Affichage des articles dont le libellé est politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est politique. Afficher tous les articles

dimanche 14 février 2016

Distiller la haine déraisonnable de "l'étranger", assurance d'une ascension politique en France?


Au pays de la xénophobie et du racisme normalisés, les hommes politiques rivalisent - de droite comme de gauche chaque jour - Manuel Valls hier, Laurent Wauquier aujourd'hui- d'une arrogante bêtise.

L'on finira presque par croire qu'une certaine classe politique dite "réaliste" de France n’étale sa science pourtant si attendue en matière sociale et économique, uniquement lorsqu'elle veut distiller le venin de la haine et du rejet des étrangers dans l'opinion publique. Des étrangers qui boudent pourtant de plus en plus et évitent soigneusement d'envisager une installation définitive sur le territoire hexagonal, y compris quand c'est l'Office Français des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) qui va les chercher en Allemagne, ou lorsqu'un statut de réfugié leur est proposé à Calais par exemple...La plupart d'entre-eux refusent tout net.

Il n'empêche, on trouvera toujours des vieux jeunes loups de la politique française pour considérer que la peur épidermique de "l'étranger" chez le Français voulu de souche est et demeure la seule voie d'une ascension politique assurée en France.

Que grand bien leur fasse!

Joël Didier Engo



samedi 12 septembre 2015

Les associations de migrants peuvent-elles émettre des réserves sur la ligne gouvernementale sans risquer des représailles?

Subvention refusée pour la Fasti, association d’aide aux migrants ! 

 Résultat de recherche d'images pour "la Fasti image"

Par Alexandre Fache
Mercredi, 9 Septembre, 2015
En pleine crise migratoire, la Place Beauvau supprime une aide versée depuis quatre ans à cette fédération historique d’associations d’aide aux étrangers.
La mauvaise nouvelle est tombée au cœur de l’été pour les salariés de la Fasti, la Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immi
gré-e-s. « J’ai le regret de vous informer que votre projet n’a pu être retenu au regard des priorisations (sic !) que l’administration a dû effectuer dans le cadre d’une enveloppe budgétaire contrainte », écrit alors la direction de l’accueil, de l’accompagnement des étrangers et de la nationalité (DAAEN), un service du ministère de l’Intérieur. Envolée la subvention de 105 000 euros dont bénéficiait la Fasti depuis plusieurs années, soit un tiers de son budget. «Sur les huit postes de salarié de la fédération, trois sont directement menacés par cette décision, évalue Jean-Michel Rivollier, l’un des coprésidents (bénévole) de l’organisation. 

Nous pouvons payer les salaires de septembre. Mais après… »

Nées dans les années 1960, les associations de solidarité avec les travailleurs étrangers, devenues Asti par la suite, se sont fédérées en 1967 au sein d’une fédération. Forte de 120 structures dans les années 1970, la Fasti rassemble encore aujourd’hui 57 associations locales qui œuvrent au quotidien pour les droits des migrants, offrant cours d’alphabétisation, permanences juridiques, mais aussi formations à destination des travailleurs sociaux qui interviennent auprès d’eux.

Un travail que le gouvernement semble juger superfétatoire aujourd’hui, en pleine crise migratoire ! « Cela peut paraître étonnant, mais c’est bien cela qui est menacé : l’aide aux 25 000 personnes que les Asti accueillent chaque année, comme la mise en commun des expériences qu’assure la fédération », résume sa coordinatrice Fernanda Marrucchelli, qui ne peut s’empêcher de voir, « derrière l’acte technique, un choix politique ».

Car la Fasti ne s’est pas privée de critiquer la politique du gouvernement en matière d’immigration et, en particulier, avant l’été, l’évacuation musclée du campement de La Chapelle, à Paris.

 Retour de bâton?

Cela y ressemble beaucoup. Combatifs, les responsables de l’organisation ne baissent toutefois pas les bras. Ils ont obtenu un rendez-vous ce vendredi avec une responsable du ministère. Présents à la Fête de l’Humanité ce week-end, ils devraient y lancer un appel aux dons, relayé par des personnalités comme les cinéastes Laurent Cantet et Romain Goupil ou encore l’écrivain Laurent Gaudé.

 Alexandre Fache, Journal l'Humanité

lundi 29 juin 2015

Migrants: «Des visas intelligents faciliteraient les contrôles»


Migrants: «Des visas intelligents faciliteraient les contrôles» 

François Crépeau, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme des migrants.

Invité Afrique, Radio France Internationale (RFI)

mercredi 13 novembre 2013

Nous sommes tous des Christiane Taubira


Par Nacira Guénif

Voilà une femme qui par la force de ses convictions et de sa personnalité s’est hissée à hauteur d’une république qu’elle conçoit comme son horizon politique. Mue par une intégrité sans faille, elle consacre depuis longtemps toute son énergie à rendre accessible cet horizon à tous et toutes, sans distinction de sexe, de race, d’origine ou de religion. Elle n’a pas attendu les soubresauts identitaires de partisans d’une France qui veut demeurer blanche et straight pour œuvrer au bien commun. Elle n’en attendait sans doute pas tant de leur part: pourquoi tant de haine?
Voilà qu’une ministre est ravalée à la rhétorique la plus abjecte qui, parcourant la surface de sa peau, entend l’avilir au plus profond d’elle-même, en tant que femme et en tant que noire. Comme s’il fallait étouffer en elle toute fierté d’être l’une et l’autre.
Pendant que l’on se repassait de détails croustillants sur les slogans bestialisant la garde des sceaux, dont, par décence, il faudrait cesser de faire la publicité, le silence a régné au plus haut niveau de l’État. Un silence indécemment long. Comme si dans les esprits grinçait cette ritournelle selon laquelle elle l’aurait bien cherché.
Que le silence ait pu persister dans les Palais de la république ne devrait pas nous étonner plus que cela et pour tout dire, ne requiert déjà plus notre attention. Il est urgent de nous tourner vers la seule question qui vaille: serons-nous capable de résister au racisme qui prospère et de lutter pour qu’enfin sa matrice soit démantelée et ses exploiteurs démasqués?
Voilà des années de trop, que le balancier oscillant de la haine de soi à la haine de l’autre fauche les maigres espoirs d’une France réconciliée avec elle-même. Elle prenait des couleurs pour le meilleur, croyait-on, puis le pire est redevenu notre seul horizon et il vient de se refermer sur elle et sur nous.
Désormais, il est trop confortable de se contenter d'accuser la droite extrême, restée assise à l’assemblée, pour avoir bonne conscience et croire s’être ainsi dédouané de toute forme de racisme. Ce sont les mêmes qui hier jetaient de l’huile sur le feu en désignant les coupables à la vindicte populaire et à l’audimat, par viennoiserie interposée, et qui aujourd’hui appellent à rompre avec les scélérats à leur droite toute, en persistant à ignorer qu’ils ne font plus qu’un. Car leur union est déjà scellée par ce déni partagé: la France est raciste par leur faute. Chaque jour, ils misent un peu plus sur l’exacerbation des propos et des actes de haine qui la mettent à genou.
Mais la gauche n’est pas en reste. Elle n’est plus immunisée, à supposer qu’elle l’ait jamais été. Qu’elle s’installe au pouvoir, ou qu’elle veuille résister à cet exercice corrupteur, elle s’est dissoute au contact corrosif de dissensions et divisions qui laissent la voie libre au grand dérangement raciste. Jusqu’à ses figures consensuelles qui n’ont pas hésité à exploiter le filon de l’aversion contres les nouveaux français, trop basanés, trop musulmans, dont il est temps de dénoncer le jeu dangereux.
Entendons-nous: dire la France est raciste, n’est pas dire tous ses habitants le sont. C’est dire que la xénophobie d’État est bien là, installée dans ses quartiers, qu’ils soient rupins, protégés ou relégués et qu’elle expose toute sa population au passage à l’acte et à la parole racistes. La xénophobie expose à l’ensauvagement. Que ce soit sous les ors de la république, dans les centres ville préservés ou dans les ornières de périphéries oubliées, le racisme bat son plein, et ce depuis longtemps. C’est donc rappeler que cela ne date pas d’hier et qu’en vérité cela n’a jamais cessé. Certains ont cru, qu’une fois révolues la collaboration et la colonisation, leur pays était tiré d’affaire, guéri d’un désir lancinant de supériorité. Alors qu’il n’était qu’en rémission. Et encore, elle fut bien brève. Tant dans ses tréfonds administratifs, à ses guichets, dans ses dossiers en bas de piles inamovibles, dans ses évictions de postes privilèges réservés, et à chacune de ses brimades, entre dévoilement, expulsion, contrôle au faciès et fouille au corps, s’active un racisme routinier, de basse intensité, sans panache, sans grade, mais bien réel.
Il atteint sans hésiter tout ce qui compte, et ils sont nombreux, de métèques et de parias. Devenu disponible, comme une substance psycho active dont on ne parvient plus à se défaire, objet de transactions à découvert, le racisme peut avoir le visage de chacun d’entre nous, sans exception. Mais, si pour certains, il est insu, ayant infusé face au désastre, pour d’autres il est devenu une vertu, l’ultime rempart d’un patriotisme désastreux.
Il révèle les alliages les plus improbables. Comme les partisans d’un antisexisme patriarcal, s’accommodant d’un racisme aveugle à lui-même, passager clandestin d’un cortège convaincu de cheminer glorieusement vers la liberté et l’égalité pour toutes. Ou ces croisés d’une laïcité dévoyée, tardivement unie à un féminisme intolérant et sélectif, qui marmonnent des formules magiques censées faire fuir les ennemis de l’intérieur qu’ils se sont inventés pour plus de vraisemblance.
Racisme des puissants comme des faibles, l’ironie veut que nous soyons tous égaux face à lui: il corrompt tous ceux qu’il atteint et les avilit bien plus que les cibles qu’il se désigne. Même lorsqu’il nous traverse, il ne nous laisse pas indemne, il se métabolise et s’installe dans les replis de notre être. Ce racisme, dont les effets délétères dissolvent les individus et désagrègent le bien commun, est devenu notre double.
Partout le rictus est sur le point de tordre les bouches et la haine prompte à empoisonner les esprits. Il est temps de les regarder en face.
Faut-il comprendre que répondre à l’abject n’est pas à l’ordre du jour? Dans ce cas, comment ne pas voir dans le silence qui pèse sur la France une complicité de fait?
Qui sème le vent récolte la tempête. Qui ne dit mot consent. Ce sont plus que des adages, des alertes qu’il importe désormais d’entendre.
Et qu’enfin, on comprenne que l’intégration n’est plus une réponse, mais le sauf-conduit qui autorise, étalonne et absout toutes les discriminations. Car tenus comptable d’une impossible intégration, les mis en échec subissent la sanction légitimée du racisme et des discriminations. La rhétorique de l’intégration est le plus sûr vecteur de racialisation d’une France qui n’en finit pas d’être hantée par ses spectres coloniaux et raciaux. Ces vestiges survivent au cœur de la république: celles et ceux qui la chérissent devront aller les en extirper.
Voilà pourquoi le silence et l’inaction sont pires que tout, parce qu’ils signent notre capitulation collective devant l’abject. Hormis reconnaître l’étendu du désastre et conjurer la tentation d’une reddition face au raciste pour en venir à bout, aucune autre alternative n’est viable.
La France ressemble déjà à ce qu’elle sera demain, sans retour et sans regret. Il faudra bien qu’enfin ses habitants apprennent, comme y invite la maturité démocratique, à réguler l’aversion qui les étreint encore trop souvent à la vue et au contact d’une altérité devenue intérieure à notre monde commun. L’État doit être le garant du droit à exister avec ses singularités et ses capacités afin d’en faire le multiplicateur des possibles. Il doit mettre un terme à l’aggravation des tensions qui sapent des existences devenues des rebus parce qu’elles sont marquées, à leur corps défendant, du verdict du rejet.
Voilà pourquoi nous sommes tous des Christiane Taubira. Nous, les arabes, les noirs, les roms, les musulmans, les juifs, les migrants, les minoritaires, les étrangers, les indigénisés, les femmes subalternes, les queers, les expulsés, les expulsables, les contrôlés, les contrôlables, les dé/voilées, les percutés au plafond de verre, les exilés forcés, les évincés, les double-peines, les sans droit de vote, les sans papiers, les sans logis, les sans travail. Car elle est comme nous, notre égale, notre semblable, entrée comme nous en résistance face au racisme et à ses pratiquants. Tout ce qui l’atteint nous affecte, tout ce qui lui est ôté nous ampute. Et vice-versa. Bienvenue au club à toutes celles et ceux qui nous rejoindront! En attendant de manifester, manifestons (nous) sur la toile!
Source: Mediapart.fr


samedi 14 septembre 2013

Du Front National, on s’en fout!

 Peut-être que dans deux ou trois autres décennies (pour celles et ceux qui seront de ce monde), cette formation d’extrême droite xénophobe et raciste fera encore les beaux jours d’une frange de la classe politique française, chroniquement inerte dans son mode de fonctionnement et de raisonnement.


En effet quand certains de ses acteurs (et pas des moindres) n’agitent pas le Front National pour leur positionnement interne et présidentiel, ils l’instrumentalisent sur les questions de société (immigration, droit des étrangers, chômage, pauvreté, minima sociaux…) ou internationales (mondialisation, construction européenne…); afin de cliver un électorat généralement désabusé par ses élus.


Le Front National aurait ainsi de belles années devant lui…en France, tout au moins.


Sauf que la France du Front National (de demain) ne sera pas nécessairement le centre du Monde, pas plus d’ailleurs qu’elle sera ou fera l’Europe. Le Globe terrestre continuera sa lente rotation, le Monde à avancer vers son inéluctable intégration, et certains Hommes politiques (voire leurs électeurs) français à agiter l’épouvantail du Front National...comme une menace.

Et Nous les Français venus d’ailleurs? nous nous sentirons de moins en moins concernés par cette agitation politicienne, étrangère à nos préoccupations, et plus que jamais éloignée de la marche du Monde.

Alors du Front National, on s’en fout!



Joël Didier Engo


Sur le sujet:

"Sur le chemin de Croix"

Par Dominique Sopo, ancien président de SOS Racisme, membre du Conseil national du Parti socialiste