Affichage des articles dont le libellé est minorités visibles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est minorités visibles. Afficher tous les articles

samedi 25 mars 2023

Les BRAV-M, une milice motorisée des forces de police affectée à semer la terreur en ville

 Les Brav-M....cette milice motorisée des forces françaises de sécurité, affectée à la répression brutale et systématique des manifestants...voire de simples passants


 
Ils patrouillent de jour et de nuit ces dernières semaines à Paris, semant véritablement la terreur chez les passants, car pas à l'abri d'une interpellation voire d'une ratonnade au faciès.

Ceux d'entre-nous qui ont échappé à leur mode opératoire lors des manifestations lycéennes et étudiantes de 1986, où Malik Oussekine a trouvé la mort, sont à jamais marqués.

Leur remise en service traduit une régression liberticide en France sous les trois dernières présidences (Sarkozy, Hollande, Macron).

Surtout redoublez  de vigilance et de prudence, notamment quand vous êtes de couleur...Parce que vous représentez sans le savoir des proies idéales pour ces brutes, car susceptibles d'être traqués, réprimés et même tués en toute impunité.

Cela participe malheureusement d'un racisme systémique.

 




Quand une équipe des BRAV-M dérape au cours d’une interpellation : « Je peux te dire qu’on en a cassé, des coudes et des gueules »

Dans un enregistrement sonore que « Le Monde » s’est procuré, plusieurs policiers des brigades de répression de l’action violente motorisées, dont l’action est de plus en plus décriée, menacent et intimident sept jeunes gens interpellés dans la nuit du lundi 20 mars. A cette occasion, un jeune homme a été frappé à deux reprises.

Par

Le Monde, Vendredi 24 mars 2023
Une unité des brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV-M), déployée lors de la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris, le 23 mars 2023.

La séquence dure plus de vingt minutes, enregistrée discrètement par un membre d’un groupe de sept personnes interpellées, lundi 20 mars, à l’angle des rues des Minimes et du Béarn, dans le 3e arrondissement de Paris. Entre commentaires à caractère sexuel, gifles, menaces et vantardises, ce document sonore, que Le Monde a pu authentifier, jette une lumière crue sur le comportement de fonctionnaires, en contradiction totale avec les règles déontologiques autant qu’avec la loi.

Ce soir-là, plusieurs dégradations ont été commises dans les environs au cours d’une nouvelle nuit de protestation contre le recours, jeudi 16 mars, à l’article 49.3 par le gouvernement pour faire adopter sans vote la réforme des retraites. Appelée pour procéder à des interpellations d’émeutiers, qui ont pris l’habitude, depuis plusieurs jours, de se disperser par petits groupes et d’incendier des poubelles – les affrontements directs avec les forces de l’ordre sont plutôt rares –, une unité des brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV-M) parvient à appréhender une demi-douzaine de jeunes gens, sans qu’il soit permis d’établir, pour le moment, leur participation aux incidents.

Une photo, prise sur l’instant, montre une quinzaine de fonctionnaires, reconnaissables notamment à leurs casques de moto blancs, dans leur tenue habituelle qui emprunte autant à l’uniforme de « Robocop » des CRS qu’à l’équipement de n’importe quel motard. Cernant plusieurs jeunes assis sur le trottoir, le dos à la devanture d’un commerce désaffecté, plusieurs de ces fonctionnaires se laissent aller à des propos et des attitudes susceptibles de poursuites pénales, en particulier contre un jeune homme, « le seul Noir du groupe », précise l’un des jeunes gens interpellés. Plusieurs d’entre eux ne se connaissaient pas avant cet épisode.

« Tu sais que tu as une vraie tête à claques ? », lui dit un policier, tandis qu’à l’arrière-plan sonore des voix réclament des précisions sur le nombre de personnes interpellées. « Si tu veux, je te prends tout seul », continue le policier, avant d’intimer le silence au jeune homme, qui tente de répondre : « Ferme ta gueule. »

« Efface ton sourire »

Les propos de plusieurs fonctionnaires, très nettement audibles, sans que le moindre doute soit possible quant à la qualité de ceux qui les profèrent, sont prononcés sur le même ton, alternant menaces, intimidations, menus propos sur les aptitudes des interpellés à la boxe et fanfaronnades guerrières. Ainsi, cinq minutes et quarante secondes après le début de l’enregistrement, l’un des policiers se laisse aller : « T’as tellement de chance d’être assis là, maintenant qu’on t’a interpellé, je te jure, je te pétais les jambes, au sens propre… Je peux te dire qu’on en a cassé, des coudes et des gueules (…), mais toi, je t’aurais bien pété tes jambes. »

Plus grave, à deux reprises en l’espace de quinze secondes, à six minutes et quarante-deux secondes du début de l’enregistrement puis à six minutes et cinquante-cinq secondes, deux bruits de claques retentissent, d’autant plus identifiables qu’ils sont précédés et suivis de propos qui ne laissent aucun doute : un « Efface ton sourire », répété deux fois avant la première gifle puis une nouvelle fois après, et « Tu la fermes ou tu veux la deuxième ? », avant un nouveau claquement.

« Je ne… ferme pas », bafouille le jeune homme.

Une nouvelle voix, manifestement différente de celle du fonctionnaire qui a asséné les deux gifles, demande alors : « Tu commences à bégayer ! T’en re-veux peut-être une, que je te remette la mâchoire droite ? »

Le jeune homme : « Surtout, hésite pas à dire ça là-bas…

– Dire ça où ?, interroge un policier.

– Là-bas.

– Là-bas où ?, insiste le policier.

– Là-bas ! Vous allez me ramener où ?

– Au commissariat ? Mais y a que toi qui parlera, moi j’y vais pas, hein.

– Voilà, c’est pour ça que tu fais ça », conclut le jeune homme.

Puis le policier enchaîne par de surprenantes considérations, ponctuées des rires de ses collègues :

« Tu sais, moi je peux venir dormir avec toi si tu veux…

– Eh ben on y va, l’interrompt le jeune homme.

– … et c’est le premier qui bande qui encule l’autre », reprend le policier.

Une autre voix s’en mêle, toujours à l’adresse du jeune homme : « On va t’apprendre à respecter. En fait, je crois que t’as pas bien compris (…). Regarde tes copains, là : ils respectent, ils ne l’ouvrent pas bêtement, pour rien. » « Je m’en fous », répond le jeune homme. « T’es trop insolent, je te jure c’est un truc de fou », poursuit le policier, avant qu’un autre fonctionnaire n’intervienne à son tour : « Eh, t’inquiète, ta petite tête, ta petite tête, on l’a déjà en photo, t’as juste à te repointer dans la rue aux prochaines manifs (…). La prochaine fois qu’on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu’on appelle ambulance pour aller à l’hôpital. »

« T’as de la chance »

A cet instant, l’ordre est donné de faire mouvement vers le secteur de Château-d’Eau (10e), où de nouveaux heurts sont signalés par radio. « T’as de la chance, dit un policier, on va se venger sur d’autres personnes. » Mais le départ tarde. Alors, la conversation s’éternise dans une sorte d’hommage inattendu aux black blocs : « Nous, on tape des black blocs à longueur de journée, mon gars, et je peux te dire qu’eux, ils ont des couilles. Bon, après ils retournent chialer chez leur grand-mère. » « Et ils ramassent leurs dents », précise un policier.

Puis viennent les considérations teintées de xénophobie : « Il va aller en gardav [garde à vue] et demain, il va sortir avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français] », dit une voix. A la question « Tu es de quelle nationalité ? », le jeune homme répond : « tchadienne ». « Et comment on voyage, au Tchad, t’es passé par la mer, en Espagne ? » « A la nage », répond encore le jeune interpellé. « Et tu mangeais bien là-bas ? », interroge une voix, avant de préciser fort utilement : « Y pas de jugement là-dedans ».

Après avoir affirmé au Monde qu’« aucun signalement correspondant [aux faits] n’a été porté à la connaissance du préfet de police, qui pourra diligenter une procédure administrative si les faits allégués le justifient », le préfet de police, Laurent Nunez, interrogé sur France 5, s’est dit « extrêmement choqué » par la bande sonore, diffusée par le média en ligne Loopsider peu après les révélations du Monde. « Nous soutenons les policiers (…) mais nous exigeons en contrepartie d’eux une déontologie qui soit irréprochable », a-t-il ajouté, annonçant son intention de saisir l’Inspection générale de la police nationale – pour la troisième fois au moins, s’agissant des BRAV-M, depuis les heurts du 20 mars.

Lundi soir, dans une rue parisienne où ronflaient les motos des BRAV-M sur le point de repartir, l’éclair d’humanité d’une voix qui ne paraît pas avoir été entendue jusque-là, et que l’on voudrait détachée de toute ironie, vient ponctuer le navrant échange : « J’espère qu’un jour, dit ce fonctionnaire anonyme au jeune homme humilié par ses collègues quelques minutes plus tôt, on se retrouvera dans un bar, tu me raconteras ton histoire et tu oublieras le condé [policier] que je suis. »

CheckNews, Libération, Lundi 27 mars 2023

Violences policières : les vidéos et témoignages qui mettent en cause les Brav-M

Constituée par des membres de compagnies d’intervention qui opèrent en maintien de l’ordre, à moto et en binôme, la Brigade de répression des actions violentes motorisées est impliquée depuis une dizaine de jours dans de nombreuses scènes de violences documentées.
par Jacques Pezet et Anaïs Condomines

Elle est au centre de la polémique sur les violences policières. Depuis le début du mouvement de contestation contre la réforme des retraites, la Brav-M (Brigade de répression de l’action violente motorisée) est impliquée dans plusieurs scènes de violences documentées à l’égard des manifestants à Paris.

Ces membres de compagnies d’intervention qui opèrent en maintien de l’ordre, de façon mobile, à moto et en binôme, sont visés par une pétition réclamant leur dissolution. Signée par plus de 80 000 personnes ce lundi 27 mars, elle déclencherait un débat en séance publique à l’Assemblée nationale dès lors que le seuil de 500 000 signatures est atteint. Certaines séquences, parmi les suivantes, ont donné lieu à l’ouverture d’enquêtes confiées à l’IGPN, la police des polices. Invitée sur BFM TV dimanche soir, Agnès Thibault-Lecuivre, cheffe de l’Inspection générale de la police nationale, n’a pas souhaité indiquer combien, des 17 enquêtes confiées à son service depuis le 19 janvier, concernent la Brav-M. «Ce serait prématuré», a-t-elle expliqué, indiquant qu’il est nécessaire d’identifier d’abord les policiers mis en cause. En attendant, de nombreuses vidéos et témoignages circulent depuis dix jours, mettant en cause les policiers à moto.

Samedi 18 mars, 23 h 30, place d’Italie (XIIIe arrondissement)

Une vidéo filmée par le média indépendant la Luciole accuse la Brav-M de «tabasser» une femme «à l’abri des regards» au niveau de la place d’Italie. «Ils sont à 10 sur une femme», commente un homme qui assiste à la scène, où l’on peut voir un groupe de policiers casqués frapper une personne. Sur Twitter, le média ajoute que «ce n’est pas visible sur [leurs] images, mais ils lui ont violemment cogné la tête contre la vitre du bar».

Lundi 20 mars, rues des Minimes et rue du Béarn (IIIe arrondissement)

De nombreuses scènes de violences ont été documentées à cette date, qui marque le rejet par l’Assemblée nationale de la motion de censure déposée contre le gouvernement, à neuf voix près. Un premier rassemblement place Vauban est rapidement dispersé. Des cortèges spontanés s’éparpillent alors dans plusieurs quartiers de Paris.

Un enregistrement sonore, réalisé ce soir-là à l’angle des rues des Minimes et du Béarn, dévoilé par plusieurs médias dont le Monde et Loopsider, vendredi 26 mars, révèle les menaces, intimidations et insultes proférées par un groupe de policiers de la Brav-M contre sept manifestants. «T’as tellement de chance d’être assis là, maintenant qu’on t’a interpellé, je te jure, je te pétais les jambes, au sens propre… Je peux te dire qu’on en a cassé, des coudes et des gueules», peut-on entendre. Vendredi soir, confronté à ce document sur France 5, le préfet de police, Laurent Nuñez s’est dit «extrêmement choqué». Un sentiment partagé par Agnès Thibault-Lecuivre qui évoquera, sur BFM TV suite à la diffusion de la séquence, des «propos inacceptables». Ce lundi, l’AFP rapporte que les policiers ont été identifiés comme étant membres de la 21e compagnie d’intervention en formation Brav-M, sans que leur suspension ne soit pour le moment décidée. Deux personnes ont annoncé leur intention de porter plainte pour «violence en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique et complicité», «violences à caractère raciste», «agression sexuelle» et «faux en écriture publique». L’association SOS Racisme a décidé de se joindre à leur plainte.


Lundi 20 mars, 21 h 35, quartier Châtelet (IVe arrondissement)

En milieu de soirée, des manifestants se retrouvent dans les rues du quartier Châtelet. Les images du reporter indépendant Jules Ravel révèlent une charge de la Brav-M contre une petite dizaine de jeunes alignés le long d’une terrasse de restaurant, les mains en l’air ou sur la tête. Parmi eux, Rémi qui, dans une interview au Parisien, confie s’en être tiré avec quatre points de suture à la base du crâne : «Je me suis dit, il va bien voir que je ne suis pas une menace, mais ça n’a pas du tout été le cas.» Nos confrères de Politis identifient formellement sur ces images un membre de la compagnie 12CI, constituée ce soir-là en Brav-M. Les mêmes qui, deux heures plus tard, brutaliseront un autre jeune homme vers Bastille.


Lundi 20 mars, 23 h 40, rue Saint-Antoine (IVe arrondissement)

Rue Saint-Antoine, une scène, filmée par les caméras de plusieurs médias indépendants, dévoile les images d’un jeune homme en train de courir, s’arrêter au niveau de deux autres personnes, faisant face à des policiers, près d’un kiosque à journaux. Au moins l’un des deux manifestants tient dans sa main un long bâton. Le jeune homme semble écarter les deux autres de la scène et se fait pousser une première fois par un policier de la Brav-M, casque de moto blanc sur la tête. Il demeure sur le côté lorsque, quelques secondes plus tard, un policier court vers lui et lui assène un violent coup.

Sur BFM TV, le préfet Nuñez annonce avoir accès aux premiers éléments d’un rapport qu’il a commandité. Il précise : «Un kiosque se trouve juste à côté, un individu qui dégrade ce kiosque est en cours d’interpellation et plusieurs individus s’opposent à cette interpellation, dont l’individu qui reçoit ce coup.»

Auprès de CheckNews, la préfecture de police de Paris indique que le jeune homme est reparti libre, sans blessures apparentes. Plus tard dans la journée, le parquet annoncera qu’une enquête préliminaire a été confiée à l’IGPN, les faits étant «susceptibles d’être qualifiés de violences commises par personne dépositaire de l’autorité publique».


Lundi 20 mars, 23 h 40, rue Saint-Antoine (IVe arrondissement)

Même heure, même endroit. La situation est très tendue dans le secteur Saint-Antoine où les Brav-M remontent la rue face aux manifestants. Le journaliste Justin Davis capte vingt secondes d’images où l’on peut voir un policier en tenue de motard se diriger vers un jeune homme qui marche devant lui, avant de lui adresser un violent coup de poing sur la tête. Le jeune s’écroule, sonné. La raison de ce coup demeure, à cette heure, inconnue.

Mardi 21 mars, 23 heures, avenue Daumesnil (XIIe arrondissement)

Des images révélées par le site Révolution Permanente montrent un manifestant poursuivi par un policier de la 32e CI et deux motards de la Division régionale motocycliste, dont un qui lui roule dessus. Il s’agit bien de forces de l’ordre qui agissent ici en formation Brav-M. Joint par CheckNews, Valentin, l’étudiant victime de l’attaque, confirme qu’un des véhicules lui a roulé sur la jambe gauche et assure avoir pris «des coups de tous les côtés» sans pour autant être interpellé. Après un passage aux urgences, mercredi, le jeune homme présentait plusieurs lésions «entraînant une incapacité temporaire totale de travail (ITT) de huit jours».


mercredi 27 avril 2022

NOUS NE SOMMES PAS DES PIGEONS

 




Même le prétexte de la légitime défense ne justifie pas de tirer mortellement sur deux êtres humains comme des pigeons en plein Paris ...NON et NON et NON!!!

Banale scène de meurtre de deux hommes noirs en plein Paris un dimanche soir???

Comme dans une banale scène de violences policières contre des fugitifs, aussitôt assimilés à des "délinquants" (noirs) multirécidivistes car « défavorablement connus, entre autres pour stupéfiants »....autorisant donc leur meurtre "légitime" en plein Paris un dimanche soir.

Surtout ne comparez pas cette police à la gâchette particulièrement facile contre les minorités visibles à celle de certaines métropoles américaines. On vous rira au nez en vous accusant de sombrer dans la victimisation, l'argument massue de la fachosphère.

À l'évidence il est fortement déconseillé à certains d'entre-nous de nous retrouver seul devant elle à certaines heures et dans certains lieux de la capitale française. Parce que non seulement la police peut de la sorte nous arroser de balles en plein Paris, mais aussi la probabilité est forte qu'elle en sorte sans le moindre blâme.

Vous serez donc morts pour rien, même pas pour "bavure policière"!!!

 

Association NOUS PAS BOUGER



jeudi 14 mai 2015

La prévalence de l'Homophobie en France, une réalité déplorable à analyser jusqu'au bout


Picture

Il faut parfois analyser jusqu'au bout la prévalence d'une triste réalité, celle de l'homophobie persistante dans la société française, voire son exacerbation depuis la légalisation souhaitée et majoritairement soutenue (y compris par moi) du mariage pour tous. Je le constate souvent amèrement chez les français issus de l'immigration africaine, ou bonnement les ressortissants africains.

La tristesse pour ne pas en dire plus, c'est de constater que la "communauté" LGBT française se tienne à très bonne distance de toutes les autres causes humanistes, voire ne se sente pas souvent concernée par toutes ces autres stigmatisations endurées au quotidien par tant de Français (indépendamment de leur orientation sexuelle), notamment par les minorités dites visibles. Elle donne ainsi cette impression (qui est peut-être erronée, j'en conviens), qu'en dehors des revendications portées et défendues par les organisations LGBT, toutes les autres discriminations sont secondaires, voire ne comptent pas.

Pour combattre l'Homophobie, notamment en Afrique aussi, il faut évidemment éviter toute tentation de concurrence entre les victimes de stigmatisations et discriminations. Pour autant, une cause humaniste n'a de sens que lorsqu'elle sait rassembler, généraliser ses acquis ou victoires, et s'assurer que toutes les autres revendications peuvent présenter un intérêt (pour ne pas dire le même intérêt); tant auprès des décideurs politiques, économiques, que des grands médias.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Homophobie: une stigmatisation au quotidien

Par Anne-Claire GENTHIALON 11 mai 2015, Libération.fr

Le rapport annuel de SOS Homophobie rendu public ce mardi est alarmant.Ça se passe en France, en 2015. Deux années après le Mariage pour tous. Un hashtag «Homophobe et fier de l’être» qui circule sur Twitter. Un père qui casse le bras de sa fille après qu’elle a fait son coming-out. Des couples homosexuels agressés à coups de poing au visage en pleine rue.

C’est aujourd’hui que SOS Homophobie rend public son rapport. Et ce sont des LGBTphobies désormais «installées dans notre société» que l’association pointe dans son état des lieux annuel. En l’absence de statistiques des ministères de l’Intérieur et de la Justice, le rapport de l’association constitue le principal outil de mesure et d’analyse du phénomène en France. Un précieux indicateur qui se base sur les appels reçus sur la ligne d’écoute (lire ci-contre), les témoignages recueillis sur le tchat ou sur le site spécialement dédié aux adolescents Cestcommeca.net.

«Propos». Bilan ? Une baisse de 38% des témoignages enregistrés. En 2014, ce sont ainsi 2 197 personnes, essentiellement des hommes âgés de 25 à 50 ans et résidant hors d’Ile-de-France, qui ont contacté l’association, contre 3 517 pour le précédent rapport. Une accalmie suite aux débats concernant le mariage pour tous ? «Cette baisse est relative, pointe Yohann Roszéwitch, président de SOS Homophobie. Ce sont juste les propos généraux contre l’homosexualité et les personnes LGBT dans leur ensemble qui ont fortement reculé en 2014. Pas l’homophobie.»

Si les victimes se taisent, en effet, de moins en moins, le nombre de témoignages enregistrés en 2014 reste bien supérieur aux 1 556 comptabilisés en 2011, dernière année pré-mariage pour tous. «Le mariage pour tous a libéré la parole homophobe, celle-ci est maintenant ancrée dans la société», prévient Yohann Roszéwitch.

Climat. Le rapport souligne que «la haine et la violence» se manifestent toujours autant. Au travail, en famille, à l’école ou en pleine rue. Des garçons de café qui refusent de servir des «sales gouines». Une banque qui ne veut pas prendre en compte le changement de genre de Louise. Ou les collègues d’Arnaud qui lui assènent que « l’homosexualité, c’est pas normal, ça devrait rester pour soi». Si le nombre de témoignages diminue, les agressions physiques, qui avaient fortement augmenté en 2013, ne baissent que de 14% en un an (163 cas en 2014 contre 188 en 2013). Il y a une agression homophobe tous les deux jours en France. Pages Facebook («Pour bannir les homosexuels de la France»), commentaires d’articles, de vidéos («vermine crasseuse et dégénérée»), tweets («#SiMonFilsEstGay, je le brûle avec de l’essence sur un barbecue devant toute la famille») : selon le rapport, Internet continue d’être «le principal vecteur d’homophobie». La Toile se fait l’écho des violences «quotidiennes et ordinaires». Comme une caisse de résonance nauséabonde.

Autre fait pointé par le rapport : les jeunes semblent en être de plus en plus victimes du climat ambiant. «Le nombre de témoignages relatifs au milieu scolaire ne diminue que de 13%», relève le document. Et ceux liés au contexte familial augmentent de 11%. «Il est nécessaire de mettre en place une politique ambitieuse de prévention et de sensibilisation dès le plus jeune âge, insiste Roszéwitch. Mais il est aussi urgent que le gouvernement tienne ses promesses et cesse de reculer sur des sujets comme la PMA ou le changement d’identité de genre. En niant l’égalité des droits des LGBT, les pouvoirs publics justifient la hiérarchisation des personnes selon leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Et alimentent les LGBTphobies.»



En PDF:   Rapport de SOS homophobie

lundi 31 mars 2014

France: un petit guide des villes déconseillées aux minorités visibles




Au rythme de la "poussée électorale" du Front National, peut-être faudra-t-il envisager d'éditer un guide sur les villes de France déconseillées aux noirs, aux arabes, et autres personnes de couleur...

- Béziers (Hérault)

- Fréjus (Var)

 - Marseille, 7e secteur (Bouches-du-Rhône)

- Beaucaire (Gard)

- Villers-Cotterêts (Aisne)

 - Hayange (Moselle)

- Le Pontet (Vaucluse)

 - Camaret-sur-Aigues (Vaucluse) 

- Le Luc (Var)

- Cogolin (Var) 

Mantes-la-Ville (Yvelines)

  - Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)    

  
Les minorités visibles pourront bien sûr encore y séjourner, habiter, ou visiter... Mais pour combien de temps???

De toute évidence ils pourraient être amenés dans les prochaines années de s'en aller loin, très loin de ces territoires d'expérimentation de la préférence raciale, dite nationale, malgré les beaux discours voulus "rassembleurs" des nouveaux élus Frontistes.

En effet comme nous l'apprend l'Histoire - malgré l'indéniable légitimité politique des maires qui se réclament des thèses du Front National -  l'on est jamais suffisamment averti face à l'intolérance extrémiste .

C'est aussi le rôle d'une association comme la nôtre de tirer la sonnette d'alarme, tant que nous en avons la possibilité!

Joël Didier Engo

 Président de l'Association Nous Pas Bouger

Le rapport 2013 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme pointe la résurgence d’un racisme «brutal et biologisant» en France

 L'intégralité du rapport de la CNCDH

Louis-Georges Tin,Pdt du Cran: "ces conditions, il est à souhaiter que le nouveau Premier ministre Manuel Valls rompe définitivement avec l'ex-ministre de l'Intérieur. Il faut lui rappeler qu'étant Premier ministre de la France, il n'est pas seulement celui des "blancos".

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1168631-35-des-francais-se-declarent-racistes-le-pire-ce-n-est-pas-la-parole-mais-les-actes.html


Trop d'immigrés en France ? Rien n'est plus faux. Pour aller plus loin, nos infographies interactives ici : http://www.alternatives-economiques.fr/immigration---les-fantasmes-a-l-epr_fr_art_633_67721.html

mercredi 13 novembre 2013

Nous sommes tous des Christiane Taubira


Par Nacira Guénif

Voilà une femme qui par la force de ses convictions et de sa personnalité s’est hissée à hauteur d’une république qu’elle conçoit comme son horizon politique. Mue par une intégrité sans faille, elle consacre depuis longtemps toute son énergie à rendre accessible cet horizon à tous et toutes, sans distinction de sexe, de race, d’origine ou de religion. Elle n’a pas attendu les soubresauts identitaires de partisans d’une France qui veut demeurer blanche et straight pour œuvrer au bien commun. Elle n’en attendait sans doute pas tant de leur part: pourquoi tant de haine?
Voilà qu’une ministre est ravalée à la rhétorique la plus abjecte qui, parcourant la surface de sa peau, entend l’avilir au plus profond d’elle-même, en tant que femme et en tant que noire. Comme s’il fallait étouffer en elle toute fierté d’être l’une et l’autre.
Pendant que l’on se repassait de détails croustillants sur les slogans bestialisant la garde des sceaux, dont, par décence, il faudrait cesser de faire la publicité, le silence a régné au plus haut niveau de l’État. Un silence indécemment long. Comme si dans les esprits grinçait cette ritournelle selon laquelle elle l’aurait bien cherché.
Que le silence ait pu persister dans les Palais de la république ne devrait pas nous étonner plus que cela et pour tout dire, ne requiert déjà plus notre attention. Il est urgent de nous tourner vers la seule question qui vaille: serons-nous capable de résister au racisme qui prospère et de lutter pour qu’enfin sa matrice soit démantelée et ses exploiteurs démasqués?
Voilà des années de trop, que le balancier oscillant de la haine de soi à la haine de l’autre fauche les maigres espoirs d’une France réconciliée avec elle-même. Elle prenait des couleurs pour le meilleur, croyait-on, puis le pire est redevenu notre seul horizon et il vient de se refermer sur elle et sur nous.
Désormais, il est trop confortable de se contenter d'accuser la droite extrême, restée assise à l’assemblée, pour avoir bonne conscience et croire s’être ainsi dédouané de toute forme de racisme. Ce sont les mêmes qui hier jetaient de l’huile sur le feu en désignant les coupables à la vindicte populaire et à l’audimat, par viennoiserie interposée, et qui aujourd’hui appellent à rompre avec les scélérats à leur droite toute, en persistant à ignorer qu’ils ne font plus qu’un. Car leur union est déjà scellée par ce déni partagé: la France est raciste par leur faute. Chaque jour, ils misent un peu plus sur l’exacerbation des propos et des actes de haine qui la mettent à genou.
Mais la gauche n’est pas en reste. Elle n’est plus immunisée, à supposer qu’elle l’ait jamais été. Qu’elle s’installe au pouvoir, ou qu’elle veuille résister à cet exercice corrupteur, elle s’est dissoute au contact corrosif de dissensions et divisions qui laissent la voie libre au grand dérangement raciste. Jusqu’à ses figures consensuelles qui n’ont pas hésité à exploiter le filon de l’aversion contres les nouveaux français, trop basanés, trop musulmans, dont il est temps de dénoncer le jeu dangereux.
Entendons-nous: dire la France est raciste, n’est pas dire tous ses habitants le sont. C’est dire que la xénophobie d’État est bien là, installée dans ses quartiers, qu’ils soient rupins, protégés ou relégués et qu’elle expose toute sa population au passage à l’acte et à la parole racistes. La xénophobie expose à l’ensauvagement. Que ce soit sous les ors de la république, dans les centres ville préservés ou dans les ornières de périphéries oubliées, le racisme bat son plein, et ce depuis longtemps. C’est donc rappeler que cela ne date pas d’hier et qu’en vérité cela n’a jamais cessé. Certains ont cru, qu’une fois révolues la collaboration et la colonisation, leur pays était tiré d’affaire, guéri d’un désir lancinant de supériorité. Alors qu’il n’était qu’en rémission. Et encore, elle fut bien brève. Tant dans ses tréfonds administratifs, à ses guichets, dans ses dossiers en bas de piles inamovibles, dans ses évictions de postes privilèges réservés, et à chacune de ses brimades, entre dévoilement, expulsion, contrôle au faciès et fouille au corps, s’active un racisme routinier, de basse intensité, sans panache, sans grade, mais bien réel.
Il atteint sans hésiter tout ce qui compte, et ils sont nombreux, de métèques et de parias. Devenu disponible, comme une substance psycho active dont on ne parvient plus à se défaire, objet de transactions à découvert, le racisme peut avoir le visage de chacun d’entre nous, sans exception. Mais, si pour certains, il est insu, ayant infusé face au désastre, pour d’autres il est devenu une vertu, l’ultime rempart d’un patriotisme désastreux.
Il révèle les alliages les plus improbables. Comme les partisans d’un antisexisme patriarcal, s’accommodant d’un racisme aveugle à lui-même, passager clandestin d’un cortège convaincu de cheminer glorieusement vers la liberté et l’égalité pour toutes. Ou ces croisés d’une laïcité dévoyée, tardivement unie à un féminisme intolérant et sélectif, qui marmonnent des formules magiques censées faire fuir les ennemis de l’intérieur qu’ils se sont inventés pour plus de vraisemblance.
Racisme des puissants comme des faibles, l’ironie veut que nous soyons tous égaux face à lui: il corrompt tous ceux qu’il atteint et les avilit bien plus que les cibles qu’il se désigne. Même lorsqu’il nous traverse, il ne nous laisse pas indemne, il se métabolise et s’installe dans les replis de notre être. Ce racisme, dont les effets délétères dissolvent les individus et désagrègent le bien commun, est devenu notre double.
Partout le rictus est sur le point de tordre les bouches et la haine prompte à empoisonner les esprits. Il est temps de les regarder en face.
Faut-il comprendre que répondre à l’abject n’est pas à l’ordre du jour? Dans ce cas, comment ne pas voir dans le silence qui pèse sur la France une complicité de fait?
Qui sème le vent récolte la tempête. Qui ne dit mot consent. Ce sont plus que des adages, des alertes qu’il importe désormais d’entendre.
Et qu’enfin, on comprenne que l’intégration n’est plus une réponse, mais le sauf-conduit qui autorise, étalonne et absout toutes les discriminations. Car tenus comptable d’une impossible intégration, les mis en échec subissent la sanction légitimée du racisme et des discriminations. La rhétorique de l’intégration est le plus sûr vecteur de racialisation d’une France qui n’en finit pas d’être hantée par ses spectres coloniaux et raciaux. Ces vestiges survivent au cœur de la république: celles et ceux qui la chérissent devront aller les en extirper.
Voilà pourquoi le silence et l’inaction sont pires que tout, parce qu’ils signent notre capitulation collective devant l’abject. Hormis reconnaître l’étendu du désastre et conjurer la tentation d’une reddition face au raciste pour en venir à bout, aucune autre alternative n’est viable.
La France ressemble déjà à ce qu’elle sera demain, sans retour et sans regret. Il faudra bien qu’enfin ses habitants apprennent, comme y invite la maturité démocratique, à réguler l’aversion qui les étreint encore trop souvent à la vue et au contact d’une altérité devenue intérieure à notre monde commun. L’État doit être le garant du droit à exister avec ses singularités et ses capacités afin d’en faire le multiplicateur des possibles. Il doit mettre un terme à l’aggravation des tensions qui sapent des existences devenues des rebus parce qu’elles sont marquées, à leur corps défendant, du verdict du rejet.
Voilà pourquoi nous sommes tous des Christiane Taubira. Nous, les arabes, les noirs, les roms, les musulmans, les juifs, les migrants, les minoritaires, les étrangers, les indigénisés, les femmes subalternes, les queers, les expulsés, les expulsables, les contrôlés, les contrôlables, les dé/voilées, les percutés au plafond de verre, les exilés forcés, les évincés, les double-peines, les sans droit de vote, les sans papiers, les sans logis, les sans travail. Car elle est comme nous, notre égale, notre semblable, entrée comme nous en résistance face au racisme et à ses pratiquants. Tout ce qui l’atteint nous affecte, tout ce qui lui est ôté nous ampute. Et vice-versa. Bienvenue au club à toutes celles et ceux qui nous rejoindront! En attendant de manifester, manifestons (nous) sur la toile!
Source: Mediapart.fr


vendredi 9 novembre 2012

Un "OBAMA français", ce n'est pas demain la veille!!!


Un "OBAMA français", ce n'est pas demain la veille!!!
La ré-élection de Barack OBAMA à la Présidence des États-Unis d'Amérique m'amène à reproduire ce billet hélas toujours d'actualité, que j'avais précédemment publié le 18 décembre 2008 dans lemonde.fr: http://enjodi.blog.lemonde.fr

Quel pourrait bien être l'apport des classes préparatoires, des grandes écoles françaises, aujourd'hui des «emplois d'avenir » pour les minorités dites visibles en pleine mondialisation???

La classe politique française penserait-t-elle toujours, qu'au moment où les instances académiques françaises attirent de moins en moins les étudiants étrangers; que les grandes écoles françaises paraissent cruellement anachroniques à la globalisation....; l'unique dessein des minorités dites visibles de France ou de leurs enfants consisterait à intégrer «les classes préparatoires de mise à niveau » et les «internats d'excellence» sous Nicolas SARKOZY, «les emplois d'avenir» avec François HOLLANDE...; pour terminer par se heurter comme à l'accoutumée au "fameux plafond de verre"(1) à la fin de leur parcours d'excellence; celui-là même qui empêche nombre de femmes et d'hommes noirs, arabes maghrébins et asiatiques d'accéder aux responsabilités politiques et exécutives en France???

Le véritable conseil que l'on pourrait humainement prodiguer à tout jeune français d'origine étrangère aujourd'hui (quand il le peut bien-sûr), c'est qu'il commence tôt, pendant sa scolarité, à regarder du côté des instances académiques étrangères, notamment anglo-saxonnes. Parce que la probabilité reste cruellement forte qu'il y trouve plus facilement le salut professionnel et social.

Pour dire vrai, la France ne respecte ses minorités dites visibles que quand elles s'expatrient à l'étranger, quand elles "la quittent" et trouvent une place hors de ses frontières...

Et comble d'ironie, ce n'est qu'une fois au service de pays ou d'entreprises étrangères:
  • que l'élite de France semble se rappeler au bon souvenir de ces "filles et fils d'immigrés" qui s'expatrient à l'étranger;

  • qu'elle réalise combien elle a rejeté leurs parents et les a stigmatisés, occultant sciemment au peuple de France les opportunités d'ouverture et de compétitivité économiques générées par la diversité culturelle.
Mais, l'on peut craindre que le temps perdu sur le terrain des discriminations sociales et/ou raciales soit difficilement rattrapable en ces temps de globalisation économique et financière.

Car, contrairement aux autres grandes démocraties occidentales, le mal trouve sa racine dans une vieille mentalité néo-coloniale et rétrograde en France. Il appartient donc à chaque français de le rejeter individuellement, et à la France de changer collectivement.

En effet la patrie des droits de l'Homme souffre d'un profond tropisme colonial qui l'amène à porter uniquement un regard compassionnel sur une problématique ô combien républicaine: l'absence criante de représentativité sociale, économique et politique des minorités dites visibles.

Le reste du monde n'attendra pas indéfiniment que la France veuille bien s'administrer une thérapie de choc contre ce racisme institutionnalisé. Les Français issus des minorités aussi...

Pour eux, un «OBAMA français", ce n'est pas demain la veille!!!


Joël Didier Engo

Note:

1) Le plafond de verre est une expression qui désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes.