mardi 22 janvier 2013
Records d'explusions des étrangers sans-papiers", une vieille mystification politicienne.
Pour un ministre de l'intérieur qui nous a annoncé la "fin de la politique du chiffre" à son arrivée Place Beauvau, ce triste "record" (36.822 sans-papiers expulsés en 2012) serait peut-être une autre mystification....
Mais cette fois-ci, celle de la Gauche au ou de Pouvoir!
Il révèle surtout une vision très rétrograde et assez datée de la maîtrise des flux migratoires en pleine mondialisation, qui donne l'impression (peut-être erronée) de se concentrer uniquement sur une sanctuarisation du territoire hexagonal, ignorant superbement cette inévitable mobilité internationale qu'elle continuera hélas à subir.
Mais bon, nous sommes bien en France, pays où le fantasme sur "l'envahisseur étranger" n'est ni de gauche ni de droite.
C'est d'abord un tropisme colonial.
Joël Didier Engo
mercredi 27 juin 2012
Immigration:faut-il une Lepénisation des Esprits pour garantir la continuité de l’État?
Il n’empêche, assurer l’opinion publique française sur l’inflexibilité du Gouvernement à l’égard des étrangers, voire de ceux qui sont perçus ou vus comme tels, est devenu un impératif politique, y compris lorsque l’espoir d’une «régularisation massive» a peu effleuré les étrangers vivant dans notre pays pendant la campagne présidentielle, et après l’élection de François Hollande à la Présidence de la République.
Il faut d’abord nous rassurer, puis nous protéger contre l’immigration
Le ministre de l’intérieur est ainsi dans le rôle qui lui est assigné par la lepénisation rampante: celui de nous rassurer, et nous protéger, contre les risques d’invasion des hordes d’affamés venus d’Afrique noire, du Maghreb, d’Asie, ou d’ailleurs; en chiffrant (sans forcément l’assumer) le nombre de ceux qui seront autorisés à séjourner sur notre territoire, et celui de ceux qui devront être reconduits hors de nos frontières chaque année.
Indéniablement la politique du chiffre a encore de belles années devant elle. Même si l’étranger est aussi en droit d’attendre de notre Gouvernement, quel qu’il soit, le respect scrupuleux de la légalité internationale relativement à :
- ses conditions d’accueil;
- de délivrance de visas et titres de séjour;
- de lutte intraitable contre les préjugés racistes et xénophobes, les discriminations au faciès; celles-là qui précisément, permettent souvent d’assimiler les français issus de la diversité aux étrangers clandestins ou sans-papiers.
Espérons que Manuel Valls saura s’en saisir!
Par Joel Didier Engo
Lire aussi: "Régularisations : comment le cas par cas est devenu la norme", Par PAULINE MARTINEAU, Liberation.fr
Rétention des enfants, l’exception, par MICHEL HENRY, Libération.fr
Cecilia Malmström, commissaire européenne aux affaires intérieures : "l'immigration sera nécessaire pour l'Europe"
Pour information: "Économie: l’immigration commence à reprendre", Rapport de l’OCDE sur Les Perspectives des migrations internationales 2012
dimanche 22 janvier 2012
Baisse annoncée de l'immigration liée au travail en France...Mais à quelle fin?
Est-ce pour autant que les français pourront systématiquement remplacer les étrangers non régularisés dans les emplois supposés vacants? pas si sûr...en l'état actuel du marché du travail en France, en tout cas.
Précisément parce que les odieuses "associations" en charge de l'accompagnement des étrangers dans les Préfectures de France (comme la notre), constatent de manière flagrante sur le terrain, le remplacement progressif des titres de séjour avec autorisation de travail par des récépissés renouvelables tous les trois à six mois (souvent sans autorisation de travail); permettant ainsi aux employeurs de conserver jalousement leurs «bons travailleurs immigrés», sous le couvert de "dossiers de régularisations" en perpétuel renouvellement.
Serait-ce une manière pragmatique pour certains d'entre-eux de se montrer «coopératifs» envers une politique «sécuritaire» qu'ils n'approuvent pas forcément; et de légitimer bien malgré eux la grande croisade menée par monsieur Guéant contre l’immigration dite légale en France?
Mais face à la multiplication des régularisations de travailleurs étrangers sans autorisation de travail, on peut craindre que l'obsession du chiffre en matière de maîtrise (légitime) des flux migratoires vire progressivement en grande fabrique d'esclaves des temps modernes; les travailleurs étrangers étant simplement plus corvéables à merci que jamais, et ne pouvant plus se réclamer du moindre droit du travail.
Certains "reacts" identitaires s'en délecteront certainement le temps d'une campagne électorale (présidentielle, puis législative). Mais qu'adviendra-t-il après, des conditions générales de travail en France?
Je vous remercie
Joël Didier Engo
Sur le même sujet:
Guéant, la civilisation du dérapage, liberation.fr
lundi 16 janvier 2012
Douce France, cher pays des expulsions?

Inévitablement on voit fleurir comme toujours dans les forums des réactions aussi stupides que réactionnaires, sur ces désignés "étrangers vivant uniquement des allocations"; qui accuseraient (comble de l'ingratitude!) injustement la "Douce France" de toutes les horreurs, voire de la pire terreur policière.
Dans ce qui fût autrefois un État revendiqué de droit, la "Patrie" auto-proclamée "des droits de l'Homme", peu de personnes s'inquiètent visiblement de l'illégalité grandissante dans certaines expulsions; notamment celles qui ressemblent étrangement à des formes de déportations humaines. En effet il semblerait que l'expulsé du jour serait rentré en toute légalité en France en 2005 (avec un passeport français), y aurait continuellement séjourné depuis aux côtés de proches (beau-père, mère, frère...) tous de nationalité française, et ne serait plus lui-même qu'un habitant de France "d'origine camerounaise".
De cette illégalité florissante dans les expulsions d'étrangers et assimilés, pas grand monde ne s'en inquiète!
Pourtant si tenté que la police française se charge d'expulser ou de déporter tous les français d'origine étrangère, ou leurs proches, vers leurs lointains «pays d'origine»...La France en perdrait vraisemblablement une part non négligeable de ses citoyens (parfois les meilleurs d'entre-eux): dans son élite politique, intellectuelle, économique, littéraire et artistique.
Gardons donc espoir que ce soit précisément à partir de telles expulsions forcées de personnes d'origine étrangère, que se fasse la nécessaire prise de conscience générale sur la déraison ou l'absurdité d'une politique du chiffre en matière d'expulsions.
Car progressivement peu d'entre-nous resterons à l'abri, de «gré ou de force»!
Joël Didier Engo
Sur le même sujet: Immigration, cinq ans d’offensives, Par LIBÉRATION.FR

