’Ivoire, comme la Guinée, comme la Gambie, il n’y a aucune raison [qu’ils viennent]», a-t-il en sus tonné sur CNews, lundi 18 septembre. Une affirmation serinée mardi sur TF1 dans des termes semblables : «60 % des personnes arrivées à Lampedusa sont francophones. Il y a des Ivoiriens et des Sénégalais, qui n’ont pas à demander l’asile en Europe.»

Contredit par les données statistiques italiennes

D’après le ministre – qui a expliqué par la suite tenir ses informations de son homologue italien – «l’essentiel» des migrants de Lampedusa sont originaires du Cameroun, du Sénégal, de Côte-d’Ivoire, de Gambie ou de Tunisie. Selon le ministre, leur nationalité les priverait du droit de demander l’asile. «Il n’y aura pas de répartition de manière générale puisque ce ne sont pas des réfugiés», a-t-il prétendu, en confondant par la même occasion les demandeurs d’asiles et les réfugiés, soit les personnes dont la demande d’asile a été acceptée.

Interrogé sur le profil des migrants arrivés à Lampedusa, le ministère de l’Intérieur italien renvoie aux statistiques de l’administration du pays. A rebours des propos définitifs de Gérald Darmanin sur la nationalité des personnes débarquées sur les rives italiennes depuis la semaine dernière, on constate, à l’appui de ces données, qu’une grande majorité des migrants n’a pas encore fait l’objet d’une procédure d’identification. Sur les 16 911 personnes arrivées entre le 11 et le 20 septembre, la nationalité n’est précisée que pour 30 % d’entre elles.

En tout, 12 223 personnes, soit 72 % des personnes arrivées à Lampedusa, apparaissent dans la catégorie «autres» nationalités, qui mélange des ressortissants de pays peu représentés et des migrants dont l’identification est en cours. A titre de comparaison, au 11 septembre, seulement 30 % des personnes étaient classées dans cette catégorie. Même si la part exacte de migrants non identifiés n’est pas précisée, cette catégorie apparaît être un bon indicateur de l’avancée du travail des autorités italiennes.

Parmi les nationalités relevées entre le 11 et 20 septembre, le ministère de l’Intérieur italien compte effectivement une grande partie de personnes qui pourraient être francophones : 1 600 Tunisiens, 858 Guinéens, 618 Ivoiriens, 372 Burkinabés, presque autant de Maliens, 253 Camerounais, mais aussi des ressortissants moins susceptibles de connaître la langue (222 Syriens, environ 200 Egyptiens, 128 Bangladais et 74 Pakistanais).

A noter que selon ces statistiques italiennes partielles, il n’est pas fait état de ressortissants sénégalais et gambiens évoqués par Gérald Darmanin. Les données ne disent rien, par ailleurs, du genre ou de l’âge de ces arrivants. «La plupart sont des hommes mais aussi on a aussi vu arriver des familles, des mères seules ou des pères seuls avec des enfants et beaucoup de mineurs non accompagnés, des adolescents de 16 ou 17 ans», décrivait à CheckNews la responsable des migrations de la Croix-Rouge italienne, Francesca Basile, la semaine dernière.

Légalement, toutes les personnes arrivées à Lampedusa peuvent déposer une demande d’asile, s’ils courent un danger dans leur pays d’origine. «Il ne s’agit pas seulement d’un principe théorique. En vertu du droit communautaire et international, toute personne – quelle que soit sa nationalité – peut demander une protection internationale, et les États membres de l’UE ont l’obligation de procéder à une évaluation individuelle de chaque demande», a ainsi rappelé à CheckNews l’agence de l’union européenne pour l’asile. L’affirmation de Gérald Darmanin selon laquelle des migrants ne seraient pas éligibles à l’asile en raison de leur nationalité est donc fausse.

Par ailleurs, selon le règlement de Dublin III, la demande d’asile doit être instruite dans le premier pays où la personne est arrivée au sein de l’Union européenne (à l’exception du Danemark), de la Suisse, de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein. Ce sont donc aux autorités italiennes d’enregistrer et de traiter les demandes des personnes arrivées à Lampedusa. Dans certains cas, des transferts peuvent être opérés vers un pays signataires de l’accord de Dublin III, ainsi du rapprochement familial. Si les demandes d’asile vont être instruites en Italie, les chiffes de l’asile en France montrent tout de même que des ressortissants des pays cités par Gérald Darmanin obtiennent chaque année une protection dans l’Hexagone.

Pour rappel, il existe deux formes de protections : le statut de réfugié et la protection subsidiaire. Cette dernière peut être accordée à un demandeur qui, aux yeux de l’administration, ne remplit pas les conditions pour être considéré comme un réfugié, mais qui s’expose à des risques grave dans son pays, tels que la torture, des traitements inhumains ou dégradants, ainsi que des «menaces grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence qui peut s’étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle et résultant d’une situation de conflit armé interne ou international», liste sur son site internet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), qui statue en appel sur les demandes de protection.

Contredit aussi par la réalité des chiffres en France

Gérald Darmanin cite à plusieurs reprises le cas des migrants originaires de Côte-d’Ivoire comme exemple de personnes n’ayant selon lui «rien à faire» en France. La jurisprudence de la CNDA montre pourtant des ressortissants ivoiriens dont la demande de protection a été acceptée. En 2021, la Cour a ainsi accordé une protection subsidiaire à une femme qui fuyait un mariage forcé décidé par son oncle, qui l’exploitait depuis des années. La Cour avait estimé que les autorités ivoiriennes étaient défaillantes en ce qui concerne la protection des victimes de mariages forcés, malgré de récentes évolutions législatives plus répressives.

D’après l’Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofrpa), qui rend des décisions en première instance, les demandes d’asile de ressortissants ivoiriens (environ 6 000 en 2022) s’appuient très souvent sur des «problématiques d’ordre sociétal […], en particulier les craintes liées à un risque de mariage forcé ou encore l’exposition des jeunes filles à des mutilations sexuelles». En 2022, le taux de demandes d’Ivoiriens acceptées par l’Ofrpa (avant recours éventuel devant la CNCDA) était de 27,3 % sur 6 727 décisions contre un taux moyen d’admission de 26,4 % pour le continent africain et de 29,2 % tous pays confondus. Les femmes représentaient la majorité des protections accordées aux ressortissants de Côte-d’Ivoire.

Pour les personnes originaires de Guinée, citées plusieurs fois par Gérald Darmanin, les demandes sont variées. Certaines sont déposées par des militants politiques. «Les demandeurs se réfèrent à leur parcours personnel et à leur participation à des manifestations contre le pouvoir, qu’il s’agisse du gouvernement d’Alpha Condé ou de la junte militaire», décrit l’Ofpra. D’autre part des femmes qui fuient l’excision et le mariage forcé. En 2022, le taux d’admission par l’Ofpra était de 33,4 % pour 5 554 décisions.

Jurisprudence abondante

S’il est vrai que ces nationalités (Guinée et Côte-d’Ivoire) ne figurent pas parmi les taux de protections les plus élevées, elles figurent «parmi les principales nationalités des bénéficiaires de la protection internationale» en 2022, aux côtés des personnes venues d’Afghanistan ou de Syrie, selon l’Ofpra. Les ressortissants tunisiens, qui déposent peu de demandes (439 en 2022), présentent un taux d’admission de seulement 10 %.

La jurisprudence abondante produite par la CNDA montre que, dans certains cas, le demandeur peut obtenir une protection sur la base de son origine géographique, jugée dangereuse pour sa sécurité voire sa vie. C’est le cas notamment du Mali. En février 2023, la Cour avait ainsi accordé la protection subsidiaire à un Malien originaire de Gao, dans le nord du pays. La Cour avait estimé qu’il s’exposait, «en cas de retour dans sa région d’origine du seul fait de sa présence en tant que civil, [à] un risque réel de subir une menace grave contre sa vie ou sa personne sans être en mesure d’obtenir la protection effective des autorités de son pays».

«Cette menace est la conséquence d’une situation de violence, résultant d’un conflit armé interne, susceptible de s’étendre indistinctement aux civils», avait-elle expliqué dans un communiqué. Au mois de juin, à la suite des déclarations d’un demandeur possédant la double nationalité malienne et nigérienne, la Cour avait jugé que les régions de Ménaka au Mali et de Tillaberi au Niger étaient en situation de violence aveugle et d’intensité exceptionnelle, «justifiant l’octroi de la protection subsidiaire prévue par le droit européen».

D’après le rapport 2023 de l’agence de l’Union européenne pour l’asile, le taux de reconnaissance en première instance pour les demandeurs guinéens avoisinait les 30 %, et un peu plus de 20 % pour ressortissants ivoiriens à l’échelle de l’UE, avec un octroi en majorité, pour les personnes protégées, du statut de réfugié. Concernant le Mali, le taux de reconnaissance dépassait les 60 %, principalement pour de la protection subsidiaire. Ces données européennes qui confirment qu’il est infondé d’affirmer, comme le suggère le ministre de l’Intérieur, que les nationalités qu’il cite ne sont pas éligibles à l’asile.

En revanche, dans le cadre du mécanisme «de solidarité», qui prévoit que les pays européens prennent en charge une partie des demandeurs, les Etats «restent souverains dans le choix du nombre et de la nationalité des demandeurs accueillis». «Comme il s’agit d’un mécanisme volontaire, le choix des personnes à transférer est laissé à l’entière discrétion de l’État membre qui effectue le transfert», explique l’agence de l’union européenne pour l’asile, qui précise que les Etats «tendent souvent à donner la priorité aux nationalités qui ont le plus de chances de bénéficier d’un statut de protection», sans plus de précisions sur l’avancée des négociations en cours.

vendredi 30 mai 2014

Vagues migratoires africaines en Europe: à responsables – irresponsables et demi


Franchissement de l’enclave espagnol de Manilla par des migrants Camerounais
C'est devenu une rengaine (actualisée de préférence lors des échéances électorales): chaque franchissement de l'enclave espagnole de Menilla ou chaque arrivée d'une embarcation de migrants Africains à Lampedusa voit fleurir des procès en irresponsabilité contre les associations spécialisées sur les questions migratoires; puis en filigrane contre les français et les européens originaires d'Afrique (qui seraient tous «immigrationnistes »).

Autant le dire, les discours dits "responsables" sur l'immigration irrégulière et clandestine, notamment en provenance d'Afrique, nombre d'entre-nous les tenons aussi dans nos formations politiques, associations, et Familles respectives.

Est-ce pour autant que cela empêche(ra) des hordes de jeunes et moins jeunes de franchir les frontières les plus hostiles comme le Sahel, le Sahara, ou la méditerranée...vers un «eldorado européen» qui se révèle (souvent) un enfer et un point de non retour? Assurément pas.

L’Europe n'a pas (ou plus) le monopole de l'accueil ou du transit des migrants, et plus spécifiquement ceux qui viennent d'Afrique...Leur première destination est souvent dans le voisinage immédiat, du Sud vers le Sud....Ceux d'entre-eux qui parviennent néanmoins à franchir la méditerranée ne restent pas nécessairement tous en Europe...Les rapports internationaux confirment ces données.

Il n'empêche, nombre d'entre-nous - Français, Européens d'origine africaine - entendons fréquemment nos compatriotes se plaindre de ces «vagues de migrants africains» qui vont à rebours de la morosité économique qui prévaut sur le vieux continent. Les plaignants (certainement de bonne foi) savent-ils par exemple le nombre de portugais qui ont immigré en Angola ou au Mozambique ces dernières années? ou les flux financiers en provenance de ces pays africains qui ont été réinjectés dans l'économie portugaise depuis la crise économique en Europe? Nous pouvons en douter...

Après avoir été contraints de migrer vers d'autres ères géographiques (Amérique, Asie, Océanie), ce malgré notre nationalité française...nombre d'entre-nous avons aussi et surtout appris à relativiser sur les mouvements migratoires à l'échelle planétaire...Parce que la migration internationale n'est plus à sens unique, pour peu qu'elle l'ait réellement été. En effet au moment où Français, Espagnols, ou Italiens... se plaignent des vagues de migrants Africains...Les Australiens, les Américains, ou les Brésiliens pourraient en faire de même devant les milliers de jeunes et moins jeunes européens qui migrent vers ces pays, et choisissent parfois d'y rester en toute illégalité, occupant des emplois ou des positions auxquels pourraient tout aussi légitiment prétendre les nationaux.

Alors l'Afrique noire et les Africains, toujours responsables de tous les Maux de la France, de l'Europe? Certainement pas. 

En effet combien de ces jeunes migrants africains parfois bien formés ont été contraints à l'immigration, car placés devant un plafond de verre néo-colonial désespérément infranchissable dans leurs propres pays? Celui-là qui précisément leur aura fermé toute possibilité d'exercer des fonctions de responsabilité dans le secteur privé (celles généralement réservées aux expatriés), les cantonnant de fait à la précarité d'un secteur informel, ou les réduisant à la mendicité ...pour finir par les faire céder aux sirènes de l'immigration vers l'occident.

Autant de questions (entre-autres) qui mériteraient aussi d'être portées à l'attention de tous ces nombrilistes et souverainistes de tous bords, qui prospèrent en Europe ces derniers temps en désignant systématiquement les (migrants) africains comme les responsables de tous les maux économiques et sociaux dont souffre le vieux continent.

Je vous remercie

 Joël Didier Engo


Sur le même sujet:

1) Jeudi 10 juillet, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné les autorités françaises pour violation du droit au respect de la vie privée et familiale dans trois affaires:  http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/07/10/la-france-devra-mieux-traiter-les-demandes-de-regroupement-familial_4455154_3224.html

2) 23 000 migrants morts en 15 ans en tentant de gagner l'Europe: http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2014/07/09/amnesty-denonce-l-incalculable-cout-humain-de-la-politique-migratoire-de-l-ue_4453646_3224.html


 

dimanche 6 octobre 2013

Pape François : « Le naufrage de Lampedusa est une honte ! »

"Beaucoup d'entre vous ont été dépouillés par ce monde sauvage qui ne fournit pas d'emploi, qui n'apporte aucune aide, qui ne se soucie pas de savoir si les enfants meurent de faim, qui ne s'inquiète pas qu'autant de familles n'aient rien à manger" (...) ce monde "qui se moque qu'autant de gens fuient la pauvreté et la faim, fuient pour trouver la liberté et rencontrent la mort".

Dixit Pape François




300 morts et disparus, dont 155 personnes secourues. 

Paix à leurs âmes!


Lampedusa : après la compassion, le cynisme,

Par Carine Fouteau, Médiapart

 


jeudi 3 novembre 2011

Demande d'entrevue au Maire de Paris

Collectif de Soutien aux Migrants Tunisiens de Lampedusa à M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris

soutien.migrants.tunisiens.lampedusa@orange.fr

Paris le 03 novembre 2011


Monsieur le Maire,

Nous nous permettons de nous adresser à nouveau à vous, pour vous demander une entrevue, afin d’examiner au plus vite les solutions que vous pourriez apporter à une situation dont nous vous avons déjà informée à plusieurs reprises, notamment au printemps et à l’été derniers, et qui a pris ces dernières semaines une tournure dramatique.

Il s’agit du sort, selon nous indigne, qui est encore réservé en France et particulièrement à Paris, aux migrants Tunisiens en provenance de Lampedusa. Est-il besoin de rappeler, que ces derniers étaient dûment munis d’un «permesso» italien, qui leur avait été accordé par les autorités de ce pays et qui devait leur permettre, aux termes mêmes des accords de Schengen, de circuler librement et sans être constamment harcelés par les autorités policières dans les pays de l’espace Schengen, dont fait bel et bien partie notre pays.

Ces migrants auraient également dû être protégés et se voir proposer un accueil décent en vertu de l’accord signé entre les gouvernements français et tunisien en 2008, et qui prévoit l’accueil réciproque de 3500 ressortissants dans chacun des deux pays tous les ans.

Or, comme vous ne l’ignorez pas, ces migrants tunisiens se sont vus constamment privés depuis leur arrivée sur le sol français du droit à bénéficier de ces deux accords.

Ils se sont trouvés contraints de dormir dans des abris de fortune, voire à la belle étoile, alors que nous sommes au seuil de l’hiver. Et ceux qui n'ont pas été totalement découragés par la mauvaise volonté, voire l’hostilité qui leur ont été manifestées, se retrouvent aujourd'hui devant la perspective insupportable de devoir affronter les rigueurs de cette saison, dans les mêmes conditions indignes de précarité.

Ceci a abouti, vous le savez également, au drame affreux de Pantin où quatre de ces migrants tunisiens, ainsi que deux de leurs camarades égyptiens, sont morts brûlés vifs dans des conditions scandaleuses pour un pays qui prétend se poser en modèle universel des droits de l’Homme.


Nous ne pouvons pas croire que dans une grande capitale comme celle que vous dirigez, il ne serait pas possible de loger décemment quelques centaines de ces migrants qui attendaient légitimement beaucoup d’un pays dont les autorités avaient à plusieurs reprises proclamé urbi et orbi leur profonde sympathie avec la révolution tunisienne.

Nous connaissons, Monsieur le maire, les liens tout particuliers qui vous unissent à ce pays ami, voisin et si intimement lié à notre histoire.

Nous ne doutons pas que vous aurez à cœur de nous recevoir, de nous entendre et de nous proposer des solutions d’urgence pour que ces migrants, dont certains sont mineurs, ne soient pas contraints à affronter le froid et les intempéries, sans compter les autres dangers d'ordre sanitaires, sécuritaires inhérents à une telle situation.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien accorder à la présente, et en attendant que vous nous proposiez dans les meilleurs délais compatibles avec vos obligations, une date proche pour procéder à l’examen des solutions envisageables, nous vous prions de bien vouloir accepter, Monsieur le Maire, l’expression de notre plus haute considération.


Le Collectif de soutien aux migrants tunisiens de Lampedusa







Sur le même sujet: "Les migrants pris au piège de l’intérieur" Par Fabrice Tassel Liberation.fr


Rassemblement à l'initiative de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR) Mardi 9 novembre à 18h30, Place du Châtelet à Paris: "LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS EXIGENT DE LA DIGNITÉ"

lundi 24 octobre 2011

Compte rendu de la réunion du "Collectif de soutien aux migrants tunisiens de Lampedusa" du mardi 18/10/2011



Présent-e-s :

- Fabienne DEBARGE, association Nous Pas Bouger
- Joël Didier ENGO, association Nous Pas Bouger
- Mohamed MOHCHAH, collectif des jeunes tunisiens de Lampedusa
- Fatima BENOMAR, Parti de Gauche 11ème
- Frank LA BRASCA, NPA 11ème

Excusée :

- Hassiba MULLER, Europe Écologie les Verts 11ème

Nous nous sommes essentiellement réuni-e-s pour pré-organiser l'assemblée plénière, que nous avions acté de faire au mois de novembre

1) Salle :












L'assemblée plénière sur les migrants tunisiens se tiendra Le samedi 19 novembre, Maison des  Associations 8 rue du Général Renault 75011 Paris, de 14h00 à 18h00

2) Communication :

- Faire tourner l'info massivement dans nos réseaux associatifs, syndicaux, politiques ou autres (collectifs, responsables Migration des mairies d'arrondissements etc.) pour rassembler le plus de personnes autour de cette lutte.

- Nous vous encourageons, pour que le Collectif existe et soit identifié dans le mouvement social, de ne pas hésiter à le faire signataire des pétitions ou appels progressistes qui peuvent vous solliciter, en informant le collectif par mail et en respectant l'intitulé exact du Collectif.

"Collectif des Migrants Tunisiens de Lampedusa"
Courriel: soutien.migrants.tunisiens.lampedusa@orange.fr

- En attendant la réunion, Franck nous envoie bientôt un projet de demande d'entrevue avec le Maire de Paris Bertrand Delanoë pour qu'il daigne enfin offrir des solutions d'urgence (avant l'hiver) aux migrants dont nous avons pris les coordonnées cet été. Il faut le plus rapidement possible leur trouver des hébergements. d'urgence.

3) Proposition d'Ordre du jour de la Plénière :

- a) Premier tour de parole récapitulant le dossier : Contexte politique de l'arrivée des tunisiens de Lampedusa / Mobilisation du collectif / Revendications / Drame du décès des 6 migrants entrainant une revendication spécifique pour le logement d'urgence.

L'idée est de pouvoir brosser le Bilan, le contexte et les perspectives le plus efficacement possible au nouvelles et nouveaux arrivant-e-s en réunion, en particulier si nous avons des élu-e-s parmi nous.

- b) Donner la parole aux tunisiens si nous arrivons à en amener, ce qui est aussi un enjeu important de la plénière. Ils pourront nous récapituler l'état de leur insertion et de leur survivance en ce moment (ressources, activité, santé, logements provisoires, démarches pour les papiers)

- c) Acter une Coordination parisienne de soutien des migrants Tunisiens et les revendications définitives au court/moyen/long terme : Papiers, Logements, Accès au soin.

4) Confectionner une banderole :

Nous avions acté depuis les permanences d'été que nous confectionnerons une banderole. Reste à décider sur quel support et avec quels outils (imprimée, à la bombe, sur tissu, avec bois ? etc.) et à organiser un petit atelier : toutes les bonnes volontés seront les bienvenues.


Rédigé par Fatima Benomar

Sororalement,

Fatima-Ezzahra Benomar
Graphiste - Réalisatrice - Monteuse

http://fatima-benomar.com
http://fatimabenomar.wordpress.com
06 75 86 61 31

Site internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org

samedi 8 octobre 2011

Compte rendu de la Réunion de Mardi 04 octobre 2011



Participants:

Joël Didier ENGO, association Nous Pas Bouger
Mohamed MOHCHAH, collectif des jeunes tunisiens de Lampedusa
Fatima BENOMAR, Parti de Gauche 11ème
Claire-Lise MACÉ, étudiante journaliste
Frank LA BRASCA, NPA 11ème
Saint-Araille Anna, Indépendant
Challah MAHFOUD, Indépendant
Fabienne DEBARGE, association Nous Pas Bouger
Hamdi NASSIM, 9ème collectif des sans-papiers
Makki BERCHECHE, Indépendant

Excusée: Hassiba MULLER, Europe Écologie les Verts 11ème

I-Bilan de la mobilisation estivale menée par Frank, Joël, Mohamed, Hassiba et Fabienne

- Envoi aux autorités compétentes de la Plate forme de revendications pour les migrants Tunisiens Lampedusa, portant sur le respect des accords bilatéraux relatifs au séjour des Tunisiens en France, et de la Convention de Schengen.

- Distribution du tract de soutien aux migrants tunisiens Lampedusa

- Conception d'une affiche collée sur les principaux lieux de passage des Tunisiens à Paris, et distribuée aux commerçants

- Élaboration d'un guide d'informations utiles (sanitaires, repas, apprentissage du français, consulat, ASE...) pour les migrants Tunisiens.

- Tenue tous les vendredis de permanences de soutien et d'information des migrants, de 18h45 à 20h45, sur l'esplanade en face du Gymnase de la Fontaine au Roi, Métro Belleville ou Couronnes (http://nouspasbouger.blogspot.com/2011/08/compte-rendu-de-la-rencontre-avec-les.html)

II-Principales leçons tirées de la mobilisation estivale

- un isolement programmé du collectif dans un contexte d'abandon général des migrants à leur triste sort, du fait du peu d'entrain (de nombre de participants au collectif) à mettre réellement le pied à l'étrier

- un manque évident de relais syndicaux, politiques, associatifs...nécessaires à l’élargissement de la mobilisation

- une mobilisation difficile des migrants, due en partie à leur éparpillement après les différentes expulsions, dans l'indifférence manifeste de leur diaspora à Paris

- d'où la nécessité évidente de reformuler les objectifs du collectif, centrés sur l'organisation des migrants en véritable collectif de sans-papiers, partie intégrante de toutes les mobilisations existantes à Paris (sans-papiers, sans logis, précaires...).

III- Coordonner les différentes organisations et mobilisations en faveur des Migrants Tunisiens à Paris

À cet effet le collectif projette d'organiser à la Bourse du Travail : une assemblée ou réunion plénière des différentes organisations ou mobilisations des Migrants Tunisiens à Paris.

Cette réunion qui doit se tenir samedi 29 octobre a pour but de coordonner toutes les actions et initiatives prises en faveur de l'hébergement d'urgence (avant le début de l'hiver) et la régularisation de tous les migrants tunisiens lampedusa.

Nous soumettrons à cette occasion l'idée de créer une Coordination Parisienne des Migrants Tunisiens Lampedusa, dans laquelle les migrants Tunisiens seront membres de droit (le porte-parole de la coordination logiquement issu de leurs rangs) ; les autres membres (collectifs, syndicats, associations, partis politiques, diaspora tunisienne, indépendants..) ne servant que comme forces d'appoints dans les mobilisations, manifestations, négociations et formulations des revendications (hébergement d'urgence, régularisation...).

IV-Quelles suites juridiques et judiciaires à l'incendie de Pantin?

Suite à la proposition de Mohamed de «déposer une plainte» après la mort accidentelle de 6 migrants nord-africains (notamment Tunisiens) dans l'incendie d'un squat à Pantin le 28 septembre dernier, notre collectif (qui n'a aucune existence juridique) invite néanmoins les associations, formations et organisations membres, reconnues par la loi, à s'associer éventuellement à la plainte des parties prenantes en se portant partie civile.


Date de la réunion préparatoire de l'assemblée plénière: mardi 18 octobre, à partir de 19h00 au café "Le vieux Saumur"10, rue de Belleville  (salle du 1er étage), M° Belleville Tel. 01 47 97 70 08


Le Comité de Soutien des Migrants Tunisiens de Lampedusa


Site Internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org

jeudi 29 septembre 2011

INCENDIE D'UN SQUAT DE MIGRANTS À PANTIN OU QUAND L'IMMIGRATION IRRÉGULIÈRE A BON DOS

La fatalité n'y est pour rien: les 6 morts et blessés de Pantin sont d'abord des victimes d'un système cynique, xénophobe et barbare!














Une fois encore, des jeunes et des travailleurs migrants qui étaient venus dans notre pays pour tenter d'y chercher une vie meilleure comme c'est le droit de tout être humain ont trouvé la mort dans des conditions atroces.

Contrairement à ce qu'affirment déjà et vont tenter d'affirmer les représentants d'un gouvernement qui fait de la xénophobie son fond de commerce et des politiciens prétendument de "gauche" qui ont laissé soigneusement pourrir une situation qui aurait pu être réglée aisément, ce ne sont ni "l'immigration irrégulière" (les victimes étaient arrivés légalement en France) ni la fatalité qui sont à l'origine de ce drame atroce.

Ces jeunes, ces travailleurs sont d'abord des victimes d'un système cynique, xénophobe et barbare qui a délibérément décidé d'entretenir une stigmatisation institutionnelle des étrangers, sur fond d'injustices économiques et sociales en France.

En tant que Collectif, nous tenons avant toute chose à nous incliner devant la mémoire de ces victimes et à nous engager à tout faire pour que de telles horreurs ne se reproduisent plus JAMAIS.

Pendant cet été, le petit groupe que nous sommes a tenté d'alerter les autorités locales et nationales sur le sort indécent et injustifié qui était réservé à ces jeunes migrants.

Il n'a cessé en particulier de rappeler les autorités gouvernementales au respect des traités que la France a signés (accords de l'espace Schengen autorisant la circulation des migrants possédant un document d'entrée délivré par un des pays signataires, accord franco-tunisien de 2008).

Nous n'avons reçu aucune réponse ni des uns ni des autres. Car clairement, l'objectif était de faire traîner les choses au mépris des DROITS de ces jeunes et travailleurs.

On a même été jusqu'à les chasser manu militari sous «bonne escorte» de CRS, successivement du gymnase du 100 rue de la Fontaine-au-roi dans le onzième arrondissement de Paris (sous le prétexte de travaux de rénovation qui n'ont jamais vu un début de commencement); des locaux parisiens du parti-État du dictateur BEN ALI le «RCD» au numéro 36 de la rue Botzaris devenus une propriété de l'ambassade de Tunisie à Paris; puis de manière plus "douce" mais non moins barbare le 31 août dernier, du foyer "Aurore" dans le 8ème arrondissement, administré par l'association France Terre d'Asile.

Dès lors, l'hiver approchant et les conditions de survie devenant pour eux de plus en plus difficiles, comment s'étonner que ces jeunes aient été contraints de chercher refuges dans des squats insalubres et aux conditions d'hygiène et de sécurité désastreuse?

A qui fera-t-on croire que dans une capitale comme Paris, il est impossible de procurer des lieux d'hébergement décents à quelques centaines de jeunes pour leur éviter les intempéries et autres aléas de la rue?

TROP C'EST TROP!

Devant la tragédie qui s'est déroulée hier, les politiciens de tout bord doivent cesser leurs manœuvres hostiles et/ou dilatoires.

Nous en appelons à toutes les associations, syndicats, partis et indépendants se réclamant non seulement de la gauche, mais aussi de l'humanisme, ou mieux encore, de la simple humanité:

IL FAUT IMMEDIATEMENT que ces jeunes migrants reçoivent l'accueil auquel ils ont droit; que des papiers et des hébergements décents leurs soient délivrés sur le champ!

IL FAUT AUSSI que s'exprime avec force notre indignation et notre compassion pour ceux qui ont connu une fin atroce et digne d'un autre âge dans un pays qui se prétend la "Patrie des droits de l'homme".

Les jeunes tunisiens, légitimement choqués organiseront un rassemblement pacifique à Pantin vendredi 30 septembre 2011 à partir de 18h00 pour honorer la mémoire de leurs camarades morts ou blessés, devant le squat incendié.

Passage Roche - Métro Hoche (ligne 5).

SOYONS LES PLUS NOMBREUX POSSIBLES POUR ÊTRE À LEURS CÔTES ET RÉCLAMER QU'ON SATISFASSE AU PLUS VITE LEURS LÉGITIMES REVENDICATIONS

Paris, le 29 septembre 2011

Le Collectif de soutien aux migrants tunisiens de Lampedusa


Sur le même sujet:

"Drame de l’immigration près des ateliers Hermès", Lemonde.fr

Six morts dans l'incendie d'un squat à Pantin, Le Figaro.fr

Incendie du squat de Pantin : un survivant témoigne, Le Point.fr

Que sont devenus les migrants tunisiens?, Slate.fr


Site Internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org</

mercredi 28 septembre 2011

Tirer les leçons de la mobilisation insignifiante à Paris pour les migrants Tunisiens Lampedusa

Chers amis, camarades, et lecteurs












La dernière réunion de notre Collectif a été un échec: seuls deux membres étaient présents.

Cela est d'autant plus fâcheux et inquiétant que la situation des migrants de Lampedusa ne fait qu'empirer du fait des manœuvres dilatoires de la Mairie de Paris, du peu de réactivité des associations qui ont parfois reçu des aides conséquentes de la Ville de Paris pour traiter le problème, et bien entendu de la politique aux relents xénophobes du Gouvernement Fillon.

Les jeunes que nous avons vus tout l'été lors des permanences du vendredi (jeunes notamment mineurs dont certains ont sombré dans la délinquance et la mendicité, signe inquiétant de la détérioration de la situation) sont amers, découragés et très déçus par le mauvais accueil qu'ils ont reçu dans l'autoproclamée "Patrie des droits de l'homme".

Dans une telle situation et vu l'état très insuffisant de notre propre mobilisation en tant que Collectif, il est ESSENTIEL que nous tirions définitivement les leçons sur l'ampleur des difficultés et de notre action.

Prendre nos responsabilités

En effet, s'il devait s'avérer que nous n'avons pas les forces ni la volonté manifeste d'accentuer l'interpellation des autorités locales et nationales, afin de trouver de façon urgente une solution au problème qui nous occupe, qui va s'aggraver avec l'hiver, et la place prépondérante que vont prendre dans les mois à venir les considérations électorales à l'approche de la présidentielle; il faudrait que nous en tirions les conséquences en mettant en veilleuse notre Collectif, tout en continuant (comme le fait l'association Nous Pas Bouger) bien entendu à assurer éventuellement le suivi au cas par cas des migrants qui feront appel à nous pour tel ou tel problème spécifique.

Une autre option est celle qui a été opportunément suggérée par Fatima du Parti de Gauche (PG): à savoir organiser une réunion à la Bourse du Travail, en essayant d'impliquer dans la lutte les organisations syndicales, les associations de défense des sans-papiers, des mal logés et autres "sans", les partis politiques progressistes.

C'est ENSEMBLE que nous devons prendre la décision qui s'impose en fonction de notre appréciation objective de la situation.

Dans cette perspective, nous vous proposons de nous réunir

Mardi 4 octobre à 19h00 au café "Le vieux Saumur"10, rue de Belleville  (salle du 1er étage), M° Belleville Tel. 01 47 97 70 08

Inutile d'insister sur le fait qu'il est plus que souhaitable que chacune des organisations signataires du tract que nous avons distribué cet été soit représentée au moins par une personne.

Dans l'attente de vous rencontrer en cette occasion , nous vous prions d'accepter nos plus cordiales salutations

Le "Collectif des Migrants Tunisiens de Lampedusa"



Site internet de l'Association Nous Pas Bouger: http://www.nouspasbouger.org

dimanche 24 juillet 2011

TRACT DE SOUTIEN AUX MIGRANTS TUNISIENS À PARIS

SOLIDARITÉ AVEC LA RÉVOLUTION TUNISIENNE ! HÉBERGEMENT ET PAPIERS POUR TOUS LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS DE LAMPEDUSA !













Pendant plusieurs semaines, le gymnase du 100 rue de la Fontaine au Roi a accueilli des jeunes tunisiens provenant de Lampedusa.

Arrivés en France après la révolution, ces jeunes migrants vivent dans des conditions de précarité extrême dans l’est de Paris. Soumis au harcèlement quotidien de la police, ils en sont réduits depuis plusieurs semaines à errer entre le square de la Villette, le parc de Belleville ou des lieux d’occupation précaire (36, rue Botzaris ; 51, rue Simon Bolivar …) d’où ils ont été également expulsés.


Cette situation humaine dramatique concerne à ce jour plus de 500 jeunes contraints de vivre dans la rue !!!


IL FAUT UN HÉBERGEMENT ET DES PAPIERS POUR TOUS !


Nous, membres du Collectif de soutien aux jeunes migrants tunisiens de Lampedusa :


• Tenons à affirmer notre fraternité et notre solidarité active avec ces jeunes travailleurs tunisiens et, au-delà, avec la révolution qui a débarrassé la Tunisie du tyran Ben Ali et de sa clique.


• Considérons que le vaste soutien qui s’est exprimé en France à l’égard de la révolution tunisienne et plus largement des mouvements similaires qui ont touché de nombreux pays arabes et fait tache d’huile jusqu’en Europe et aux Etats-Unis, ne doit pas s’arrêter à de simples déclarations platoniques, mais se traduire en un grand mouvement de fraternité active envers ces jeunes et ces travailleurs.


• Exigeons par conséquent du gouvernement Sarkozy-Fillon-Guéant qu’il cesse sa politique d’obstruction administrative et de harcèlement policier et qu’il respecte, comme il y est tenu, les engagements internationaux contractés par la France, en l’occurrence la Directive européenne de juillet 2001 sur l’applicabilité de la protection temporaire, l’Accord franco-tunisien du 17 mars 1988 prévoyant l’accueil de 9000 migrants tunisiens par an sur le sol français, ainsi que les accords européens de l’espace Schengen. Aussi répressives et anti-démocratiques que puissent être ces dispositions à nos yeux, le gouvernement ne peut s’autoriser à les appliquer ou à les bafouer selon les circonstances, au gré de ses propres convenances et au mépris de la longue tradition d’amitié entre les peuples tunisien et français. Nous devons aujourd’hui assurer à ces migrants tunisiens arrivés légalement en France munis d’un document de séjour délivré par le gouvernement italien, la liberté de séjourner et de se déplacer, COMME C’EST LEUR DROIT, sur le territoire national.


• Demandons à la Mairie de Paris de ne pas se décharger sur le gouvernement et d’assurer à TOUS ces jeunes des conditions d’hébergement et de vie décentes dans des locaux appropriés qui ne peuvent manquer dans une grande capitale comme Paris.


• Dénonçons l’expulsion brutale et sans concertation, mais aussi sans aucune autre perspective des personnes installées dans un premier temps dans le gymnase de la Fontaine au Roi, à la demande du maire de Paris, alors même qu’il existe des lieux alternatifs.

• Nous étonnons que les bâtiments du 36 rue Botzaris, que le nouveau gouvernement tunisien a repris au parti du tyran Ben Ali, ne puissent être mis par lui à la disposition de ses propres ressortissants en détresse.


• Sollicitons des entrevues avec les maires des XIe et XIXe arrondissements ainsi qu’avec Mme Pascale Boistard, adjointe au Maire de Paris chargée de l’intégration et des étrangers non communautaires et M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris, afin de leur exposer ces revendications et envisager avec eux les moyens de les satisfaire dans les meilleurs délais.



ORGANISATIONS SIGNATAIRES:


NOUS PAS BOUGER – NOUVEAU PARTI ANTICAPTALISTE (NPA) 11E- LES ALTERNATIFS 11E – GROUPE DE SOUTIEN AUX JEUNES TUNISIENS DE LAMPEDUSA EUROPE ECOLOGIE LES VERTS (EELV) – ATTAC – PARTI DE GAUCHE (PG)


Où rencontrer les jeunes migrants? Parc de la Villette (M° Porte de le Villette) ; Face au 36, rue Botzaris ; Alentours du M° Couronnes


Où rencontrer les membres du Collectif? Tous les mardis de 18h30 à 18h45 M° Belleville, sortie n° 2 rue de Belleville


Comment contacter le collectif? soutien.migrants.tunisiens.lampedusa@orange.fr

Paris : des migrants tunisiens en grève de la faim, TV5

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jeudi 23 juin 2011

Ces "encombrants" Migrants Tunisiens de Paris...

Plate-forme de revendications pour les migrants Tunisiens Lampedusa, portant sur le respect des accords bilatéraux relatifs au séjour des Tunisiens en France, et de la Convention de Schengen
Proposé par Le Comité de Soutien des Migrants Tunisiens de Lampedusa

Après 23 interminables années de dictature du régime Ben Ali, le Peuple de Tunisie s'est révolté, n'a point faibli devant la répression brutale, et a fini par triompher de la barbarie le 14 janvier 2011 dans le sang et l'espoir des lendemains meilleurs.












300 morts, environ 700 blessés au compteur (1)....dans un pays exsangue, pillé et ruiné sans discontinuer par un dictateur et sa famille, soutenus à bout de bras par la France officielle

Depuis cette date, la Tunisie traverse une période d'instabilité révolutionnaire, marquée par le ralentissement économique, l'arrêt presque total du secteur du tourisme ( l'un des piliers de son économie) et de bien d'autres secteurs encore. Situation qui s'est aggravée du fait de l’interruption des échanges commerciaux avec la Libye (consécutive à la guerre), suivie d'un flot ininterrompu de réfugiés (estimés aujourd'hui à pas moins de 700.000 personnes, souvent originaires d'Afrique Subsaharienne).

La première et la principale conséquence en est l'explosion du chômage de 13% à 19% de la population active (2). Une situation chaotique qui pousse quelques milliers de jeunes Tunisiens à migrer en Europe, à la recherche de travail, afin de pouvoir aider les familles restées au pays. La majorité écrasante de ces jeunes est issue du Sud-Tunisien (de Gabes à Tataouine) qui, à l'instar de l'ouest de la Tunisie, a toujours subi une injustice flagrante sur le plan du développement humain, économique et social.

Débarqués à Lampedusa en Italie, ces jeunes Migrants Tunisiens décident de venir en France:

1. La France, Ex-puissance coloniale, principale partenaire économique de la Tunisie, Patrie des Droits de l'Homme où réside plus de 500 000 Tunisiens.

2. La France, qui a conclu des accords de coopération avec la Tunisie, dont l'Accord franco-tunisien du 17 mars 1988 (3) qui prévoit l’accueil sur le territoire français de 9000 travailleurs Tunisiens par an.

Étrangement, sans aucune concertation avec les nouvelles autorités Tunisiennes, ni le respect des quotas convenus, la France va empêcher par toutes les voies l'entrée des jeunes migrants Tunisiens sur son territoire. Pour ce faire elle s'opposera, par le biais des retraits de permis de séjour italiens, d'enfermement dans les centres de rétention, de remise en question des accords de Schengen...à ce que les jeunes migrants Tunisiens puissent se prévaloir de la moindre protection juridique.

Pourtant, les accords de Schengen permettent aux étrangers non communautaires munis de permis de circulation délivrés par un pays membre de l'espace (Permesso Italien par exemple), de pouvoir séjourner en France, et d' y entamer les démarches de régularisation administrative (pour les étrangers qui remplissent les conditions édictées par la loi française).













Un véritable acharnement sécuritaire contre les Jeunes Migrants Tunisiens, au moment où précisément la France revendique et affiche fièrement son soutien aux printemps arabes

C'est le triomphe du double discours: un réservé aux sommets internationaux (le G8 notamment), et un autre voulu «de grande fermeté» appliqué aux Jeunes Migrants Tunisiens. Il faut en priorité alimenter la confusion, l'incompréhension et le rejet de «toutes les formes d'immigrations» dans l'esprit des Français, y compris vis-à-vis d'une révolution tunisienne qu'ils ont, dans leur écrasante majorité, soutenue.

Une partie de l'opinion publique en France peut en effet être tentée d'approuver la «fermeté» revendiquée par le Gouvernement FILLON, à l'égard de ceux qu'il assimile confusément à des « migrants illégaux Lampedusa»; au moment précisément où la Tunisie vit une transition politique et sociale acquise de dure lutte.

Ces Français seraient de la sorte sciemment induits en erreur, par rapport à la période ou réalité révolutionnaire, qui peut effectivement s'accompagner de mouvements migratoires (de faible ampleur), en Tunisie comme en Europe de l'Est au lendemain de la chute du mur de Berlin en 1989. Car pour nombre de (jeunes) Tunisiens, se libérer du régime dictatorial de Ben Ali ne signifie pas uniquement disposer des libertés civiles et politiques; mais aussi pouvoir jouir du droit de choisir son destin, profiter de la « sacro-sainte» mobilité en France, en Europe, et ailleurs dans le monde...jusqu'ici restreinte à une petite caste locale de privilégiés, souvent franco-tunisienne pour la plupart, puis à tous les européens friands d'escapades dans les complexes hôteliers qui peuplent les plages de Tunisie.

Pourtant rien, absolument rien, si ce n'est un tropisme colonial, n'empêchera les Jeunes Migrants Tunisiens d'aujourd'hui de retourner volontairement en Tunisie, une fois que leur pays aura conforté son assise démocratique et économique. Sans attendre, nombreux sont ceux parmi eux qui optent actuellement pour cette voie, et se heurtent malheureusement au refus implicite de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) de leur délivrer une aide au retour adéquate.

La France et l'Europe... ne peuvent délibérément rater le train de l'Histoire Tunisienne et arabe deux fois de suite

Les Jeunes Migrants Tunisiens attendent de la France et de l'Europe, une compréhension et un soutien à la hauteur de l'Histoire contemporaine de leur Pays. Dans un contexte humanitaire exceptionnel, personne ne peut raisonnablement croire que la régularisation temporaire de quelques centaines d'entre-eux déclenchera un incontrôlable «appel d'air» des masses arabes et africaines.

Il s'agit de:

1. Régulariser tous les jeunes migrants tunisiens Lampedusa, en application de l'Accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié (dont Avenant du 19 décembre 1991, Accord sous forme d’échange de lettres relatif au régime de circulation des personnes, signé à Paris le 19 décembre 1991, Avenant du 8 septembre 2000, Accord-cadre du 28 avril 2008 article 2 du protocole...), et de la Convention de Shenghen

2. Accorder une aide au retour conséquente de l'ordre de 2000 euros à tous les jeunes migrants tunisiens Lampedusa désireux de retourner sans tarder en Tunisie

3. Offrir des conditions d'hébergement, de formation et de soins décents à tous les jeunes migrants tunisiens Lampedusa désireux de séjourner en France

Parmi les signataires:

Association Nous Pas Bouger, ATTAC 11, Groupe de Soutien aux Jeunes Tunisiens de Lampedusa, Le Parti de Gauche Paris 11, Le Front du 14 janvier, Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) 11ème, Europe Écologie les Verts 11ème


Les sources:

1) Rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, Juan Méndez, 14 mai 2011
2) Ministre tunisien de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Saïd Aydi. 05 Avril 2011
3) Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI)
http://www.gisti.org/spip.php?article469;
Voir en ligne : pdf/Accord_franco-tunisien_mis_a_jour.pdf

Document:L’Europe vacille sous le fantasme de l’invasion tunisienne
Missions d’observations de l’Anafé et du Gisti à la frontière franco-italienne, avril 2011


Le Parlement opposé à la réintroduction de contrôles aux frontières

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Sur le même sujet :

#Botzaris36, la twitt-campagne pour les migrants tunisiens, Liberation.fr


Migrants interpellés à Paris : "J'avais entendu parler de liberté", Nouvelobs.com


36 Botzaris : contre les Tunisiens, une « politique de maltraitance », Rue 89

jeudi 16 juin 2011

Création d'un Comité de Soutien des Migrants Tunisiens de Lampedusa

Traversées. De Tunisie aux rues parisiennes. http://www.cimade.org



À l'initiative de personnes et d'organisations de bonne volonté, un Comité de Soutien des Migrants Tunisiens Lampedusa existe depuis le 31 mai, et se réunit tous les Mardi à partir de 18h30, dans un lieu mis à la disposition par l'un des participants; à défaut au café "Thé Troc" situé au numéro 52 de la rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11ème.

















Parmi les participants:


l'association Nous Pas Bouger,
le collectif des jeunes tunisiens de Lampedusa,
les membres du Front du 14 Janvier-Paris,
le Parti Socialiste 11ème,
le Parti de Gauche 11ème,
Europe Écologie les Verts 11ème,
le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) 11ème,
ATTAC Paris 11,
les Alternatifs,
des Indépendants.

Les missions:

1. Renouer le fil du dialogue avec la Mairie de Paris en vue d'assurer l'hébergement de tous les jeunes migrants tunisiens Lampedusa

2. Trouver d'urgence une solution pérenne pour les plus jeunes d'entre-eux, notamment tous les mineurs

3. Coordonner les diverses initiatives et aides

4. Suivre et accompagner à l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII), les migrants Tunisiens demandeurs d'une aide au retour

5. Mettre en place avec les organisations et associations, un collectif de régularisation administrative de tous les Migrants Tunisiens Lampedusa, qui veulent rester en France

6. Rédiger à l'adresse des autorités et institutions françaises, une plate forme de revendications en faveur de tous les Migrants Tunisiens Lampedusa; portant notamment sur le respect des accords bilatéraux entre la France et la Tunisie relatifs au régime de circulation des personnes dans l'espace Schengen, le montant de l'aide au retour, les conditions d'hébergement; puis la réalité des prestations assurées par les associations subventionnées par la Mairie de Paris dans le cadre de l'aide d'urgence aux Migrants Tunisiens.


Toutes les bonnes volontés y seront toujours les bienvenues!

E-mail: soutien.migrants.tunisiens.lampedusa@orange.fr

Tél.: 06 37 92 39 41

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Informations récentes:

Trente Tunisiens sur le carreau après leur expulsion de l'ancien siège du parti de Ben Ali