Dans quelques années les enfants du monde entier apprendront dans les
manuels d'histoire que le rêve de Martin Luther King a définitivement
été rendu possible par un talentueux métisse du nom de Barack Obama (de
mère blanche américaine et de père noir Kényan de confession musulmane),
dans la continuité des sacrifices consentis dans la lutte des droits
civiques par nombre de femmes et d'hommes de couleur de ce grand et beau pays que sont les États-Unis d'Amérique.
Non seulement Barack Obama a su leur faire honneur. Il a rempli ses
engagements comme rarement d'autres ne l'avaient fait avant lui,
redonnant à tant d'enfants et petits enfants de couleur des raisons de
croire en leurs rêves, et de ne plus jamais penser qu'ils ne sont pas à
leur portée en Amérique à cause de leur origine raciale.
Merci Monsieur
Apprendre désormais à penser le monde sans les États-Unis d'Amérique, le défi que nous pose Donald Trump. Nous devrons et pouvons le relever
En effet pour la première fois certainement depuis 1945 nous sommes appelés à changer de paradigme dans les relations diplomatiques et
économiques internationales: donner la priorité au reste du monde par
rapport aux États-Unis d'Amérique, en parler le moins possible sinon
pas, et envisager la prospérité mondiale indépendamment ou détachée du modèle et de la locomotive américaine.
Le défi est alléchant et largement à notre portée aujourd'hui.
La volonté de Barack
Obama de rendre chacun (l’adversaire compris) meilleur afin de l’être
soi-même mérite d’être reconsidérée - quoi qu’on pense de son bilan.
On est tellement consterné de l’arrivée de Donald Trump à
la présidence des Etats-Unis qu’on en oublie le plus triste : les
adieux de Barack Obama, auxquels ce maître inégalé de la parole publique
a su donner toute la solennité et la force d’espoir de son élection
de 2008. «Four more years» («quatre ans de plus») scandait la
foule à Chicago (retour aux sources) la semaine dernière, à quoi le
Président a répondu par un message d’union, rappelant que le passage du
pouvoir - peaceful transfer - d’un président au suivant est un
fondement de la démocratie américaine. La très grande correction de son
comportement avec Donald Trump, lequel de son côté avait multiplié les
attaques racistes, lui réclamant son certificat de naissance, exprime
cette volonté de toujours devenir meilleur, et la nation avec lui, et le
monde ; et c’est la Terre entière qui est affectée de son inévitable
départ, exactement et symétriquement comme son élection, alors, avait
soulevé l’enthousiasme et l’espoir - pas seulement aux Etats-Unis.
Barack Obama président, cela signifiait que la plus importante
fonction des Etats-Unis et (à l’époque) de la planète allait à un Noir,
comme un premier rééquilibrage d’une injustice millénaire, globale et
radicale, et spécifiquement une réparation de l’esclavage, qui avait
déjà divisé l’Amérique si violemment dans son histoire. Le philosophe
Stanley Cavell écrivait alors dans sa préface française de Qu’est-ce que la philosophie américaine ? : «L’extase
: celle de réaliser ce fait solennel que ma nation, couturée d’immondes
cicatrices mais pleine d’une aspiration folle, a élu un homme noir -
cet homme noir - pour être son président. […] Pour moi (et pour tant
d’autres), le sentiment que l’Amérique vit dans la malédiction et les
vestiges de l’esclavage revient périodiquement m’envahir. La malédiction
est désormais levée. Ce qui reste à présent est la tâche ordinaire,
quotidienne, d’établir la justice, la liberté et la protection sociale,
tout ce à quoi notre Constitution donne un nom, dans son appel initial
et décisif à "une union plus parfaite".»
Dans son dernier discours de Chicago, Barack Obama rappelle qu’il n’a jamais cru à une Amérique «postraciale» : «La race demeure un facteur puissant de division.» L’union
est bien ce que Barack Obama continue à prôner, et ce qu’il a toujours
fait, y compris dans une politique qu’il a voulue non clivante, refusant
d’être le président des Noirs américains. Beaucoup lui en ont voulu de
se contenter du symbole et d’avoir aussi bien pleuré les policiers
blancs que les innombrables victimes de massacres racistes. Aux jeunes
militants de Black Lives Matter qui ont refusé pour ces raisons de se
rendre à son invitation à la Maison Blanche Barack Obama répondait
il y a quelques mois, dans un discours à Howard University que
l’autosatisfaction de la «pureté morale», la passion d’avoir raison,
n’était pas un instrument de progrès. Dès le départ, il a cherché le
compromis, évité de raciser sa présidence. Certes, c’était pour éviter
un White backlash (un «retour de bâton blanc»), mais c’est bien
ce qui arrive aujourd’hui. Mais surtout pour respecter et incarner cet
idéal d’union, ne jamais nous priver, par «cynisme», de possibilités de
progrès.
C’est du même esprit que relève la minisérie remarquable, tant cinématographiquement que politiquement, Inside Look: The People v. O.J. Simpson, American Crime Story,
qui revient sur l’acquittement traumatique d’un sportif riche et
célèbre par un jury revanchard, aidé par le racisme de la police et un
système judiciaire tordu pour une fois cyniquement inversé en faveur
d’un Noir. Récemment primée aux Golden Globes, cette œuvre a la force de
mettre au jour les effets d’une rupture profonde, celle que
Barack Obama a voulu commencer de réparer. A la fin de la série,
l’adjoint de la procureure, Christopher Darden, accuse l’avocat de
O.J. Simpson, Johnnie Cochran : rien n’aura changé pour les Noirs après
le verdict. On retrouve un des acteurs noirs, Sterling K. Brown - il
interprète Darden -, dans This Is Us (sur NBC et Canal +) qui
présente dans une double temporalité narrative l’histoire d’une famille
multiraciale (avec l’adoption d’un nouveau-né très noir dans une famille
très blanche) travaillant à être ensemble sans déni des difficultés et
injustices. C’est ce perfectionnisme du président sortant, cette volonté
exprimée encore à Chicago de rendre chacun (y compris l’adversaire)
meilleur, afin de l’être soi-même, de maintenir l’exigence morale et
l’union, qu’on se doit de respecter - quoi qu’on pense de son bilan. La
question est alors de savoir comment le respecter.
Lors de la cérémonie des Golden Globes, la star Meryl Streep a
exprimé avec talent tout le dégoût, plus exactement la douleur qu’elle
éprouve à l’idée de voir à la place du président quelqu’un qui s’est
moqué d’un handicapé en l’imitant dans un discours politique. Nombreux
sont les exemples de propos répugnants de Donald Trump, mais Meryl
Streep a voulu indiquer, par ses larmes, à quel point ils atteignaient
quelque chose de fondamental dans l’humanité - au-delà de sa proverbiale
«vulgarité», de son programme égoïste destructeur de la planète, et de
ses mensonges éhontés. Donald Trump s’en est pris aussi durant sa
campagne à Khizr et Ghazala Khan, parents pakistano-américains d’un
soldat mort en Irak ; il s’est moqué sur Twitter il y a quelques jours
du député John Lewis, 76 ans, vétéran des luttes pour les droits
civiques (John Lewis était à la marche de Selma il y a cinquante ans),
qui a annoncé sa décision de boycotter la cérémonie d’investiture ce
vendredi. C’est une façon de manifester son respect, mais aussi le nôtre
à toutes et à tous, à Barack Obama.
Cette chronique est assurée en alternance par Sandra Laugier, Michaël Fœssel, Anne Dufourmantelle et Frédéric Worms.
Un dîner en ville avec OBAMA
qui en dit long sur l'ambivalence assumée de la classe politique
française à l'égard des minorités visibles dans leur pays. OBAMA devrait
y réfléchir...
Purement anecdotique peut-être, mais aussi symptomatique du double
visage ou double langage d'une certaine classe politique française
devant la diversité française.
C'est vrai personne ne résiste au magnétisme du premier président
noir américain, même 07 années après son arrivée à la Maison blanche.
Cela fait encore "In" de s'afficher dans un dîner avec Barack OBAMA,
qu'avec Vladimir Poutine ou Xi Jinping... même quand ces derniers
séjournent aussi au même moment à Paris et tant d'autres encore de leurs
homologues étrangers....
Un dîner ou une photo avec OBAMA, ça ne se refuse pas...bien-sûr.
Mais au-delà du symbole et des apparences, creusons un peu...et
interrogeons-nous sans instruire quelque procès que ce soit, sur cette
curieuse classe politique française si prompte à saluer l'émergence
politique d'un homme de couleur aux États-Unis d'Amérique, quand elle
fait tout, je dis bien tout - en dépit des beaux discours - pour
empêcher et freiner la promotion des hommes de couleur aux plus hautes
responsabilités exécutives et politiques en France. Pourtant cela serait
un horizon pour tant de jeunes des quartiers difficiles...
Les concernés auront vite fait de me répliquer: "la France n'est pas l'Amérique",
et les femmes issues de la diversité y semblent davantage tolérées dans
notre arène politique que leurs semblables masculins. Pourquoi?
"Vous savez ....les femmes, elles ne feraient de "mal à personne",
alors que les hommes (noirs, arabes, asiatiques...) qui sait???...Ils
représentent encore dans un certain inconscient politique une espèce ô
combien dangereuse, qu'il faudrait d'abord dompter - voire domestiquer -
en s'y tenant de préférence à distance, à très bonne distance."
Précisément parce qu'on ne sait jamais...L'infiltration de la classe
politique française par DAECH pourrait aisément passer par eux...Comme
ces réfugiés et migrants syriens parmi lesquels se seraient infiltrés
des terroristes.
Ah ces cliches et préjugés réducteurs, il n'y a pas pire poison pour la démocratie et la cohésion nationale.
Quoiqu'on
dise des États-Unis d'Amérique, malgré la prévalence de la question
raciale, ils sont à ce jour un des rares pays au monde capable d'avoir à
sa tête un descendant d'Africain noir, assumant parfaitement ses
origines; à l'égard duquel il ne viendrait (plus) à aucun de ses
concitoyens de questionner son attachement à son pays à la fin de son
second mandat présidentiel.
Tellement son bilan en faveur d'un plus grand rayonnement des États-Unis plaide pour lui.
L'ancien Premier Ministre Dominique de Villepin appelait en son temps cette forme caractérisée de pensée unique: "le patriotisme économique".
Il faut juste observer que pour les nombreux nombrilistes et
souverainistes de tous bords qui peuplent notre hexagone de nos jours,
le protectionnisme ne peut et ne doit être qu'à sens unique, autorisé
uniquement pour la France et au grand bonheur des Français...tant dans
sa relation paternaliste avec ses anciennes colonies, que dans les
partenariats économiques et financiers qu'elle est obligée de nouer avec
d'autres entités ou grands ensembles économiques.
C'est la dure loi de notre monde intégré.
La presse et les hommes politiques français ont ainsi beau jeu de dénoncer le "French bashing" qui prévaudrait contre la BNP aux États Unis d'Amérique. Curieusement ladite «Haine de la France»
(nous dit-on) n'existe que lorsque d'autres pays "partenaires et amis"
plaquent à notre pays le respect des "normes et règles
locales"...Celles-là même qui autorisent par exemple une vulgaire chef
d'agence BNP de Paris (Place des Pyrénées dans le 20 éme arrondissement,
pour ne pas la citer) de s'opposer un bel après-midi de mardi 03 juin
(en hurlant), à l'ouverture d'un compte professionnel à une entreprise,
vraisemblablement à cause du faciès des associés ...tout en s'abritant
derrière l'outrecuidance qu'un des deux partenaires a précédemment eu de
poursuivre, puis de gagner en France un procès dans le litige
commercial qui l'a opposé à la BNP.
C'est aussi cela l'autre visage du souverainisme économique et financier Français!
Alors oui les sanctions qui menacent la BNP aux États-Unis sont disproportionnées et anticoncurrentielles.
Il n'empêche qu'elles viennent réveiller chez nombre d'entre-nous (les
éternels sans voix, souvent venus de loin) ces mauvais démons des
humiliations et discriminations dans «l'accès au crédit»
par exemple, très répandues au sein du réseau bancaire Français à
l'égard de celles et ceux qui ne peuvent malheureusement pas s'appuyer
sur les mêmes groupes d'influence politique, médiatique, ou
financier...que la BNP dans ce différend avec l'autorité de régulation
américaine.
La
ré-élection de Barack OBAMA à la Présidence des États-Unis d'Amérique
m'amène à reproduire ce billet hélas toujours d'actualité, que j'avais
précédemment publié le 18 décembre 2008 dans lemonde.fr: http://enjodi.blog.lemonde.fr
Quel pourrait bien être l'apport des classes préparatoires,
des grandes écoles françaises, aujourd'hui des «emplois d'avenir » pour
les minorités dites visibles en pleine mondialisation???
La classe politique française penserait-t-elle
toujours, qu'au moment où les instances académiques françaises attirent
de moins en moins les étudiants étrangers; que les grandes écoles
françaises paraissent cruellement anachroniques à la globalisation....;
l'unique dessein des minorités dites visibles de France ou de leurs
enfants consisterait à intégrer «les classes préparatoires de mise à niveau »
et les «internats d'excellence» sous Nicolas SARKOZY, «les emplois
d'avenir» avec François HOLLANDE...; pour terminer par se heurter comme à
l'accoutumée au "fameux plafond de verre"(1) à la fin de leur parcours
d'excellence; celui-là même qui empêche nombre de femmes et d'hommes
noirs, arabes maghrébins et asiatiques d'accéder aux responsabilités
politiques et exécutives en France???
Le véritable conseil que l'on pourrait humainement prodiguer à tout
jeune français d'origine étrangère aujourd'hui (quand il le peut
bien-sûr), c'est qu'il commence tôt, pendant sa scolarité, à regarder du
côté des instances académiques étrangères, notamment anglo-saxonnes.
Parce que la probabilité reste cruellement forte qu'il y trouve plus
facilement le salut professionnel et social.
Pour dire vrai, la France ne respecte ses minorités dites
visibles que quand elles s'expatrient à l'étranger, quand elles "la
quittent" et trouvent une place hors de ses frontières...
Et comble d'ironie, ce n'est qu'une fois au service de pays ou d'entreprises étrangères:
que l'élite de France semble se rappeler au bon souvenir de ces "filles et fils d'immigrés" qui s'expatrient à l'étranger;
qu'elle réalise combien elle a rejeté leurs parents et les a
stigmatisés, occultant sciemment au peuple de France les opportunités
d'ouverture et de compétitivité économiques générées par la diversité
culturelle.
Mais, l'on peut craindre que le temps perdu sur le terrain des
discriminations sociales et/ou raciales soit difficilement rattrapable
en ces temps de globalisation économique et financière.
Car, contrairement aux autres grandes démocraties occidentales, le mal trouve sa racine dans une vieille mentalité néo-coloniale et rétrograde
en France. Il appartient donc à chaque français de le rejeter
individuellement, et à la France de changer collectivement.
En effet la
patrie des droits de l'Homme souffre d'un profond tropisme colonial
qui l'amène à porter uniquement un regard compassionnel sur une
problématique ô combien républicaine: l'absence criante de
représentativité sociale, économique et politique des minorités dites
visibles.
Le reste du monde n'attendra pas indéfiniment que la France veuille
bien s'administrer une thérapie de choc contre ce racisme
institutionnalisé. Les Français issus des minorités aussi...
1) Le plafond de verre est une expression qui désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes.
Certains africains à Paris, Washington, ou Londres ne seraient-ils pas entrain de se tromper de combat et d’adversaire(s)? Le colon du 21éme siècle ressemblerait-il nécessairement à celui qu’ils dépeignent à longueur de manifestations et sites communautaires? un curieux mélange des Présidents de France, des États-Unis d’Amérique, ou du Premier Ministre Britannique…coiffés des moustaches d’Adolf Hitler, sous la bannière de l’ONU qui aurait autorisé «le massacre des indigènes nationalistes» en Côte d’Ivoire, en Libye, au Cameroun…
C’est à ne plus rien comprendre à la lutte contre le colonialisme, l’impérialisme…
Car comment déceler la moindre motivation (légitime) chez ces “africains” visiblement très mal dans leur peau en occident? sans y voir précisément une excessive propension à la victimisation coloniale, à une forme d’irresponsabilité sociale et politique…qui permettent à juste titre aux uns et aux autres, de jouir uniquement des avantages socio-économiques induits par ces sociétés occidentales, tout en brandissant à tout vent le noble combat livré autrefois en Afrique par nos ancêtres respectifs contre l’impérialisme occidental.
Comme on dit familièrement, certains semblent vouloir le beurre, l’argent du beurre et la crémière occidentale en même temps. Il faut d’ailleurs leur reconnaître un certain succès dans la propagande anti-occidentale, à coup de chantage sur les multiples crimes non élucidés qui jalonnent notre Histoire collective.
Pourtant le temps est venu d’accorder à nos vaillants ancêtres et «tirailleurs» un repos bien mérité et éternel
Ils ne pourront en permanence être déterrés de leurs tombes pour venir justifier la perpétuation dans le sang et la fraude électorale des dictatures en Afrique, l’égocentrisme caractérisé de tel ou tel citadin se revendiquant (d’abord) africain à Paris, Washington ou Londres… dans ce qui doit relever d’actes de savoir vivre en collectivité: attendre patiemment son tour dans une file devant une administration, ne pas monopoliser la place dans un transport en commun ou une partie commune, ne point indisposer le public par une conversation téléphonique très intime…
Des écarts de conduite politiques et personnels (souvent très localisés) qui ne sont évidemment pas propres aux africains à Paris, Londres ou Washington, mais agissent malheureusement comme un effet grossissant et repoussoir face à la vitesse stupéfiante de la circulation de l’ information, des clichés et des images de notre temps.
En effet la mondialisation fragilise singulièrement la posture de l’éternelle victime coloniale de l’occident, notamment auprès des femmes et des hommes installés en occident, et qui partagent l’essentiel des préoccupations avec lui. Le risque d’être rapidement démasqués, comme de véritables usurpateurs et imposteurs de la lutte anti-coloniale, s’accroit d’autant.
D’où la nécessité de prendre garde à ne pas devenir les otages de nos propres contradictions.